Kahofi SUY

Revue Ivoirienne du 11 au 16 février 2013

Le 21 avril les Ivoiriens retournent aux urnes
Le 21 avril les Ivoiriens retournent aux urnes

L’information capitale de la semaine en Côte d’Ivoire est sans doute l’annonce de la date des élections municipales et régionales couplées qui se tiendront le 21 avril 2013 nous indique en cœur Le Patriote, L’Expression et Le Nouveau Courrier. Cette annonce a été faite lors du Conseil des Ministres qui s’est tenu le 13 février nous indique Fraternité Matin. Elections couplées des conseillers régionaux et municipaux la date enfin connue titre Le Mandat qui espère qu’il ne s’agit pas d’un poisson d’avril. Cette date nous positionne donc à Jour-J -63 et permet de nouveau à la Commission Electorale Indépendante de recevoir les candidatures. Parlant de ces candidatures, Le Nouveau Réveil nous apprend qu’elles seront reçues par la CEI du 20 février au 6 mars 2013. Reprenant en page intérieur le communiqué intégral de l’institution en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire, le confrère dans sa parution du 14 février 2013 relance le débat autour des candidatures dans les principaux états major du RHDP. Sur la question, L’Intelligent d’Abidjan nous permet de découvrir les sept (7) régions du pays qui divisent Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Fraternité Matin de son côté ne cache pas son inquiétude car en ce qui concerne les élections du 21 avril la participation de l’opposition demeure une grande inconnue. Le confrère se demande si le FPI sera de la partie au moment où le porte-parole du Gouvernement souligne que nul ne peut être obligé de participer à ces élections. La réponse à cette préoccupation ne tarde pas puisse que le FPI annonce dans les colonnes du quotidien Le Temps qu’il ne participera pas à ces élections dont la date n’est pas consensuelle. Pour Le Nouveau Courrier cette équation non encore résolue est le symbole de l’indifférence du pouvoir face à la volonté ou non du FPI de participer à ces consultations. FPI – RDR qui veut réveiller la violence ? Voici la question que se pose Le Nouveau Réveil à propos du bras de fer qui oppose les deux partis sur l’organisation d’un meeting à la place CP1 de Yopougon. Bien que le Maire de la Commune de Yopougon demande l’annulation du meeting de la JFPI, Koua Justin (Président JFPI) maintient son mot d’ordre de mobilisation pour le 16 février nous indique Le Jour Plus qui parle déjà d’un affrontement entre les deux partis. Pour Le Démocrate Koua Justin défie le RHDP dont les membres veulent aussi la place CP1 pour honorer la mémoire de leurs militants disparus durant la crise. Audience de confirmation des charges contre l’ex-président Ivoirien Laurent Gbagbo, le sujet fait déjà les choux gras de la presse Ivoirienne. Voici quand Laurent Gbagbo va parler affiche Notre Voie qui semble déjà avoir le programme du déroulement de cette audience tant attendue. D’ailleurs le quotidien Le Temps nous livre l’intégralité de ce programme dans sa parution du 14 février. C’est dans cette dynamique que L’Inter qui a donné la parole à certains juristes se demande si le Président Ivoirien Alassane Ouattara pourrait aider à la libération de Laurent Gbagbo. Restons dans les mics-macs des procès des pro-gbagbo en nous rendant au Ghana. Procès Justin Katinan le 13 février, le procureur n’est pas venu titre Soir Info qui précise ce qui a été décidé. En réalité il s’agit d’un nouveau report et c’est Le quotidien d’Abidjan qui nous le dit. Sécurité maritime, des pirogues pour traquer les pirates nous apprend Fraternité Matin qui citant le Directeur du Port Autonome d’Abidjan nous informe que le trafic maritime dans les eaux ivoiriennes n’est pas menacé. Terminons cette revue de la semaine avec nos confrères de Fraternité Matin dans un bilan de la CEDEAO avec cette interrogation : 38 ans après sa création quel bilan de l’organisation ? Le quotidien pro-gouvernemental nous fait revisiter les grands défis qui ont été ceux de l’organisation sous régionale depuis sa création.

