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Cinq ans d’insécurité « résiduelle » pour un mandat présidentiel

Le Ministre des milles et une menace s’est encore signalé

Le ministre des « mille et une menaces » s’est encore signalé

Après avoir nommé des anciens seigneurs de guerre comme barons de son armée, Alassane Ouattara croyait sans doute pouvoir maintenir un climat sécuritaire acceptable par la terreur et les brimades. Cinq ans après sa prise de fonction, l’insécurité est toujours d’actualité.

Il n’y a que Paul Koffi Koffi et Hamed Bakayoko en Côte d’Ivoire pour se convaincre que tout va bien au plan sécuritaire. Depuis une semaine environ, les messieurs « défense » et « sécurité » d’Alassane Ouattara prêchent de ville en ville et de quartier en quartier dans l’espoir de rassurer la population à la veille des élections. Depuis cinq années, les Ivoiriens sont confrontés au fléau de l’insécurité. Selon les autorités, l’indice de sécurité est passé de 3,8 en 2012 à 1,2 aujourd’hui. Mais des indices sécuritaires, gracieusement pondus par n’importe quelle agence téléguidée reflètent-ils réellement la vérité du terrain ? Entre les mathématiques et la réalité, la différence est de taille. Le ton chaque fois rassurant de Paul Koffi Koffi et Hamed Bakayoko fait partie d’une stratégie de communication déjà connue. On menace à tout va…. et au final rien ne change ! (suite…)



Abidjan : cette plaie appelée insécurité !

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Dimanche 29 juin 2013, je sirote une bière avec un ami à Cocody à quelques pas de La Maison du Parti (PDCI). Nous discutions tranquillement quand des coups de feu se font entendre non loin des tours Sainte Marie. Un officier de police nous fait signe de rester à l’abri dans le maquis.

« Nous traquons 2 braqueurs qui viennent d’attaquer un domicile à la kalachnikov. Le premier vient d’être abattu le second se cache certainement dans une des ruelles du quartier. Restez là où vous êtes au risque de prendre une balle » nous ordonne l’homme, un Beretta 9 mn en main.

Ce type de scène digne des polars américains sont désormais monnaie courante à Abidjan si bien qu’elles ne surprennent plus personne. La preuve lors des échanges de coup de feu ce dimanche entre les éléments de PJ et les braqueurs, des gamins et leurs parents sont sortis pour « apprécier le spectacle ». Diantre ! Dans quel pays sommes nous ? Abidjan avec des braquages en plein midi, des gangs qui égorgent à la machette, d’autres qui se spécialisent dans les viols sans oublier les coupeurs de route qui signent leur grand retour…L’insécurité est totale pourtant lors de son dernier passage sur les antennes de la RTI, le Ministre Ivoirien de l’Intérieur (Hamed Bakayoko) a précisé que tout va bien au plan sécuritaire. Ces propos sont proches (ou plutôt semblables) à ceux du Général Talla Niang porte-parole des trois forces militaires présentes en Côte d’Ivoire (FRCI, Licorne, ONUCI). L’officier supérieur des Nations Unies affirmait lors du dernier conclave des forces militaires que « la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire est sous contrôle ». De quelle Côte d’Ivoire parle le Général Talla Niang ? Comment peut-on affirmer que la situation sécuritaire est sous contrôle quand chaque jour les journaux relatent en cœur des situations d’agressions violentes avec mort d’homme ? Les domiciles, services publics, PME et commerces sont visités par des voleurs qui semblent éprouver un macabre plaisir à tuer de sang froid ! Entre temps les unités paramilitaires se créent à longueur de journée mais elles peinent à rassurer les Ivoiriens !

« C’est triste : on ne peut pas chanter à la télé que tout va bien et abandonner les Ivoiriens et les Ivoiriennes à la merci des braqueurs. Il faut des mesures concrètes pour rassurer les populations au lieu de donner des réponses politiques pour attirer les investisseurs » s’indigne Guy Roger un étudiant vivant à Yopougon.

Un nombre insoupçonné d’armes légères continuent de circuler en toute impunité dans le pays malgré les opérations de DDR. Pour Sylvanus K., électricien, il faut également chercher du côté des démobilisés mécontents du régime Ouattara qui « se payent » en attaquant les domiciles. Il va plus loin en soulignant qu’il reste convaincu « que des hommes en uniforme sont eux-mêmes auteurs de certaines agressions ». Sur ce point il est difficile de ne pas croire en ces révélations car depuis la fin de la crise de nombreux militaires ont été radié de l’armée et jetés en prison pour des agissements contraire à l’étique de l’uniforme.

« Il y a quelques années lorsque vous voyez un militaire vous êtes rassuré mais aujourd’hui c’est le contraire ! Avec une armée infestée d’anciens détenus comment voulez-vous être rassuré ? » s’interroge Mr Koffi Ekissi G. un enseignant à la retraite.

Qui pourra sauver Abidjan de son insécurité chronique ? Entre ceux qui réclament un changement de la législation sur la détention des armes à feu et ceux qui veulent la levée de l’embargo sur les armes, certains optent pour des solutions plus immédiates et qui selon eux peuvent être « appliquées rapidement ».

