Kahofi SUY

Abidjan sous les flots

Abidjan a les pieds dans les eaux !
Abidjan a les pieds dans l’eau

Comme chaque année lors de la saison des pluies, la capitale économique ivoirienne se retrouve sous les eaux. Une situation qui occasionne des morts et d’importants dégâts matériels.

Aucun quartier d’Abidjan n’échappe aux inondations en ce mois de juin. Les pluies diluviennes qui s’abattent sur la ville menace chaque habitant. A la maison, au bureau ou en voiture, nul n’est à l’abri de cette eau de ruissellement qui rend impossible la circulation et entraîne sur son passage les bâtiments les moins stables. C’était un peu comme s’il n’y avait plus de voie d’écoulement pour cette eau qui, à défaut de se déverser dans la lagune, stagne sur les routes. En cause, l’urbanisation sauvage, l’obstruction par les populations des œuvres d’écoulement des eaux pluviales et leur mauvais entretien par les agences gouvernementales.

Une urbanisation sauvage qui coûte chère

Dans de nombreux quartiers des propriétaires immobiliers ont décidé de fouler aux pieds les règles les plus élémentaires d’urbanisme. Les parcelles des lots dédiées aux espaces verts ne sont pas respectées, pire les habitations sont par moment construites sur des caniveaux ou des zones dédiées aux buses. Du coup, des quartiers entiers se retrouvent sans caniveaux même dans des cités dites résidentielles ou chics. C’est le cas à Cocody, Riviera 2 et 3 où depuis ce mois de juin où les images de rues inondées sont visibles. Une urbanisation sauvage qui coûte chère puisque les rares caniveaux existants ne peuvent plus drainer les eaux de ruissellement.

« Ce n’est plus une question de quartiers précaires : nous subissons tous la montée des eaux parce que rien est fait pour l’entretien et le respect des voies d’écoulement d’eau », s’inquiète Alexandre Koffi, un riverain.

Lorsque les caniveaux existent, ceux-ci servent les intérêts des particuliers mais d’une drôle de manière. A Abobo et Adjamé par exemple, des riverains ont préféré ne pas construire de fausses septiques. Les tuyaux d’évacuation des sanitaires et cuisines sont directement raccordés aux caniveaux. Ils servent également de poubelle ou de zone de construction de baraques pour le petit commerce. Résultats, les eaux de pluies doivent se frayer un chemin pour atteindre les bassins de retenue d’eau avant la lagune.

« Lorsque les eaux de pluie, qui représentent un volume important de liquide, doivent se créer un chemin pour attendre la lagune on peut dire qu’elles opèrent un passage en force. Nous constatons ici et là des digues qui cèdent et des maisons qui sont littéralement détruites », nous explique un agent de l’Office National de l’Assainissement et du Drainage (ONAD).

L’eau devient un danger pour les populations et les infrastructures publiques. C’est le cas du carrefour de l’Indénié, situé dans le bassin du guru entre les quartiers du Plateau, d’Adjamé et de Cocody. Bien que des bassins de retenue d’eau existent aux alentours du carrefour, les inondations sont quasi perpétuelles ! En cause le manque d’entretien. Le sable et les ordures qui se sont déposés dans les bassins d’une profondeur de 5m n’ont pas été enlevés avant la saison des pluies. Les décanteurs sont obstrués et les bassins de stabilisation ne peuvent plus contenir les eaux de ruissellement. Pourtant les travaux de réaménagement du bassin du guru, exécutés par l’entreprise de Travaux Publics FRANZETTI-CI, ont duré six mois et coûté 1,5 milliard de francs CFA. Un financement de la Banque Mondiale qui n’a rien donné !

« Avec ces premières pluies du mois de juin on se rend compte que le gouvernement a fait du bruit pour rien. Le carrefour de l’Indénié est de nouveau impraticable, une situation qui va sans doute engendrer des embouteillages », se désole Diomandé Issouf, un chauffeur de taxi.

