Kahofi SUY

RUSSIE : L’Etat délinquant du conseil de sécurité ?

 

Vladimir Poutine le patron tout puissant de la Russie

Les membres du big five du Conseil de Sécurité de l’ONU sensés organiser et ordonner la marche du monde sont souvent divisés au moment du vote de certaines résolutions. D’un côté trois pays qui soutiennent selon eux les valeurs démocratiques (France, Grande-Bretagne et USA) et de l’autre deux qui disent de façon claire « pas d’ingérence dans les problèmes internes des Etats membres » : il s’agit de la Chine et la Russie. La Russie parlons-en ! Voici un Etat qui se veut le défenseur de la liberté des Etats membres de l’ONU mais au fond tout le monde sait que la Russie est le porte-voix des Etats voyous et des dictateurs au sein du Conseil de Sécurité. Elle ne défend que ces pays où chaque jour des chefs d’Etat tuent et agressent leur propre peuple, elle n’utilise son droit de véto que lorsque qu’il s’agit de défendre ceux qui passent des commandes de kalachnikov, de MI 24, de T40…La Russie, depuis la fin de la guerre froide et avec l’échec de la relance de son économie qu’elle voulait semblable à celle de l’URSS, prospère dans la vente d’arme. Plus il y a de dictateurs, plus elle s’enrichit alors pourquoi ne pas les soutenir quand l’occasion se présente ? La Russie si prompt à condamner l’appui militaire de la Licorne à l’ONUCI, si prompt à condamner la destruction de ses chars vendus à Gbagbo par la Licorne semble oublier qu’elle est intervenue d’une façon plus barbare en Géorgie, un de ses anciens satellites. Prétextant du pseudo-massacre d’un peuple russophone elle est intervenue pour punir la Géorgie d’avoir accepté le déploiement d’un bouclier anti-missile des USA sur son sol. Voici l’Etat qui prétend ne pas s’ingérer dans les affaires internes des pays membres de l’ONU. Que dire de son fiasco en Afghanistan ou de son soutien direct à Jonas Savimbi et plusieurs autres bandits de grand chemin qui se présentaient en libérateur de leur pays ?

Pour un Etat qui dit soutenir l’indépendance des pays membres de l’ONU elle le fait d’une drôle de manière ! Vendre des armes prohibées depuis 1945 à Laurent Gbagbo pour qu’il tue sans retenu d’autres Ivoiriens c’est ça la logique de la Russie. C’est bien malheureux que Poutine et ses anarchistes ne comprennent pas que l’époque où le crime et la guerre était un fond commerce est belle et bien révolu. La Russie gagnerait plus à contribuer à la paix en Afrique car elle s’enrichirait plus à exploiter du Pétrole, construire des routes ou lancer des entreprises sur le continent. Malheureusement c’est la Russie et cela n’est pas possible car en Russie on est nostalgique de l’époque où l’URSS exposait ses missiles et régnait sur une partie du monde. La Russie en plein 21ème siècle préfère encore jouer les marchands de mort et préfère largement les bénéfices de la destruction à ceux de la construction. Le monde a changé et la Russie doit comprendre que rien ne doit être au dessus du respect des droits de l’homme.

Suy Kahofi


Paul Yao N’dré : the lion is back !

 

ADO sera donc investi dans les jours qui viennent par Paul Yao N'dré

Il a été le personnage de la sphère politico-juridique le plus contesté de ces quatre derniers mois en Côte d’Ivoire. Le président du Conseil Constitutionnel Ivoirien est de retour à Abidjan comme l’avait annoncé le Sieur Mamadou Coulibaly patron des députés Ivoiriens. Il était bien là et avant de fouler le sol de l’hôtel du golf, les journalistes et les quelques personnes présentes s’interrogeaient sur l’atmosphère qui allait prévaloir lors des échanges entre la victime d’hier et son bourreau. L’arrivée du juriste n’a pas véritablement suscité de réactions. Même les militaires qui l’ont vu venir ont continué de chouchouté leurs armes. Puis l’homme s’engouffre dans le bureau du Président Ouattara et les spéculations se poursuivent dans la cours. Un journaliste européen tente d’avoir les avis de ses confrères ivoiriens et le premier ironise : « nous sommes à l’heure de la réconciliation, ne me demande pas pourquoi il est venu, je pense qu’il est venu faire son travail ! ». Une dame très engagée au RHDP qui passe par là ne manque de répondre : « chacun connait son rôle dans ce qui est arrivé et c’est à lui de venir réparer sa gaffe ! ».

