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La Centrale des Forces Nouvelles existe toujours !

 

Les hommes de SORO pourront-ils abandonner leurs anciennes pratiques ?

Apôtre de l’unicité des caisses de l’Etat le jour, pilleurs des ressources de la Côte d’Ivoire la nuit ! Voici ce qui définit le mieux les barrons des Forces Nouvelles qui contrairement à leurs beaux discours continuent d’alimenter les caisses de leur centrale avec de l’argent frais fruit des actes de rackets et d’extorsion sur les routes et postes de contrôle non autorisés. La récente tournée du Ministre du transport a permis aux Ivoiriens de toucher du doigt la vaste organisation du racket estampillé FN. Certains ‘’Commandants’’ des Forces Nouvelles devant la détermination du Ministre Gaoussou Touré ont tenté de l’intimider lorsqu’il a fait lever une quinzaine de faux barrages dans les ex-zones CNO. Les hommes en arme trouvés sur les faux corridors ont refusé pour la première fois d’endosser tout seul le chapeau de brebis galeuse des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire. « Ce que nous récoltons est reversé dans les caisses de la Centrale » ont courageusement annoncé au Ministre les recrues. Guillaume Soro, Premier Ministre Ivoirien payé par les impôts du contribuable est-il informé de cette pratique ? En est-il le véritable maestro comme certains observateurs l’avancent ? Que faut-il aux Forces Nouvelles pour abandonner leur ancienne vie de ‘’délinquants’’ armés ? Il semble clairement que malgré les efforts des nouvelles autorités Ivoiriennes dont les FN en font parti, les anciens rebelles du nord ont du mal à passer en mode légalité !

Pour les transporteurs il était temps que ce fléau encouragé par les autorités militaires et civiles des Forces Nouvelles soit dénoncé. La Coordination des Gares Routières de Côte d’Ivoire par la voix de son président Touré Adama se félicite de cette courageuse action du Ministre des transports. « C’est un travail formidable que le Ministre Gaoussou Touré vient d’abattre dans l’est, au nord et à l’ouest parce qu’il est venu de Bouna en passant par Ouangolo et il est revenu sur Boundiali et Odienné…Il a levé plus de 15 barrages et à ce jour il n’y a pas plus de deux qui ont été réinstallé. Ces levées de barrages ne constituent pas seulement notre joie : nous sommes heureux car cela faisait longtemps que nous dénoncions cette pratique qui fait perdre beaucoup d’argent aux transporteurs quelque soit leurs filières ». En effet les camionneurs sur les routes des ex-zones CNO continuent de payer un lourd quota avant de pouvoir rallier Abidjan avec les productions agricoles du nord. A titre d’exemple, les camions qui transportent les noix d’anacarde doivent s’acquitter de la somme de 286.000 à la Centrale Financière des Forces Nouvelles pour avoir l’autorisation de rallier Abidjan. Le Ministre Gaoussou Touré a mis fin à cette pratique sans tenir compte des actes d’intimidation de certaines autorités des FN.

Le gouvernement Ivoirien n’a autorisé que 33 barrages sur l’étendue du territoire national et faut bien que ce chiffre soit respecté car les transporteurs n’arrivent plus à vivre correctement de leurs activités. Il est temps que les Ministères du transport, de l’Intérieur et celui de la défense s’engage à mettre réellement fin au racket. Plus important les autorités militaires et civiles des FN doivent accepter de jouer franc jeu avec les Ivoiriens : ils auront à choisir entre la légalité ou le maintien d’une vie de désordre dans les zones restées sous leur contrôle en dix ans !

SUY Kahofi



La Côte d’Ivoire a son nouveau Gouvernement

 

Amadou Gon Coulibaly annonce les 36 membres du nouveau gouvernement

Depuis ce mercredi soir, la Côte d’Ivoire a désormais son nouveau Gouvernement. Après deux semaines de tractation politique le Premier Ministre Guillaume Soro a choisi les hommes qui forment le gouvernement de large ouverture qui doit réussir le difficile pari de la réconciliation et de la reconstruction du pays. Ce gouvernement est fort de trente six (36) membres dont cinq (5) ministères d’Etat et cinq (5) ministères dirigés par des femmes. Ce gouvernement est largement dominé par les membres du RHDP, la formation politique qui a porté Alassane Ouattara à la magistrature suprême, cinq (5) ministres sont issus des rangs des Forces Nouvelles et les autres porte-feuilles ont été repartis entre des petits partis qui ont animé ou non l’élection présidentielle d’Octobre 2010. Le premier constat qu’on peut faire c’est bien l’absence du FPI de ce gouvernement. Cette absence surprend dans la mesure où certains Ivoiriens s’attendaient à un revirement de situation et un retour du FPI aux affaires. Hélas ! Le parti de l’ancien Président Ivoirien aura donc tenu sa promesse de ne pas participer au nouveau gouvernement. Deuxième constat c’est la sortie du Ministre des affaires étrangères Jean Marie Kakou Gervais qui cède son fauteuil à l’ancien Premier Ministre Daniel Kablan Daucan. Voici la photo sonore de la nomenclature de la nouvelle team de Guillaume Soro ; la voix est celle de Amadou Gon Coulibaly secrétaire général de la Présidence.