A la semaine prochaine !


Côte d’Ivoire : La radio un média indétrônable

Il faut renforcer les capacités de la radio en Côte d’Ivoire
Il faut renforcer les capacités de la radio en Côte d’Ivoire

Le 13 février, journée mondiale de la radio, a été célébré à travers le monde. Nous avons mis à profit cette journée pour rencontrer des acteurs de ce média en Côte d’Ivoire qui demeure la source principale d’information pour un nombre important d’habitants.

Relais et émetteurs détruits, stations pillées ou incendiées…voici le triste visage qu’offraient les radios ivoiriennes au lendemain de la crise post-électorale. Les forces en présence n’ont pas fait de cadeau aux stations jugées proches d’un camp ou de l’autre. Pourtant pendant près de 10 ans que la crise politico-militaire a duré, les radios ont été les seuls supports de communication et d’information dans le pays. Mêmes les militaires et les politiques ont eu recours à ce média soit pour véhiculer des messages de paix soit pour la propagande idéologique et ethnique qui a un moment donné ont pris le dessus sur tout. Malgré cette récupération de la radio à des fins purement destructrice par moment, la radio est restée l’outil d’information le plus prisé par les populations Ivoiriennes. Selon la journaliste Marthe Akissi, la radio a « toujours gardé cette importance auprès des populations simplement parce qu’il reste le symbole du média de proximité ». « Dans les hameaux les plus reculés de ce pays vous avez toujours un poste récepteur de radio, même les téléphones portables vous permettent aujourd’hui d’écouter la radio ! Là où les autres médias peinent à se positionner, la radio se fait toujours entendre. Elle informe vite et touche un nombre très important d’Ivoiriens » nous explique la jeune journaliste.

La notion de proximité demeure l’un des facteurs clé de la réussite de la radio mais la crise aura poussé les populations Ivoiriennes à se tourner vers de nouveaux supports d’information notamment Internet. Certes la radio a été fortement concurrencée par les nouveaux médias mais selon Marie Laure Zakry, instructeur radio à l’Institut des Sciences et Techniques de la Communication (ISTC) cette concurrence nouvelle ne saurait faire de l’ombre à la radio. « Quand on parle de concurrence radio – nouveaux médias on a tendance à se focaliser à Abidjan ou aux grandes agglomérations ayant une connexion Internet. Pourtant l’information ou la communication ne se limite pas à nos grandes villes. Il faut aussi compter avec les villages et les hameaux les plus reculés où nos populations doivent être touchées par l’information. C’est dans ce contexte que la radio montre toute sa supériorité » soutient Marie Laure Zakry. Dans ces hameaux où il n’y a ni télévision, ni connexion Internet la radio demeure le seul moyen de s’informer. Raphaël Kinabari, l’ancien Directeur de Radio Côte d’Ivoire et formateur média estime « qu’on ne saurait parler de concurrence entre la radio et Internet car la première citée se sert de la deuxième pour étendre sa notoriété. Même les internautes les plus assidus savent que la radio ne les mobilise pas comme la télé ou les journaux. Ils ont toute la latitude d’écouter la radio par internet à leur bureau tout en exécutant leurs tâches professionnelles ».

On peut sans risque de se tromper dire que la radio tient la route mais elle doit savoir s’adapter aux nouveaux supports de diffusion pour continuer son ascension. Internet bien sûr mais aussi le satellite et la transmission numérique doivent être très rapidement « domptés » par la radio pour qu’aucun autre support média ne puisse lui faire de l’ombre. Cet avenir radieux de la radio passe aussi par un renforcement des capacités des acteurs et des moyens meilleurs pour faire vivre la radio. « La radio a du mal à couvrir tout le territoire national et même dans certains quartier d’Abidjan les Ivoiriens ont du mal à capter la chaîne nationale ! Il faut remédier à tous ces problèmes car la radio c’est aussi et surtout des moyens (humains et matériels). Il faut des hommes et des femmes bien formés mais aussi des relais et des émetteurs pour toucher les Ivoiriens qui vivent loin des studios de la radio » estime  Marie Laure Zakry.