Gaffe ou pas Paul Yao N’dré est serein et il s’est longuement entretenu avec le Président Ouattara avant de s’aventurer devant les cameras et les objectifs d’appareils photo. Dès qu’il pointe, les dictaphones se déploient : on sent un certain agacement chez l’homme mais hélas ! A l’hôtel du golf les médias ont de l’importance et on ne peut pas leur refuser certains bons morceaux du ballet des allégeances. Les déclarations de Paul Yao N’dré sont plutôt calmes, calibrées et vont dans le sens d’un appel au dialogue. « Nous sommes tous responsables de ce qui arrive à notre pays » a-t-il déclaré. Il ne manque de citer les politiciens, les militaires et même les journalistes qu’il taxe d’avoir ‘’envenimé’’ la situation. Paul Yao N’dré le pacifiste ! Le Ghana est vraiment une terre bénie de Dieu car le pèlerinage du juriste chez John Atta Miles a porté de gros fruits de paix et de réconciliation. Mais c’est mal connaitre les journalistes qui ne veulent pas manquer l’occasion d’égratigner l’homme. Avoir Paul Yao N’dré dans son viseur et manquer de lui demander quand il compte partir du Conseil Constitutionnel serait un crime de lèse-presse ! Alors un imprudent d’outre-mer lui balance la question qui fâche : « monsieur Paul Yao N’dré comptez-vous démissionner ? » La réponse ne se fait pas du tout attendre : « et vous, vous comptez certainement démissionner de votre travail ? ». Après le supplice de deux autres questions Paul Yao N’dré prend congé de la rangée de journalistes.

« Il faut que l’Etat vive » la phrase est de Paul Yao N’dré et après avoir refusé d’investir Alassane Ouattara comme l’ont souhaité les nombreux médiateurs, il doit se résoudre à le faire à présent. L’investiture qui n’était pas une priorité pour le Président Alassane Ouattara a été présentée comme capitale par le président Mamadou Coulibaly de l’Assemblée Nationale pour dit-il « respecter l’esprit des lois et être dans la légalité ». ADO sera donc investi dans les jours qui viennent à Yamoussoukro.

Suy Kahofi


FRCI/Commando Invisible : c’est déjà la guerre !

 

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Le ‘’Général’’ IB offre-t-il un appui aux miliciens qui combattent les FRCI ?

Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire tentent de restaurer un climat sécuritaire acceptable dans la capitale ivoirienne. Pour une véritable relance des activités économiques et administratives, le premier défi pour le gouvernement du Président Alassane Ouattara est l’instauration d’un climat de paix et de tranquillité. Malheureusement les forces fidèles au Président Ivoirien doivent faire face au refus de quelques miliciens et mercenaires pro-gbagbo de déposer les armes. Le théâtre des opérations de la traque aux miliciens est le quartier de Yopougon où les FRCI entre soucis d’épargner des vies et obligation de sécuriser les civils ont du mal à prendre le dessus sur des éléments qui maitrisent chaque espace du quartier. Ces éléments pro-gbagbo sont essentiellement composés de mercenaires libériens, angolais et de miliciens qui continuent de croire que le seul argument qui mérite d’être défendu en cette période de réconciliation est la violence. Pendant que les FRCI luttent contre des milices un autre problème et non des moindre survient. Dans cette bataille qui se joue aussi bien sur le plan militaire que politique (négociation), les FRCI accusent clairement les éléments du Commando Invisible d’appuyer les miliciens de Yopougon.

