Kahofi SUY

Revue Ivoirienne du 7 au 12 janvier 2013

Kouadio Ahoussou Jeannot, Ministre d’Etat auprès du Président Ivoirien
Kouadio Ahoussou Jeannot, Ministre d’Etat auprès du Président Ivoirien

La nouvelle semaine d’actualité qui s’achève en Côte d’Ivoire a été marquée par le retour d’un homme politique aux affaires. Il s’agit de l’ancien Premier Ministre Kouadio Ahoussou Jeannot qui revient auprès du Président Ivoirien en qualité de Ministre d’Etat. Qu’on soit de gauche ou de droite cette nomination est diversement interprétée. Si le Nouveau Réveil croit savoir pourquoi Ahoussou Jeannot a été nommé ce 9 janvier, Le Nouveau Courrier estime qu’il s’agit d’une mascarade de nomination. Selon le confrère après avoir humilié publiquement Ahoussou Jeannot, Alassane Ouattara le rappelle sans aucun remord. Notre Voie partage cette analyse sous le titre : retour de Kouadio Ahoussou Jeannot, l’inconséquence du pouvoir !

Loin de la polémique L’Intelligent d’Abidjan se propose de nous parler des nouvelles missions qui seront celles de l’ancien patron de la primature. Si Maître Ahoussou Jeannot est situé sur son sort, il n’en est pas de même pour la CEI qui semble ne plus savoir où donner de la tête dans ce qui serait juste de baptiser le casse-tête des élections locales. Sur la question, c’est Fraternité Matin qui ouvre le bal des analyses avec ce titre : élections municipales 49 dossiers sur 197 et 0 dossier pour les régionales sur les 31 postes à pourvoir. Le quotidien à capitaux publics nous informe que la CEI, la Commission électorale indépendante tourne son regarde vers le Gouvernement Ivoirien qui pourtant a confirmé la date du 24 février 2013 comme celle des municipales et régionales couplées nous indique L’Inter. La CEI dribblé par les candidats affirme un brin ironique Le Patriote quand sur le même sujet Le Nouveau Courrier atteste qu’il s’agit bien d’un camouflé pour le Gouvernement ! Le Nouveau Réveil et L’Expression se demandent en cœur si l’on s’achemine vers un report de ces élections.

Retour sur le drame de la saint sylvestre au Plateau. Vive émotion ce 9 janvier à l’IVOSEP lors de l’enlèvement des corps écrit Nord-sud quotidien qui annonce dans la foulée la somme de 63 millions pour les familles frappées par le deuil. Sur le même sujet Soir Info précise pour sa part que les frais de conservation des corps ont été pris en charge par l’Etat mais souligne que des parents sont en colère. La raison selon Notre Voie c’est que les parents jugent l’aide de l’Etat Ivoirien insignifiant. Malgré les propos rassurant du Chef de l’Etat et la prise en charge des victimes du drame, de nombreuses familles estiment que des zones d’ombre persistent encore.

Une note d’économie pour finir ; hausse des prix du gaz et du carburant des vendeurs profitent déjà de la situation pour faire grimper les prix au détail regrette Soir-Info, L’Expression de son côté se propose de nous expliquer comment les revendeurs abusent des consommateurs.

A la semaine prochaine !

Suy


Un jour dans l’univers des petits porte-faix d’Abidjan !

Les petits porte-faix d’Abidjan
Les petits porte-faix d’Abidjan

Le travail des enfants est une réalité en Côte d’Ivoire et on en parle généralement dans l’univers de la cacao-culture. Pourtant il existe d’autres domaines d’activité où l’exploitation des enfants semble normale. C’est le cas dans le secteur des porte-faix ou les enfants doivent transporter des charges que les adultes eux-mêmes peinent à soulever !

