Kahofi SUY

La Côte d’Ivoire pays le plus corrompu de l’UEMOA

Corruption : la Côte d’Ivoire, mouton noir de l’UEMOA
Corruption : la Côte d’Ivoire, mouton noir de l’UEMOA

La bonne gouvernance semble ne pas être la tasse de thé des nouvelles autorités Ivoiriennes. Cette expression que le Sieur Alassane Ouattara et ses sbires chantent en cœur dans chacun de leur discours est bien loin d’être une réalité. La corruption gangrène encore et toujours le système socio-économique Ivoirien et les preuves qui le montrent parlent d’elles-mêmes. En effet selon l’indicateur Mo Ibrahim de l’année 2012, l’administration publique ivoirienne est classée parmi les administrations les plus corrompues en Afrique et caracole en tête du classement dans l’espace UEMOA ! Une véritable contradiction d’avec le discours officiel du Chef de l’Etat qui « prétend » lutter contre la corruption.

La Fondation Mo Ibrahim consolide et diffuse chaque année des données sur la bonne gouvernance en Afrique. L’Institution tient compte de plusieurs critères pour évaluer chaque pays. Ainsi avec un score de 28,6 points sur un total de 100, l’administration ivoirienne occupe au plan national, le 32ème rang sur 52 pays classés. Dans l’espace CEDEAO, l’administration Ivoirienne occupe la 11ème place sur les 15 pays concernés et a réalisé un score de 28,6. Dans l’espace UEMOA, l’administration publique a obtenu 28,6 et occupe l’avant dernière place sur 8 pays en lice ! Ce classement n’est pas un constat isolé : d’autres organisations et non des moindre dressent le même bilan au sujet de la corruption en Côte d’Ivoire. Nous citerons à titre indicatif l’ONG Transparency International. Les indicateurs de l’ONG sur la corruption en Côte d’Ivoire sont alarmants. Le pays occupe le 130ème rang sur 176 pays classés dans le monde. Dans l’espace CEDEAO, l’indicateur de Transparency classe la Côte d’Ivoire 12ème sur 15 États avec un total de points de 29 sur 100. Dans l’espace UEMOA, la Côte d’Ivoire est le pays le plus corrompu selon la même étude avec 29 points et un rang déshonorable 8ème sur 8 pays.

Ce triste constat interpelle chaque Ivoirien et en premier le Chef de l’Etat qui dans sa politique de normalisation de la vie publique a décidé de mettre sur pied des structures de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance. Nous citerons le Secrétariat National à la Gouvernance et au Renforcement des Capacités (SNGRC) qui a lancé une campagne de sensibilisation sur les méfaits de la corruption. Celle-ci se matérialise par une campagne d’affichage et des spots diffusés en boucle à télé et à la radio. Visiblement il faut plus pour déraciner un mal qui gangrène le pays depuis plusieurs années et qui s’est accentué avec les dix (10) ans de crise que le pays. Corrompus et corrupteurs doivent comprendre qu’ils font du mal à leur propre pays et contribue à éloigner les potentiels investisseurs d’un système qu’on sait désormais miné par la corruption. L’heure est aussi venue d’appliquer les textes de loi qui pénalisent la corruption en Côte d’Ivoire et ce sans tenir compte du grade, du rang, de la distinction ou du corps auquel appartient « le hors la loi ». La lutte contre la corruption ne doit pas être une histoire de discours politiquement orientés mais plutôt d’actions de sensibilisation doublée d’une forte volonté judiciaire.


SANTE : la Côte d’Ivoire lance une nouvelle campagne contre la poliomyélite

Les familles de plus en plus réceptives au vaccin contre la polio
Les familles de plus en plus réceptives au vaccin contre la polio

Une nouvelle campagne de vaccination contre la poliomyélite en Côte d’Ivoire vient d’être lancée. Celle-ci se déroulera du 25 au 28 octobre 2013 sur toute l’étendue du territoire nationale. Elle vise comme chaque année les enfants de 0 à 5 ans qui demeure la cible première du virus à travers le monde.

