Kahofi SUY

Affaire Blé Goudé : pression ou requête de la CPI ?

Blé Goudé de la gloire à la déchéance ?
Blé Goudé de la gloire à la déchéance ?

Après le leader de la refondation, la justice internationale est toujours aux trousses des caciques de l’ancien régime en Côte d’Ivoire. Charles Blé Goudé le bouillonnant leader de la galaxie patriotique est de nouveau sur la sellette : la Cour pénale internationale le réclame et cette-fois ci les choses semblent sérieuses puisse qu’un délai pour présenter des observations a été accordé aux autorités d’Abidjan.

Un simple rappel pour les uns, une grosse pression pour les autres. Le communiqué émanant du juge unique de la chambre préliminaire 1 rappelant aux autorités ivoiriennes leur obligation de livrer Charles Blé Goudé fait la Une des quotidiens ivoiriens dans leur grand ensemble et alimente toutes les conversations sur le processus de réconciliation. On croyait l’affaire Blé Goudé rangée aux oubliettes que nenni ! La CPI tient visiblement à ce que l’ancien patron des jeunes patriotes soit livré pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

En effet, la CPI a émis un mandat d’arrêt le 21 décembre 2011, mandat d’arrêt qui a été rendu public le 30 septembre dernier et qui a fait grand bruit au sein de la classe politique. Charles Blé Goudé en détention dans un lieu secret aurait selon la CPI engagé sa responsabilité pénale individuelle en tant que coauteur indirect pour quatre chefs de crimes contre l’humanité. Il s’agit de meurtres, de viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains qui auraient été perpétrés entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Si dans sa première intention de se voir livrer Charles Blé Goudé le juge n’a fait mention d’aucun délai, il accorde aux autorités ivoiriennes la date buttoir du 13 janvier 2014 pour présenter leurs observations sur le cas Blé Goudé.

Le FPI (Front populaire ivoirien ) s’inquiète du sort du jeune leader qui tout comme Simone Gbagbo est dans le viseur de la CPI. Si les autorités ivoiriennes ont clairement affiché leur intention de ne pas livrer l’ex-première dame, le sort de Blé Goudé est incertain ! Plus actif lors de la crise, le parti refuse d’accepter une autre « déportation », celle de Blé Goudé vers La Haye, un acte qui selon les barrons du parti de Laurent Gbagbo risque de ralentir le processus de réconciliation. Attention à ne pas confondre les cas rétorque le régime Ouattara : le cas Blé Goudé ne saurait être comparé au dossier Simone Gbagbo, dossier pour lequel les autorités judiciaires ivoiriennes se sont dites compétentes pour trancher.

SUY Kahofi 


L’épineux dossier des ex-combattants en Côte d’Ivoire

Une opération de DDR à Anyama
Une opération de DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) à Anyama

 

Soupçonnés d’être les nouveaux braqueurs, les vrais coupeurs de route et autres bandits de grand chemin qui attaquent les domiciles, les ex-combattants n’ont plus bonne presse auprès des populations ivoiriennes. Le gouvernement ivoirien en est conscient et tente par tous les moyens de trouver une solution au problème.

Tel un boulet au pied d’un bagnard, le régime d’Alassane Ouattara traîne le lourd dossier des ex-combattants, un héritage encombrant de la crise postélectorale que le gouvernement ivoirien tente tant bien que mal de gérer. Les ex-combattants mettent de l’huile sur le feu de la réconciliation et de la reconstruction. Au total  on compte 65 000 jeunes hommes et femmes ayant appartenu aux différents groupes qui se sont battus depuis 2002. Il s’agit principalement des membres des groupes d’autodéfense, les jeunes miliciens affiliés aux Forces de défense et de sécurité (FDS pro-gbagbo) et les jeunes recrues proches de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles fidèle à Guillaume Soro. Tous ou presque ont combattu ou revendiquent un statut de soldat susceptible d’être intégré dans l’armée. Certains après les opérations de profilage ont été intégrés aux forces en charge de la sécurité notamment au sein des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire), de la police et de la gendarmerie.