SUY Kahofi


Initiative 4Afrika : Ce que Microsoft promet aux jeunes ivoiriens

Microsoft veut aider la jeunesse ivoirienne
Microsoft veut aider la jeunesse ivoirienne

Le mardi 5 février, à l’occasion de ses 20 ans, Microsoft a lancé l’initiative 4Afrika. Une initiative globale qui permettra à des millions de jeunes d’envisager leur insertion professionnelle sans crainte. Analyse. Depuis deux décennies, la Côte d’Ivoire fait face une crise de l’emploi sans précédent. Selon le Bureau International du Travail (BIT), il existe en Côte d’Ivoire au moins 7 millions de chômeurs. Ce phénomène touche majoritairement les jeunes ivoiriens et les causes sont multiples dont deux majeurs qu’il convient de regarder avec beaucoup d’attention.

L’inadéquation formation emploi

Le système éducatif n’a pas encore réussi à faire sa mue pour adapter les contenus de l’enseignement au monde de l’emploi. Les chefs d’entreprises ont d’ailleurs plusieurs fois dénoncé le fait qu’ils avaient du mal à recruter, parce qu’ils avaient à faire à une main d’œuvre dont les compétences étaient en déphasage avec les besoins de l’entreprise. L’un des exemples pour illustrer cette triste réalité, c’est l’enseignement de l’informatique dans les universités et grandes écoles ivoiriennes. Peut-être faut-il rappeler que depuis quelques années, 97% des métiers du monde requièrent la connaissance de l’outil informatique. Or, en Côte d’Ivoire, les formations en informatique dans certaines disciplines restent encore un luxe sans compter le fait que dans d’autres filières le contenu reste lui-même problématique. L’intégration des TIC dans l’enseignement national fait encore débat et malgré les promesses qui sont jusqu’ici abstraites, les jeunes essaient de se former, comme ils peuvent, dans des petits centres privés où il leur est proposé des cours sur des logiciels bureautiques basiques tels que Microsoft Word, Excel ou Internet. En tout état de cause, l’employabilité (capacité à être employable en ayant des compétences de base nécessaires pour servir en entreprise) des jeunes se trouve mise à mal par un système éducatif qui peine à trouver la bonne formule pour opérer l’intégration pédagogique et technologique dans ses enseignements.

L’alternative de l’entreprenariat 

En Côte d’Ivoire, il y a 7 millions de chômeurs dont au moins la moitié est âgée entre 30 et 35 ans. Ce que cache une telle réalité, c’est qu’au moins 3.5 millions de jeunes formés sur la décennie passée sont contraints sinon condamnés à être au chômage. La preuve. En Côte d’Ivoire, le premier pourvoyeur d’emploi, en dehors des entreprises, c’est la fonction publique. Or, la limite d’âge pour accéder à un poste dans l’administration ivoirienne, c’est 35 ans, ce qui élimine déjà une grande partie de la jeunesse, qui de surcroît, n’a jamais eu l’occasion de faire un stage en entreprise et donc d’avoir une expérience professionnelle.

C’est pourquoi, face à la situation préoccupante du chômage des jeunes, le gouvernement ivoirien et le président de la République se sont engagés à créer 200 000 emplois par an. C’est mieux que rien, certes. Mais, sur 5 ans de mandat électoral, on devrait, dans cette perspective caser 1 million de jeunes. Ce qui est peu comparativement aux chiffres du BIT sans oublier le fait que chaque année ce sont des dizaines de milliers de jeunes qui viennent se déverser au lot de diplômés déjà sans emploi. Manifestement, les autorités ne peuvent pas créer de l’emploi pour tout le monde. Il n’y a aucun doute, la réponse à l’emploi des jeunes se trouve dans l’entreprenariat (PME-PMI, innovations, inventions, etc.) comme alternative à leur insertion professionnelle. Mais, ce projet ne peut se réaliser qu’en donnant aux jeunes les moyens de se prendre en charge soit en créant leur propre entreprise soit en leur donnant les formations capables de faciliter leur insertion dans le monde du travail. Ce que Microsoft appelle l’employabilité et qui est un point essentiel de l’initiative 4Africa lancée mardi 5 février 2013.

