Kahofi SUY

Le Couteau brûlant : un brulot contre l’excision !

Le Couteau brûlant
Le Couteau brûlant

Hamitraoré, la romancière Ivoirienne vient de mettre sur le marché une œuvre de très belle facture publiée chez Frat-Mat Edition. A travers cette œuvre, l’auteur dévoile la face hideuse de l’excision un fléau qui, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation, ne cesse de se rependre dans les villes et les hameaux les plus reculés de la Côte d’Ivoire. Pour Hamitraoré qui a été elle-même victime de l’excision, il s’agit à travers chaque page de cet ouvrage « d’apporter une touche particulière à l’éradication totale de cette pratique que je considère comme une atteinte à l’honneur et à l’intégrité de la femme ». Au centre de l’ouvrage une interrogation qui s’adresse à chaque Ivoirien : pourquoi cette pratique abominable continue-t-elle de maintenir certaines communautés sous son fardeau malgré l’évolution des mentalités ? Pour l’auteur, l’excision n’a plus de raison d’être. Il suffit de jeter un regard sur les effets nocifs de la pratique sur la santé de la femme pour en être totalement convaincu. L’œuvre d’Hamitraoré trouvera sans doute un écho favorable auprès des Ivoiriens car l’excision est de nouveau à « la mode ». Ainsi l’Organisation Nationale pour l’Enfant, la Femme et la Famille (ONEF), estime que 42 % de femmes sont excisée en Côte d’Ivoire. Ce chiffre selon l’organisation ne reflète pas les réalités du fléau parce qu’il ne prend pas en compte les enfants âgés de 1 à 14 ans. 42 % est le chiffre à l’échelle nationale mais il excède par endroit. Ainsi la zone de  Danané (ouest-ivoirien) plafonne à 45 %, 88 % au nord, 85 % au nord-ouest, 75% à l’Ouest et 34 % à Abidjan en milieu communautaire. Hamitraoré dénonce par ailleurs la vente du clitoris une fois sectionné et séché. L’auteur nous apprend que le clitoris séché est utilisé à des fins aphrodisiaques au profit des hommes.

L’œuvre

Hamitraoré nous plonge dans l’univers d’une jeune lycéenne victime de l’excision. A la faveur d’un devoir de classe portant sur ce thème, Safiatou, le personnage principale du livre, se retrouve à son corps défendant, aux prises avec son passé. Dans un flash-back, le narrateur nous fait vivre cet épisode douloureux de sa vie où elle a fait connaissance avec « Le couteau brûlant« . Loin de la ville, dans un village piégé par la tradition, elle va être victime de l’excision. Elle rédige le devoir, au risque de revivre ce passé douloureux et de se dévoiler comme une « amputée ». Hamitraoré fait donc découvrir à travers l’histoire de cette jeune lycéenne, l’ampleur du drame de l’excision et de l’excisée avec ses effets abominables que sont la frigidité, la psychose de l’acte sexuel, la stérilité, la fistule vésico-vaginale voir la mort. Extrait : « Nan Safi, tu sais que depuis des générations, toute jeune fille digne de ce nom doit se faire exciser. Tant que tu n’es pas excisée, tu ne peux pas t’intégrer dans la communauté. Tu seras l’objet de railleries de la part de tes camarades. Et le plus grave, c’est qu’aucun homme ne te demandera en mariage. Au-delà de ta personne, c’est la famille qui sera honorée le jour de ta sortie… pense aussi à moi, je n’oserai plus regarder les gens du village en face si tu persistes dans ton refus. On m’écartera de toutes les décisions concernant le village. Je t’en supplie, ne jette pas la honte et l’humiliation sur notre famille » Le Couteau brûlant Page 22. Cet extrait de l’œuvre est généralement le plaidoyer farfelus que certains parents, adeptes de l’excision utilisent pour appâter leurs victimes qui ne sont autres que leurs propres filles. L’auteur ne botte pas en touche pour démonter cet argument sur près de 70 pages !