 

Apprendre à préparer la saison des pluies

Les années se succèdent et se ressemblent. Chaque année, le même constat: pluies diluviennes, morts et dégâts matériels. Pourtant, le gouvernement et les populations ne font pas l’effort de préparer la saison des pluies. Les travaux de curage à la belle saison n’existent pas et les populations préfèrent attendre les mairies pour assainir leur cadre de vie. A cela s’ajoute le mutisme du ministère de la Construction et de l’Urbanisme qui laisse pousser des quartiers dans les zones à risque pourtant clairement identifiées. La ville d’Abidjan compte au bas mot 75 zones à risque où vivent des populations que l’on déguerpit par moment sans mesures réelles de relogement.

En 365 jours, il y a forcément en Côte d’Ivoire une saison des pluies. Et il est préférable d’entreprendre des travaux de drainage avant l’arrivée des premières pluies. Il faut déboucher les caniveaux, entretenir les bassins de retenue, débarrasser la ville des dépotoirs sauvages et procéder à la libération des sites à risque. De telles activités nous éviterons de jouer au médecin après coup. La compassion du gouvernement aux victimes de Mossikro c’est bien mais éviter des morts c’est encore mieux.

SUY Kahofi


Afrique/Mondial : le 2ème tour, peut-on y croire ?

Brillant en club mais invisible en équipe nationale
Brillant en club mais invisible en équipe nationale

Au mondial il y a ceux qui sont fiers de participer juste au tournoi et ceux qui y vont pour rentrer avec dame coupe. Au moment où avec réalisme, de nombreuses équipes cultivent la motivation, le bon jeu et la gagne pour atteindre au bas mot les demi-final, le débat pour les équipes africaines c’est comment accéder au second tour. Le second de la coupe du Monde ! C’était à la limite comme s’il s’agissait d’une porte où il était marqué depuis une dizaine d’année : « Entrée interdite aux équipes africaines ». Deux réalités à mon avis expliquent en grande partie cette situation. Le manque de motivation criard et un complexe face à ce que nos athlètes appellent abusivement les grandes Nations du foot.

Le manque de motivation criard

Etre appelé en équipe nationale est une consécration affirmait le footballeur ivoirien Seydou Doumbia. Malheureusement, les souliers d’or du continent n’ont pas encore compris qu’il n’y a rien de plus important que de jouer pour le drapeau national. Les joueurs africains font preuve d’un talent inouï en club mais une fois dans le maillot national deviennent une bande d’indisciplinés qui malgré toute leur fortune se rabaissent à quémander aux fédérations des primes exorbitantes ! Soyons sérieux et regardez combien de fois, sous le fallacieux et farfelu argument de prime de match les joueurs africains vont au Mondial pour faire de figuration ? Des touristes en maillot sur des stades qui chantent des hymnes nationaux en chuchotant les strophes qui font allusion au travail et au sens de la discipline. Au même moment où ils touchent près de 50 millions par match, les joueurs d’équipes plus cotées se contentent de deux à trois fois moins ! Et pour couronner ce manque de patriotisme l’expression « petit argent petit ballon » a été consacrée. Ils demandent des primes exorbitantes parce que le Mondial devient un moment où on est payé à ne rien foutre sur le terrain. En d’autres termes l’échec est vendu à prix d’or avant même le début de la compétition. Pendant qu’on se querelle pour des primes de match, d’autres se concentrent pour gagner. On s’étonne alors que le Brésil, l’Espagne ou l’Argentine fassent sensation souvent même avec des footballeurs très peu présents en club.

Le complexe face aux grandes Nations du foot

Je ne sais pas si depuis la première coupe du monde une liste des pays qui doivent remporter ce trophée a été établie. Je me dis intérieurement qu’un tel document n’existe pas sinon comment la France aurait pu remporter sa première coupe du monde sur ses terres ? Je me dis qu’il y a forcément un vrai problème chez les équipes africaines, un problème à la limite psychologique… Prenez 11 joueurs de première division de n’importe quel pays du monde. Habillez-les aux couleurs du Brésil ou de l’Italie, je vous jure qu’à 100% les joueurs africains malgré leur niveau et leur talent se mettront en position d’infériorité. France, Argentine, Allemagne…si ces équipes font autant peur c’est parce qu’elles ont refusé de mettre dans une position de perdant éternel. Bien au contraire chaque génération de joueur aura contribué à assoir la réputation de l’équipe. Match après match, victoire après victoire, les grandes Nations du football ont su bâtir leur réputation et non mûrir un complexe face aux équipes qui ont constitué un os sur leur chemin. Replongeons-nous dans l’histoire du football mondial et suivons l’évolution des pays qui ont participé au tournoi. Les grandes Nations du foot qui brillent aujourd’hui ne sont pas forcément celles qui ont écrit l’histoire de la coupe du monde. Si les équipes africaines partent au Mondial pour cultiver un complexe face aux autres équipes et se morfondre à dire qu’elles sont des GRANDES NATIONS DU FOOT, soyons sûr que la génération d’africains qui brillera au Mondial n’est pas celle que nous voyons.