Microsoft 4Afrika, comme une perche tendue

Microsoft a annoncé 3 initiatives à savoir : 1. mettre des dizaines de millions de terminaux intelligents (tablettes, Smartphones, ordinateurs) entre les mains de la jeunesse africaine. 2. mettre en ligne 1 million de PME africaines. 3. former 200 000 personnes parmi lesquels 100 000 seront les jeunes diplômés. Que peut bien signifier ces engagements, notamment les deux derniers pour la jeunesse africaine ? C’est le lieu de préciser que Microsoft est actif en Côte d’Ivoire à travers d’importants projets comme a eu à le souligner l’Ambassadeur des Etats-Unis, SEM Philip Carter III, en ces termes : « Toujours à la pointe, Microsoft a été l’une des premières entreprises majeures spécialisées dans la technologie à s’être engagées à long terme auprès de la Côte d’Ivoire après la crise. En Février de l’année dernière, Microsoft a ouvert son nouveau bureau régional à Abidjan afin de tenir compte de son personnel qui augmente et développer les services pour le pays et pour l’Afrique de l’Ouest. Cette action n’est pas le fait du hasard; mais il s’agissait plutôt d’une démonstration claire au peuple de Côte d’Ivoire que Microsoft croyait à la croissance et la stabilité futures de ce pays. Depuis, Microsoft est en partenariat avec le gouvernement pour aider à combler le fossé numérique. A travers le programme « un ordinateur, une famille », le gouvernement et Microsoft travaillent ensemble pour faire en sorte que les Ivoiriens, de Tiapoum à Odienné et de Bouna à Tabou, aient accès à des ordinateurs et à l’Internet. Microsoft travaille également en partenariat avec les écoles pour mettre en œuvre un programme scolaire numérique et des programmes de formation des enseignants qui permettront d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’enseignement. Enfin, à travers ses centaines de partenaires d’affaires dans le pays, Microsoft donne aux entreprises de petite et moyenne tailles spécialisées dans la technologie, les outils dont elles ont besoin pour grandir et devenir de grandes entreprises qui mèneront l’économie ivoirienne dans l’avenir.»
L’initiative 4Afrika vient donc comme une consolidation des actions déjà engagées par Microsoft en Côte d’Ivoire. Les jeunes devraient saisir l’opportunité de cette initiative 4Afrika pour entrer dans « la nouvelle ère. »

Selon Andrea Li-Sai Chimento, Microsoft For Africa Plan (Academy Dean): « Nous nous engageons à améliorer les compétences de 100 000 jeunes diplômés africains, et à aider environ 75% d’entre eux à trouver un emploi (…) ces jeunes diplômés bénéficieront d’une formation supplémentaire sur les produits Microsoft et ses plateformes, sur les fondamentaux de la gestion des affaires, pour ceux qui cherchent à démarrer leur propre entreprise, ainsi que sur les compétences non techniques comme la négociation, la communication dont les techniques et outils pour mieux parler en public, la gestion des conflits, pour ne citer que quelques exemples. » Par ailleurs, créer une PME-PMI ou l’intégrer, c’est disposer d’un certain nombre de ressources indispensables que Microsoft a justement pris l’engagement de mettre à disposition. En effet, en prenant l’initiative de mettre en ligne 1 million de PME africaines, Microsoft projette de lancer un nouveau centre de ressources en ligne qui permettra aux petites entreprises d’accéder gratuitement aux services qui peuvent contribuer à leur développement. Aussi, est-il prévu, en Côte d’Ivoire et dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest francophone, la « Partner Academy », qui ciblera les entreprises partenaires de Microsoft qui sont aussi créatrices d’emploi. Cette initiative va développer les compétences aussi bien techniques sur les produits Microsoft et ses plateformes, que les compétences d’ingénierie et de gestion de projets, les compétences commerciales dont le savoir-faire et les expériences de ventes de solutions informatiques et de participations à des appels d’offre provenant d’institutions internationales comme la Banque Mondiale ou la Banque Africaine de développement.

