A la découverte de l’île aux chimpanzés de Grand-Lahou

L’un des attraits touristiques majeur du sud de la Côte d’Ivoire est l’île des chimpanzés. D’une superficie de 5 ha, elle est située à 2 km du lieu d’intersection entre le fleuve Bandama et la lagune des 3 A appelée aussi lagune de Grand-Lahou. Les chimpanzés de cette île sont les membres d’une même famille : le père et la mère rescapés d’une colonie ont donné naissance à un jeune mâle et une femelle. Cette famille de chimpanzé à une véritable histoire et grâce au lieutenant Rodrigue Abou Djédjé de l’OIPR, nous avons pu non seulement découvrir l’île mais connaître l’histoire de cette famille.
Origine des chimpanzés par le Lieutenant Rodrigue Abou de l’OIPR
« Les chimpanzés de l’île sont originaires d’une colonie venue du Libéria il y quelques années. L’Etat de Côte d’Ivoire dans sa politique de protection des parcs et réserves et surtout dans sa lutte pour la sauvegarde des espèces protégées a jugé utile de faire venir toute une colonie de chimpanzés. Au début du projet, la colonie venue du Libéria devait cohabiter avec celle de la Côte d’Ivoire. Les chimpanzés ont été libérés dans le parc d’Azagny car cette espèce animale a besoin d’un grand espace de vie pour se sentir à l’aise. Malheureusement les choses ne se sont passées comme prévues. Une violente bataille a opposée les chimpanzés autochtones et ceux venus du Libéria. Au fil des affrontements, les morts étaient de plus en plus importants et vu que la colonie des locaux était supérieure en nombre elle a failli décimer celle du Libéria. Les autorités chargées de la gestion du parc ont jugé utile de récupérer les rescapés pour leur trouver un nouvel habitat d’où le choix de cette île ».
Théoriquement des membres d’une même espèce animale, quand bien même d’aire géographique différente, doivent pouvoir cohabiter mais le cas des chimpanzés est bien exceptionnel. Certaines études montrent que le chimpanzé est très proche de l’homme dans ses habitudes et le sentiment d’appartenance à un groupe est très fort chez l’espèce. Il garde jalousement les membres de son clan et n’hésite pas à recourir à la violence pour éloigner l’intrus fut-il semblable à lui-même.
Les limites de la réintroduction
L’île de 5 ha ne suffit pas aux 4 membres de la famille car l’espèce a besoin d’un espace très vaste pour s’épanouir. Aucune denrée n’est disponible sur l’île car cocotiers et arbres fruitiers ont été mangés. La famille ne vit que des fruits offerts par les gardes et les visiteurs. Un problème plus grave guette l’île aux chimpanzés : la disparition de ses habitants. En effet le père et la mère frappés par la limite d’âge ne peuvent plus enfanter. Le frère et la sœur conscients de leur lien de parenté ne peuvent s’accoupler. L’île aux chimpanzés va-t-elle disparaître ? Il est temps de songer à une politique de sauvegarde de cette merveille touristique.
SUY Kahofi
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