SUY Kahofi


Les maliens de Côte d’Ivoire contribuent à l’effort de guerre

Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés
Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés

15.000.000 de francs CFA voici la somme réunit ce samedi 2 février à la Maison du Mali (Abidjan-Plateau) lors du lancement de la caravane de mobilisation de fond pour soutenir l’armée malienne qui s’engage aux côtés des forces africaines et de la France pour lutter contre les groupes islamistes du nord-Mali. Cette somme a été rassemblée par les maliens vivants en Côte d’Ivoire, les amis du mali et les autres membres de la grande communauté CEDEAO vivant en Côte d’Ivoire. Selon Dao Ibrahim le responsable à la communication du projet de collecte de fond pour le Mali, 15.000.000 de f CFA levée d’une manière aussi spontanée est un geste encourageant ! « C’est déjà bon signe ! A partir de ce lundi (NDLR : 5 février) les carnets pour l’opération vont commencer à circuler dans tous les quartiers de telle sorte que tous ceux qui peuvent donner quelque chose puissent le faire pour que ces fonds remontent à nous » a-t-il fait savoir. Les femmes maliennes vivants en Côte d’Ivoire sont conscientes que leurs sœurs et leurs enfants payent un lourd tribu dans cette guerre à eux imposé par les islamistes. De ce fait, elles n’entendent pas rester les bras croisés face à cette grande opération de mobilisation de fond pour la patrie. Berthé Madina Diallo la présidente de l’Association des femmes maliennes de Côte d’Ivoire le dit à qui veut l’entendre : « les femmes soutiendront l’effort de guerre ». Elle lance l’appel suivant : « nous invitons tous les ressortissants maliens. Que ce soit 5 f ou 1000 f, qu’ils se mobilisent pour nous venir en aide. Nous avons installé des sous-commissions dans chaque commune et ces sous-commissions sont dirigées de facto par les responsables de commune ». Cette proximité permettra à chaque malien d’apporter quelque chose pour soutenir son armée. Au-delà des communes d’Abidjan, c’est une vaste opération de mobilisation qui va s’ébranler dans toute la Côte d’Ivoire pour toucher les maliens dans les hameaux les plus reculés.

La cérémonie officielle marquant le lancement de la campagne de mobilisation de fond pour le Mali a été rehaussé par la présence du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. Younoussou Touré se félicite de la mobilisation de ces compatriotes autour de leur armée et de cette cause noble qu’est la libération de leur pays. « C’est un sentiment de fierté qui m’anime et je dois vous dire que ce que nous avons vu ici est très encourageant. Nous avons vu des maliens enthousiastes rien qu’à l’idée d’apporter leur contribution à l’effort de guerre. Pour cette première levée de fond, ce qui a été collecté est vraiment très important » s’est félicité le Président de l’Assemblée Nationale Malienne. L’Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire partage le sentiment de joie du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. En tant que premier responsable de la communauté malienne vivant en Côte d’Ivoire, Son Excellence Seydou Traoré invite ses frères et sœurs à rester mobilisé pour la libération du Mali mais surtout à continuer de respecter les lois du pays d’accueil qui ne cesse de s’engager aux côtés du Mali pour une issue favorable de la crise. La vaste collecte de fond initiée par la communauté malienne se poursuit jusqu’au 25 février 2013.

SUY Kahofi


Génération Drogba : la malédiction d’une équipe sans trophée ?

Didier Drogba le capitaine malchanceux !
Didier Drogba le capitaine malchanceux !

Et si l’histoire footballistique de la Côte d’Ivoire était écrite d’une manière particulièrement étrange ? Une histoire écrite pour que jamais les grandes stars ne puissent poser leurs mains sur le trophée continental. Oui il faut bien se poser la question : que manque-t-il à Didier Drogba comme à Pokou Laurent pour remporter une coupe d’Afrique ? Ils sont tous les deux talentueux, un jeu exceptionnel, adulés par le peuple Ivoirien, chantés à travers le monde…mais ils échouent là où d’autres footballeurs moins talentueux réussissent. Comme hier l’homme d’Asmara a traversé le ciel du football Africain sans remporter une seule édition de la CAN, Didier Drogba le mythique capitaine des Eléphants risque de mettre un point final à sa carrière sans jamais accrocher une étoile à son maillot. Près d’une dizaine d’années que Didier et ses amis font vibrer les Ivoiriens avec ce goût d’inachevé à chaque édition de la CAN. Après leur qualification historique pour le mondial et une final âprement discuté face à l’Egypte, la génération Drogba n’a cessé de descendre dans les bas-fonds du classement à chaque phase finale de la CAN. Hier finaliste, aujourd’hui sortis en quart de final ! A chaque participation c’est un collectif de plus en plus méconnaissable qui foule les stades. Ces joueurs que l’on présente comme des seigneurs des clubs européens ne sont que l’ombre d’eux-mêmes sur les stades de la CAN. Des joueurs qui entrent en compétition de manière majestueuse et forte pour au final laisser tout un peuple dans la tristesse, l’amertume et la désolation.

