Kahofi SUY

Un 14 juillet Franco-Ivoirien comme au bon vieux temps !

 

Houphouet Boigny et De Gaulle, deux symboles de l'amitié franco-ivoirienne

De l’amitié De Gaulle – Houphouët à celle entre Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy le temps a passé et l’amitié Franco-Ivoirienne a connue des fortunes diverses. Après 10 ans de froid polaire entre Paris et Abidjan, les relations entre les deux pays se normalisent. Si depuis le coup d’Etat du général Robert Guéï aucun Président français n’a osé mettre les pieds à Abidjan, aujourd’hui il est juste de dire que cette période d’oublie de la Côte d’Ivoire est révolue. La présence du Président français à la cérémonie d’investiture du Chef de l’Etat Ivoirien était un signe que les deux pays tournaient la page du passé pour envisager un avenir commun basé « sur le respect mutuel ». Comme au bon vieux temps (je veux dire à l’époque où Houphouët Boigny était encore Président), le 14 juillet, jour de la fête nationale de la France devient la date de célébration d’une vieille amitié entre les peuples français et ivoiriens. En cette journée le Premier Ministre François Fillon sera l’invité de la Côte d’Ivoire. Une visite impensable un 14 juillet sous le régime de la refondation !

Le programme du Premier Ministre François Fillon donne la priorité à des échanges avec les ressortissants français vivant en Côte d’Ivoire mais également et surtout des échanges de haut niveau avec son homologue Ivoirien Guillaume Soro et le Président Ouattara. Au-delà donc des festivités et du traditionnel dîner au domicile de l’ambassadeur, c’est un 14 juillet qui sera mis à profit pour parler de développement et de reconstruction de la Côte d’Ivoire. La France après son ingérence humanitaire sous la houlette de l’Organisation des Nations Unies se fait le défenseur de la Côte d’Ivoire aussi bien au niveau de l’Union Européenne que de tous les potentiels partenaires du G8. Que cache donc ce retour en force de la France en Côte d’Ivoire ? La France veut-elle réaliser une ‘’OPA’’ sur l’économie et la diplomatie Ivoirienne comme certains le pensent ? Une chose est pourtant évidente Paris ne veut plus jouer les seconds rôles en Côte d’Ivoire et elle entend revenir sur le devant de la scène dans son ex-colonie. Elle doit se dépêcher cette France si elle veut séduire de nouveau les Ivoiriens car si certains saluent encore son intervention pour libérer la Côte d’Ivoire, ces mêmes sont convaincus que le libéralisme économique et l’indépendance totale de la Côte d’Ivoire ne sont plus à négocier ! Revenir OUI mais avec un esprit nouveau semble soutenir chaque Ivoirien. Bonne fête nationale à tous les Français et que le 14 juillet marque définitivement l’excellence retrouvée sur l’axe Paris-Abidjan.

Suy Kahofi


Mamadou Coulibaly claque la porte du FPI

 

Le Président de l’Assemblée Nationale quitte le FPI

On s’attendait véritablement à une restructuration du FPI pour une opposition forte mais pas à une saignée si prompt du LMP. La nouvelle circulait déjà dans les milieux bien informés de la politique et c’est désormais effectif, le Président Mamadou Coulibaly vient de claquer la porte au FPI et tout le pays commente cette actualité. Les velléités d’indépendance de l’ex-numéro 3 du FPI et ami de Laurent Gbagbo se sont concrétisées à un moment où on le voyait offrir son épaule à un camarade emprisonné et sa sagesse à un parti fragilisé. Hélas ! Mamadou n’a que faire des esprits faibles à un tournant aussi décisif de l’histoire de la Côte d’Ivoire. A défaut d’être écouté par l’aile dure du Parti il décide de créer LIDER (Liberté et Démocratie pour la République) pour la reconstruction et la réconciliation du pays. Pourquoi part-il à un moment aussi crucial et trois mois jour pour jour après la chute du régime de la refondation ?

