La Côte d’Ivoire, une mine de djihadistes à ciel ouvert !

Les fanatiques enturbannés lorgnent sérieusement sur la Côte d’Ivoire

Les fanatiques enturbannés lorgnent sérieusement sur la Côte d’Ivoire

Les attaques terroristes au Mali n’ont plus cet écho de lointaines opérations suicides menées par des fanatiques enturbannés. Les bruits de bottes et de mitraillettes, ceux des djihadistes opérant dans le sud du Mali – à seulement 20 km de la frontière ivoirienne – ont fini par semer la peur dans le cœur des Ivoiriens. Cette peur est encore plus grande dans la mesure où l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a adopté il y à peine 2 semaines une loi antiterroriste. Il n’y a jamais de fumée sans feu et si le pays s’est doté d’une loi, c’est bien parce que la menace terroriste n’a jamais été aussi proche. A cela s’ajoutent depuis plus d’un mois des titres de la presse ivoirienne qui sont pour certains de nature à effrayer. Le plus lu et relu est : « Les djihadistes aux portes de la Côte d’Ivoire ». Malgré ce ton alarmiste des canards ivoiriens, le gouvernement a réagi bien tardivement contrairement au Burkina Faso. Si au pays des  » hommes intègres « , des agents des forces de l’ordre ont été déployés très vite dans le Sud après la première attaque, la Côte d’Ivoire aura pris le temps de faire traîner l’affaire avant de lever le petit doigt.

C’est seulement ce 29 juin que par voie d’agence, le porte-parole du gouvernement a annoncé l’envoi d’unités dans le Nord. Geste d’un gouvernement amusé par le terrorisme ou incapacité à répondre à une menace sérieuse ? Et qu’est-ce qui peut permettre à un Ivoirien déjà habitué aux petits et gros mensonges de son gouvernement à croire en cette sortie médiatique ? Effet d’annonce pour plaire et rassurer ou sérieuses dispositions pour protéger le pays ? Qu’est-ce qui prouve que l’armée ivoirienne est capable de faire face à une attaque terroriste ? Rien ! Car voici plus de quatre ans que cette armée « se cherche » minée par des querelles entre ex-com zone et une indiscipline jamais observée dans les rangs de l’armée. Chacun se prend facilement pour un roitelet à la kalachnikov facile pour avoir maladroitement vidé un chargeur dans sa marche vers Abidjan. Le comble, c’est que les autorités ivoiriennes reconnaissent elles-mêmes que ce pays est une potentielle mine à ciel ouvert pour un recrutement.

Après les nombreuses promesses que les occupants de l’Hôtel du Golf leur ont fait miroiter, 10 000 ex-combattants (potentiellement armés) sont toujours dans la nature ! Quelque 10 000 personnes sans emploi, sans revenu, sans assurance d’insertion socioprofessionnelle… voici le cadeau du gouvernement Ouattara et de ses nombreuses agences aux Ivoiriens. Du pain béni pour les gourous de l’islamisme radical en Afrique de l’Ouest déjà spécialisés dans l’endoctrinement. Le plus important n’était donc pas de se féliciter à tout va d’avoir pu réinsérer 55 000 ex-combattant. La question était plutôt de savoir comment ne pas faire des 10 000 autres restants des outils de déstabilisation de la Côte d’Ivoire ? A cette question le gouvernement trouvera sans doute une réponse en espérant qu’elle n’arrivera pas trop tard.

SUY Kahofi

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Suy
Kahofi SUY est journaliste et formateur pour la Fédération Internationale des Journalistes Scientifiques. Il aime bien se définir comme un enfant de la radio. Son expérience s’est faite en grande partie grâce à ce média. Il fait ses premières armes sur les radios de proximité ivoiriennes puis décide de passer à une vitesse supérieure. Après une expérience enrichissante à SUD Fm, la première radio privée du Sénégal, il a passé 5 ans à la West Africa Democracy Radio, la première radio d’information continue pour l’Afrique de l’Ouest. Il découvre fin 2009 l’univers des blogs et de la presse en ligne grâce au Projet Avenue225. Très vite, il prend goût à l’écriture web et rejoint le projet Mondoblog où il anime un blog d’actualité sur la Côte d’Ivoire. NB : Ce que je dis sur ce blog n'engage aucun des médias avec lesquels je collabore.