Les hommes du ‘’général’’ Ibrahim Coulibaly dit IB contrôlent au-delà de leur bastion d’Abobo une partie de Yopougon. Même si IB refuse de dire quelle zone il contrôle à Yopougon, les techniques de combat des hommes qui s’opposent aux FRCI sont semblables à celle du Commando Invisible : caches d’armes banalisées, maitrise du combat au corps à corps et des techniques de guérilla urbaine. Le Commando Invisible qui hier faisait allégeance au Président Alassane Ouattara lors d’une conférence de presse animée par IB lui-même s’oppose t-il à un retour à la paix ? Difficile de répondre à cette question mais une chose est sûre c’est que les combats ont reprit entre FRCI et le Commando Invisible dans plusieurs quartiers de la capitale notamment sur des positions d’Abobo. Selon des témoins les combats sont les plus violents de toute la crise ! Ces attaques ont été dénoncées très tôt ce matin par IB lui-même sans qu’il ne prenne le temps de se défende des accusations dont lui et ses hommes sont victimes. Simples accusations des FRCI ou fait fondé, dans tous les cas chacun sait en Côte d’Ivoire que les éléments du Commando Invisible et ceux des FAFN n’ont jamais filé le parfait amour. La quasi-totalité de leurs désaccords ont été toujours réglé par des coups de feu. Espérons tout simplement que l’intelligence et l’esprit citoyen qui a habité les deux camps pour leur permettre de cohabiter à Abobo lors de la prise d’Abidjan les guident vers une dissipation du malentendu qui les oppose.

Suy Kahofi


Insécurité : Dragomba se bat toujours, les Universités fermées

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Le Premier Ministre annonce d’importante mesure pour pacifier et assainir Abidjan

Dragomba refuse de déposer les armes

Depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo les ralliements sont quasi quotidiens : militaires, présidents d’institutions, ex-ministres, leaders de la galaxie patriotique, chefs de milices…chacun vient faire allégeance au Chef de l’Etat. Ces mouvements qui s’inscrivent dans le processus de sortie de crise semblent ne pas donner de leçon à un dernier gourou des milices pro-gbagbo à Abidjan. Dragomba, puisse que c’est de lui qu’il s’agit n’entend pas déposer les armes. L’homme pourchassé par les éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire a pris désormais ses quartiers dans les secteurs de Yopougon Niangon à Koweït. Yopougon qui durant les douze jours de guerre civile à Abidjan a été épargné par les affrontements vit désormais au rythme des combats : témoignage d’un habitant de Niangon. « Il y a encore des combats ce soir. Les combats à l’arme lourde et à l’arme légère : là nous sommes dans la maison et on ne pas dire quand tout ça va prendre fin. Il y a des jeunes en treillis qui combattent les FRCI ». En cette période de réconciliation et de sortie de crise, Dragomba et ses hommes continuent de semer la tristesse et la désolation. Les méthodes utilisées par le chef milicien sont connues par les habitants et Habib*, un jeune du quartier nous explique. « Ils ont des barrages filtrants : il contrôle vos pièces d’identité et quand vous avez un nom dioula ils vous abattent sur le champ ! Seules les femmes âgées peuvent sortir : la rue est un périmètre dangereux pour les jeunes. Le comble ils obligent les habitants à ne pas regarder TCI au prétexte que c’est la chaîne d’ADO ». Le jeune homme nous dira qu’un habitant du quartier qui avait des difficultés à recevoir les images correctement sur son poste téléviseur a été abattu sur sa toiture. Son seul délit « avoir tenté d’orienter sa parabole vers l’hôtel du Golf !».

Les Universités bientôt fermées

Les Universités de Cocody, d’Abobo-Adjamé ainsi que les résidences universitaires seront fermées à partir de ce 21 avril 2010. La décision est ferme puisse que, passer cette date toute personne prise sur ces différents sites sera considéré comme suspect. L’objectif pour le gouvernement est d’assainir ce milieu qui au fil des années est passé de son statut de temple du savoir à celui de temple de la délinquance ! On comprend très clairement qu’avec le Président Alassane Ouattara l’Université ne sera plus la propriété d’un groupuscule qui y fera la loi. L’Université, les Résidences Universitaires et les périmètres aux alentours seront nettoyées de leurs dernières armes et réhabilité. C’est une bonne nouvelle vu l’état de délabrement avancé des cités et des salles de cours. Les étudiants devront retourner en famille le temps que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ne finisse son opération d’assainissement. Seul fausse note dans cette opération certains étudiants qui n’ont aucun soutien familial à Abidjan seront à la rue à défaut de trouver un ami ou une connaissance chez qui passer le temps.

