Kahofi SUY

Violence en Côte d’Ivoire : qu’en pensent les Ivoiriens ?

Attaque du camp d'Akouédo à Abidjan

Il ne se passe pas une seule semaine en Côte d’Ivoire sans que des massacres, attaques à main armée ou des violences ne soient signalées. Ces violences perpétrées par des individus qui courent toujours selon les autorités Ivoiriennes viennent chaque fois saper le processus de paix et de réconciliation en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens ont peur ! Peur depuis qu’ils ne se reconnaissent plus en leur armée, peur à cause du spectre des coups d’Etat qui ne cesse de planer sur le pays, peur à cause des éléments des FRCI qui eux-mêmes affichent un peu plus un style d’agresseurs que de protecteurs. Les violences sont quasi quotidiennes dans le pays et ce regain de violence inquiète une frange importante de la population bien que certains Ivoiriens semblent s’en réjouir.

Niamkey K. : « Qui sont réellement ces hommes ? »

Dans chaque partie de la Côte d’Ivoire chacun semble identifier un groupe ou un camp comme étant l’auteur des violences. A Duékoué on parle des Dozos, certains parlent de mercenaires burkinabés…à Yopougon les FRCI sont tués…on parle de mercenaires libériens infiltrés, de miliciens pro-gbagbo…au fond jusqu’à ce jour aucune enquête ne donne de résultats capables de rassurer les Ivoiriens ! Le gouvernement annonce toujours des enquêtes mais rien de concret. On passe à la télé, on autorise des rafles, on arrête des innocents et les hommes qui tuent se promènent toujours ! Que le gouvernement nous disent qui sont ces hommes sinon chacun se fera des idées y compris celle qui consiste à croire que les auteurs de ces violences sont belle et bien des éléments FRCI mécontents !

Sanogo B. : « Ils sont les vrais ennemis de la Côte d’Ivoire »

Ces agresseurs quelque soit leurs origines sont simplement les ennemis de la Côte d’Ivoire ! Pour moi leur objectif est très clair : asseoir un climat de violence et de peur pour que les efforts de reconstruction du pays soient passés sous silence. Le comble c’est que dans certains quartiers, ceux qui se disent patriotes applaudissent lorsque des morts sont signalés ici et là. C’est triste de savoir que le débat politique et ethnique nous pousse à applaudir pendant que d’autres Ivoiriens se font tuer. Ceux qui crient vengeance depuis la fin de la crise post-électorale ne pourront que nous attirer des problèmes car même s’ils arrivent à renverser Alassane Ouattara qu’est ce qui prouve que celui qui viendra sera libre de diriger ?

Girielou C. : « Le Gouvernement est incapable ! »

N’allons pas chercher les coupables bien loin. Quand on s’appelle Alassane Ouattara et qu’on a été parachuté au Palais de la Présidence par Sarkozy on ne peut qu’être à la tête d’une armée d’illettrés et d’un gouvernement incapable de restaurer la confiance et la sécurité. Ceux qui tuent sont les hommes d’Alassane Ouattara lui-même car avant son arrivée notre armée n’était pas aussi mauvaise, notre armée ne brimait pas le peuple…Avec ce monsieur qui règne dans le sang chaque jour est un jour de deuil dans ce pays. je suis triste pour les familles qui perdent leurs enfants mais c’est la preuve que ce monsieur (Alassane Ouattara) n’est pas la solution mais le problème.

Charles S. : « Et l’ONUCI dans tout ça ? »

Depuis la fin de la crise les casques bleus de l’ONUCI qui prétendent appuyer les FRCI pour sécuriser le pays sont devenus des acteurs plus que passifs des violences. Ils refusent d’aider des populations qui se font massacrer dans le camp de Nahibly, à Akouédo ils assistent au massacre de militaires désarmés sans tirer un seul coup de feu…je me demande à quoi ils servent dans notre pays ? Si c’est pour recevoir de gros salaires à ne rien faire je préfère qu’ils se ‘’cassent’’ du pays car rien ne justifie leur présence ici.

