Kahofi SUY

Abdoulaye WADE loin du complexe de la défaite

 

MACKY SALL le nouvel homme fort de Dakar

Contrairement à certains qui s’accrochent au pouvoir au point de conduire leur peuple à la guerre civile après les élections, Maître Abdoulaye Wade bien que contesté par le Sénégal est sorti non pas par la petite porte mais par la grande. A 85 ans, même s’il a perdu le soutien politique du peuple, il lui reste au moins la lucidité d’un homme sage qui aura fait l’économie de pertes inutiles en vies humaines. « Nous garderons notre maturité politique jusqu’à la fin et contrairement à ce que certains pensent le schéma Ivoirien ne se reproduira pas au Sénégal » m’avait signifié Demba Dia un ressortissant sénégalais lors des élections. Le Sénégal, exemple de démocratie ne recul donc pas bien au contraire. L’esprit d’alternance qui souffle sur le pays depuis Senghor continue de souffler sur le pays avec l’arrivé de Macky Sall aux affaires. En dépit des craintes suscitées par la nouvelle candidature du président Wade, 85 ans, élu en 2000 et réélu en 2007, la victoire acceptée de son ancien ministre et Premier ministre qu’il appelait son « apprenti », est le signe de la vitalité démocratique du Sénégal ! « Mes chers compatriotes, à l’issue du second tour de scrutin de dimanche, les résultats en cours indiquent que M. Macky Sall a remporté la victoire », a déclaré le président Wade, selon un communiqué diffusé dans la soirée par la présidence. « Comme je l’avais toujours promis, je l’ai donc appelé dès la soirée du 25 mars au téléphone pour le féliciter », a expliqué le chef de l’Etat sortant. « Vous avez été nombreux (…) à vous rendre aux urnes et à voter librement, dans le calme et la sérénité », et « je vous félicite tous et toutes pour la part déterminante que chacun de vous a jouée dans ce processus », a-t-il ajouté. Dans un premier communiqué, la présidence avait fait état du coup de fil du président Wade à son challenger, confirmant l’information diffusée par les médias publics (agence de presse et télévision). En Côte d’Ivoire, les représentants du PDS que nous avons pu joindre étaient certes déçus mais ont hautement apprécié le geste de Maître WADE.

« Ce (dimanche) soir, un résultat est sorti des urnes, le grand vainqueur reste le peuple sénégalais », a déclaré de son côté M. Sall lors d’une conférence de presse dans la nuit dans un grand hôtel de la capitale. « Je serai le président de tous les Sénégalais », a-t-il promis, remerciant notamment le président Wade pour son appel téléphonique. « Ce soir une ère nouvelle commence pour le Sénégal », s’est félicité le vainqueur du scrutin, qui lui aussi a salué la maturité des électeurs et de la démocratie sénégalaise. « L’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité des attentes de la population, j’en prends toute la mesure. Ensemble, nous allons nous atteler au travail », a-t-il conclu. « C’est encore une preuve de la maturité du peuple sénégalais et de la classe politique », a commenté le président de la Commission électorale nationale autonome (Cena), chargée de superviser le scrutin. Les premiers résultats officiels sont attendus pour mardi ou mercredi, mais les chiffres égrenés depuis la fermeture des bureaux de vote à 18 h 00 GMT par les médias sénégalais et ceux de l’extérieur donnaient M. Sall, 50 ans, en tête dans la plupart d’entre eux. Avant même l’annonce de sa victoire, des milliers de personnes se sont rassemblées devant le siège de campagne à Dakar de Macky Sall, aux cris de « Macky président », « Cette fois ça y est! » ou « On a gagné » et en dansant au son d’une musique rythmée poussée à fond par une puissante sonorisation. Des scènes de liesse similaires ont eu lieu toute la soirée dans plusieurs quartiers de Dakar, y compris au cœur de la ville, Place de l’Indépendance, proche du palais présidentiel. Hormis l’action d’hommes armés qui ont perturbé le vote dans quelques bureaux en Casamance (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste depuis trente ans, aucun incident grave n’a été signalé lors du scrutin dans le reste du pays. Le Sénégal est souvent cité comme l’un des rares exemples de démocratie en Afrique, en particulier en Afrique de l’Ouest régulièrement secouée par des violences politico-militaires, comme en témoigne le coup d’Etat qui a renversé jeudi au Mali voisin le président Amadou Toumani Touré. La campagne a donné lieu à quelques incidents entre partisans des deux candidats, sans commune mesure toutefois avec les manifestations et les violences avant le premier tour du 26 février et qui avaient fait entre 6 et 15 morts selon les sources, et au moins 150 blessés. Au total, quelque 300 observateurs étrangers ont surveillé le vote, notamment de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union européenne (UE).