Abou, Karim, Tioté ou Oumar appartiennent à cette grande famille de petits-porteurs d’Abidjan. On les désigne par le nom de « Tantie Brouette ». Ils ont entre 10 et 17 ans et pour avoir leur pitance alimentaire quotidienne ils doivent porter des charges largement au dessus de leur poids. Équipés d’une simple brouette, c’est péniblement qu’ils font avancer leurs lourdes charges mètre après mètre. Ils doivent accompagner chaque jour des commerçantes ou des ménagères avec leurs courses pour espérer avoir quelques pièces en poche. Certains d’entre eux mènent l’activité pour leur propre compte, d’autres doivent rapporter au père ou à la mère le pécule qui nourrira toute la famille. Karim témoigne :

«Mon père n’aime pas du tout quand je rentre avec une somme insignifiante. Quand je retourne à la maison avec 300 ou 600 f CFA il s’énerve ! Il pense que je viens au marché pour m’amuser or ce n’est pas le cas ».

Pendant que nous échangeons, une commerçante s’approche. Karim sans crier gare s’éloigne de mon micro pour savoir s’il sera choisi pour le transport de quelques sacs de bananes plantains ! Finalement il n’aura pas la chance parce que trop petit ! La commerçante choisira Oumar et Abou pour porter environ… 200 kilogrammes de bananes repartis dans des sacs de 50 kilogrammes. « C’est comme ça » me dit tout triste Karim « souvent tu as la chance et souvent tu n’as rien » ! Pour nos deux amis retenus par la commerçante la tâche ne sera pas facile. A 16 ans à peine, traîner des sacs sur environs 1500 m n’est pas du tout évident. « Ça fatigue, on avance petit à petit » me dit Abou. Pour 100 f CFA le sac nos deux « gladiateurs » se retrouvent avec 400 f pour la « petite » course.

Bien que cette activité de porteur du marché soit pénible elle attire plusieurs gamins à l’image de Diomandé qui depuis un an a quitté l’école dans l’espoir de gagner de l’argent avec sa brouette. Il rêve de réussir et de quitter l’univers des « Tantie Brouette »… mais comment un gamin qui quitte l’école si jeune peut-il espérer le meilleur dans un milieu où le rêve n’existe pratiquement pas ? A cette question Diomandé a une réponse toute faite pour rassurer ou plutôt pour se donner du courage. « Ce qui est sûr avec ce que je gagne j’achète mes vêtements, je mange sans demander à ma maman… » nous dit confiant le gamin.

Si pour Diomandé le rêve est encore flou en ce début de carrière de porte-faix du marché, Sindou D. qui est arrivé dans le milieu il y a environs 5 ans est aujourd’hui propriétaire des brouettes louées par les gamins. Chaque brouette donnée à un enfant lui permet d’empocher 1000 f CFA. « J’ai au moins 50.000 f CFA à la fin de la journée. Je connais pratiquement tous les enfants qui viennent ici louer des brouettes. Ils peuvent partir avec la brouette et revenir payer à la fin de la journée » nous explique le jeune homme. Tous les enfants qui poussent aujourd’hui la brouette sous le soleil d’Abidjan n’auront pas la chance de Sindou D. Faire fortune dans le milieu tient du miracle car le métier de porte-faix n’est une affaire de petits muscles ! Ici, des adultes font porter aux enfants ce qu’ils ne peuvent pas soulever eux-mêmes. Les commerçantes et les ménagères sont les premières à avoir recours aux services des « Tantie Brouette ». Colette nous explique pourquoi elle préfère ces enfants.

« Ils sont moins coûteux que les wôtrô-tiki* ! Ces enfants peuvent accepter des petites sommes comme 200, 100 f même 25 f CFA en fonction des courses. Or, les wôtrô-tiki, si vous ne sortez pas au minimum 500 f, ils ne bougent pas. Le tarif des petits porte-faix nous arrange ».