SUY Kahofi


Côte d’Ivoire : une vieille Dame au berceau !

Nanan Boigny, le vrai bâtisseur de la Côte d’Ivoire

52 ans voici l’âge de ma belle Côte d’Ivoire, Patrie pour laquelle nos pères se son battus et pour laquelle nous continuons de nous battre. Nos pères se sont battus pour arracher l’indépendance politique au colonisateur et nous – chacun avec ses convictions politiques – nous battons pour l’indépendance économique. Du brave planteur Houphouët Boigny à Alassane Ouattara en passant par le Général Robert Gueï, la Côte d’Ivoire trace son chemin et tente tant bien que mal de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Le temps passe et pour moi, jeune Ivoirien né 20 ans après l’indépendance de son pays, je constate que mon pays loin d’évoluer recule sur le plan politique et économique. Rien à part l’œuvre du Père Fondateur n’a été réalisé après lui. Tout ce que la Côte d’Ivoire a et est nous le devons au Boigny de Yamoussoukro. 90% des bâtiments administratifs, des hôpitaux, des aéroports, des routes, des barrages hydro-électriques, des aérodromes…nous le devons à un seul homme qui loin d’avoir pensé à sa famille et son clan politique a pensé à la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ce qu’elle est grâce à Houphouët Boigny et les pseudo-politiciens qui lui ont succédé sans exception ne pourront pas dire le contraire ! C’est malheureusement à cause de ces hommes qui se sont assis dans le fauteuil présidentiel après Houphouët Boigny que mon Pays a sombré dans les bas-fonds du développement.

De la Grande Dame courtisée dès son indépendance en 1960, ma Côte d’Ivoire est aujourd’hui une gamine qui retourne au sein ! La Côte d’Ivoire était mature au lendemain de 1960 car au moment où la violence s’installait dans plusieurs pays d’Afrique elle était fière de sa stabilité. Au moment où des Présidents de la République se faisaient tuer dans leurs Palais, la Côte d’Ivoire connaissait la tranquillité. Loin des coups d’Etat, des guerres civiles, des conflits ethniques…mon pays a su se faire respecter. Elle était une fière Dame ! Hélas, l’arrivée d’un certain Laurent Gbagbo, chantre présumé du multipartisme, apôtre infatigable de la violence va sonner le déclin de ma patrie. Les contestations, les marches, les grèves…vont prendre le dessus sur la stabilité politique et économique. Le clou de cette violence est le coup d’Etat du Père Robert. Son amour pour le sang et sa soif de pouvoir feront connaitre à la Côte d’Ivoire son premier coup d’Etat. Suivront après une série de tentatives de coup d’Etat et de violences armées qui vont aboutir à la guerre civile de 2002. La Côte d’Ivoire vieille de 52 ans retourne à la vie des pays africains d’après indépendance. Comme dirait un fidèle lieutenant du Boigny : « ce que nous n’avons pas fait au lendemain de l’indépendance, c’est aujourd’hui que nous le faisons ». La Côte d’Ivoire retourne au sein car elle fait l’expérience du désordre au moment où les autres pays tournent le dos à la barbarie. Pourquoi ne pas donner un sens au mot paix pour mériter largement nos 52 ans ? Pourquoi ne pas tenter de rompre avec la violence pour mériter de nouveau le respect que les autres peuples avaient pour nous ? Quitter notre berceau n’est qu’une question de volonté. Oublier un tout petit peu nos ethnies, nos religions, nos clans politiques pour penser seulement à la Côte d’Ivoire voici le véritable effort que les Ivoiriens doivent faire pour changer. Rien ne sert de prédire l’apocalypse sur son pays et prétendre qu’on est patriote ! La chose la plus importante à faire pour montrer son patriotisme consiste à tourner le dos à la violence et à préserver l’héritage que nos pères nous ont laissé.