Mamadou Coulibaly que certains qualifient déjà de traite ou de suppo d’Alassane Ouattara pour déstabiliser l’opposition quitte le FPI car le déficit de communication était à son paroxysme. Il avait demandé à ces camarades d’organiser une AG pour rendre compte des 10 ans de gestion calamiteuse du FPI aux militants à la base. En guise de réponse, les accros à la drogue baptisée Laurent Gbagbo on tout simplement souligné que ‘’le moment était mal choisi’’. Alors, parce que le woody est en prison la vie du parti s’arrête ? « N’avons-nous pas un devoir d’inventaire vis à vis de nos militants, tirer les leçons et puis continuer notre histoire en construisant un grand parti d’opposition » s’était demandé Mamadou Coulibaly à plusieurs reprises. Oui le FPI ne prêchait pas dans le désert mais à des Ivoiriens et c’est à eux qu’il doit rendre compte. Mamadou est un poids lourd de l’opposition, alors avec son départ une question se pose : qui di FPI l’accompagne ? Personne n’a la réponse mais le Professeur lui-même donne déjà un indice. « Ceux qui veulent pleurnicher et attendre le retour de Gbagbo pourront toujours rester là-bas et attendre » affirme l’ancien membre du FPI.

Au FPI c’est un semblant de tristesse qui habite les uns et les autres. Miaka Oureto se dit déçu du départ de Mamadou Coulibaly mais invite ses partisans à ne pas céder au découragement. « Notre satisfaction c’est qu’il se retrouve dans l’opposition et que nous allons certainement nous retrouver » déclare le secrétaire général du FPI. Au RHDP on salue le départ de Mamadou Coulibaly que l’on voyait comme le seul esprit éclairé dans ce fourre-tout politique et ce club de fanatique à la personne de Laurent Gbagbo qu’est le FPI. D’ailleurs le porte parole du Président Bédié ne cache sa satisfaction et juge même que Mamadou « a mis du temps avant de partir ». Un traitre, un opportuniste, un parasite, un nordiste qui retournent vers ses frères… ? Les noms ne manquent pas pour désigner celui qui dans les moments d’adversité a décidé de tourner le dos à la maison mère. Une chose est sûre, c’est que si Mamadou Coulibaly, homme de conviction reste fidèle à son esprit libéral et ses convictions, il réussira dans son aventure. Il était juste pour certains qu’il parte car le FPI fait office d’épouvantail Ce premier départ annonce ce que tout le monde redoute, l’implosion du FPI. Que restera-t-il d’un parti qui porte la charge du massacre de 3000 ivoiriens ? La question trouvera une réponse dans les mois avenirs.

Suy Kahofi


Les classes sociales ça existe aussi chez les chiens !

A chacun sa vie: les uns dans la rue, les autres à la maison

Beaucoup de familles en Côte d’Ivoire possèdent un animal de compagnie. Chat, singe, mangouste et surtout l’indétrônable, l’irremplaçable et l’indéracinable chien qui en fonction de son milieu connait des fortunes diverses…

Si les chiens d’Abidjan devaient conter leur vie à la Toy Story ou plutôt à la Dog Story, il est claire qu’ils auraient beaucoup de chose à dire ! Une vie de chien sur les bords de la lagune Ebrié n’est pas facile si l’on s’en tient au cliché du chien maigre et galeux qui manque de se faire écraser par une voiture. Pourtant selon que le chien appartient à un propriétaire attentionné, l’animal peut vivre une existence heureuse. Un chien comme disait Mr Bio Deh vétérinaire « est d’une certaine manière le reflet de son maître où de la famille où il vit ». Ainsi dans l’univers des chiens abidjanais trois classes sont visibles : les SDF, la classe moyenne et le club des VID pour Very Important Dog !

Une vie de débrouillard chez les SDF

Le clan surpeuplé des chiens SDF est composé en grande partie de chien abandonnés ou rejetés. Ils vivent dans la rue, s’y reproduisent et meurt un matin sur le bitume aplatis par un automobiliste un peu distrait. Le look du chien SDF est connu : maigre et sale, la peau visible car les poiles ont pris congé du cabot, sans éducation il aboie pour un oui ou un non, bagarreur à souhait il se nourrit dans les poubelles. Il est couvert de plaies car il doit jouer de la gueule pour marquer son territoire. Ses ennemis sont les membres de la brigade de répression du service vétérinaire et certains vendeurs de viande grillée. Les premiers ont pour mission de les abattre pour libérer les rues et les seconds les traquent pour leur chaire ! Eh oui, à Abidjan certains vendeurs de viande grillée proposent de la viande de chien aux clients. Dans le milieu on désigne le menu sous le nom ‘’commande spéciale’’ ou ‘’boîte à pharmacie’’.

