Kahofi SUY

Premières visites officielles pour le Président Ivoirien

 

Le Président Ivoirien sort officiellement du pays ce 12 mai

En attendant son investiture prévue pour le 21 mai à Yamoussoukro la capitale politique Ivoirienne, le Président Alassane Ouattara profite des quelques jours qui le séparent de cette date pour effectuer ces premiers voyages hors de la Côte d’Ivoire. Ainsi ce 12 mai il sera à Dakar chez Maître Abdoulaye Wade pour 72 heures, puis il s’envolera pour Ouagadougou où il sera l’invité de Blaise Compaoré.

Des destinations qui ne surprennent pas vraiment

Le choix du Sénégal et du Burkina Faso pour les premières visites officielles du Chef de l’Etat n’étonne vraiment pas les Ivoiriens et les observateurs de la vie politique en Côte d’Ivoire. Dakar et Ouagadougou ont été le fer de lance du front francophone uni pour ADO au sein de la CEDEAO. Maître Abdoulaye Wade n’a ménagé aucun effort pour apporter son soutien à Alassane Ouattara et fut à un moment pour l’usage de la force pour déloger Laurent Gbagbo. Ses opposants au Sénégal l’avaient trouvé plus préoccupé par le problème Ivoirien que par les problèmes de son propre pays ! Il faut dire qu’au moment où la crise faisait rage en Côte d’Ivoire le Sénégal faisait face à des pénuries graves de carburant et de délestage intempestif. Du côté de Ouagadougou, Blaise Compaoré en sa qualité de parrain des accords dit de Ouaga est le plus souvent présenté comme ‘’un acteur’’ de la crise. Il serait pour certains le vrai père de la rébellion des FAFN puisse que son pays aurait servi de base arrière aux hommes de Guillaume Soro. Son pays fut la plate forme d’un trafic autour du café et du cacao mais également du diamant Ivoirien et d’autres matières premières. Le ‘’pyromane’’ selon les Jeunes Patriotes est devenu le pompier mais surtout un partisan de la ligne dur contre Laurent Gbagbo et un soutien à Alassane Ouattara.

Alliance stratégique de Ouaga et Dakar

Le Sénégal et le Burkina au-delà des alliances politiques tissées avec le pouvoir d’Alassane Ouattara ne pourront pas nier que leurs choix sont avant tout justifié par des intérêts économiques mais surtout humain. 700.000 sénégalais et 3 millions de Burkinabés vivent en Côte d’Ivoire. Plus le pays est stable, plus ses bras valides peuvent contribuer au développement économique de leurs pays par le rapatriement de capitaux. Pour le Burkina Faso qui dépend de la Côte d’Ivoire dans plusieurs domaines économiques, le retour au calme permettra au pays des hommes intègres de souffler. Ne dit-on pas que lorsque la Côte d’Ivoire est enrhumée c’est toute l’UEMOA qui tousse ? La fin de la crise post-électorale doit donc permettre à toute la CEDEAO de relancer son économie.

Pendant que le Président sera à Dakar, les Ivoiriens seront en train de se souvenir des victimes de la crise. En effet une ordonnance du Président de la République décrète trois jours de deuil national pour permettre au peuple de se rappeler des hommes et femmes tombés. Il s’agit pour Alassane Ouattara, selon son porte parole Anne Oulotto « d’éviter de passer sur le corps des Ivoiriens pour regagner le Palais Présidentiel ». Il veut se souvenir de ses compatriotes morts dans cette barbarie sans nom avant de parler d’investiture.

Suy Kahofi


La HACA en Côte d’Ivoire pour quelle mission ?

 

Ibrahim Sy Savané le nouveau Patron du HACA

A peine Levy Niamkey avait-il posé ses valises au CNCA après sa nomination par le Président Alassane Ouattara qu’il doit se résoudre à quitter son bureau pour une destination encore inconnue. En effet le CNCA (Conseil National de la Communication Audiovisuelle) vient d’être remplacé par une nouvelle structure du nom de Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA). Cette nouvelle structure est dirigée par un journaliste économique bien connu des Ivoiriens : Ibrahim Sy Savané, ancien ministre de la Communication du gouvernement de réconciliation nationale. Le passage du CNCA au HACA est salué par les professionnels des médias mais ces derniers se posent des questions. Quelle sera la mission du HACA ? Le point central de la réflexion à travers cette préoccupation est celui de la libéralisation de l’espace audio-visuelle.