C’est principalement à ce niveau que les frustrations naissent, car tous les ex-combattants ne peuvent intégrer l’armée ! La frustration de se savoir impuissant sans son uniforme, son arme ni même une option d’insertion pousse par moment les jeunes gens à porter leur grogne sur la place publique. Les récents évènements de Bouaké, de Daloa et de Man où les populations ont été à la limite prises en otage par des jeunes qui détiennent encore des armes sont là pour souligner la tension qui règne au sein des ex-combattants. Il faut impérativement caser ces jeunes gens d’où la création de l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR). De source officielle, ce programme de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants va coûter 92 milliards de francs Cfa (40 millions d’euros). En attendant que les programmes touchant aux projets d’autonomisation ne soient financés, 30 000 anciens soldats devraient être réinsérés d’ici la fin de décembre 2013 et 35 000 autres en 2014.

SUY Kahofi 


Le jeu vidéo célébré à l’ISTC

Les jeux vidéo, un véritable levier de créativité
Les jeux vidéo, un véritable levier de créativité

Elle pourrait bien passer inaperçu pour le commun des motels mais pour les puristes et les fins connaisseurs il est hors de question de ne pas se souvenir de cette journée. Elle, c’est bien la journée internationale du jeu vidéo que les étudiants de l’ISTC (Institut des Sciences et Techniques de la Communication) ont voulu marquer par un moment d’échange ce 25 novembre. La salle CERCOM de l’Institut a été lieu de rencontre des férus de la manette et de l’économie qui gravite autour de cette véritable industrie. Sur les origines de cette journée célébré à travers le monde Mr Gomet Arnaud, chargé de cours en communication publicitaire à l’ISTC nous explique qu’elle naît de la volonté d’un amoureux des jeux vidéos.

« Cette journée a été initié par un jeune français d’origine antillaise qui s’appelle Michael Newton. A l’image des autres journées internationales dans les autres secteurs ou discipline, il a voulu consacrer cette journée aux jeux vidéo afin qu’on puisse en faire la promotion » nous indique Mr Gomet Arnaud.

La journée internationale du jeu vidéo est un moment pour montrer l’aspect éducationnel du jeu vidéo, donner l’opportunité aux gens de le célébrer, de comprendre le fonctionnement de industrie et surtout l’importance des applications du jeu vidéo pour l’éducation, pour la science et la culture. Pour faire cadrer la célébration du jour avec toutes ces réalités, les étudiants ont décidé de réfléchir sur les origines du jeu vidéo autour d’une question fondamentale : comment les jeux vidéo sont nés des mangas ? Emmanuel Mansilla, développeur web dont le passe temps est la conception des jeux vidéo, a permis aux étudiants de remontrer dans le temps. Le développeur web a démontré que la barrière entre manga et jeu vidéo est très poreuse et que ces deux supports ludiques et didactiques s’influencent. Cet exposé accompagné de démo sur écran aura donné l’occasion aux étudiants de découvrir ou de redécouvrir le jeu vidéo dans sa conception et son développement.

Le jeu vidéo industrie, loisir et média est certainement un univers que les étudiants de l’ISTC auront à tutoyer dans l’avenir. C’est la raison pour laquelle les communicateurs de demain, qu’ils soient graphistes, infographes ou marketeurs ont pris le temps de célébrer cette journée.

SUY Kahofi


Revue de la semaine du 18 au 23 novembre 2013

Lutter contre la vie chère pour le bonheur de chaque ivoirien
Lutter contre la vie chère pour le bonheur de chaque ivoirien

