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La Côte d’Ivoire rejoint le projet Ouest Afrika Blog

La plate forme participative de Ouest Afrika Blog

La plate forme participative de Ouest Afrika Blog

Le projet Ouest Afrika Blog (OAB) est une initiative visant à promouvoir internet auprès des radios de proximité dans la sous région afin de leur donner plus de visibilité. Il s’agit d’un projet de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) qui bénéficie du soutien du Fonds Francophone des Inforoutes. De façon pratique OAB se présente sous forme d’une plate-forme participative. Les journalistes et animateurs des radios de proximité peuvent se connecter et rendre compte de l’actualité locale.

Après le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal pour ne citer que ces quelques pays, la Côte d’Ivoire intègre le projet par l’entremise d’une formation à destination de 10 acteurs des radios locales. Malgré la modestie de leurs moyens, les radios de proximité peuvent bien basculer dans l’univers des radios modernes qui utilisent internet comme support pour véhiculer l’information. Saïd Salahou de radio Junior Fm de Man (ouest de la Côte d’Ivoire) fait parti des 10 chanceux qui auront la lourde tâche d’impulser et de consolider le projet en Côte d’Ivoire. Au terme de son apprentissage, il espère déjà utiliser ses acquis pour se mettre au service de sa région.

« Après cette formation les acteurs des radios de proximité seront mieux aguerris et nous seront capables de contribuer pourquoi pas au développement de l’utilisation de l’outil qu’est internet dans nos différentes régions » souligne Saïd Salahou.

Si les journalistes et animateurs des radios de proximité se réjouissent d’une telle initiative à savoir internet au service de la diffusion de l’information locale quand est-il de l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire (URPCI) ? Son président Karamoko Bamba estime que Ouest Africa Blog est une initiative qui donne un plus aux animateurs et journalistes des radios de proximité.

« Notre désir le plus cher c’est de faire profiter cette formation à tout le monde en espérant que ce projet puisse se pérenniser. Les 10 journalistes et animateurs formés sont les précurseurs du projet en Côte d’Ivoire mais nous allons travailler avec les initiateurs du projet pour qu’un nombre plus important de journalistes et animateurs puissent bénéficier de cette formation » soutient le président de l’URPCI.

Belle initiative que d’associer les radios de proximité au développement d’internet au service de l’information de proximité en Côte d’Ivoire mais attention à ne pas laissé mourir la flamme du suivi gage de réussite. En effet en 2012, les journalistes et animateurs des radios de proximité ont reçu une excellente formation au bloging mais une fois de retour sur leurs stations respectives le projet n’a pas été pérennisé ! Chantal Kangah de radio Abidjan 1 souhaite donc qu’après la formation de 2013, l’année 2014 puisse être celle de la matérialisation effective du projet pour la Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire : Radio de proximité et réconciliation

Les radios de proximité s’engagent pour la réconiliation

En Côte d’Ivoire l’expression Radio de proximité désigne les radios communautaires ou non commerciales. Ces radios qui naissent chaque jour à travers la Côte d’Ivoire occupent une place importante dans le processus de sensibilisation des populations. En effet, de nombreuses localités de la Côte d’Ivoire ne pouvant avoir accès aux ondes de la chaîne nationale ne reçoivent des informations que grâce au radio de proximité. Même si elles n’ont pas le droit de faire de l’information au sens d’une production quotidienne d’éditions de journaux parlés, elles informent les populations sur l’actualité immédiate de la cité. Les programmes sont composés généralement de magazines de sensibilisation sur la santé, l’éducation, le développement rural, l’agriculture…La musique tient également une place de choix et pour couronner le tout les programmes sont produits également dans les langues locales ! Ce dernier atout est le moyen principal par lequel les radios de proximité se rapprochent plus des populations. Elles sont donc incontournables surtout dans les zones rurales où tout ce qui s’entend à la radio est parole d’évangile ! Ce statut particulier des radios de proximité peut et doit leur permettre de jouer un rôle clé dans le processus de réconciliation nationale.