Depuis la fin de la crise post-électorale, la Côte d’Ivoire a enregistré des résultats très encourageants dans ses programmes de lutte contre la polio. En effet sur les dernières campagnes le pays a pu réaliser un taux de vaccination supérieur à 90% soit un peu plus de 600.000 enfants qui ont reçu les deux goûtes du vaccin oral en 2012. Des chiffres qui sont à mettre à l’actif de tous les partenaires du système de santé en commençant par le Ministère de la Santé Publique et tous les acteurs de la chaîne de vaccination. Il s’agit entre autre des vaccinateurs, des superviseurs et des enquêteurs qui veillent à ce que chaque enfant puisse recevoir le vaccin. Cet engagement de tous les acteurs dans la chaîne de vaccination est un élément important dans le processus d’éradication de la polio, un défi qui s’inscrit au compteur des OMD, les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

« L’engagement de tous les acteurs dans la lutte contre la polio est l’un des gages clés pour réussir l’objectif de l’éradication. Il faut que chaque famille, chaque leader communautaire ou religieux comprenne que la polio demeure une menace pour les enfants et qu’il faut s’engager ensemble pour le vaincre » soutien Sarah Crowe, porte-parole de l’UNICEF à New York.

Sur le terrain il est important de noter que malgré la persistance des préjugés de nombreuses familles accueillent de plus en plus positivement le vaccin contre la polio. Ce changement de comportement est le fruit de la sensibilisation des agents vaccinateurs qui malgré les frustrations et une certaine hostilité par endroit refusent de baisser les bras. Dans chaque foyer, ils informent les parents sur la nécessité de vacciner leurs enfants pour les protéger des paralysies liées à ce mal.

« Je félicite les mères de familles qui nous accueillent bien lorsque nous arrivons avec nos thermos pour vacciner leurs enfants. C’est encourageant d’entendre les mamans nous interpeller lorsque nous écumons rue. Certaines nous disent « venez vacciner mon enfant » ou encore « ma voisine cherche des agents vaccinateurs« . Ceci est le symbole que notre message a eu un impact auprès des Ivoiriens » nous explique Eric K. un agent vaccinateur.

Bien sûr tout n’est pas aussi facile pour les agents vaccinateurs : il y a encore hélas des personnes qui s’opposent à la vaccination. Ces refus occasionnent l’intervention des chefs d’équipe puis des superviseurs et le cas échéant des agents des forces de l’ordre (police) ! Les agents vaccinateurs n’hésitent plus à faire appelle aux hommes en uniforme pour « convaincre » les récalcitrants du bienfondé de la vaccination. L’objectif n’est en rien l’intimidation mais plutôt cette volonté de faire comprendre à chaque citoyen que la Côte d’Ivoire ne doit pas être à l’avenir une Nation faite de paralytiques.

Si la campagne s’étend sur quatre (4) jours, il est important de noter que les opérations de monitoring et d’enquête terrain s’étendront jusqu’au 30 octobre 2013. L’objectif de ce monitoring est de transmettre aux partenaires via le Ministère de la Santé Publique des données fiables sur les campagnes de vaccination. Les agents commis au monitoring s’assureront que le marquage à la craie a été bien effectué à l’entrée des domiciles et qu’aucun enfant n’a été oublié.

SUY Kahofi


Revue de la semaine du 07 au 12 octobre 2013

Koffi Annan impressionné par les efforts de la Côte d'Ivoire
Koffi Annan impressionné par les efforts de la Côte d’Ivoire