CIV nouveau gouvernement by kingsuy

Premières réactions des Ivoiriens

A peine formé que le nouveau gouvernement alimente déjà les conversations. Pour Thierry Koffi jeune cadre dans une entreprise de construction le nouveau gouvernement « a trop de ministres !». « 36 ministres dans un gouvernement au moment où le pays traverse d’importantes difficultés je pense que c’est trop. Je m’attendais à une équipe serrée de 26 personnes tout au plus mais je constate qu’il y a dix ministères en plus et cela ne contribue pas à alléger le train de vie de l’Etat ». A côté de ce nombre pléthorique de ministres il y a ce que certains ivoiriens appellent déjà Les Ministères de reconnaissance politique. « Il y a des nouveaux ministères qui viennent de je ne sais où et qui ressemblent à des postes crées pour satisfaire des ‘’copains’’ du quartier ! » affirme cet étudiant qui a requit l’anonymat. Enfin certains estiment que les femmes sont trop peu représentées dans ce gouvernement : seulement 5 sur 36 membres !

Suy Kahofi



Guillaume Soro : La Voix(e) du Nord

 

Le miracle Soro pourra-t-il aller au-délà de la réalité de la crise post-électorale?

Elu l’homme de l’année en 1997 par le quotidien gouvernemental Ivoir’Soir, SORO Guillaume peut-être aujourd’hui considéré comme l’homme de la décennie en Côte d’Ivoire. Ses excellents états à la tête des Forces Nouvelles et surtout du gouvernement Ivoirien le place largement au-dessus de plusieurs leaders de son âge et même certains de générations antérieures. On ne sait par quel miracle l’ancien secrétaire général de la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) est devenu un fin stratège politique au point de tenir tête au boulanger d’Abidjan qui était aussi son ‘’père spirituel’’. Il entre désormais dans le panthéon des figures politiques Ivoiriennes avec le titre de l’homme qui a mis fin à la plus grave crise que le pays ait connu depuis son indépendance. Aujourd’hui à la tête du gouvernement d’Alassane Ouattara, il ne pourra donc pas jouir d’une retraite anticipée comme il l’a toujours souhaité. Le grand nord ne verra pas de si tôt l’enfant de Kofiplé : la Côte d’Ivoire a encore besoin de celui qui se voyait déjà député à Diawala !

Soro Guillaume : Gbagbo Laurent light ?

Dans son parcours politique, Laurent Gbagbo aura eu deux ‘’enfants’’ : Soro Guillaume et Charles Blé Goudé. A voir ces deux ‘’enfants’’ diamétralement opposés dans leur manière d’être on arrive à se poser une question. Laurent Gbagbo est-il un mélange de Soro Guillaume, fin bureaucrate, chef militaire et de Charles Blé Goudé, bouillant leader de la rue arborant mal le costume d’homme d’Etat ? La réponse serait OUI avec la précision, ‘’chacun aura pris une facette du père’’. La brouille entre Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ne date pas des évènements de 2002. Soro a décidé de voler de ses propres ailes depuis 1998, année où il quitte la FESCI après un second mandat. Laurent Gbagbo ayant une main mise totale sur la FESCI n’accepte pas les reformes démocratiques voulues par Soro pour accéder à la fonction de SG de la FESCI. A part une brève apparition aux côtés de Mme Dagri Diabaté à Port-Bouët on ne verra plus Soro sur le devant de la scène. Il se signale en 2002 à la tête de la branche politique de la rébellion et arrive à évincer le sergent-chef IB. Il fédère tous les mouvements rebelles du nord et de l’ouest sous la bannière des Forces Nouvelles. Son retour en politique fait de lui l’un des plus jeunes ministres d’Etat de la Côte d’Ivoire indépendante et le plus jeune Premier Ministre du pays. Là où les jeunes patriotes ont donné des céphalées à Seydou Diarra et Charles Konan Banny, Soro a trouvé la parade pour réussir et réussir même au-delà des attentes du peuple. On l’aime ou on ne l’aime pas, on reconnaitra son rôle décisif dans le retour de la démocratie en Côte d’Ivoire. Imaginez-vous un seul instant que Soro ait accepté de suivre Laurent Gbagbo avec ses hommes ? Certainement que le pays serait morcelé en petits royaumes où des chefs de guerre pro-gbagbo et prro-ouattara continuaient de se battre ! Sa voix(e) a fait basculer les élections en faveur de l’un des deux candidats.

Son plus grand chantier : la réunification de l’armée

‘’Le miracle Soro’’ est à salué certes mais à la lumière des dernières réalités de la crise Ivoirienne on est en droit de se demander si le plus difficile pour lui ne commence pas maintenant. Le chantier de la réunification de l’armée est une entreprise titanesque car entre les appels d’Alassane Ouattara au retour des ex-FDS et le comportement de certains FRCI il y a un paradoxe. J’en veux pour preuve les menaces de ce jeune élément des FRCI à Toumodi qui jugeant un passager par sa forme a conclu qu’il était gendarme ! Alertés, ses autres collègues ont réclamé la peau du ‘’gendarme de gbagbo’’ avant de se raviser. Ma carte de presse et celle d’un collègue de la presse nationale ont découragé ces jeunes gens ivres au pire même drogués ! « Comment avec ce genre d’attitude on peut parler de réunification de l’armée » avait souligné un passager. Dans une armée embryonnaire marquée par l’indiscipline et le manque d’hiérarchie réelle comment fédérer des hommes (FDS) formés aux métiers des armes et des combattants, la plus part illettrés et formés en brousse ? Comment contenter aussi ses nouveaux commandants de zone qui se voient tous en chef d’Etat major ? Ces ‘’petits’’ rois de la kalachnikov accepteront-ils de se mettre sous les ordres d’un ex-général des FDS ? L’armée n’étant pas un espace fait pour la reconnaissance politique, Soro pourra-t-il convaincre ses ‘’MDL’’ de déposer les armes et de retourner à leurs wôrô-wôrô et autres gbakas ? Voici de nombreuses questions auxquelles le Premier Ministre doit répondre.

Suy Kahofi