Ce qui vous arrange madame est condamné par la loi car l’utilisation des enfants de moins de 18 ans pour porter des charges est classé dans la catégorie des travaux dangereux pour les mineurs. Selon Madame Kraidy Sandrine, Directrice de la protection de l’Enfant au Ministère de la famille, de la femme et de l’enfant, les enfants porte-faix sacrifient leurs études au détriment d’un système d’exploitation dont ils sont les victimes. Sur le texte de loi interdisant cette activité, les nouvelles dispositions révisant l’arrêté n°2250 du 14 mars 2005 sont claires. Elles indiquent que l’utilisation des enfants de moins de 18 ans  dans toute activité qui « met leur vie en danger et constitue un frein pour leur épanouissement social, physique et éducatif » est à proscrire. Si pour autant ces textes réaffirment la détermination des autorités Ivoiriennes à lutter contre le travail des enfants, on se demande comment le sort des enfants porte-faix échappe encore au Ministère de la famille, de la femme et de l’enfant ?

wôtrô-tiki*= porte-faix adulte (généralement d’origine malienne ou burkinabé, ils sont de l’ethnie bêlla)

SUY Kahofi


L’embargo sur le diamant Ivoirien sera-t-il levé ?

Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC
Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC

L’embargo sur le diamant ivoirien sera-t-il levé ? La question mérite d’être posée puisque que les autorités ivoiriennes viennent d’accepter un point de contrôle périodique du processus de Kimberley dans le pays. L’évaluation des capacités du pays dans son programme de lutte contre le trafic illicite des diamants (s’il est positif) devra permettre la levée de l’embargo et une modernisation plus accrue des méthodes d’exploitation minière.

C’est le 15 décembre 2005 que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a frappé la Côte d’Ivoire d’un embargo sur son exploitation de diamants. Cette décision faisait suite à une exploitation des mines par les chefs de guerre dans le nord du pays. L’argent issue de ce trafic qui transitait par le Burkina Faso et la Guinée servait à financer les nombreux groupes armés qui régnaient en maître dans le nord-ivoirien.

Malgré la fin de la crise et le retour à l’ordre politique, la Côte d’Ivoire continue d’être sous cet embargo qui l’empêche d’industrialiser sa production de diamants. Les mines sont encore exploitées de façon artisanale= et cette production ne bénéficie qu’à un groupuscule de chercheurs et de trafiquants. L’Etat ivoirien ne tire ainsi aucun profit de tout ses diamants ! C’est pour mettre fin à cette situation que la Côte d’Ivoire se propose d’accueillir fin février 2013 un groupe d’évaluation du Processus de Kimberley. Ce groupe, qui comprendra également des experts des Nations Unies, aura pour mission d’évaluer le pays sur ses progrès réalisés dans la lutte contre le trafic des pierres.

Cette étude permettra aux entreprises qui ont pignon sur rue d’investir en Côte d’Ivoire car contrairement aux idées reçues, les strates kimberlites de la Côte d’Ivoire sont encore fournies en pierres de qualité, malgré une exploitation artisanale qui fait perdre des millions de dollars au pays chaque année. En s’inscrivant dans le processus de Kimberley, la Côte d’Ivoire a accepté un projet de bonne gouvernance minier et entend en tirer profit. La Côte d’Ivoire est donc dans l’attente d’une évaluation qui mettra définitivement fin à toutes les spéculations sur les mouvements des pierres exploitées dans le pays, et autorisera de nouveau une traçabilité du diamant Ivoirien.

SUY Kahofi


Revue Ivoirienne du 31 décembre 2012 au 5 janvier 2013

Drame du Plateau : qui est donc coupable ?
Drame du Plateau : qui est donc coupable ?