La promotion de la réconciliation une priorité

Alors qu’au début de la crise post-électorale en 2002, les chaînes d’Etat ont choisi de soutenir le régime en place, les radios de proximité Ivoiriennes ont choisies de produire des émissions pour parler de paix. « Notre statut particulier qui nous faisait obligation de ne pas parler de politique nous a permis de nous sentir à l’aise dans nos actions de promotion de la paix » nous explique Karamoko Bamba président de l’URPCI (l’Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire). L’Union qui compte plus d’une centaine de radios de proximité a veillé à ce que les radios ne soient pas partisanes. Pas de propagandes politiques, pas d’appels à la haine tribale et surtout pas d’émissions visant à fragiliser la cohésion sociale ; voici les instructions laissé par l’Union à ses membres. Il faut reconnaître que les instructions ont été suivies. Sur la période allant de 2002 à fin 2011, rares sont les radios ayant reçu des avertissements du CNCA (Conseil National de la Communication Audio-visuel). Fort de cette neutralité, les radios de proximité sont devenues des auxiliaires des agences du système des Nations Unies dans les campagnes de promotion des initiatives de paix. Hamadoun Touré le porte-parole de l’ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire) soulignera que vue leur importance « les radios de proximité, toujours plus proche de leurs auditeurs sont celles par lesquelles il serait judicieux de passer pour touchers les populations ».

Neutres, les radios de proximité ont été de tous les rendez-vous dans la marche vers la fin de la crise. Après les productions pour promouvoir la paix et le dialogue, elles ont joué un rôle remarquable lors des audiences foraines, le processus d’identification, l’enrôlement pour la nouvelle carte d’identité, l’inscription sur le listing électoral et le vote historique de Novembre 2010. « Si nous avons autant fait pour la paix, il n’y a pas de raison pour que nous soyons en retrait à l’heure où nous parlons de réconciliation. Nous recevons constamment des formations sur les thématiques liées à la réconciliation et nous les appliquons à nos programmes » nous explique Cissé Abdoulaye Directeur Général de Radio la Voix du N’zi.

A l’heure où la quête de la cohésion sociale est une priorité pour la Côte d’Ivoire les radios de proximité ont adapté leurs productions et programmes aux thématiques liées à la réconciliation. Ces thématiques s’articulent notamment autour de la promotion des droits de l’homme, celui du vivre ensemble, du pardon et de la préservation des acquis en matière de réconciliation. Cet engagement des radios de proximité ne passe pas inaperçu : il est bien au contraire apprécié à sa juste valeur. A la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) la communication autour de la réconciliation est un élément important. La CDVR multiplie les contacts et les échanges avec la presse nationale et internationale pour que les Ivoiriens puissent véritablement s’approprier le processus de réconciliation nationale. Sur l’engagement des Radios de proximité Franck Kouassi SRAN, le chargé de communication du Président de la CDVR dira « que tous les médias ont un rôle à jouer pour le retour de la paix et de la stabilité. Les radios de proximité encore plus car elles sont celles qui sont les plus proches des populations ».

L’Etat de Côte d’Ivoire peut donc compter sur les radios de proximité dans le combat de la réconciliation. Ces stations locales affichent une volonté ferme d’aider à la réconciliation mais il est important de noter que plusieurs d’entre elles ont besoin de soutien. En effet plusieurs radios de proximité ont perdu tous leurs moyens de production durant la récente crise post-électorale. Un renforcement technique de leurs capacités d’émission et de production serait à coup sûr un atout non négligeable dans cette marche importante vers le retour total de la cohésion sociale.

SUY Kahofi



L’ONUCI explore les moyens d’impulser la cohésion sociale avec des journalistes des radios privées non-commerciales

Studio radio

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a organisé du 25 au 27 janvier 2012, un séminaire sur « la contribution des radios privées non commerciales au renforcement de la cohésion sociale », à Kotobi, localité située à huit kilomètres de Bongouanou et à environ 210 km d’Abidjan.

