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Du « Baygon » contre les « microbes »

La Police Ivoirienne lance la traque aux microbes à Abidjan

La police ivoirienne lance la traque aux « microbes » à Abidjan

Comme les enfants soldats du Liberia ou de la Sierra Leone, les populations d’Abidjan découvrent le visage hideux de la criminalité juvénile précisément celle des mineurs. Il s’agit d’enfants de 9 à 17 ans rompus à l’art du maniement des armes blanches que l’on appelle sur les bords de la lagune Ebrié les « microbes ».

Les « microbes » sont devenus en l’espace d’un an un véritable problème de société, pire un fléau urbain avec des victimes qui se compte par dizaines. La violence de leur mode opératoire laisse encore effrayés tous ceux qui ont eu le malheur de les croiser. Et chacun d’entre eux a une histoire pathétique à raconter. C’est le cas de Yacou Sangaré résident du quartier Marley à Abobo. Ce père de famille est un miraculé ! (suite…)



Tout pour éloigner la jeunesse Ivoirienne de la criminalité

La jeunesse Ivoirienne doit tourner le dos à la violence

En Côte d’Ivoire bien que l’indice de sécurité soit passé de 3 à 1 en l’espace de six mois, d’énormes progrès restent à faire pour définitivement rassurer les populations et les investisseurs. Cette insécurité depuis la fin de la crise est alimentée par des jeunes qui détiennent à la base des armes ! Que faut-il faire pour aider ces jeunes à tourner le dos à la criminalité ? La répression ne sera pas une solution dans un contexte marqué par le chômage de près de 4.500.000 personnes dont les ¾ sont des jeunes. Le Gouvernement ivoirien a mis sur pied des opérations d’emploi jeune mais surtout de désarmement à grande échelle pour réduire à la fois le chômage et l’insécurité.

Il est important de souligner dans un premier temps que la Côte d’Ivoire vient d’hériter de douze ans d’instabilité qui auront fortement modifié la vie sociale du pays. L’insécurité et la criminalité sous toutes ses formes ont atteint aujourd’hui un seuil inquiétant. Les jeunes qui ont été manipulés avec des idéaux ethniques ou politiques sont devenus malgré eux les acteurs de ces viols, vols à main armée et meurtres qui sont désormais le quotidien des Ivoiriens. Désœuvrés et n’ayant que pour seul gagne-pain les armes qu’ils ont gardé par devers eux depuis la fin de la crise, rares sont ceux qui veulent se séparer de ces engins de mort. Pourtant la Côte d’Ivoire ne peut se construire dans ce climat d’où la vaste opération de DDR qui a été lancé ; DDR pour Désarmement Démobilisation et Réinsertion. Abobo, Adjamé, Attécoubé, Daloa, Duékoué, Bangolo…. Chaque quartier d’Abidjan et ville et de l’intérieur reçoit constamment les équipes de l’ONUCI et de la COMNAT-ALPC. Campagne après campagne, les jeunes ont commencé à comprendre le bien fondé du DDR. Le climat de confiance qui s’est crée a encouragé de nombreux jeunes à déposer leurs armes. Au cours des opérations de DDR de nombreux jeunes Ivoiriens viennent se débarrasser pour certains d’une kalachnikov, pour d’autres d’une grenade, de caisses de munitions ou de pistolets automatiques. Chacun dans ces files d’attente a une raison qui le pousse à déposer son arme. « La guerre est finie et je pense que la place des armes se trouve dans les casernes ! Je pense que si je suis pris avec une arme chez moi les forces de l’ordre pourraient me prêter de mauvaises intentions avec tous ces braquages dans la ville » affirme Camara, un jeune d’Attécoubé. Pour celui qui se fait appeler IB il se ‘’débarrasse’’ de son arme pour des questions de sécurité. « Cette arme chez moi c’est un danger permanent : mes enfants peuvent se tuer en jouant avec, mes petits frères peuvent être tentés d’aller régler leur compte dehors avec cette arme » affirme le jeune homme de 25 ans avant de conclure que « sincèrement il en a marre de cette arme qui lui rappelle constamment des heures sombres de sa vie ! »