SUY Kahofi  


CDVR : quel bilan à mi-parcours ?

Franck Kouassi SRAN et Marchal BALOU de la CDVR

Les Services de Communication de la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) étaient face à la Presse Internationale ce jeudi 02 août 2012 pour dresser un bilan à mi-parcours des actions de la Commission mise sur pied au lendemain de la crise post-électorale. En effet la CDVR a été créée par ordonnance (n°2011-85 du 13 mai 2011) prise par le Président de la République pour aider au processus de réconciliation nationale. L’objectif de la rencontre au siège de la Commission sis Abidjan-Cocody a été d’informer les journalistes et correspondants de presse sur l’évolution du chronogramme des activités de la CDVR.

Un rappel des missions

S’adressant à l’auditoire au nom de la Direction de la Communication, Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication de la CDVR a tenu à rappeler les missions de la Commission. Il s’agit principalement de recenser les types de violations liées à la crise Ivoirienne, identifier et donner la parole aux victimes, entendre les auteurs des violations et obtenir leur repentance, proposer des préparations aux victimes… Bien que ces objectifs soient nobles et que l’action de la CDVR ait une portée nationale, la Commission refuse de se prévaloir de l’exclusivité du processus de la réconciliation. Loin donc de faire un double emploie avec d’autres structures présentes sur le terrain, la CDVR selon Marchal BALOU « veut aider simplement à la réconciliation par l’exécution d’un chronogramme d’activité ». Ce chronogramme d’activité s’étend sur une période de 2 ans soit la durée de vie de la Commission.

Bilan et actions avenirs

Au sujet du bilan de la CDVR un an après sa création, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président Charles Konan BANNY a égrainé les actions menées sur le terrain par la CDVR avant de préciser que « même si pour certain la CDVR semble ne pas avancer en réalité elle pose des actions conformément à son plan de travail ». Ainsi pour marqué le début de son action, la CDVR s’est sacrifiée à la tradition du deuil national et de purification au cours du mois de mars 2012. Cet acte hautement spirituel et traditionnel ainsi posé, la CDVR démarre au cours des mois de juillet et août 2012 l’étape des consultations nationales. Celles-ci seront suivies par une étape de décentralisation des actions de la CDVR par l’installation des Commissions locales et spécialisées durant le mois de novembre. La période des dépositions et d’audition des victimes s’étendra de décembre 2012 à avril 2013. Elle sera couplée par des enquêtes des commissions spécialisées pour confirmer ou infirmer les faits allégués par les victimes (janvier – septembre 2013). Le clou de l’action de la CDVR sera sans nul doute la phase publique des audiences au cours de laquelle les victimes et leurs bourreaux se feront face dans ce qui serait juste d’appeler le ‘’grand déballage’’.

Bien que l’action de la CDVR se déroule sur toute l’étendue du territoire national elle n’exclue pas un volet destiné à la diaspora en raison du flux important de personnes déplacées dans les pays limitrophes et même au-delà. La CDVR compte également être à l’école des autres Commissions Réconciliation en Afrique dans le monde pour s’inspirer des exemples de réussite et éviter certaines erreurs. Pour atteindre tous ces objectifs, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président de la CDVR et Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication ont plaidé pour que des moyens conséquents soient mis à la disposition de la Commission.

SUY Kahofi


Sur les pas des agents de vente abidjanais

Agents de vente dans le quartier de Yopougon (Abidjan)

