Kahofi SUY

Les ‘’France au revoir’’ reines des routes Ivoiriennes

 

Le parc auto abidjanais compte un nombre important de ‘’France au revoir’’

Elles sont trop vieilles pour servir encore en Europe, on dit d’elles qu’elles ne respectent aucune règle en terme de protection de l’environnement ou même de sécurité. Elles, se sont les voitures d’occasion que les Ivoiriens ont vite fait de surnommer ‘’France au revoir’’.

Les origines d’une appellation bien contrôlée

Si aujourd’hui les ‘’France au revoir’’ sont des vieux véhicules importés d’Europe, à l’origine ils ne venaient pas vraiment d’ailleurs ! Ces véhicules d’occasion étaient bien la propriété de coopérants ou de fonctionnaires français qui quittaient la Côte d’Ivoire après de bons et loyaux services. Ne pouvant trimbaler des vieilleries trop encombrantes lors du retour vers Paris, ils les cédaient soit à des amis ou des acheteurs pour trois fois rien. Les coopérants et autres fonctionnaires internationaux, désirant brader leurs véhicules à immatriculation temporaire se faisant rares, l’origine des véhicules a changé. Désormais il faut aller les chercher en Europe et ce nouveau commerce a jeté les bases de grandes filières entre le nord et le sud.

L’organisation de la filière

En amont il y a les pisteurs en Europe qui ont la lourde charge de faire le tour des concessionnaires et des particuliers pour racheter les véhicules. Une fois le ‘’parc’’ plein, il faut trouver un bateau pour acheminer le tout vers Abidjan, Lomé ou Cotonou. C’est dans ces différentes capitales africaines que les véhicules sont débarqués et modifiés. Demba Ousmane est mécanicien et un habitué de la ligne Lomé – Abidjan en qualité de chauffeur, il nous donne des renseignements sur le ‘’bloc opératoire’’ par lequel transite les véhicules. « Il y a tout type de véhicules qui arrivent d’Europe et le rôle des mécaniciens c’est de vérifier si les véhicules peuvent au moins démarrer, bouger, servir vraiment…Après cette étape nous passons à la personnalisation des commandes ». L’homme nous dira que les mécaniciens transforment des véhicules essences à l’origine en véhicules diésels ! « Dans les ports de Lomé et d’Abidjan il y a un nombre important de moteur de marques différentes. Nous installons ces moteurs en réalisant des modifications pour qu’un moteur ou des pièces de rechange de chez Toyota puissent servir sur une Nissan etc. » affirme le mécano. Une fois toutes ces modifications faites l’acheteur peut venir chercher son véhicule. « Certains par contre achète le véhicule et le font retaper chez leur propre mécanicien » conclu Demba.

Un business qui rapporte pour une filière qui bouge

Les vendeurs de véhicules d’occasion ne se plaignent pas et gagnent plutôt bien leur vie ! Les véhicules sont liquidés en fonction de l’âge et de la marque : les prix oscillent entre 1.000.000 et 8.000.000 ! Les ‘’France au revoir’’ sont des reines des routes Ivoiriennes et rendent service dans tous les secteurs. Transport inter-urbain, véhicules de particuliers, transport de marchandises…aucun secteur n’échappe au ‘’dictat’’ des ‘’France au revoir’’. La filière bouge et les chiffres du SACO (Service d’Attribution des Codes Occasionnels) l’attestent. Entre 2004 et 2009, 115.817 véhicules importés ont été immatriculés par les services du Guichet Unique Automobile (GUA). 20.625 en véhicules en 2004, 14.153 en 2005, 13.985 en 2006, 19.304 en 2007, 23.733 en 2008 et 23.845 en 2009. En 2010 après six mois d’activité, le SACO a révélé qu’environ 15.000 dossiers ont été traités. Petit à petit le secteur de la vente des véhicules d’occasion qui était pratiquement dans l’informel, se structure. La Côte d’Ivoire peut être fière d’avoir un Syndicat des Revendeurs de Véhicules d’Occasion de Côte d’Ivoire en abrégé le SYNARVOCI !

Suy Kahofi


Une Ivoirienne à Soweto

 

Docteur Kane et l’Ambassadeur Phillip Carter III

L’Ivoirienne Docteur Aminata Kane-Koné participera au Forum des Jeunes Leaders Africaines à Johannesburg en Afrique du Sud. Parmi les participantes au Forum figureront des jeunes femmes de toute l’Afrique subsaharienne qui dirigent des initiatives sociales et économiques dans leurs pays respectifs ou qui y prennent part. Cet événement aura lieu à l’église Regina Mundi de Soweto, où la Première Dame Michelle Obama prononcera le principal discours du Forum, parrainé par les Etats-Unis. Après le discours de Mme Obama, les jeunes leaders africaines seront reparties en trois petits groupes au sein desquels elles échangeront des idées et tisseront des liens. Mme Obama se rendra à deux de ces sessions.  Docteur Kane-Koné fut l’un des trois délégués ivoiriens au Forum Présidentiel des jeunes leaders africains qui s’est tenu à Washington, DC en 2010. Chirurgien-dentiste de profession, elle est par ailleurs journaliste et animateur à la Radio Nationale Islamique “Al Bayane”.  Elle a contribué à l’adoption d’un code de conduite avec des leaders et des enseignants pour lutter contre l’abus des jeunes filles dans le système éducatif. Son bénévolat met l’accent sur l’amélioration de la vie des femmes musulmanes et la promotion des droits des femmes.