SUY Kahofi


Donné pour malade, Charles Blé Goudé serait dans l’ouest Ivoirien ?

 

Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique

On a coutume de dire que lorsque quelqu’un est recherché il prend l’habitude de se ‘’cacher’’ là où on l’attend le moins ! Est-ce le cas pour Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique ? En tout cas c’est ce que plusieurs tabloïdes du Libéria voisin avancent. De nombreux journalistes et analystes libériens pensent savoir où se trouve Charles Blé Goudé et selon eux il serait dans l’ouest Ivoirien en pleine préparation de ce qu’ils appellent un mouvement visant à déstabiliser le pouvoir d’Alassane Ouattara. Certainement sûrs de leurs sources, les canards de Monrovia affirment tous ou presque, que l’homme, ayant pris ses quartiers en Angola se serait constitué un arsenal de guerre à travers plusieurs voyages notamment en Corée. Difficile de dire s’il s’agit de celle du nord ou du sud mais en tout cas tout porte à croire selon les analystes de la presse libérienne que le projet de Charles Blé Goudé est en de bonne voie et certains signes sur le terrain le montrent.

Ces signes dont parle la presse libérienne est l’impressionnant déploiement de troupe de l’ONUCI et de la MINUL le long de la frontière ivoiro-libérienne. Jamais ces deux missions n’avaient autant accordé une attention si grande à cette frontière. Les patrouilles se multiplient surtout au niveau terrestre et aérien pour quadriller cette frontière. Le deuxième signe vient de l’Union du Fleuve Mano. Les Chefs d’Etat Major de l’union viennent d’achever à Grand-Bassam une réunion pour définir un plan de sécurisation commun à l’Union pour mettre un terme aux activités des groupes armés qui pullulent dans la région depuis la fin de la guerre au Libéria et de la récente crise post-électorale Ivoirienne. Sur une frontière longue de plus de 5000 km, les priorités de ce plan de sécurisation commun à l’Union seront certainement données à la frontière ivoiro-libérienne où les activités de grand banditisme sont constamment signalées. Troisième indice et non des moindres est la présence de plus en plus remarquée des éléments des FRCI dans la région ouest de la Côte d’Ivoire. Pour certains Ivoiriens ce déploiement n’est qu’une simple coïncidence. Il n’est que le fruit du dispositif sécuritaire mis en place dans la région avant l’arrivée du Chef de l’Etat courant avril.

Charles Blé Goudé chef d’une milice dans l’ouest Ivoirien : simple rumeur ou réalité ? Pour les Ivoiriens, rumeur ou fait avéré la question ne se pose pas. La chose la plus importante c’est que le pays en a marre des bruits de botte et de mitraillette. Pro-gbagbo ou pro-ouattara, rares sont les Ivoiriens qui ayant vécu la crise pensent véritablement à la guerre aujourd’hui. « Si Charles Blé Goudé veut être utile à son pays qu’il appelle plutôt les ex-miliciens fidèle à son ‘’père’’ pour qu’ils rendent leurs armes à l’ONUCI » estime un jeune cadre.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : un homme de culture n’est plus !

 

L’artiste Zadi n’est plus !

Il aura surpris et éblouie par son talent et même éblouie par le choix de son jour de départ. Un homme de culture qui avait le français comme langue d’expression première s’en est allé un jour où cette langue est célébrée à travers le monde. Le Professeur Bernard Zadi Zaourou puisse que c’est de lui qu’il s’agit, a quitté le monde des vivants. Homme de culture, il a tiré sa révérence ce mardi dans une clinique à Abidjan à l’âge de 74 ans. Zadi Zahourou éminence grise et professeur d’université, il s’est illustré par la qualité des ses œuvres littéraires.

Effacé de la scène politique, depuis sa démission de la présidence de l’Union des socio-démocrates (USD) créé dans les années 1990, le Pr Zadi, connu également sous le nom de Bottey Zadi Zaourou, enseignant, écrivain, ancien ministre de la culture et de la francophonie, souffrait d’un mal pernicieux qui a eu raison de lui ce mardi dans une clinique de la capitale économique où il était hospitalisé depuis quelques jours, a précisé la source Concepteur du Didiga moderne ou « l’art de l’impensable », Zadi Zaourou a porté l’art dramatique ivoirien sur les fonts baptismaux, par un savant cocktail harmonieux des genres. Son écriture irradie tous les arts et son engagement pour la culture est reconnu de tous. De retour de Strasbourg où il obtient un doctorat d’Etat, Bernard Zadi Zaourou entre en tant qu’enseignant à l’Université d’Abidjan.