Une délégation de l’organisation The Elders porté sur les fonds baptismaux par Nelson Mandela a séjourné en Côte d’Ivoire cette semaine dans le cadre d’une mission d’observation du processus de réconciliation nationale. Dirigée par Koffi Annan l’ancien patron de l’ONU, la délégation a eu un tête à tête avec le Président Alassane Ouattara mais aussi avec l’opposition principalement le chef du FPI Pascal Affi N’Guessan nous indique L’Intelligent d’Abidjan. Processus de réconciliation national en Côte d’Ivoire, Annan pour des compromis nécessaires barre en manchette Fraternité Matin et Le Démocrate dans la même veine soutient qu’il s’agit d’un message fort de Koffi Annan pour la Côte d’Ivoire. L’ancien secrétaire général de l’ONU pour la Côte d’Ivoire a qui Alassane Ouattara a déclaré et je cite Le Patriote : « nous voulons bénéficier de vos conseils ». La réponse à cette requête est à lire chez nos confrères de L’Expression quand contre toute attente c’est Koffi Annan qui se dit impressionné par les avancées de la Côte d’Ivoire. Morceau choisi : « Economie, sécurité et réconciliation…je suis impressionné par Ouattara ». La Matinale à la limite jubilatoire soutien que Ouattara reçoit le satisfecit de Koffi Annan. La réconciliation sans la justice est-elle possible ? En tout cas Koffi Annan s’est prononcé au terme de sa visite sur le dossier le procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo. L’intelligent d’Abidjan relaie ces propos prêtés à Annan : « Si la CPI décide que Gbagbo n’est pas coupable… » que doit-elle faire ? Le temps complète la phrase en soulignant « …que si Gbagbo n’est pas coupable qu’on le libère ». Pour Pascal Affi N’guessan il ne doit plus y avoir de spéculations sur le cas Gbagbo, il doit être libéré martèle l’homme à la une du quotidien Le Nouveau Courrier. Tous ces appels à la libération de Laurent Gbagbo cadrent-ils avec la réalité de la justice internationale ? En tout cas Soir Info nous invite à titrer nos propres conclusions sur le cas Gbagbo avec tout le film de l’audience de Laurent Gbagbo le 09 octobre. Pourquoi Gbagbo n’a pas été libéré ce fameux mercredi de l’espoir s’interroge L’Inter pendant que Le Temps note que la question de la liberté provisoire est à l’étude et que le verdict est attendu le 11 novembre 2013. Le Nouveau Courrier qui s’attarde également sur la question de la liberté provisoire du l’ancien président Laurent Gbagbo propose trois schéma qui sont à l’étude et s’étale sur ce qui peut se passer avant le 11 novembre. D’ici là, L’Intelligent d’Abidjan se fait fort d’exposer les fuites qui ont empêché la libération de Gbagbo le 09 octobre.

A la semaine prochaine !


La Côte d’Ivoire en quête d’une véritable liberté économique

La Côte d’Ivoire peut-elle assainir son système économique ?
La Côte d’Ivoire peut-elle assainir son système économique ?

Audace Institut Afrique (AIA), la Fondation Atlas et Fraser Institute ont organisé ce mercredi 09 Octobre 2013 à Abidjan un forum dédié à la liberté économique en Côte d’Ivoire. Au cours de ce forum les participants ont touché du doigt les tares qui empêchent la Côte d’Ivoire d’être une destination sûre pour les investisseurs.

Il ressort de l’audit 2012 de la liberté économique des chiffres qui traduisent les efforts supplémentaires que la Côte d’Ivoire doit entreprendre pour rassurer les investisseurs et garantir à chaque citoyen un climat des affaires sain. En effet sur les 152 pays indexés par l’étude de Fraser Institute, la Côte d’Ivoire occupe la 129ème place avec un score cumulé de 5,76. De façon plus détaillée la Côte d’Ivoire obtient 6,45 sur 10 concernant l’indice relatif à la taille de l’Etat, 6,56 pour l’indice d’une monnaie saine, 6,25 pour la liberté du commerce international et 2,95 pour son système juridique.