SUY Kahofi


Sabri Lamouchi, le mal aimé ?

Sabri Lamouchi ne rassure toujours pas ! (levuvuzela.net)
Sabri Lamouchi ne rassure toujours pas ! (levuvuzela.net)

Malgré un parcours à la limite sans faute lors des éliminatoires et une qualification pour le mondial, Sabri Lamouchi l’entraîneur des Eléphants reste un homme contesté par de nombreux supporteurs ivoiriens.

On l’appelle avec une certaine ironie le célèbre coach stagiaire titulaire ; Sabri Lamouchi qu’on croyait sur le point du départ accompagne finalement les Eléphants footballeurs au pays du roi Pelé. Rien qu’à le voir à la télévision ou à la une d’un quotidien, Etienne Koffi ne peut s’empêcher d’exprimer son mécontentement face à un sélectionneur qu’il juge « ne pas être à sa place ».

« J’aurais bien voulu que la F.I.F rappelle François ZAHUI ou même qu’on « ressuscite » YEO Martial le coach victorieux de Sénégal 92. Loin d’un choix judicieux c’est un stagiaire qu’on nous envoie pour coacher nos joueurs » soutient révolté le jeune étudiant.

Pour lui Lamouchi aura contribué à faire baisser le niveau de jeu des Eléphants par des sélections hasardeuses. En témoigne les 23 sélectionnés pour le mondial où figurent de véritables fossiles sur gazon ! Des athlètes qui ont à peine joué en club et qui à la surprise général se retrouvent parmi les pachydermes qui iront défendre le drapeau.

« L’entêtement de Sidi et sa manie de faire la sourde oreille va nous coûter cher.  C’est un peu comme si on demandait à un éducateur de la maternelle de dispenser des cours à l’Université ! Quelle expérience a-t-il en qualité de joueur et d’entraîneur ? Aucune. Comparez le CV de Lamouchi à celui des entraîneurs locaux et vous verrez que les ivoiriens ont largement le droit de se plaindre de son choix » affirme Seydou Diabaté.

Apprécier ou ne pas apprécier Sabri Lamouchi, là n’est pas la question. Pour Dadié Brice, bibliothécaire, les dirigeants du foot ivoirien ont imposé un sélectionneur et le peuple doit respecter ce choix. L’heure n’est plus aux querelles autour de la personne de Lamouchi : il faut penser au drapeau et surtout à aux joueurs sur le terrain.

« On peut avoir le plus mauvais entraîneur du monde mais si nos joueurs sur le terrain se donnent à fond ils pourront faire une prestation honorable » soutient Brice.

Des joueurs mobilisés et compétents sur le terrain mais il faut bien derrière un staff et un entraîneur qualifié pour les accompagner soutient Etienne Koffi qui reste convaincu que Lamouchi n’est pas l’homme qu’il faut pour diriger l’équipe nationale ivoirienne. En marche vers le mondial avec un entraîneur contesté par les populations et surtout des groupes d’activistes web qui ne démordent pas ! Les pages les plus célèbres sur Facebook sont : Virer Lamouchi maintenantVirer Lamouchi maintenant pendant qu’il est encore tempsVirer Lamouchi on va quitter ici… Quant aux partisans du sélectionneur franco-tunisien des Ivoiriens, ils peinent depuis toujours à mobiliser via la page Nous on veut Lamouchi.