Ce séminaire, organisé dans le cadre des Journées de l’ONUCI (JDO) de Bongouanou, était destiné aux journalistes et animateurs des radios privées non commerciales de huit régions de l’Est du pays: le Gontougo, le Boukani, l’Indenié-Djuablin, les Perles, les Grands Ponts, l’ Iffou, le N’Zi et le Sud Comoé. S’adressant aux participants à l’ouverture du séminaire, le Directeur par intérim du Bureau de l’information publique de l’ONUCI, Hamadoun Touré, a invité les participants à soutenir les autorités locales à relever les trois défis auxquels elles se trouvent confrontées : la sécurité, la cohésion sociale et la réconciliation nationale. Il les a ensuite invités à appliquer, au quotidien, les principes fondateurs du métier de journalisme et à s’approprier les valeurs éthiques et déontologiques de la profession.

Le 26 janvier, les vingt-deux (22) journalistes et animateurs se sont engagés devant les autorités administratives, religieuses, coutumières et la population de Bongouanou à accompagner la réconciliation nationale et la cohésion sociale en étant de véritables instruments de paix dans leurs localités respectives. Ils se sont engagés à permettre un accès égal à leurs antennes à toutes les composantes sociales de leurs régions et à produire des émissions de sensibilisation sur la réconciliation à travers une exploitation professionnelle des techniques de production radiophonique. Les journalistes et animateurs ont souligné qu’ils souhaitent contribuer davantage au développement local et soutenir les acteurs du monde rural, et ils se sont également engagés à combattre la rumeur et à bannir tout propos haineux de leurs antennes. Le séminaire était organisé autour de trois modules : Radio et renforcement de la cohésion sociale, les Techniques de production radiophoniques, les Genres et Formats Radio.

 



Bocanda Fm : une radio locale au cœur du développement

Dakoury Guillaume aka Tipi au pupitre de Bocanda Fm

En Côte d’Ivoire les sons grésillants sur la bande Fm ne se limite pas seulement aux grandes agglomérations. Dans les régions reculées du pays, des passionnés des médias font vivre des stations de radio. Allons-y découvrir une de ces stations en prenant la direction Bocanda à 305 km d’Abidjan.

Bocanda FM est le petit poucet des radios de proximité de la Région du N’zi Comoé. La dernière née n’est pourtant pas complexée face à l’expérimentée Radio La Voix du N’zi (Dimbokro) et la puissante Radio Moronou (Bongouanou). Pourtant malgré ses modestes moyens, elle entend jouer pleinement son rôle qui est celui de soutenir le développement économique local. « Bonjour à tous et bienvenu sur les antennes de Bocanda FM Tipi DAKOURY au microphone pour votre rendez-vous du 13 – 15, merci d’avoir choisi la fréquence du bonheur« . Celui qui par ces mots salue la population de Bocanda n’est tout autre que le Directeur des Programmes de Bocanda FM Guillaume Dakoury. Il est connu des auditeurs sous le pseudonyme de Tipi. Le jeune Directeur des Programmes de la radio locale et son équipe se sont fixés un objectif principal en prenant les rennes de la station : faire de celle-ci un puissant outil de développement. La preuve de cet engagement est bien visible par la qualité de leurs productions et surtout un programme dont les priorités sont la santé, l’éducation, la vie communautaire et associative, la jeunesse, la sensibilisation à la culture de la paix et le développement des villages. En plus du français, les informations sont diffusées en Baoulé et en Malinké (les langues locales dominantes) pour toucher un plus grand nombre de personnes. « Bocanda étant un chef lieu de département qui compte un nombre important de villages, il était important pour nous de concevoir un programme qui tient compte des aspirations des populations rurales » confie Dakoury.