Très tôt, il devient une « star » de par son atypique vision de l’enseignement, de la contestation politique et de la perception des arts et de la culture africains. Il connut une carrière réussie d’enseignant-chercheur à l’Université de Cocody, précisément à la Faculté des lettres, arts et sciences humaines, et à l’Unité de formation et de recherche en langues, littératures et civilisations. Musicien, promoteur de l’arc musical, dès la fin des années 1970, Zadi Zaourou est un critique musical averti. Il est également un farouche défenseur de la tradition orale africaine qui met en dialogue discours historique, musique épique et esthétique littéraire. Il a consacré son énergie à cette œuvre pendant plusieurs années au Groupe de recherche en tradition orale (GRTO) où il fut directeur. Bernard Zadi Zaourou, homme de culture « insatiable », va créer, en 1990, un parti politique, l’Union des socio-démocrates (USD), à la faveur du retour au multipartisme en Côte d’Ivoire. Très vite, l’homme sera déchanté de la politique et va se retirer pour consacrer, ces dernières années, sa plume à l’animation de chroniques dans des journaux d’opinion.

SUY Kahofi


9 nouveaux sites de désarmement prochainement ouverts en Côte d’Ivoire

 

Se mobiliser pour réduire la circulation des armes légères et de petits calibres

Il faut battre le fer quand il est chaud ! Le Gouvernement Ivoirien et l’ONUCI l’ont compris si bien qu’après les succès enregistrés dans les opérations de DDR la semaine dernière, des mesures importantes seront prises pour la suite. Neuf sites de regroupement disséminés à travers toute l’étendue de la Côte d’Ivoire notamment Bouaké, Séguéla, Guiglo, Korhogo, Bouna, Abengourou, Man, San-Pedro et Abidjan  seront bientôt réalisés, a annoncé lundi à Abidjan, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, lors de la cérémonie d’inauguration du bureau conjoint Démobilisation, Désarmement  (DD) réhabilité par l’ONUCI au sein de l’Etat-major au camp Galliéni. Selon M. Koenders, qui avait à ses côtés le Ministre auprès du Président de la République chargé de la défense, Paul Koffi Koffi et le Chef d’Etat –major  général des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), le Général Soumaila Bakayoko, les travaux commenceront avant la fin du mois par les sites de Bouaké, Séguéla et Guiglo et s’étendront aux autres villes pour s’achever en fin décembre 2012. Le Représentant spécial a souligné l’importance d’un bureau conjoint qui, selon lui, améliorera de manière significative la coordination des activités de l’Etat-major et de l’ONUCI afin, a-t-il poursuivi, de permettre d’atteindre les objectifs que les autorités ivoiriennes se sont fixés, à savoir la réinsertion, la réintégration de manière durable des combattants, et l’amélioration de la sécurité de manière générale. Sur le dernier point, M Koenders a estimé qu’elle passait aussi à travers les opérations de collecte d’armes qui vise à établir un climat de sécurité et par ricochet, à favoriser le retour des réfugiés.

Dans le même ordre d’idées, M. Koenders a rappelé que la réforme de la sécurité incluant l’armée, la police et la gendarmerie ainsi que la justice, était un enjeu fondamental impliquant la mise en place de structures légitimes et démocratiques, notant que la Côte d’Ivoire devait et était en train de s’y engager.  « La Côte d’Ivoire est en train de se doter d’urgence d’une institution unique et centralisée qui gère de façon cohérente et centralisée les opérations de DDR afin d’assurer un bénéfice harmonisé et équitable pour chaque combattant de garantir la transparence de l’enregistrement de la vérification et de la gestion de la base de données », a expliqué le Représentant spécial, qui a, dans ce cadre, annoncé la présentation d’un futur mode opératoire consensuel qui sera en vigueur pour le fonctionnement de tous les camps de regroupement. Dans ce contexte, M. Koenders a réitéré le soutien « étape par étape » de l’ONUCI au Gouvernement ivoirien, dans tout le processus du DDR et de la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS). Auparavant, le Général Soumaila Bakayoko, a mis en exergue l’appui de l’ONUCI aux FRCI lors de la sécurisation des élections législatives ainsi que le constant soutien des casques bleus à la sécurisation globale du pays.