Une semaine d’actualité s’achève en Côte d’Ivoire sur un air de réconciliation nationale avec la présence au palais présidentiel de Charles Konan Banny et de tous les membres de la CDVR, la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Sur le sujet Fraternité Matin titre : réconciliation, les recommandations de Charles Konan Banny. Selon L’Inter, l’ancien patron de la BCEAO estime que les arrestations compliquent la réconciliation nationale. Autre révélation cette fois ci à la une de L’Intelligent d’Abidjan, toujours à mettre à l’actif du président de la commission : « il y a eu des entrave à la mission de la CDVR ». Le rapport de la CDVR qui marque la fin de deux ans d’activité pousse Le Nouveau Réveil est souligné que la mission de Banny n’est ni un échec ni une réussite. Pourtant, tient à rappeler La Matinale, son travail a été bien apprécié par le président Alassane Ouattara. Le Démocrate va plus loin et barre sa une avec ce titre : « Ouattara félicite Banny ». Des félicitations également pour le Gouvernement, cette fois ci de la part des syndicats, qui cette semaine ont bien accueilli le décret portant revalorisation du smig. Bonne nouvelle pour les travailleurs, le smig passe à 60.000 f CFA barre à sa tribune Fraternité Matin. Le quotidien à capitaux publics nous indique que le gouvernement satisfait une revendication vieille de 6 ans ! Les syndicats dans l’ensemble apprécient cette revalorisation du smig car selon Le Jour plus le gouvernement donne espoir aux travailleurs. Sur le sujet Le Démocrate est à la limite jubilatoire ! Augmentation généralisée des salaires, le smig passe du simple au double, 60.000 F CFA le plus petit salaire exulte le confrère. Pour être précis sur les chiffres, rendez-vous dans les colonnes de La Matinale qui précise que l’ancien smig était de 36.607 f contre 60.000 aujourd’hui. Toujours dans l’analyse de cette décision qui transforme la vie des travailleurs, Abidjan 24 souligne que le smig dans le secteur privé augmente lui aussi. Toujours au chapitre société mais dans la rubrique cherté de la vie, c’est Jean Louis Billon le ministre du commerce et des PME qui s’est livré à un exercice vérité face aux populations lors des rendez-vous du Gouvernement. Cherté de la vie, le ministre Jean Louis Billon accuse les populations titre Soir Info. Pour Fraternité Matin il ne s’agit pas d’accusation mais de propositions. En effet dans un contexte de libéralisation des prix, il est important pour les populations de veiller à l’affichage et faire le bon choix quand, selon Le Nouveau Réveil, on sait que la Côte d’Ivoire reste pour le moment un pays où tout semble cher. L’Inter estime donc que pour une amélioration du commerce intérieur Billon propose ses solutions.


Côte d’Ivoire : journalistes décédés ou assassinés ?

Maître Affoussiata Bamba Lamine le ministre de la communication
Maître Affoussiata Bamba Lamine, ministre de la Communication

Mort naturelle ou assassinat déguisé ? Les journalistes et les populations ivoiriennes continuent de se poser des questions. En effet au pays d’Alassane Ouattara le mois de novembre 2013 semble être un mois triste pour les journalistes, deux d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans des conditions plutôt troubles.

Près d’une semaine après le décès du journaliste Désiré Oué, rédacteur en chef à Tomorrow Magazine, abattu de 4 balles en pleine poitrine, et 24 heures après l’enlèvement du Dieusmonde Tadé, journaliste au quotidien Le Nouveau Réveil par des inconnus ; maître Affoussiata Bamba Lamine la ministre de la Communication est montée au créneau pour dénoncer le comportement de certains journalistes.

Le ministère de la Communication constate que certains organes de presse tirent des conclusions hâtives de ces situations malheureuses, alors qu’aucune enquête en l’état actuel de la procédure ne permet de donner l’identité, encore moins les motivations des auteurs. Le ministère de la Communication invite les journalistes à rester fidèles aux faits, comme le recommande la déontologie de leur métier, et à ne point se substituer à la police, bien qu’ils aient le droit d’exprimer leur solidarité à leurs confrères.

Ces deux faits interviennent après la mort dans des conditions plutôt troubles d’un autre journaliste du quotidien Le Démocrate le 6 novembre dernier. Le corps de Atta Yao Bini Thomas a été retrouvé sans vie dans la lagune à Marcory-Anoumambo. Deux morts suspectes et un enlèvement sont forcément des actes qui suscitent des interrogations dans un pays où le mot liberté d’expression semble ne pas avoir la même définition pour le pouvoir, l’opposition et les professionnels des médias.

Pour les quotidiens proches de l’opposition qui tire à boulets rouges sur le régime des houphouétistes, ces morts de journalistes ne sont en réalité que des assassinats ciblés de confrères ayant la langue trop pendue pour se taire face aux dérives autoritaires du président Alassane Ouattara et ses proches. Le gouvernement de son côté rassure, et affirme que la protection des journalistes et autres professionnels des médias reste une priorité.

SUY Kahofi