La classe moyenne

« Mes enfants aiment les chiens, c’est pourquoi il y en a toujours un à la maison. Toute la famille prend soin de lui ou d’elle puisse que c’est une femelle. Elle a tous ses vaccins à jours et elle mange à sa faim ». Ces propos sont ceux de Mr Jérôme Kra comptable qui pouponne  avec attention sa chienne. Comme lui, certains Ivoiriens ayant un revenu raisonnable entretiennent leurs animaux de compagnie.  Ils veillent à la santé de l’animal pour des questions de sécurité aussi bien pour les membres de la famille que pour les passants. Les chiens de la classe moyenne ont une identité : nom, carte et carnet vétérinaire. Ils vagabondent rarement et sont enchaînés à la demande du maître. Seul la mort sépare Rex, Mimi et les autres Médor et Touki de la famille. Il est hors de question de l’abandonner !

Le club des VID : ne devient pas membre qui veut !

Les chiens de luxe appartiennent à la bourgeoisie Ivoirienne. Ici on s’exprime en termes de race et l’entretien du chien est une question de budget. 200.000 f CFA par mois en viande fraîche pour trois repas par jour pour un Berger Allemand, chien de garde d’un homme d’affaire. 150.00 f CFA en soin médicaux pour trois caniches propriété d’une ancienne fonctionnaire d’une grosse banque ouest africaine. Tout est réglementé chez les chien de luxe : de la nourriture aux accessoires de bain en passant par le choix du partenaire pour l’accouplement. Ici les chiens sont gâtés : heure de ballade, conserves, bâtonnets à mâcher… Tout est fait pour que le chien puisse se sentir roi ! Certains s’offusquent de ce luxe superflu pour cabot. « Je trouve ça inhumain que des personnes engloutissent autant d’argent dans l’entretien d’un chien pendant que des hommes meurent de faim juste à côté d’eux » fait remarquer Abel Tanoh électronicien. « En Côte d’Ivoire on a coutume de dire que chacun accroche son habit là où sa main arrive ! Chacun prend soin de son animal de compagnie en fonction de ses revenus rien d’autre. Ce que vous voyez comme une forte somme n’est peut être rien aux yeux de ces personnes nanties » soutien Paul Karidioula vendeur de chiot.

Belle polémique sur les conditions de vie des chiens qui n’émeut en rien les autorités Ivoiriennes puisse qu’elles sont préoccupées par un autre problème. Chien dans l’opulence ou pas la préoccupation des autorités en charge de la production animale est de savoir si les chiens sont vaccinés et s’ils ne vagabondent pas. Bien que les chien soit d’univers différent la logique du nul n’est au dessus de la loi semble s’applique à tous !

Suy Kahofi


Les Policiers de la paix de l’ONU-CI décorés à Abidjan

 

La Police de l'ONUCI accompagne la Côte d'Ivoire sur la route de la Paix

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Young Ji Choi, a procédé le vendredi 8 juillet 2011 à Abidjan, à la remise de la médaille des Nations Unies, à 96 officiers de la composante police de l’ONUCI issus de 15 pays et totalisant au moins six mois de présence au sein de la mission. M Choi a, au cours de la cérémonie, exprimé la gratitude de l’ONU aux récipiendaires pour le dévouement et le sacrifice consentis lors de la crise post-électorale en particulier. « Vous vous êtes exposés aux risques lors de la grave crise qu’a connue la Côte d’ivoire et vous avez relevé le défi pour assurer la bonne exécution de la mission qui vous a été assignée » a-t-il dit avant de les exhorter à redoubler d’efforts pour aider la mission à « relever les nouveaux défis qui l’attendent dans l’accompagnement de la Côte d’Ivoire dans le processus de réconciliation, de reconstruction et de démocratie ».

Auparavant le Chef de la composante police de l’ONUCI, Jean-Marie Bourry, a expliqué le mandat de la section qui, selon lui, est de contribuer à la sécurisation de la population, à la reconstruction et à la réforme des administrations sécuritaires afin de contribuer à une paix durable et à la démocratie en Côte d’Ivoire, tout en respectant strictement les dispositions du cadre légal. Louant le courage et l’honneur des récipiendaires qui durant quatre mois ont assuré conjointement avec la Force des patrouilles robustes, les escortes et la défense des sites sous d’incessantes attaques militaires, M Bourry a, de façon plus générale, invité les policiers onusiens à poursuivre leur réflexion sur les comportements et la manière de servir. « Ceci, dans  le but d’améliorer et de renouveler le serment de toujours mieux faire dans l’exercice de la mission et du mandat de la police », a-t-il précisé.