Le Général Bakayoko a exprimé l’espoir que la réalisation des sites de désarmement et de démobilisation permettrait de lancer les opérations de DD sur l’ensemble du territoire national et promis que les FRCI allaient reprendre les jours à venir le processus du DD en appliquant au mieux les règles internationales. Il a, dans ce cadre, invité les ex-combattants à s’inscrire dans le processus du DD, pour pouvoir bénéficier de projets de réinsertion, et appelé les populations qui détiennent illégalement des armes de se rendre également sur les sites DD pour les déposer. Le bureau conjoint comprend plusieurs salles opérationnelles entièrement réhabilitées et équipées par l’ONUCI à la suite d’une requête du Général Bakayoko. L’ONUCI y a répondu favorablement conformément à la Résolution 2000 du Conseil de sécurité. En plus du Ministre chargé de la Défense, le numéro 2 de la Force de l’ONUCI, le Général Talla Niang  ainsi que plusieurs officiers généraux et officiers supérieurs avaient pris à la cérémonie.


Lundi rouge pour des cartons rouges à la violence !

 

Des milliers de femmes ont marché pour dire non aux violences faites aux femmes et aux enfants

Des milliers de femmes et d’enfants vêtus de rouge, ont marché ce samedi à Bassam pour condamner les violences subies par le couple « femme – enfant », en Côte d’Ivoire et dans le monde. Une initiative de la Fondation Ahikpolé qui a lancé ce même jour, le concept « Lundi Rouge ». «… Nous les enfants, nous ne voulons pas être battus, violés, torturés, et enrôlés de force. S’il vous plait. Chers parents. Tous les lundis, n’oubliez pas de mettre sur notre tenue un petit tissu rouge. Pour que nous marquions notre solidarité à nos mamans et à nos amis victimes des violences », s’est exprimée Djereké pascaline, 7 ans. Cette cérémonie a eu lieu dans l’enceinte de la salle du Centre Culturel Devant un auditoire, composé d’autorités administratives, d’ONG, et de membres de la Société Civile.

Un acte symbolique

Elles étaient des milliers de femmes et d’enfants vêtus de rouge, à se réunir sur la place de la Paix, à Bassam. Objectif, poser un acte symbolique pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux enfants. Une vaste campagne de sensibilisation sur la responsabilité de chacun dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants. La ville de Bassam était rouge pourrait on dire. Les femmes et les enfants soutenues par des ONG de défense des droits de l’enfant et de la femme, ont voulu « en finir » avec les violences perpétrées à leur endroit. Elles ont marché tout le long de la rue de la Victoire, traversées le pont de la Victoire, pour aller ensuite remettre un document aux Autorités administratives de la ville. Un acte hautement symbolique. Dame Salimata Porquet, participante à cette marche explique la symbolique de ce geste : « en 1949, les femmes marchèrent pour exiger la libération de leurs époux. Elles avaient été brimées, violentées… Nous marchons aujourd’hui pour dire Non aux violences subies par les femmes… Non aux violences subies par les enfants et enfin… Non à la violence sur toutes ses formes… ». Les femmes ont remis un document aux autorités administratives de Grand Bassam pour qu’ils le remettent ensuite à « qui de droit ». Un document qui veut que les autorités de Bassam ainsi que celles de toutes la Côte d’Ivoire s’engagent à bannir ce fléau.

Ahikpolé International lance le concept « Lundi Rouge »

La Fondation Ahikpolé International, initiatrice de cette marche lance l’opération « Lundi Rouge ». Cette opération est une invite à chacun, pour affirmer son engagement à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Par le port systématique et symbolique, tous les lundis, d’un vêtement ou d’un objet de couleur rouge, l’on prouve son adhésion à lutter contre les violences subies par les femmes et les enfants dans le monde. Pour Ahikpolé International ce geste est une sorte d’éveil de conscience qui vise à graver dans l’esprit de chacun, l’existence de ce fléau et surtout sa contribution pour l’éradiquer. Le choix du rouge pour dire Stop. Autrement dit, quand il y a le rouge, il y a un danger. Aussi faudra t- il s’arrêter. Le rouge aussi pour symboliser la vie de ces nombreuses femmes et enfants qui ont succombé aux violences. À l’instar d’Amina Filali, une adolescente marocaine de 16 ans qui s’est suicidée, par ce qu’elle a été contrainte d’épouser son violeur.
Ahikpolé de Chantale, présidente de la Fondation a lancé un appel au parrain de cette cérémonie, Aka Sayé Lazare, Directeur Géneral de la Radiodiffusion ivoirienne (RTI), pour qu’il l’aide à faire la promotion de cette opération. Un appel bien reçu par le DG qui a invité « toutes les bonnes volontés à s’approprier ce concept, à l’instar du ruban rouge pour le sida ».