Ces échecs répétés ont fini par faire naître des mythes les plus inimaginables. Oui Didier Drogba a aussi son côté légende urbaine. Pour certains, l’homme aurait fait « le pacte » de mettre fin à sa gloire et sa carrière le jour où il remporte la CAN. Et si pour le moment il ne l’a pas encore remporté, c’est certainement parce qu’il n’a pas encore envie de quitter les rectangles verts. « C’est son fétiche ! » estime ceux qui croient en cette légende. Plus grave, d’autres croyances populaires soutiennent que Didier Drogba aurait monnayé son succès européen et ses gros salaires contre un silence total sur le continent. « Il brillera chez les blancs mais jamais chez lui ! ». « Son pacte », dans cet imaginaire total serait donc à l’origine de cette véritable poisse qui suit l’équipe nationale de Côte d’Ivoire depuis une dizaine d’années. Première au classement des meilleures équipes africaines, un beau jeu et jamais de trophées ! Pourtant sur le chemin de Sénégal 1992 la Côte d’Ivoire était loin d’avoir une équipe aussi célèbre et aussi bien classée. Doit-on dans ce contexte penser à la retraite pour la génération Drogba ? Chacun aura son analyse sur la question !

SUY Kahofi


Revue Ivoirienne du 28 janvier au 02 février 2013

Blé Goudé à sa sortie d’audition avec ses avocats
Blé Goudé à sa sortie d’audition avec ses avocats

Les journaux Ivoiriens cette semaine ont été largement aux couleurs du dossier Charles Blé Goudé contre le Ministère Public Ivoirien. Son audition du 30 janvier par la justice Ivoirienne a suscité une analyse dans les colonnes de Fraternité Matin, le quotidien à capitaux publics. Le confrère dans son papier expose les préalables de Charles Blé Goudé devant les juges. Ces préalables tiennent en une phrase : le respect de ses droits. Pour Le Patriote c’est un Charles Blé Goudé qui perd sa langue devant les juges et refuse d’aborder les questions de fond. Un Charles Blé Goudé qui refuse de répondre au juge, c’est également le constat fait par Le Nouveau Réveil quand paradoxalement Nord-Sud quotidien estime que Charles Blé Goudé a bien parlé puisse que cuisiné par les juges pendant 6 heures ! Et dans cette même veine L’Expression reprenant les propos que ce dernier aurait tenus écrit à sa une et je cite : « je n’ai pas fait de deal avec le pouvoir ». Autres propos attribués à Charles Blé Goudé et repris par nos confrères du quotidien Le Mandat : « mes conditions de détention sont mauvaises ». En effet Charles Blé Goudé a confié à ses avocats qu’il peut à peine voir pour préparer sa défense, qu’il n’est pas capable de situer géographiquement son lieu de détention et qu’il subit une violence morale qui ne dit pas son nom. Sur son lieu de détention tenu secret par les autorités Ivoiriennes, Le Patriote et Le Nouveau Courrier comme s’ils s’étaient passés le mot reprennent la version officielle du Gouvernement. « Charles Blé Goudé est dans une résidence protégée » et cette révélation est du ministre Hamed Bakayoko de l’intérieur qui était face aux partisans du général de la rue. Pendant que Charles Blé Goudé est toujours en détention, ses camarades du FPI ont repris le dialogue avec le pouvoir. Ce dialogue politique longtemps interrompu a véritablement occasionné des analyses de plusieurs canards Ivoiriens. Sur la question, L’Intelligent d’Abidjan annonce à sa une : tout sur les exigences du FPI. Financement des partis politiques, Commission Electorale Indépendante, conseil économique…ce que Ouattara propose à l’opposition écrit Nord-Sud. Le Nouveau Réveil barre sa une avec ce titre : participation aux élections locales, réconciliation et entrée au gouvernement…le FPI dit NON et NON à Ouattara. La raison selon le confrère est toute simple : le FPI réclame la libération de Laurent Gbagbo et la modique somme de 1,6 milliards de f CFA. Le Patriote se veut un brin moralisateur avec cette analyse : dialogue FPI – Gouvernement, l’amnistie coûte que coûte n’est pas la solution. Les journaux ivoiriens cette semaine sont revenus sur les grandes décisions du Conseil des Ministre du mercredi 30 janvier 2013. L’une d’entre elles touche directement les enquêtes ouvertes dans le cadre de la crise post-électorale. Le Nouveau Réveil nous apprend que le Gouvernement autorise l’exhumation de 800 corps. C’est encore 269 tombes et 36 fausses communes qui ont été répertoriés nous indique Le Démocrate qui précise qu’il s’agit de 467 corps qui sont non-identifiés et tous ces chiffres sont repris par L’Expression.