Le développement des médias ne suit pas

La Côte d’Ivoire peut se taguer d’avoir un niveau de développement économique exceptionnel en Afrique de l’ouest francophone. Plusieurs secteurs d’activités sont florissants mais l’univers des médias traine le pas. La Côte d’Ivoire accuse un gros retard en matière de développement des médias notamment la radio et la télévision. Pendant que certains pays limitrophes à la Côte d’Ivoire sont déjà à l’ère des télévisions privés et des transmissions satellite pour les radios, la Côte d’Ivoire est encore au niveau des radios de proximité et le peuple doit se contenter des images d’une seule télévision contrôlée par l’Etat. En Côte d’Ivoire les radios privés et communautaires n’ont pas le droit de toucher à l’information : elle demeure la chasse gardée des autorités. Pour chaque ville Ivoirienne, une seule fréquence radio est autorisée. Le Mali compte un peu plus de 1000 chaînes de radio communautaires et rurales : sa bande FM est saturée par endroit. Le constat est le même au Ghana où l’on parle désormais de consortium de communication : le même groupe possède un journal, une radio et une télévision. Au Burkina Faso les relais sont autorisés au-delà 100 km à vole d’oiseau : en Côte d’Ivoire 60 km au plus ! Pour la télévision le Sénégal a réussit son passage : 2STV vient être un contre poids pour l’information diffusée sur RTS. Les télévisions privées foisonnent aussi au Ghana : Metro TV, Sky TV, TV 3, G TV et la liste avoisinent la dizaine de stations ! Dans tous ces pays cités, le traitement de l’information est libre pour chaque média. Tous ces exemples pour vous dire que la tâche du HACA sera de permettre dans l’immédiat une réelle libéralisation de l’espace audio-visuelle. La relance après crise doit tenir aussi compte des médias.

La libéralisation s’impose

Aujourd’hui certains Ivoiriens se demandent comment des télévisions privées pourront-elles être financées ? La même question s’est posée lors de la création des radios de proximité et des chaînes commerciales. Aujourd’hui ces radios qu’on avait annoncés mort nées tiennent ! Elles sont même plus écoutées que les chaînes gouvernementales. Des passionnés de média, des hommes d’affaires férus de communication et des capitaux existent dans ce pays pour lancer des chaînes privées. La peur du gouvernement c’est que comme les radios, les télévisions privées ne mettent la RTI sous l’éteignoir. La libéralisation s’impose pourtant car elle sera avant tout pourvoyeuse d’emplois. Un nombre important de jeunes journalistes et animateurs télévisions et radios sont formés chaque année. La RTI ne pourra pas absorber tous ces jeunes : que deviennent-ils avec leurs diplômes en mains ? Plusieurs chaînes de télévisions et de radios, c’est quelque part la garantie de trouver un point de chute après sa formation. La libéralisation consacre aussi le véritable esprit de la liberté d’expression et de la liberté pour le citoyen de s’informer par la source qu’il aura lui-même choisi.

Les nouvelles autorités ivoiriennes comprennent elles-mêmes combien de fois il est important pour le citoyen de pouvoir s’exprimer librement. Privés des antennes de la RTI, elles ont été obligées de créer TCI. S’il y avait plusieurs chaînes de télévision en Côte d’Ivoire, il est clair que le message de la haine à un moment donné n’aurait pas eu un écho favorable auprès du peuple. Tâchons d’y réfléchir !

Suy Kahofi


Procédure judiciaire ou procédure d’humiliation ?

 

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Si Laurent Gbagbo doit être jugé, ses droits doivent être respectés

Sous le règne du Docteur Alassane Ouattara la loi sera strictement appliquée à tout contrevenant quelque soit la couche sociale ou professionnelle à laquelle il appartient. La justice sera indépendante et le nouveau Président Ivoirien ne cesse de le répéter à chaque discours. Pour donner un sens à ses convictions, il entend laisser la justice régler en toute liberté les crimes liés à la crise post-électorale.