« Je suis titulaire d’une licence en criminologie et je veux me présenter cette année au concours de police. Avec le yoyo à l’Université et un avenir incertain pour les jeunes de ce pays, je n’ai plus cette volonté de poursuivre mes études. C’est juste pour réunir de l’argent pour le concours que j’ai accepté l’offre de cette PME qui s’occupe de la vente de biens de consommation d’origine asiatique ». Comme Francis Aka, nombreux sont ces jeunes ivoiriens qui ont accepté un poste d’agent de vente au sein de ces PME qui se sont spécialisées dans la promotion de divers produits. Ils ont entre 18 et 35 ans, jeunes hommes ou jeunes femmes, ils sont de couches sociales défavorisées et veulent se faire de l’argent pour s’assurer les fins de mois en attendant des jours meilleurs. Plusieurs raisons les poussent donc vers cette profession : certains sont en quête d’argent pour financer leurs concours ou leurs petits projets, d’autres y viennent le temps de trouver un emploi stable et certains la pratique comme activité première. A Abidjan par respect pour ces jeunes gens on les appelle par abus de langage commerciaux ou démarcheurs !

« C’est un travail difficile ! »

La journée des agents de vente démarre par le regroupement matinal. Le responsable de la PME où travaille Francis notre jeune agent de vente réunit son effectif à un carrefour des 220 Logements dans le quartier marchand d’Adjamé. Ici les choses sont bien structurées : il arrive avec la marchandise en voiture et la répartie entre ses vendeurs. Après des conseils d’usage, chacun des agents choisit un axe routier ou un secteur d’un quartier où il peut facilement convaincre un maximum de personnes et vendre plus. Les agents de vente à Abidjan sont des as du nomadisme urbain : ils parcourent des dizaines de kilomètre à pied par jour sous le soleil. Cela impose une bonne condition physique ! « C’est dur mon frère! », lance Pacôme le collègue de Francis. « Si tu n’est pas un homme, tu ne peux pas faire un mois dans les rues ! Nombreux sont ceux qui partent parce qu’ils tombent trop malade. A la fin ce que tu gagnes passe facilement dans les médicaments » conclu le jeune homme. Pacôme n’a pas tord de dire qu’il faut avoir le moral et surtout un physique assez solide pour exercer le métier d’agent de vente. Les vendeurs portes la totalité de leurs marchandises sur le dos. Entre 6 et 8 kilo de charge dans le sac à dos et le reste des articles entre les mains pour les proposer directement aux clients.

Les femmes sont aussi présentes sur le terrain

Pélagie Gueu et sa petite sœur sont bien connues à Abobo-gare pour leurs petits produits qu’elles proposent chaque jour. « Nous les ‘’démarcheurs’’ nous vendons un peu de tout : des postes de radio, des ventilateurs, des brûleurs et foyer pour butane, des lecteurs DVD, des plateaux de cuisine et à cause des coupures d’électricité intempestifs dans certains quartiers d’Abidjan des lampes torches rechargeables ». Pélagie Gueu donnait dans la restauration jusqu’à ce qu’elle perde tout à la suite de ce qu’elle qualifie « de mystérieuse maladie ». Elle espère faire des économies pour ouvrir un nouvel Allokodrome (espace gastronomique aménagé pour vendre des frites de banane). Quant à sa petite sœur Prisca, elle compte continuer cette activité. « Je suis fatigué des jobs de fille de ménage. Nos patronnes nous maltraitent et nous traitent comme leurs esclaves. Ici au moins on me respecte et je m’entends avec mes clients et mes amis ».

Pour ce qui est de la rémunération, les agents de vente sont payés selon un pourcentage sur chaque article vendu. Certaines structures plus solidement implantées proposent un salaire de base et ensuite un pourcentage après vente mais dans majorité des cas les pourcentages oscillent entre 500 f CFA et 1500 f CFA pour celui qui sait vendre. « Pour se faire de l’argent dans ce milieu il faut savoir convaincre. Plus vous arrivez à vendre au prix le plus élevé plus votre bénéfice est important » nous explique Francis Aka.

SUY Kahofi


Intermédiaires administratifs : les dessous d’une organisation bien huilée

Intermédiaires administratifs aux abords de la Mairie de Cocody Abidjan

Ils sont visibles aux abords de la quasi-totalité des services administratifs de la Côte d’Ivoire. Ils servent d’intermédiaires très officieusement à ceux qui ont la lourde charge d’émettre des documents pour les examens, concours et autre dossier de la fonction publique. Leur service ne sont pas gratuits et ils appartiennent à un milieu très organisé…bienvenu dans l’antre des intermédiaires administratifs ivoiriens !