SUY Kahofi


Un nouvel opus pour dire non au SIDA

« Donnons un KO au SIDA » est la nouvelle composition musicale qui invite les populations ivoiriennes à dire stop à la pandémie du siècle. Ce tempo social est une initiative du PEPFAR avec la voix d’artistes locaux engagés telle que Nash, Christian, El Djaba, Noël, Carla… Des volontaires réunis autour du célèbre rappeur congolais Didjak Munya qui réside désormais dans la capitale économique ivoirienne. Cette chanson interprétée dans les langues locales (dioula, baoulé…) a été produit grâce à l’Ambassade des Etats Unis qui veut en faire une œuvre à but non lucrative diffusée pour sensibiliser les populations sur le danger que représente le SIDA. A ce niveau, il est important de préciser que l’œuvre peut être utilisée par les radiodiffuseurs, les chaînes de télévision, les ONG et autre acteurs du domaine de la lutte contre le SIDA sans aucune obligation de reverser des droits d’auteurs. D’ailleurs « Donnons un KO au SIDA » est déjà diffusé sur les antennes de la RTI lors de l’émission Spotlight SIDA. L’Ambassade des Etats Unis travaille à rendre ce refrain musical accessible aux stations de radio. Pour le moment « Donnons un KO au SIDA » est disponible en open source en format vidéo via You tube et en mp3 pour le format audio sur Sound Cloud. Au compteur des activités prévues pour la promotion de cette composition musicale auprès du public figure une initiative qui sera conduite conjointement par le PEPFAR, la RTI et La Voix de l’Amérique. L’objectif sera de mettre en lumière le projet musical et ses acteurs toujours dans un élan de sensibilisation grâce à l’émission Spotlight SIDA.


SUY Kahofi


Le journalisme parlementaire au cœur d’une formation

Les responsables de l’Assemblée Nationale, de l’Institut PANOS et de l’URPCI à la table de séance
Les responsables de l’Assemblée Nationale, de l’Institut PANOS et de l’URPCI à la table de séance

A l’initiative de l’URPCI et de l’Institut PANOS (Dakar), 10 représentants des médias seront formés sur trois jours (2 au 4 jours) au journalisme parlementaire. Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Femmes et médias, partenaire pour une meilleure gouvernance en Afrique de l’Ouest ». Le projet financé par l’Union Européenne aura une durée de trois ans et s’exécute dans cinq pays de la sous-région.

Selon Libasse Hane, chargé de projet Gouvernance à l’Institut Panos, le présent projet vise à renforcer les synergies inter-pays entre les journalistes et Organisation de la Société Civile, notamment de femme. Le Parlement étant le lieu de la prise d’importantes décisions pour la vie de la Nation et donc de l’amélioration de la gouvernance à tous les niveaux, « il est important que les professionnels des médias puissent découvrir cette Institution pour mieux informer » a souligné Karamoko Bamba, président de l’URPCI pour indiquer l’importance dudit atelier de formation. La mission du journalisme Parlementaire est donc importante et consiste à rendre possible une communication à double sens. Permettre une communication pour faciliter la compréhension des problèmes des populations à la base par les députés et faciliter la compréhension du travail des députés par les populations (améliorer la perception du parlement par les populations).

Pour réussir cette mission d’intérêt public, les journalistes devaient avant tout connaître l’Assemblée Nationale, son origine, ses missions et son fonctionnement. La charge de présenter le Parlement est revenu à Monsieur N’dri Maruis administrateur de l’Assemblée Nationale de présenter l’Institution dirigée par l’honorable Guillaume Soro. En plus de l’historique du Parlement et de son fonctionnement, il a expliqué aux journalistes le processus donnant naissance aux lois et le cadre juridique qui les entoure. Le vocabulaire parlementaire a aussi été revisité. Question préalable, motion préjudicielle, promulgation de loi, explication de vote, session…toutes ces expressions et bien d’autres ont été situé dans leur contexte avec leurs définitions. Grâce à cette ouverture sur le Parlement, les journalistes ont reçu les outils pour éviter tout amalgame lors de leurs écrits ou reportages. Un échange qui a duré 4 heures avec des questions pour mieux découvrir le Parlement mais aussi pour orienter avec efficacité les contenus relatifs aux droits des femmes.

SUY Kahofi