La radio locale a vite été acceptée par les populations car depuis ses premiers programmes tests jusqu’à ce jour l’audimat n’a jamais cessé de grimper. Les habitants de Bocanda ont enfin une radio faite pour eux et par eux et cela est bien visible au quotidien car la population participe activement aux émissions. L’aventure radiophonique locale a aussi donné l’opportunité à des jeunes de pouvoir se former aux métiers de la radio et de vivre de leur talent. Les animateurs ont été sélectionnés à la suite d’un recrutement local : technique d’animation et de production, réalisation et mise en onde ont été les priorités de leur formation. Ceux-ci sont devenus des stars locales connues de tous et surtout appréciés des auditeurs. Essis Kouamé Maire de la commune de Bocanda peut être fier de ses animateurs puisqu’il a fait de la création de la radio locale une priorité dans son programme de gestion de la ville. Il sait qu’une radio est un investissement qu’il faut entretenir et moderniser. Aussi avec son Conseil Municipal il veut mettre à la disposition de la radio les moyens de son bon fonctionnement et permettre aux jeunes qui ont choisi la voie de l’animation d’émerger. Sans bruler les étapes, ni tenir compte de la rudesse du terrain due à la présence de deux autres Radios bien implantées dans la région du N’zi Comoé, la jeune équipe de Bocanda FM entend briller par son travail et ainsi susciter la confiance des opérateurs économiques, des partenaires et surtout des auditeurs.

Suy Kahofi



Radios de proximité : le silence radio

 

Plusieurs radios de proximité garderont malheureusement le silence

Au compteur des entreprises sinistrées durant la crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue figure les radios de proximité, chaînes privées et publiques communautaires confondues. Ces radios qui assuraient l’animation des communes et la sensibilisation des masses garderont pour certaines le silence. La durée peut-être longue en fonction des préjudices subits par les stations. 13 radios de proximité en Côte d’Ivoire dont 6 à Abidjan ont été vandalisées ou incendiées. Radio Yopougon et Radio Téré Adjamé sont des exemples vivants du malheur qui frappe l’univers des radios de proximité. Ces deux chaines d’Abidjan qui sont très écoutées ne pourront plus émettre pendant longtemps : matériel emporté et bâtiments incendiés sont le triste décor qu’on peut observer au siège de ces stations. Pire Radio Yopougon a perdu l’un de ses journalistes, tué par des hommes en arme comme le soulignait un rapport de RSF.

Pourquoi s’attaquer à des radios qui servaient toute la communauté ? La réponse est toute simple : les groupes armés pro-ouattara et pro-gbagbo reprochent à ces radios d’être des outils de propagande. Yopougon aurait été le siège du recrutement des miliciens et Téré un média pro-rhdp ! Au-delà de Yopougon et d’Adjamé on citera aussi Radio ATM de Port-Bouët pillée mais elle émet toujours, Radio Arc-en-ciel Abobo et Radio Amitié Williamsville qui ont été durement touchée. La récente tournée de l’URPCI (Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) a permis à l’opinion publique de constater l’ampleur des dégâts. Les privés et les mairies ne pourront pas eux seuls remettre en marche ces stations. Remettre en route de telles stations nécessiterait des investissements bruts compris entre 15 et 20 million ! Pas du tout évident de réunir de telles sommes pour les municipalités dans le contexte de sortie en Côte d’Ivoire. Après avoir constaté cette triste situation dans l’univers des médias Ivoiriens, M. Bamba au nom des responsables de l’URPCI a eu ce message à l’endroit des nouvelles autorités Ivoiriennes. « Les radios ont joué un rôle important dans l’accomplissement de l’audience foraine, l’identification, le retour de la paix et la cohésion sociale. C’est pourquoi nous demandons aux autorités publiques de donner un coup de main à ces entreprises afin qu’elles puissent être viable pour relever les défis à venir ». Il faut donc des ressources aux radios de proximité pour qu’elles puissent redonner de la voix et jouer pleinement leur rôle dans le processus de réconciliation nationale car en Côte d’Ivoire les radios sont un puissant catalyseur entre les élus et les administrés.

Suy Kahofi