En définitive, le lancement de l’initiative 4Afrika a eu lieu simultanément au Caire, à Abidjan, à Johannesburg, à Nairobi et à Lagos. L’initiative 4Afrika se présente comme un projet pensé pour les jeunes qui constitue majoritairement la population de la Côte d’Ivoire. Sous formés ou mal formés, les jeunes ivoiriens doivent s’approprier l’initiative 4Afrika, car elle correspond en tout point de vue à leurs besoins aussi bien en termes de renforcement de leurs compétences que de création d’entreprise.

Plus d’infos : www.microsoft.com/4afrika

Page Facebook : www.facebook.com/Microsoftwca


Côte d’Ivoire-santé : les syndicats vers la fin de la grève ?

Ambiance de lundi de pâques sur cinq jours dans les hôpitaux
Ambiance de lundi de pâques sur cinq jours dans les hôpitaux

La récente grève des professionnels de la santé a été très largement suivie. Les syndicats du secteur de la santé avancent même le chiffre de 99% au plan national. Ce chiffre est assez réaliste vu que le (pseudo) service minimum n’a même pas été respecté! Le bras de fer entre le Gouvernement du Président Alassane Ouattara et les hommes en blouse a tourné à l’avantage des derniers cités. Pendant cinq jours les Ivoiriens dans le besoin ont été obligés d’aller voir du côté des cliniques pour se faire soigner. Durant la grève, les leaders syndicaux ont eu néanmoins une rencontre avec le Ministre de la Fonction Publique et de la Reforme Administrative. Il s’agissait durant les échanges d’avoir la certitude que les revendications du corps médical soient prises en compte dans un bref délai. « Après la rencontre avec le Ministre Gnamien Konan, nous avons estimé qu’il y a déjà une fenêtre de discussion qui est ouverte. Si dans les deux semaines avenirs il n’y a rien de concret, la grève reprendra sur toute l’étendue du territoire nationale » nous explique Ernest Boka ATTE le secrétaire général du syndicat national des cadres de la santé. S’exprimant lors de la dernière Assemblée Générale des professionnels de la santé, Docteur Ernest Boka ATTE estime que le corps médical ne s’oppose pas au dialogue mais attend que le Gouvernement respecte ses engagements.

Fort de ce premier face à face avec le Ministère de la Fonction Publique et de la Reforme Administrative, les professionnels de la santé ont repris le service ce lundi 11 février 2013. Une décision qui fait le bonheur des patients mais qui ne fait l’unanimité chez certains agents des hôpitaux et centres de santé. « Nous ne nous reconnaissons pas dans cette décision de reprise. Vous savez le slogan est clair : « s’il n’y a rien eu, il n’y aura rien » ! Aux dires du porte-parole des syndicats lors des échanges avec le Gouvernement, aucune avancée n’a été signalée. Il n’y aura donc pas de reprise du service » soutient Docteur KONE, médecin chef d’une formation sanitaire. Le son de cloche est bien différent chez Koffi N’guessan un jeune infirmier gréviste. En effet, bien qu’il aurait voulu que « le mouvement de grève se durcisse », il pense qu’il faut laisser le temps au Gouvernement de concrétiser ses promesses d’où sa volonté de reprendre le travail. Sur les problèmes de fond, les professionnels de la santé estiment que les revendications à caractère financier n’ont pas fait l’objet d’application. L’Etat de Côte d’Ivoire doit donc s’évertuer à payer l’intégralité des indemnités des hommes en blouse ; un acquis qui date de 2009. Le paiement des indices accordés depuis 2007 et le règlement intégral des émoluments hospitaliers sont aussi deux revendications auxquelles le Gouvernement devra faire face.