Premier ‘’prévenu’’ : Laurent Gbagbo ! Prévenu entre griffe car officiellement l’ex-chef d’Etat n’a pas encore ce statut. Il est donc dans une prison dorée sous protection de l’ONUCI et des FRCI, mis aux arrêts ou en résidence surveillée sur ordre du Chef de l’Etat. Premier couac ! Dans un pays où la séparation des pouvoirs existe, ce n’est pas au Président d’assigner quelqu’un en résidence surveillée mais au garde des sceaux. Quelque soit la loi (notamment celle de 1964) utilisée pour le cas Gbagbo, le Président de la République n’a aucun pouvoir pour assigner un Ivoirien en résidence surveillée. Deuxième couac ! Le 6 mai, pendant qu’Alassane Ouattara prête serment, Laurent Gbagbo est interrogé sans l’assistance de ses avocats. La loi Ivoirienne stipule que dans le cadre d’un simple interrogatoire le prévenu peut se passer d’un avocat mais la présence d’un avocat s’impose si le prévenu en fait la demande. Où étaient les avocats de Laurent Gbagbo ? Ils ont été priés de quitter le pays pour ‘’visa non conforme’’. Troisième couac les déclarations du Ministre Hamed Bakayoko, le feu follet du régime RHDP (au four et au moulin). Celui qui hier critiquait le zèle de Ouattara Gnozié semble l’avoir remplacé ! « Il y a de nombreux avocats en Côte d’Ivoire, s’il veut prendre un avocat à Paris que cet avocat respect les règles de l’Etat de Côte d’Ivoire » affirmait le Ministre au micro de RFI. Laurent Gbagbo est soumis aux lois Ivoiriennes et il est libre de choisir l’avocat qu’il veut. D’accord que les avocats de Laurent Gbagbo n’ont pas leur visas en règle mais si les avocats ne sont pas présents, il est du devoir du garde des sceaux de reporter son audition. Voici une manière très originale d’appliquer le droit et de garantir la liberté de la justice. Un procès qui commence déjà dans ce genre de condition risque de n’avoir aucune valeur. Laurent Gbagbo n’a pas peur de se retrouver face aux juges ni d’aller en prison (son passé l’atteste), c’est plutôt Alassane Ouattara qui joue toute sa crédibilité dans ce processus judiciaire. Si Laurent Gbagbo doit être jugé, ses droits doivent être respectés car ces nombreux reports, ces mic mac juridiques, ces interprétations intempestives des textes de lois sont de nature à ridiculiser l’ancien Chef d’Etat. Laurent Gbagbo a été défait point besoin de le présenter comme le guignol politique d’Afrique.

Le Président Alassane Ouattara aura le temps de montrer qu’il tient à la justice. Aujourd’hui elle s’applique à la lettre à Laurent Gbagbo, demain lorsqu’elle s’appliquera à quelqu’un de son clan politique ou militaire, le peuple espère la même rigueur. Quand demain un commandant de zone des FRCI sera épinglé pour crime de guerre et crime contre l’humanité, nous espérons de tout cœur que le garde des sceaux affichera son plus joli sourire pour signer son ordre d’extradition vers La Haye.

Suy Kahofi


Si c’est ça l’ère Ouattara, les choses commencent mal !

 

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Ce n’est pas lui mais son entourage qui pose déjà problème

Je n’ai jamais été autant étonné de voir la Présidence Ivoirienne ! Pas étonné de voir le monde qui s’y trouvait à la prestation de serment du Président Alassane Ouattara mais étonné de la manière dont cette institution est malmenée aujourd’hui. Je dis bien malmenée ! Le symbole du pouvoir d’Etat Ivoirien s’est transformé le temps d’une cérémonie en village où la langue officielle est passée du français au dioula ! Le nom inscrit sur la carte d’identité était un sésame et deux mots bambaras bien placés valaient mieux qu’une accréditation en règle. Les copinages de partis politiques et de familles alliées par ici pendant que les invités poireautent au portail devant des nouveaux protocoles galvaudés d’un zèle hors norme. « Voici les nouveaux hommes forts du pays, impolitesse va les tuer » lance discrètement une femme exacerbée par le comportement quasi injurieux d’un excité d’à peine quarante ans face à des symboles de la monarchie coutumière de notre pays. Même les religieux n’ont pas eu droit à un traitement de faveur, eux dont l’accoutrement était un laissez-passer !