A la semaine prochaine !


Coopération Côte d’Ivoire – USA : annulation de la dette Ivoirienne

Son Excellence Monsieur Phillip Carter III
Son Excellence Monsieur Phillip Carter III

L’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Phillip Carter III et la Ministre déléguée auprès du Premier Ministre Chargée de l’Economie et des Finances, Madame Nialé Kaba ont signé ce vendredi 1er février 2013 un accord pour l’effacement d’une partie de la dette de la Côte d’Ivoire à l’égard des Etats-Unis. Cet accord d’annulation de dettes concerne les investissements du Département d’Etat pour l’Agriculture, l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) et l’Export-Import Bank des Etats-Unis. Cet accord porte sur un total de 214 millions de dollars américains. « Le partenariat entre les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire est fort et l’effacement de cette dette en est une importante manifestation » a déclaré Monsieur Carter. « Les Etats-Unis croient que le progrès de la Côte d’Ivoire passe par la croissance de l’économie. Cet accord permettra au gouvernement ivoirien de concentrer son attention et de consacrer des fonds à l’amélioration des infrastructures telles que les autoroutes et les ponts et à des secteurs dont celui de la santé et de l’éducation », a ajouté l’Ambassadeur. La décision des Etats-Unis d’effacer la dette de la Côte d’Ivoire a été formalisée à l’issue des réunions du Club de Paris en juin 2012 après que la Côte d’Ivoire ait atteint le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Le PPTE est un programme conjoint du Fonds International Mondial et de la Banque Mondiale  qui permet l’effacement de la dette de certains pays  pour permettre d’accroître leur économie. La Côte d’Ivoire, très éprouvée par la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, a bénéficié mi-2012 d’un allègement de sa dette de plus de plus de quatre milliards de dollars de la part du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, une bouffée d’oxygène longtemps attendue. Le gouvernement du président Alassane Ouattara a regagné la confiance de ses partenaires, qui ont promis sept milliards d`euros pour son « plan national de développement » 2012-2015. Le président Ouattara ambitionne de faire de la Côte d`Ivoire un pays « émergent » à l`horizon 2020.

La Ministre déléguée auprès du Premier Ministre Chargée de l’Economie et des Finances, Madame Nialé Kaba s’est réjouit que les Etats Unis aient consentis l’annulation de plus de 98% de la dette de la Côte d’Ivoire. Un geste qui classe le pays parmi les soutiens économiques les plus importants de la Côte d’Ivoire. « L’annulation de la dette est un important instrument qui permet à des pays de se développer et de prospérer », selon l’Ambassadeur Carter. La signature de l’accord d’annulation de la dette Ivoirienne par les Etats Unis est l’une des étapes menées par le pays pour donner à la Côte d’Ivoire les outils nécessaires pour amorcer son développement.

SUY Kahofi