L’Univers des taxis d’Abidjan

24 octobre 2011

L’Univers des taxis d’Abidjan

Taxi à Cocody Saint-Jean Abidjan

Dans une grande métropole comme Abidjan, se déplacer n’est pas souvent chose aisée même quand on possède un véhicule. L’alternative demeure donc le taxi qui permet aux Abidjanais de faire des économies…

Qui est qui et qui fait quoi

A Abidjan deux types de taxi circulent : le Taxi compteur avec sa couleur rouge et le Taxi communal appelé communément wôrô-wôrô. Se déplacer en taxi compteur est symbole d’aisance car le prix affiché à l’écran après une course est non négociable. Vous pouvez facilement dépenser au bas mot entre 1500 (2,25 €) et 5000 f CFA (7,75 €) en fonction des kilomètres que vous avez parcouru. Certaines distances fixes entre deux quartiers peuvent faire l’objet d’un ‘’arrangement’’ entre passagers et chauffeurs. Là encore il faut souvent débrousser entre 1000 (1,50 €) et 2500 f CFA (3,75 €) pour regagner un point de la capitale. Ceux qui ne peuvent pas se payer le luxe ‘’d’écraser la tomate’’* roule en wôrô-wôrô, la deuxième catégorie de taxi Abidjanais. Les wôrô-wôrô se subdivisent en deux classes : les wôrô-wôrô inter-communaux, sans couleur précise et les wôrô-wôrô communaux avec une couleur différente selon la commune. Les Abidjanais savent par exemple que les wôrô-wôrô jaune sont ceux de Cocody le quartier Présidentiel, les bleus sont ceux de Yopougon la plus grande commune de Côte d’Ivoire, les verts ont pion sur rue à Adjamé le quartier marchand… Chez les wôrô-wôrôs, le tarif négociable sur une ligne oscille entre 200 f (0,30 €) à 350 f CFA (0,52 €). Si le taxi compteur peut aller là où il veut quand il veut, le trajet du wôrô-wôrô est unique en fonction de sa zone d’exploitation. Ils partent d’une gare à une autre sans jamais changer d’itinéraire sauf en cas d’embouteillage.

La lutte des territoires

Tels que présenté plus haut, le wôrô-wôrô ne peut pas se transformer en taxi compteur mais le taxi compteur fait souvent le wôrô-wôrô ! Chez les chauffeurs de taxi compteur c’est un crime de lèse majesté que de se transformer en wôrô-wôrô. Mais face aux nombres de plus en plus réduit d’Abidjanais pouvant se payer le luxe de rentrer du travail en compteur, les chauffeurs de taxi compteur arrondissent la recette en passant dans l’autre camp. « C’est vrai que nous faisons le wôrô-wôrô pour de l’argent mais c’est surtout pour arranger les Abidjanais. Les wôrô-wôrô ne peuvent pas rouler vide sur leurs trajets de prédilection : ils doivent être plein en aller et retour. Alors comprenez que si on doit les attendre personne n’ira à la maison après le boulot » soutien Cédric Agnimel chauffeur de taxi compteur. En effet à des heures de pointe généralement autour de 7 h 30 mn le matin et 17 h le soir les files d’attente sur les gares sont longues et même impressionnantes. Les rangs peuvent être formés de 25 à 36 personnes voir plus ! Les taxis compteurs viennent donc à la rescousse des wôrô-wôrô. Quelque soit le motif évoqué, la situation agace les chauffeurs de wôrô-wôrô. « Je ne sais pas comment le transport est organisé dans ce pays ? Les taxis compteur nous font une concurrence déloyale. Les syndicats permettent qu’ils viennent ramasser nos client et à la descente nous avons des problèmes pour boucler la recette » souligne Camara Abou chauffeur de wôrô-wôrô. Les plaintes se font entendre et quelques fois les bagarres éclatent dans un univers déjà survolté où la recette du jour doit être bouclée au risque de perdre son emploi. « Quelques bagarres sont signalées de temps à autre mais Dieu merci pas souvent. Quand on analyse la situation de près les wôrô-wôrô sont en droit d’exiger le respect de leur espace de travail mais face au manque de véhicules à une certaines heure que peut-on faire ? » soutien Soumaïla Ahmed chargeur.

Avis de la clientèle

S’ils écument les rues de la capitale en longueur de journée c’est avant tout pour transporter les Abidjanais qui selon certains visiteurs sont toujours pressés ! C’est donc au client que revient la lourde charge de juger ceux qui le transporte et en la matière les Abidjanais n’y vont pas par le dos de la cuillère. « Tout le monde veut se déplacer en taxis compteur car c’est plus sûr : ils sont assurés et propres. Faute de moyen on se rabat à nos risques et péril sur les wôrô-wôrôs moins couteux mais mal tenu et souvent sans assurance » souligne Beugré Charles étudiant avant de conclure « pour ce qui est du respect des espaces de travail je soutien les wôrô-wôrôs car ils ont plus de difficultés pour se faire de l’argent ». Les wôrô-wôrôs ne peuvent travailler qu’entre 6 h et 23 h or les taxis compteurs peuvent circuler 24 h sur 24. Les derniers cités ont donc plus de temps pour se faire de l’argent. « Je pense que les syndicats doivent trouver un terrain d’entente pour dire qui fait quoi et où. Ce n’est pas une question d’argent mais une question d’organisation du transport et de sécurité des citoyens » souligne Ahoutou Ulrich électromécanicien.

Malgré les petits soucis du transport urbain, nombreux sont les Abidjanais qui empruntent chaque jour les taxis compteurs et wôrô-wôrôs faute d’avoir une voiture personnelle. Face à un pouvoir d’achat en chute libre, taxis compteurs et wôrô-wôrôs ont encore de beaux jours devant eux. Les structures en charge du secteur du transport se doivent donc de les organiser.

SUY Kahofi

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Commentaires

kofin
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un bon sujet. en somme bien traité et qui informe sur l'essentiel du transport à Abidjan

masset
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Bonjour !! je suis Français et souhaite me renseigner sur les tarifs taxis pour le trajet >> cocody 8ème tranche et l'aéroport !! merci pour votre réponse... une personne m'a dit 50 €, mais franchement je trouve çà !! largement excessif..... quelqu'un peut-il me renseigner sérieusement ? merci

Suy
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Il faut juste entre 5000 et 6000 f CFA (entre 10 et 12 dollars).