L’année 2013 commence avec une note de tristesse. La fête de la lumière a viré à l’obscurité du drame. Le quotidien L’Inter se demande qui est bien le responsable des 63 morts du Plateau ? Pour avoir une réponse à cette question Mamadou Koulibaly l’ancien Président de l’Assemblée Nationale et le Président du parti politique LIDER demande qu’une enquête sérieuse soit diligentée et que les responsables du drame soient sanctionnés. Il s’expliquait dans les colonnes de L’Intelligent d’Abidjan et selon lui le bilan du drame est plus élevé que celui qu’avance pour le moment les autorités Ivoiriennes. Le bilan du gouvernement nous dit L’Expression est de 63 morts et 52 blessés quand le Professeur Mamadou Koulibaly annonce que selon des sources hospitalières le bilan serait plus lourd. Il avance le chiffre probable de 150 morts et plus de 200 blessés. Dans la même veine Le Temps souligne dans ses colonnes que des témoins accusent des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire pendant que le FPI soutient que le seul coupable est le Ministre Ivoirien Hamed Bakayoko de l’intérieur qui mérite de perdre son poste selon Notre Voie. Concernant cette prise en charge force est de constater que tous les blessés ne sont pas pris en considération par le Centre Hospitalier Universitaire de Cocody : seul les 48 annoncés lors du passage du Président Alassane Ouattara bénéficie effectivement de la gratuité. Sur les responsabilités de ce drame, le Conseil des ministres extraordinaire a accouché d’une souris: personne ne sera viré…du moins pour le moment! Qu’a cela ne tienne, deux blogueurs ont été interpellé pour avoir ventilé des informations sur ce drame nous apprend Le Nouveau Courrier. Malgré ce drame la Côte d’Ivoire vit et pour son Président un avenir radieux et nouveau s’annonce pour le pays. Le Patriote revient longuement sur le discours de nouvel an du Président Ouattara, un discours essentiellement économique où il annonce des investissements plus importants, la fin de certains grands travaux. Réponse du berger à la bergère dans les colonnes du quotidien Le Temps, Kodjo Richard le porte-parole du FPI pense plutôt que l’heure doit être au dialogue, à la promotion d’une justice vraie et à la réconciliation. Ce point de vue est également celui de son parti qui appelle en cette année 2013 le pouvoir à un dialogue franc dans les pages de Fraternité Matin. Le débat de 2013 ne sera pas exclusivement politique : il faudra se battre pour arriver à asseoir une véritable politique de lutte contre la vie chère. En effet l’année commence plutôt mal pour les consommateurs. Super et Gaz : les prix flambent nous indique Nord-sud quotidien qui précise que les usagers sont tiraillés entre surprise et colère. L’Intelligent d’Abidjan et le Nouveau Courrier note que toutes les stations services ont appliqué les nouveaux tarifs depuis ce 2 janvier 2013. Selon Le Mandat, le prix du Super à la pompe passe de 774 f CFA à 792 f CFA, la bouteille de butane B6 passe de 1800 à 2000 et la B12 de 4000 à 5200 f CFA. Une note très peu reluisante sur le cacao Ivoirien pour finir. Selon le quotidien Catholique La Nouvelle, une baisse de la production de la Côte d’Ivoire est annoncée et selon Le Quotidien d’Abidjan il s’agit d’une baisse de l’ordre de 13%. A la semaine prochaine !

Suy


« Lutte contre la vie chère » : nouvelle hausse du prix du carburant

Le Super sans Plomb passe de 774 à 792 f CFA
Le Super sans Plomb passe de 774 à 792 f CFA

Voici un cadeau de nouvel an que les Ivoiriens auraient volontiers refusés. En effet le gouvernement Ivoirien vient de décider d’une nouvelle hausse sur le prix à la pompe du Super sans plomb et de la bouteille de gaz. La mesure annoncée le 2 janvier 2013 est déjà appliquée dans toutes les stations service de la ville d’Abidjan. C’est niveau de la station Shell de la Riviera III (carrefour 9 kilo) que nous sommes instruits des nouveaux prix en vigueur. Le prix du Super sans plomb passe de 774 à 792 f CFA. Pour le butane il faut désormais débourser 2000 f CFA pour la B6 qui était vendu à 1800 et 5200 pour la B12 vendue à 4000 f CFA.
Entre surprise pour certains et indignation pour les autres les ivoiriens se prononcent.

« On nous parle de lutte contre la vie chère et au lieu de faire chuter les prix, le gouvernement ne fait qu’augmenter le prix des produits de grande consommation »

affirme indigné Mr Souleymane opérateur économique qui affirme « qu’une telle hausse constatée à la pompe un 3 janvier n’est pas un cadeau de nouvel an digne pour des familles qui souffrent déjà ». « On nous a annoncé des pluies de milliards, là je crois que c’est une pluie de souffrance et certainement la faim que nous sommes en train de recevoir ! Pourquoi une telle hausse ? Les salaires ne sont pas augmentés et se sont les prix qui flambent ! » se demande Mr Konan cadre dans la fonction publique.