Je n’en veux pas à ces nouveaux arrivés, leur vrai problème c’est leur niveau intellectuel ! A les entendre parler français et ‘’pondre’’ un vocabulaire à vous donner des céphalées, on comprend bien pourquoi ils ne parlent que leur patois même devant des diplomates. Et dans ce tohubohu quand les hommes en arme s’en mêlent c’est le comble ! Les pistoléros du frère Soro font parler plus aisément leurs armes que leurs méninges : j’en ai croisé certains qui savent à peine lire les inscriptions sur une carte de presse ! Quand ils ne jouent pas au muet, ils vous disent « allez voir le chef » et le chef vous dira aussi « allez voir le chef ». Si sur cette ligne vous ne croisez pas un Policier ou un Gendarme (eux lettrés et bien formés) qui a repris le service vous allez certainement cogner le prochain mur ! Imaginez-vous si la Présidence offre un spectacle aussi triste, à quoi ressemblent aujourd’hui nos rues, nos quartiers et notre administration. Si c’est ça l’ère Ouattara, les choses commencent mal et un nettoyage s’impose. Il y a tellement de personnes valables et instruites dans ce pays qu’il faut bien à l’avenir éviter de présenter une telle image de notre belle Côte d’Ivoire. Le pays à perdu beaucoup dans cette crise mais pas tous ces cerveaux ! Le clanisme, le tribalisme, le favoritisme ethnique sont des épines déjà visibles du mandat d’Alassane Ouattara. S’il veut que le peuple de Côte d’Ivoire lui fasse confiance, il va falloir très vite changer de méthode. C’est bien ces plaies qui ont occasionnées la chute des régimes qui l’ont précédé qu’il ne l’oublie pas.

Suy Kahofi


Paul Yao N’dré reconnaît enfin la victoire d’Alassane Ouattara

 

Le Conseil Constitutionnel Ivoirien reconnaît la victoire d'Alassane Ouattara

Coup de théâtre, retour à la normal, enfin la bonne lecture des choses….les commentaires et les analyses sont nombreux depuis la reconnaissance de la victoire d’Alassane Ouattara par le Conseil Constitutionnel toujours présidé par le sieur Paul Yao N’dré. Le Conseil Constitutionnel proclame M. Alassane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire et celui-ci doit prêter serment ce vendredi 6 mai au Palais Présidentiel Abidjan Plateau à 16 heures. Le 3 décembre 2010, Paul Yao N’Dré, proche de Laurent Gbagbo, avait ouvert la plus grave crise de l’histoire de la Côte d’Ivoire en proclamant M. Gbagbo réélu avec 51,45% des suffrages au scrutin du 28 novembre. Le Conseil venait alors d’invalider les résultats de la Commission Electorale, certifiés par l’ONUCI, donnant M. Ouattara vainqueur avec 54,1% des votes. Voici un extrait de la longue tirade du ‘’considérant que’’.

Paul yao ndre reconnait ado son by kingsuy
On ne le dira jamais assez les grandes puissances du monde ont toujours faits de la liberté de la justice une véritable priorité. Loin de revenir sur le débat de la marge de manœuvre de Paul Yao N’dré au moment où il annonçait la victoire de Laurent Gbagbo, les Ivoiriens se posent des questions sur l’indépendance de la justice en Côte d’Ivoire. Si cette justice était vraiment indépendante, jamais la Côte d’Ivoire n’aurait connu quatre mois de difficultés. Cette responsabilité n’incombe pas seulement à Paul Yao N’dré mais à tous les Présidents qui se sont succédés à la tête de la Côte d’Ivoire. Le jour où les magistrats pourront choisir eux-mêmes les premiers responsables des organes et institutions judiciaires de ce pays, la justice sera libre ! Encore faut-il que les magistrats eux-mêmes montrent qu’ils sont dignes de confiance dans un pays où c’est le plus riche qui a toujours eu raison au tribunal.

Suy Kahofi