Massacres à Duékoué : Où était le MORBATT de l’ONUCI ?

7 avril 2011

Massacres à Duékoué : Où était le MORBATT de l’ONUCI ?

 

Le CICR tente de retrouver et enlever les morts

La nouvelle résolution du Conseil de Sécurité renforçant le mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire venait à peine d’être votée que le scandale des crimes de guerre, crimes contre l’humanité et présumé génocide éclatait dans l’ouest du pays plus précisément à Duékoué, la cité où éléments des FRCI fidèles à Alassane Ouattara et FDS fidèles à Laurent Gbagbo se sont affrontés à l’arme lourde pendant plus de 48 heures. Le bilan en perte humaine est lourd : le CICR avance le chiffre de 800 morts là où Caritas et d’autres ONG parlent de plus de 1000 morts. Qui a donc pu tuer à cette échelle à Duékoué ? Aujourd’hui, FRCI et FDS se rejettent la responsabilité des massacres. « Nous avons eu au moins le temps d’avertir la Communauté Internationale sur les massacres des miliciens et des mercenaires pro-gbagbo à Duékoué. Rappelez-vous qu’avant notre entrée dans cette ville et même celle de Guiglo nous avons tiré la sonnette d’alarme pour insister sur ces tueries et donc je refuse que les FRCI soient accusés d’être les auteurs de ces massacres » a souligné le Premier Ministre Soro Guillaume. Les services du Premier Ministre en présence des délégués du CICR et de l’ONUCI sont à pied d’œuvre, sous l’œil du ministre Sidiki Konaté, pour rétablir la vérité. Pour l’instant seuls quelques 152 corps ont été enregistrés.

Pro ou anti Ouattara ou Gbagbo, chaque ivoirien se pose une seule question : où était l’ONUCI notamment son bataillon marocain au moment des faits ? L’ONUCI si prompt à tirer des conclusions sans enquête doit comprendre qu’elle a une part de responsabilité dans les massacres de Duékoué. Lorsque les combats faisaient rage et que les populations se terraient dans les églises de la ville, le bataillon marocain prétextant ‘’d’un climat d’insécurité grandissant’’ a plié bagage de la cité du Guémon. Aucun élément du MORBATT (Bataillon Marocain de l’ONUCI) n’a eu le courage de se poster autour d’une seule église pour défendre les déplacés contre les tirs des protagonistes. Comment des hommes en armes sensés protéger des civiles peuvent-ils se retirer au moment où la ville est en proie à des violences ? Les fonctionnaires de l’ONUCI ne sont pas en Côte d’Ivoire pour faire l’inventaire des charniers ou les décomptes macabres, leur rôle est justement de créer les conditions pour que les morts en cascade s’arrêtent. L’ONUCI devra elle aussi répondre de sa passiveté dans plusieurs incidents après la crise que traverse le pays notamment le massacre des sept femmes à Abobo, les obus sur le marché de boribana à Attécoubé (quartier où se situe le siège de l’ONUCI), les obus sur le marché samaké d’Abobo, les tueries de Treichville, les assassinats ciblés des musulmans à Attécoubé etc.

Suy Kahofi

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