Ces chiffres démontrent que globalement les fondations de la liberté économique sont fragiles dans le pays et que les droits de propriété sont mal protégés. L’environnement des affaires reste hostile avec une corruption importante ce qui freine l’entreprenariat. Malgré les efforts du Gouvernement il est encore difficile et surtout coûteux d’exploiter une entreprise en Côte d’Ivoire dans le cadre économique formel. Cette situation explique en grande partie la précarité des emplois et surtout le taux de chômage important dans le pays surtout celui qui touche les jeunes. Emmanuel Martin responsable de Libre Afrique, le projet francophone de la Fondation Atlas et Directeur de l’Institute for Economic Studies – Europe estime que tous les thèmes qui concourent à l’assouplissement de la réglementation des affaires méritent d’être améliorés. Il faut entre autre abandonner le contrôle drastique des prix, réduire et simplifier les formalités administratives, trouver une solution à la corruption ambiante par une police et une justice de qualité enfin simplifier la fiscalité intérieure et élargir l’assiette fiscale. Tous ces chantiers importants ne sont pas seulement l’affaire du Gouvernement Ivoirien d’où l’appel de Gisèle Dutheuil la Directrice d’Audace Institut Afrique à un engagement de chaque citoyen Ivoirien dans la promotion de la liberté économique.

La plus mauvaise note de la Côte d’Ivoire se situe au niveau de son système juridique. Le pays obtient 2,95 sur 10 soit un chiffre largement en dessous de la moyenne d’Afrique subsaharienne et mondial. Un chiffre inquiétant que François KOMOIN, le président du Tribunal de Commerce et du Centre International de Développement du Droit (CIDD) veut voir très vite changer. Pour y arriver il faut un engagement des pouvoirs publics, des hommes de loi et de chaque Ivoirien. Il y a va de la notoriété et de la réputation du pays dans un contexte marqué par une globalisation de l’économie.


Un ancien-(nouveau) Président à la tête du PDCI

Henri Konan Bédié, le vieux-jeune reste à la barre du navire !
Henri Konan Bédié, le vieux-jeune reste à la barre du navire !

C’était l’évènement politique de ce week-end en Côte d’Ivoire. Le 12ème congrès du PDCI a bien eu lieu au Palais des Sports de Treichville et a permis aux trois candidats en lice pour la présidence du parti de se départager.

La soirée électorale devant désigner le nouveau président du PDCI-RDA, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire aura bien été longue. Prévue pour débuter à 21 heures, c’est finalement à 3 heures du matin que les 150 urnes positionnées pour l’élection ont commencé à recevoir les premiers votants. Plus de 3.500 personnes participaient à cette opération de vote qui devait permettre de départager trois hommes. Kouadio Konan Bertin dit KKB le bouillonnant président de la JPDCI et Alphonse Djédjé Mady le secrétaire général du parti doyen sont venus titiller le patriarche Henri Konan Bédié qui grâce à des amendements soigneusement apportés aux textes régissant le parti à pu se présenter malgré sa limite d’âge. Malgré de fortes contestations et un congrès sous fond de tension, c’est en toute civilité que les membres du plus vieux parti de Côte d’Ivoire sont allés choisir leur nouveau leader. Au terme du dépouillement ce dimanche 06 octobre matin, les résultats sont venus confirmer tous les pronostics des partisans d’Henri Konan Bédié qui avaient annoncé un plébiscite. Henri Konan Bédié se taille la part du lion dans l’électorat avec un peu plus de 3480 voies soit 93% des suffrages exprimés contre 123 voies pour Alphonse Djédjé Mady et 115 voies pour KKB. Malgré la belle cérémonie de clôture du congrès des inquiétudes persistent. Que sera le PDCI après ce 12ème vu que les sillons de méfiance sont désormais profonds et que des clans politiques sont clairement identifiés ? KKB restera-t-il président des jeunes ou Alphonse Djédjé Mady à son poste de secrétaire général ? Le PDCI enregistrera-t-il des défections avant 2015 ? Autant de préoccupations et d’inquiétudes qui resteront sans réponse tant que de nouvelles orientations n’auront pas été données au parti par son ancien-nouveau président Henri Konan Bédié.