Momene Dydy, de la République Démocratique du Congo (RDC), l’un des 96 officiers, a renouvelé l’engagement des récipiendaires à demeurer les ambassadeurs de la paix dans leur pays respectif et à poursuivre avec abnégation l’accomplissement de la mission. « Nous nous engageons surtout à œuvrer de toutes nos forces pour jouer notre partition en cette phase de reconstruction de la Côte d’Ivoire pour une paix durable », a-t-il déclaré.

Notons à titre de rappel que la Police de l’ONUCI s’est vaillamment illustrée lors de l’organisation des élections et de la crise que la Côte d’Ivoire a connue. Les policiers ont participé aux patrouilles musclées de l’ONUCI pour sécuriser les populations civiles et ont assuré la sécurité des autorités légitimes du pays alors reclus au Golf Hôtel. La cérémonie s’est déroulé en présence de numéro deux de la Force onusienne, des membres du corps diplomatiques et consulaires ainsi que de nombreux collègues et invités.

Suy Kahofi


Armée Ivoirienne : le grand tsunami des nominations

 

Le Président Ouattara et les nouveaux patrons de l'armée Ivoirienne

« Beaucoup de joie et de satisfaction pour le soldat que je suis d’être promu au grade de Général de division et en même temps c’est l’occasion pour moi d’exprimer toute ma gratitude à l’endroit du chef de l’Etat qui a bien voulu nous élever à ce grade (…) J’ai des sentiments également pour mes frères d’armes avec qui nous avons passé tout ce temps pour être ici aujourd’hui… » Ces phrases sont celle du désormais Général de division et Chef d’état-major général des Forces Républicaines de Cote d’Ivoire Soumaïla Bakayoko après la lecture du décret présidentiel le nommant patron de l’armée Ivoirienne. La date du 7 juillet sera donc inscrite en lettre d’or dans les anales de l’histoire militaire de la Côte d’Ivoire car elle marque le point d’achèvement de l’accord complémentaire IV de l’APO (Accord Politique de Ouagadougou). Au moment où les Ivoiriens commençaient à se demander où va cette armée hybride marquée par une indiscipline notoire, le Président de la République s’est enfin décidé à donner un corps à l’armée en commençant par le sommet de la pyramide.

C’est un véritable raz-marée, pire un tsunami qui vient de balayer la hiérarchie militaire Ivoirienne ! Tout change et les nominations fleuves, très marquées par la proximité des hommes en uniformes avec le pouvoir en place nous fait penser à cette phrase du Président équato-guinéen Theodoro N’guéma Obiang : « la sécurité est l’élément clé dans un pays et on ne peut pas la confier à n’importe qui ! ». Si Theodoro N’guéma Obiang a confié la sécurité de sa monarchie pétrolière à sa propre famille, le Président Ouattara a choisi des hommes de confiance d’où ce toilettage complet. Au titre des nominations deux Généraux de division de l’armée de terre : il s’agit du général de brigade Soumaïla Bakayoko et le général de brigade Michel Gueu. Le capitaine de vaisseau Djakaridja Konaté est promu Capitaine de vaisseau major et le colonel Gervais Kouakou Kouassi devient Colonel-major. Sont donc nommés :

1 – Chef d’état-major général des Forces républicaines de Cote d’Ivoire le Général de division Soumaïla Bakayoko remplace le Général de corps d’armée Phillip Mangou

2 – Chef d’état-major général adjoint des Forces républicaines de Cote d’Ivoire: le général de brigade Detoh Letoh ex-commandant des Forces terrestres

3 – Commandant des Forces terrestres : le général de brigade Sékou Touré

4 – Commandant des Forces aériennes : le colonel-major Jean-Jacques Réné Ouégnin

5 – Commandant de la marine nationale : le capitaine de vaisseau major Djakaridja Konaté

6 – Chef d’état-major particulier du Président de la République : le général de division Michel Gueu

7 – Chef de cabinet militaire du premier ministre, Ministre de la Défense : le général de brigade Nicolas Kouadio Kouakou

8 – Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale : le colonel-major Gervais Kouakou Kouassi remplace Mr Tiapé Kassaraté

9 – Commandant en second de la Gendarmerie nationale : le colonel Vako Bamba

Le seul patron de l’armée nommé par Laurent Gbagbo qui échappe à ce tsunami de nominations est le Directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général Mbia Bredou qui demeure à son poste. Pour les Ivoiriens la question n’est pas de savoir si x ou y est à la tête de l’armée ! Le plus important c’est de trouver un homme capable de réconcilier l’armée avec le peuple dans la mesure où les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire se sont taillées une réputation d’indésirables auprès des Ivoiriens.

SUY Kahofi