Il n’existe pas un seul endroit où l’on émet des documents administratifs qui échappe à leur contrôle ou plutôt à leur présence. Les intermédiaires administratifs sont présents aussi bien dans les Mairies, sous-préfectures, centres d’orientations, services de scolarité des universités… Leur mission consiste à vous faire obtenir en quelques minutes un document pour lequel vous aurez dû mettre trois ou quatre jours d’attente. Ils sont le bras officieux de l’administration. Les fonctionnaires se défendent d’avoir recours à leurs services mais avec le temps qui passe les Ivoiriens savent désormais comment cette petite ‘’mafia’’ fonctionne.

On retrouve généralement les intermédiaires aux abords des bâtiments administratifs ou à l’intérieur quand leurs protecteurs sont assez influents. Ils sont connus de la majorité des travailleurs et composent avec eux : ils sont officieusement le prolongement de l’administration version dessous de table ! Leurs activités ne sont pas couvertes par l’administration et en cas de plainte celle-ci décline toute responsabilité. Les intermédiaires administratifs  travaillent avec des fonctionnaires soucieux d’arrondir la fin du mois avec un ‘’petit gombo’’ (bonus) lié à la profession. Dans le milieu des intermédiaires administratifs celui qui veut aller vite doit savoir mettre la main dans la poche. « Mon frère si veux que ton attestation à usage administratif du BAC sorte rapidement fait parler ton cœur » soutien Serge un démarcheur de la DECO (direction des examens et concours). L’intermédiaire administratif est efficace grâce à son réseau de connaissance : il faut être le plus proche possible de celui qui signe. Plus le ‘’chef’’ est arrosé plus il est facile pour vous de faire passer n’importe qu’elle dossier pour satisfaire à la base le client. On ne se marche pas sur les pieds car entre intermédiaires administratifs un code de bonne conduite existe. Chacun se contente du ‘’peu’’ qu’il gagne. « Je ne peut pas me plaindre : ça rapporte ! Si tu empoche 2000 francs  sur 14 fiches à légaliser et que tu libères 500 f sur ton ‘’chef’’ tu vois que tu as quelque chose en quittant le Plateau » souligne Sindou Coulibaly.

Les Ivoiriens semblent plutôt satisfaits des prestations des intermédiaires administratifs. « Avec eux les choses vont vite ! C’est vrai que tu sors de l’argent mais tu es satisfait dans un court délai » soutien Kouamé Sandrine jeune élève préparant le concours de Police. Il existe malheureusement des brebis galeuses dans le milieu. « Ces faussaires ne font pas honneur à notre profession. Ils viennent juste un jour, arnaquent quelqu’un qui passe et ne reviennent plus » dénonce Sindou Coulibaly avant de conclure « nous nous connaissons entre nous et pour ne pas tomber dans le piège d’un voleur il est préférable de ne pas s’adresser à quelqu’un qui, détacher du groupe, vous propose ses services ». Quant aux fonctionnaires, rares sont ceux qui reconnaissent ouvertement travailler avec les intermédiaires administratifs. Certains acceptent quand même de nous expliquer leur collaboration avec ces jeunes gens. Celui qui se fait appeler Pacôme est un fonctionnaire, il reconnait travailler directement avec son frère. « Il reste à la maison du matin au soir à vider mon sac de riz et dormir. Je viens avec lui chaque matin. Il prend 2000 ou 3000 aux demandeurs et j’use de ma position pour faire signer rapidement le document. Le soir mon petit frère rentre avec quelque chose » nous explique le fonctionnaire. Quant à ce qu’il gagne lui-même et avec combien d’intermédiaires il ‘’travaille’’ Pacôme préfère garder le mystère intact.

SUY Kahofi