Les signes d’une Côte d’Ivoire nouvelle sont déjà visibles. Les irréductibles qui pensent pouvoir tenir face à la volonté d’un peuple de tourner la page de la violence prendront à coup sûr le train en marche.

Suy Kahofi


La Sorbonne n’est plus qu’un vieux souvenir

 

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La Sorbonne a été démoli par les Autorités Ivoiriennes

L’espace était l’un des agoras les plus fréquenté de la galaxie patriotique et l’un des épicentres de la contestation pro-gbagbo depuis le déclenchement de la crise de 2002. La Sorbonne, puisse que c’est de cet espace qu’il s’agit a été rasé par les autorités Ivoiriennes. En effet un décret signé par le Maire de la Commune du Plateau, centre des affaires, ordonnait la rétrocession de l’espace aux autorités municipales et la destruction des nombreuses baraques improvisées par les commerçants. Ce décret n’a jamais été appliqué par les anciennes autorités qui dit-on en coulisse apportaient leur caution morale aux ‘’gestionnaires’’ de la Sorbonne. Aujourd’hui la Sorbonne qu’on présentait comme la citadelle imprenable parce que tenu par des ‘’intouchables’’ est tombée ! C’est une grande victoire pour le Maire Noël Akossi Bendjo et son Conseil.

Les raisons qui militent en la faveur de la destruction de la Sorbonne ont été pendant longtemps exposé par la Mairie du Plateau et même par certaines populations riveraines. La Sorbonne était le lieu de tous les trafics à Abidjan. Il était le bastion des pirates de CD et DVD dont certains, pornographiques, étaient exposés en plein jour. Vente de drogue et d’armes, proxénétisme et crime organisé étaient les maîtres mot en ce lieu. « C’est un véritable problème de dépravation des mœurs ! Le collège moderne du Plateau est à quelques pas de la Sorbonne et quand les enfants à la récréation ou à midi viennent manger ici ce sont des images obscènes qu’ils emmagasinent » affirme Franklin K. « La Sorbonne à toujours été une honte pour la Côte d’Ivoire. L’immeuble des 60 logements a été transformé en hôtel de passe où la prostitution était légalisée. Imaginez-vous dans un quartier où tout le pays est concentré, où le Président vit, où le Premier Ministre vit, où les fonctionnaires réfléchissent à l’avenir du pays…On ne peut pas faire vivre et prospérer des filles de joie : spirituellement c’est quelque chose d’inconcevable » nous explique Mme Brou. Lors de la prise du Plateau par les hommes du commandant Cherif Ousmane des FRCI, de nombreuses armes lourdes et légères ont été retrouvés à la Sorbonne.

La destruction de la Sorbonne quand bien même saluée par des Ivoiriens que nous avons interrogé suscite une interrogation : celle du recasement des commerçants. A ce niveau un responsable technique de la Mairie du Plateau nous renseigne. « Le problème de la Sorbonne n’est pas nouveau et cela fait plusieurs années que nous voulons assainir cet espace. Nous avons relogé les commerçants qui ont accepté de partir dans un secteur vers la CARENA et sur plusieurs autres sites à travers le Plateau. Seuls les récalcitrants sont resté et donc ils font les frais de cette opération ».

La Sorbonne est désormais un vieux souvenir et ce que certains fonctionnaires du Plateau regrettent c’est aussi la destruction des quelques restaurants qui offraient des plats à la portée de toutes les bourses. « Nous seront obligés de nous déplacer pour manger et faire nos petites courses : c’est encore des dépenses ! Vous savez le Plateau est un quartier où le coût de la vie est très élevé. J’espère que dans le nouveau plan de la Municipalité on pourra prévoir des espaces de petits commerces bien encadrés pour soulager les travailleur du Plateau » déclare cet agent du Trésor Public. L’après Sorbonne est déjà connu: l’espace pourrait devenir le siège de l’Hôtel Communal du Plateau.

Suy Kahofi