Pluies diluviennes : Jeudi de toutes les inquiétudes à Abidjan

 

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La pluie menace de plus en plus les Ivoiriens

Abidjan a dormi avec la pluie et s’est réveillée les pieds dans l’eau pourrait-on dire. Il a plu sur toute l’étendue du territoire de la capitale politique Ivoirienne avec une montée des eaux qui a crée une véritable panique au sein de la population. Un jeudi sous la pluie et certaines familles ont cru vivre les scènes de détresse et de chaos des années 2009 et 2010 où les pluies diluviennes ont fait plusieurs victimes. Cocody, Adjamé, Yopougon…chaque quartier a eu au moins un secteur complètement ‘’avalé’’ par l’eau. « J’ai eu trop peur quand j’ai vu l’eau couler dans la zone du caniveau : on dirait une vraie rivière en pleine ville ! Le caniveau était inondé si bien que je me disais que quelqu’un qui ne connaissait pas le quartier pouvait se retrouver dans le trou ! » affirme Vassiriki habitant de Williamsville. La pluie tombait avec un certain calme, sans grand vent ni grêle si bien que ceux qui ont pris le risque de sortir de la maison ont été témoin voir victime de la montée des eaux. Ali Coulibaly est chauffeur de taxi et il se souviendra longtemps de son véhicule enfoncé dans les eaux aux environs de la base des sapeurs pompiers militaires d’Adjamé. « Je suis resté dans l’eau et lors de mes manœuvres pour me dégager le moteur s’est éteint ! Je suis sorti grâce à des jeunes gens qui m’ont aidé à pousser le véhicule ».

Par endroit des familles ont reçu la visite indésirable de l’eau : duplexes et villas basses inondées par endroit ont poussé les familles à solliciter l’aide des plongeurs et sauveteurs du GSPM. Aucun mort n’est à déplorer mais pour les Ivoiriens cette journée du jeudi sous la pluie a démontré que la ville n’est pas à l’abri d’une montée des eaux meurtrières. La raison principale de cette montée rapide des eaux de ruissellement est liée à la réalité des caniveaux obstrués dans toute la capitale. Les élections et la crise faisant rage tour à tour, le plan ORSEC 2010 n’a pas atteint son point d’achèvement. Résultat, les mêmes problèmes de 2009 et 2010 risquent de resurgir si la pluie garde ce rythme. Même si l’Office Nationale de la Protection Civile n’a pas encore placé les pluies de cette année dans la catégorie risque majeur, elle multiplie les appels à l’endroit des populations pour que celles-ci puissent respecter les règles de sécurité pour éviter tous drames. Les consignes sont claires : en cas d’inondation débrancher tous les appareils, gagner les étages supérieurs de la maison ou les compartiments épargnés, appeler les secours si les eaux se montrent plus menaçantes…Espérons qu’avec l’implication du Premier Ministre dans le suivi de cette saison des pluies, le plan ORSEC 2011 sera appliquer dans son intégralité. D’ici là, les Abidjanais eux ont le regard tourné vers le ciel et espèrent que les écluses ou plutôt les vannes célestes ne seront pas totalement ouvertes au risque d’endeuiller de nouveau des familles.

Suy Kahofi


Monsieur Hamed Bakayoko très peu convainquant sur TCI

 

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Le Ministre de l’intérieur n’a pas trouvé les mots pour convaincre