Malgré cette volonté affichée par de nombreux jeunes ivoiriens notamment d’ex-combattants et miliciens, certains analystes des questions militaires soutiennent avec véhémence qu’il faudra plus de dix ans à la Côte d’Ivoire pour qu’elle soit débarrassée des armes légères et des petits calibres qui circulent par milliers dans le pays depuis la fin de la crise post-électorale. Qu’à cela ne tienne, les autorités ivoiriennes refusent de céder au découragement vu l’œuvre qui les attend. Cette persévérance paye visiblement si l’on s’en tient aux propos du Commissaire Principal Djébrey Léon de la COMNAT-ALPC qui estime que depuis « octobre 2011 les opérations de DDR ont permis de récupérer 3.500 armes, 230.000 minutions et des dizaines de grenades offensives ». Désarmer les jeunes n’est que la première étape du DDR mais si celui-ci s’arrête à ce niveau rien n’aura été fait car ces derniers pourraient être tentés de renouer avec le crime. Il faut leur trouver des occupations saines et surtout des activités génératrices de revenus d’où l’étape du profilage suivi des formations professionnels. L’Agence de Formation Professionnelle (AGEFOP) est l’une des entités qui forme les jeunes démobilisés. Le Directeur de l’agence nous explique comment ces jeunes sont formés et orientés. « Nous partons d’abord de l’emploi en analysant les compétences que celui-ci requiert. C’est seulement en fonction des besoins estimés que nous procédons à la formation. Le choix des emplois et des formations est donc fait en fonction des compétences des jeunes mais aussi en fonction de la demande sur le marché » déclare Bamoutien Traoré. Des jeunes formés pour être compétitifs sur le marché de l’emploi avec des diplômes reconnus est une alternative salutaire pour les jeunes démobilisés mais le plus important c’est surtout et avant tout de les rendre autonomes par l’auto-emploi. A ce niveau le PNRRC, le Programme National de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire dit explorer des pistes pour leur insertion dans le tissu socio-économique. « Pour tous ces jeunes qui ont été formé et qui ont eu leurs diplômes nous continuons de rechercher des fonds avec les banques et les opérateurs économiques pour promouvoir une insertion de ces jeunes. Nous avons encore beaucoup de démobilisés, environ 20.000 personnes qui sont en attente d’être réinsérées. Au niveau de la réinsertion nous somme à 15.000 personnes réinsérées, que nous suivons » explique Daniel Kossominan Ouattara, Coordonateur National du PNRRC.

20.000 démobilisés, majoritairement des jeunes à sauver du grand banditisme, n’est pas une mince affaire et pour épauler les structures de réinsertion le Gouvernement lance le concept de la Réserve. « Nous avons tenté toutes les expériences en termes de réinsertion et de réintégration. Il faut aujourd’hui trouver une approche qui soit pérenne et donc nous avons trouvé l’option d’une réserve mais qui n’est pas une réserve militaire ! Ce passage à la réserve permettra aux jeunes premièrement de se former, deuxièmement d’avoir les concepts et les comportements disciplinaires et républicains, troisièmement d’apprendre un métier et enfin d’aider au développement. Aussi vous avez la possibilité parmi eux que certains aillent à des opérations de maintien de la paix dans le monde entier » nous explique Paul Koffi Koffi le Ministre Ivoirien délégué à la défense. PNRRC, DDR, Réserve…tout pour que la jeunesse Ivoirienne puisse vivre de façon honorable après la longue crise que le pays a connue.

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire : L’armée menace de marcher sur un camp de miliciens

 

Jeunes miliciens lors du DDR

Depuis deux semaines environ une information selon laquelle un camp de miliciens serait opérationnel dans les environs de la localité de Lopou circule en Côte d’Ivoire. Lopou est situé dans le département de Dabou au sud du pays. Prenant très au sérieux cette menace les autorités Ivoiriennes et l’armée ne veulent en aucun cas laisser les locataires de ce présumé camp atteindre leurs objectifs. Le Ministère de la défense et l’Etat major Ivoirien pour endiguer la criminalité et la belligérance ont mené une mission dans les localités de Sikensi, N’douci et Tiassalé. Il faut dire que dans ces localités citées la criminalité sévit sur toutes ces formes : viol, braquages, vol à main armée, attaque de domicile sont quasi quotidien.

Le gouvernement soucieux de rassurer les Ivoiriens et de faire de leur sécurité une priorité a annoncé par la voix de Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense la fin du désordre. « Nous allons dans une semaine appliquer la rigueur de la loi ! On ne peut pas tolérer sur le territoire l’existence de camp d’entrainement de miliciens et de gens qui ne sont pas autorisés à porter des armes. Les populations doivent être conscientes des risques liés à ce type d’entreprise mais surtout des dangers d’entretenir et de laisser faire des miliciens ». Au cours de cette tournée de terrain le ton qui était apaisé aux premières heures est passé très vite à une mise en garde. L’armée Ivoirienne première à être réellement inquiétée par l’existence de ce camp de miliciens se veut clair : elle va frapper fort et nettoyer la forêt ! « Nous avons décidé de déployer nos unités en nomadisation : il y aura des unités militaires sur la zone. Celles-ci seront en train de s’entrainer et suivre même des formations. Les soldats sur la zone pourront intervenir systématiquement puisse qu’il existe un camp de miliciens dans l’une des forêts » a souligné Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI. A propos de ce camp de miliciens Soumaïla Bakayoko annonce déjà une incursion dans la forêt « pour savoir qui l’occupe réellement ».

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense et Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI au nom du gouvernement ont demandé aux chefs de famille, aux leaders religieux et communautaires d’interpeler les jeunes de leurs localités afin qu’ils se détournent de cette entreprise peu recommandable. Il faut dire que l’Etat Major Ivoirien et le Commandement de la Gendarmerie Nationale qui annonce des renforts importants donne une semaine aux miliciens pour sortir de la forêt !

SUY Kahofi