Drôle de lutte contre la vie chère !

La hausse touche directement les familles qui broient déjà du noir avec un phénomène de vie chère qui s’emble ne pas prendre fin. Les deux produits touchés par la hausse auront un impact sur le panier de la ménagère quand bien même le prix du gasoil reste stable à 615 pour le moment.

« Il faut déjà changer les habitudes au niveau de la circulation avec la voiture »

nous explique Mr Loua un père de famille. « Là je viens de mettre au garage mon deuxième véhicule pour privilégier la familiale qui consomme moins. Ceux qui n’ont pas un deuxième choix devront soit se rabattre sur les transports en commun ou revoir leurs habitudes de consommation du carburant » conclu notre interlocuteur. Sur la hausse du prix du gaz butane se sont les femmes qui les premières se plaignent. « Vous voyez combien de fois les femmes Ivoiriennes souffrent pour faire manger leurs familles ? Leur demander de retirer 1200 f CFA de leurs prévisions en vivre pour acheter le gaz ça devient encore plus compliqué. Tout est cher sur le marché et cette allure on ne va pas s’en sortir ! » avance dépitée Mme Koné Djénéba. « Je ne sais pas si ceux qui augmentent les prix mangent chez eux mais si ça continue nous irons partager le repas de midi du Chef de l’Etat au Plateau ! » nous lance agacé Mme Lou Pauline avant de conclure que « ce régime nous a promis que d’ici le premier trimestre 2013 les prix seraient totalement maîtrises sur le marché. A peine l’année commence que les femmes doivent de nouveau souffrir pour nourrir leurs familles ! Où allons-nous ? » se demande la mère de famille.
De façon générale, il n’y a pas que les consommateurs qui ont été surpris par cette hausse. Le gérant d’une station service Total qui a requis l’anonymat souligne qu’il a appris la hausse du prix du butane dans les colonnes de Fraternité Matin ! « J’ai un contrat avec Total et en l’absence d’une note de hausse officielle du consortium qui lui livre le carburant en gros, je m’en tiens au prix actuel du gaz ».

Et si les institutions de Bretton Woods tiraient les ficelles ?

Comment les consommateurs accueillent cette hausse dans les stations ? Elément de réponse avec Savanneh Moriféré préposé à Corlay filiale du groupe PETROCI. « Il faut dire que les consommateurs dans l’ensemble réagissent en fonction de l’information qu’ils ont. Ceux qui savent que cette hausse n’est pas particulière à la Côte d’Ivoire l’accueillent plutôt bien. Ceux qui ont le regard fixé sur la politique de lutte contre la vie chère ne cache pas leur indignation ». Une piste pour autant mérite d’être explorée en profondeur. Avec le prix d’un baril de brut constant sur l’année 2012, qu’est ce qui peut bien expliquer cette nouvelle hausse des hydrocarbures en Côte d’Ivoire ? Pour l’analyste économique Yves Koraklo « bien que cette hausse était prévisible elle est plutôt élevée » dans le contexte de reconstruction économique propre à la Côte d’Ivoire.

« La hausse était effective dans les autres pays et si en Côte d’Ivoire les choses ont mis du temps c’est simplement pour des raisons politiques ou de gestion interne »

nous explique notre interlocuteur. Il soutient qu’il « apprécie mal cette nouvelle hausse puisse que sur les marchés mondiaux le prix du baril de pétrole est resté plutôt constant ».
Il est néanmoins possible que cette hausse soit le fruit « de la baisse de la subvention de l’Etat. Si nous décortiquons le prix de vente du carburant, nous remarquons qu’il y a une partie qui va en taxe, puis les subventions et une partie infime qui dépend réellement du prix mondial du brut. Cette hausse est donc le fruit de cette pression de la Banque Mondiale et du FMI sur les autorités Ivoiriennes pour qu’elles fassent chuter la subvention nationale au carburant ».

SUY Kahofi