Pour une question aussi sensible que la sécurité des personnes et des biens, le Ministre de l’Intérieur Ivoirien a véritablement déçu ! Durant son intervention sur TCI ce mardi soir, Hamed Bakayoko, là où les Ivoiriens attendaient des réponses claires s’est confondu dans des explications très peu convaincantes et surtout a sorti des phrases à l’antenne qui frôle un règlement de compte avec l’ancien pouvoir. Le thème de l’émission n’était pas le visage des FDS sous Laurent Gbagbo mais plutôt la sécurité des personnes et des biens sous Alassane Ouattara. Le Ministre Hamed Bakayoko a développé tout sauf ce thème ! A part une vaine tentative de protéger les FRCI et de les blanchir en deux heures, le Ministre Ivoirien n’a pas pu dire pourquoi les FRCI jusqu’à ce jour ne quittent pas les commissariats ? Pourquoi ils ne sont pas payés ? Pourquoi les mécaniciens et les cordonniers qui ont pris les armes hier les gardent aujourd’hui ? Toutes ces questions n’ont trouvé aucune réponse sinon une seule réponse standard : « …dans les jours qui viennent » ceci ou cela sera fait. Le vrai problème de la Côte d’Ivoire au plan sécuritaire à un seul nom : LES FRCI. Tous les téléspectateurs et tous les Ivoiriens qui ont appelé au cours de l’émission ont évoqué le même problème : une véritable zizanie règne au plan sécuritaire et visiblement personne n’a la réponse au problème. Comment parler de sécurité et de forces républicaines quand des ex-bagnards, évadés de la MACA au bon soin des ex-FAFN font parti de l’effectif des FRCI ? Sur les 6000 passionnaires de la prison, le Ministre n’a pas pu dire si oui ou non les FRCI en ont recruté certains. Difficile de convaincre quand on se justifie en prenant chaque fois le soin de souligner « qu’avant la situation était pire ».

La Côte d’Ivoire n’avait pas besoin d’une profession de foi anti-racket du pieux Hamed : les Ivoiriens avaient envie d’avoir des réponses. Ils veulent tout simplement savoir :

1 – Quand les FRCI arrêteront de parader en ville pour regagner leurs casernes ?

2 – A qui s’adresser quand on a un problème ?

3 – Comment le gouvernement d’ADO va résoudre le problème des agressions et autres vols commis par les FRCI ?

4 – Quel sera le sort des anciens FDS ?

Pour toute ces questions le peuple a eu droit aux propos d’un Ministre qui à chaque crochet donnait dans le culte de la personne en se présentant comme celui qui viendra changer le milieu de la sécurité à coup de baguette magique. Echange très peut enrichissant entre le Ministre de l’intérieur et les journalistes là où les Ivoiriens attendaient des réponses claires à leurs préoccupations.

Suy Kahofi


Les bleus sur le front de l’info !

 

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Une presse d’opposition pour une Nation forte !

Enfin pourrait-on dire, les journaux bleus sont de retour dans les bacs pour le plus grand bonheur des lecteurs proches de l’opposition Ivoirienne. Ainsi les quotidiens Le Temps, Le Nouveau Courrier et Notre Voie peuvent être consultés par les Ivoiriens. Ce retour des journaux bleus marque, on pourrait le dire, un retour de l’équilibre dans le traitement de l’information. Désormais il n’y aura pas seulement une actualité vue par les quotidiens pro-ouattara en Côte d’Ivoire et les équipes rédactionnelles des titres pro-gbagbo le montrent déjà. Qui mieux qu’un journal pro-gbagbo pour mettre à nu les tares naissantes ou congénitales des FRCI ? Qui mieux qu’un journal pro-gbagbo pour mettre à nu les mic-macs de la France-Afrique qui se déroulent sous nos yeux ? Qui mieux qu’un journal pro-gbagbo pour démontrer que l’opposition Ivoirienne ne dort pas et qu’elle se mobilise pour les batailles futures ?

En tout cas, les milieux intellectuels Ivoiriens saluent ce vent de la liberté de la presse qui souffle de nouveau sur la Côte d’Ivoire et espèrent que la sécurité des journalistes et des équipes administratives sera assurée par les nouvelles autorités. Parcourant également la une de ces quotidiens, l’on remarque qu’ils ne se désolidarisent pas de l’esprit de réconciliation prôné par tous les Ivoiriens. Cette position de soutien au peuple de Côte d’Ivoire ne les éloigne pas de leur ligne éditoriale et surtout de leurs convictions. Ils montent déjà au créneau pour fustiger les premiers dérapages de l’ère Ouattara. Ces prises de position, même si elles ne plaisent pas à certains barrons du RHDP qui voient cette presse bleues trop libre de dire ce qu’elle veut, doivent comprendre que la critique est faite pour arranger le Président Ouattara. Avec une presse à sens unique qui caresse le Président dans le sens du poil on ne peut pas bâtir un Etat fort, un Etat de droit, une Nation digne. Il faut bien sur le front de l’information des points de vue différents pour que les autorités puissent faire et bien faire ce pour quoi le peuple les a choisis. Espérons de tout cœur qu’à l’opposé de l’ancien chef d’Etat qui avait souligné lors d’une interview ne lire que deux titres de l’opposition, Alassane Ouattara prendra le soin de lire à la loupe chaque ligne des journaux bleus. Il a vraiment intérêt car c’est seulement sous la plume de l’opposant qu’on voit mieux les failles de son système. A vos journaux bleus et surtout bonne lecture à tous !

Suy Kahofi