SUY Kahofi


Revue Ivoirienne du 04 au 09 février 2013

Cette semaine les salles de classes sont restées vides en Côte d’Ivoire
Cette semaine les salles de classes sont restées vides en Côte d’Ivoire

La semaine Ivoirienne a été marquée par un durcissement des mouvements de grève. Plusieurs corps de métier ont observé un arrêt de travail en commençant par les enseignants et les professionnels de la santé. Notre Voie interpellait à juste titre l’opinion Ivoirienne avec ce titre : école et hôpitaux paralysés, la grève s’aggrave ! Même son de cloche chez nos confrères du quotidien Le Temps qui soutiennent que cette fronde sociale est menée par des enseignants et personnels de santé plus que déterminés. Face à cette détermination, Fraternité Matin le quotidien pro-gouvernemental annonce que le Conseil des Ministres qui s’est tenu le 6 février 2013 a regretté que les procédures n’aient pas été respectées avant le déclanchement de la grève. Dans ce contexte, des décisions seront prises et c’est sans doute ce qui pousse la ministre de la santé à mettre à prix la tête des leaders syndicaux s’indigne le quotidien Notre Voie qui titrait dans sa parution du 7 février : « enseignants et médecins revendiquent leurs droits, le Chef de l’Etat Alassane Ouattara brandit des sanctions ». Face à toutes ces menaces du Gouvernement Le Nouveau Courrier souligne que le Docteur Ernest ATTE Boka porte-parole de la coordination des syndicats des personnels de santé se veut déterminer : « si l’un de nos membres arrive à être inquiété par le Gouvernement le service minimum sera automatiquement arrêté et la grève sera totale ». Notons dans la foulée que les agents de morgues et de cimetières sont en grève pour des arriérées de salaire qui plafonnent à 18 milliards et que la douane ivoirienne risque de se joindre au mouvement. Pour Le Patriote il n’y pas de doute c’est le FPI qui tire les ficelles. Pour l’UGTCI, l’Union Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire et de la LIDHO la Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme il y a nécessité d’aller à la table des négociations. L’autre sujet qui fait tourner le moulin à lettre dans les rédactions cette semaine c’est bien entendu les leçons des législatives partielles du dimanche 3 février. Sur le sujet Soir Info nous apprend qu’après sa débâcle aux partielles une vive tension règne au RDR, le parti présidentiel. Comme preuve de ce malaise, Le Nouveau Réveil rapporte les propos du secrétaire général du Rassemblement des Républicains ; Amadou Soumahoro reconnait et je cite : « le RDR s’est trompé ». En effet sur les quatre sièges à pourvoir, le parti fidèle au Président Alassane Ouattara n’a remporté aucun. Seuls les candidats indépendants qui se sont désolidarisés du parti ont brillé ! Le quotidien Abidjan 24 pour sa part évoque la leçon des militants de base au RHDP, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix et d’ajouter pourquoi le RDR doit redescendre sur terre. Le Jour Plus annonce qu’après ce fiasco du RDR aux législatives partielles, les têtes de listes pour les prochaines élections risquent de changer et ce pour faire l’unanimité. L’unanimité, l’amnistie demandée par le FPI n’épouse pas ce sentiment. Le Professeur Mamadou Coulibaly le Président du parti LIDER s’oppose à cette loi dans les colonnes de Soir-Info. L’ancien bras droit de Laurent Gbagbo et ex-numéro 2 du FPI estime que plusieurs personnes seraient en vie si après le forum de réconciliation en 2001 une loi d’amnistie n’avait pas été voté. L’Intelligent d’Abidjan abonde dans le même sens et indique de Marcoussis à Ouagadougou, les deux lois d’amnistie n’ont pas empêchées 3000 morts. Pas de morts dans le camp des pro-gbagbo mais c’est plutôt la débandade au Ghana nous dit L’Expression. Le Patriote croit savoir ceux qui se cachent au moment où leur extradition livre des secrets selon L’Inter. Un des derniers extradé, le commandant Ebéhi puisse que c’est de lui qu’il s’agit se prononce sur la tuerie des femmes d’Abobo à la une de Nord-Sud quotidien et affirme : « je n’ai pas donné l’ordre de tirer » !