« Il faut commencer par nettoyer l’armée elle-même des brebis galeuses ! Si l’armée n’est pas propre comment peut-elle contribuer à asseoir un climat sécuritaire digne du nom ? La guerre fait parti de notre passé alors comment pouvons-nous encore accepter que des illettrés et des évadés de la MACA soient encore en uniforme ? Il faut que cela change ! » nous explique Yao Jacques un gérant de cabine téléphonique.

Un grand nettoyage de l’armée OUI mais pour certaines ONG il faut dans l’immédiat réussir l’opération du DDR : Démobilisation Désarmement Réinsertion. Difficile de calmer des hommes qui ont faim ! Si ceux qui ont pris les armes hier ne retournent pas à la vie civile, il sera bien difficile de lutter contre l’insécurité. A ce niveau la mauvaise fois des démobilisés est aussi à souligner.

« Ils ne déposent que de petites armes et des caisses de munitions juste pour de l’argent mais Dieu seul sait l’arsenal qu’ils cachent ! Les mêmes têtes se retrouvent dans toutes les opérations de DDR toujours avec des armes » nous explique un journaliste.

La Côte d’Ivoire est dans un cercle vicieux où la seule solution qui s’offre à elle est de faire fusionner le DDR, l’insertion des ex-combattants et le toilettage de l’armée pour réussir d’ici 10 ans – minimum – son programme de lutte contre l’insécurité.

SUY Kahofi



Le GIABA renforce la lutte contre le blanchiment d’argent

L'argent sale plombe les économies sous-régionale

Le GIABA, le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest a débuté depuis le 2 mai sa 17ème commission technique et réunion plénière à Abidjan capitale économique de la Côte d’Ivoire. L’objectif premier est de partager les expériences de lutte, de faire des recommandations pour freiner l’avancée du fléau et surtout d’analyser les rapports par pays pour relever les insuffisances et conseiller au mieux les Etats membres.

Un fléau pour les économies sous régionales

Au jour 2 des échanges, Mme Elisabeth N’dèye Diaw Directrice Général adjointe du GIABA a tenu à souligner la nocivité du blanchiment sur les économies ouest-africaines. « Une fois l’argent du blanchiment sur place il fait l’objet d’un virement soudent vers d’autres marchés financiers dans le cadre de l’empilage ou de la dissimulation des ressources d’où un risque systémique bancaire si le blanchiment est pratiqué à grande échelle dans le système financier d’un pays donné. Les commerces locaux et les entreprises locales ne peuvent plus suivre la concurrence face aux sociétés écrans ou de façades crées pour blanchir des fonds par des blanchisseurs qui pratiquent des prix en dessous des prix du marché car leur objectif n’est pas de faire du profit mais de dissimuler l’argent du crime ». Le blanchiment  constitue donc un risque réel pour la stabilité du système financier ouest-africain et annihile tous les efforts pour booster les efforts de développement économique du pays. Au plan politique les blanchisseurs risquent de s’emparer des rennes du pouvoir ou de positionner leurs hommes de main au cœur du pouvoir. Par l’argent sale il fausse le jeu démocratique, intimident les journalistes, les éliminent quand ils n’arrivent pas à la corrompre.

11ème réunion ministérielle et recommandations

Les travaux de la 11ème réunion ministérielle des Etats membres du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest GIABA se sont achevés ce samedi 05 mai à Abidjan. Face aux ministres et représentants des délégations gouvernementales le plaidoyer du Docteur Abdullahi Shebu, Directeur Général du GIABA s’est fait en faveur d’un appui plus important des gouvernements aux structures nationales de lutte contre le blanchiment d’argent et une meilleure coopération inter-état pour freiner le fléau. Au terme d’un huis clos pour analyser les recommandations issues des 3 jours d’échange des experts lors des assises de la 17ème commission technique, les ministres se sont engagés au nom de leurs pays respectifs à tout mettre en œuvre pour appliquer les dispositifs des lois LBC/FT – Blanchiment et lutte contre le financement du terrorisme – en vigueur au sein de la CEDEAO. Un engagement a été aussi pris d’appuyer les cellules nationales du renseignement financier à travers des formations pour le personnel et un appui technique pour optimiser les méthodes de recherche de données. Un souffle nouveau sera donné à la lutte contre la corruption et l’action judiciaire aura une place prépondérante dans la lutte contre le blanchiment. Autres mesures les transferts de fond dans l’anonymat porte ouverte à la dissimulation des capitaux seront combattus au même titre que la criminalité transfrontalière. Le ministre de l’intérieur Ivoirien, Hamed Bakayoko a appelé ses pairs à promouvoir l’approche intégrée sous-régionale de lutte à travers une meilleure mutualisation des expériences. Il a par ailleurs précisé que l’espace CEDEAO bien qu’étant à la recherche de capitaux frais pour financer son économie doit tout faire pour ne pas être une porte d’entrer à l’argent sale dans l’économie africaine. L’instabilité politique que plusieurs pays de la sous-région connaisse les rend vulnérable au fléau du blanchiment mais cela ne doit pas être un frein à la lutte à pour sa part précisée Giancarlo Del Bufalo Président du GAFI, le Groupe d’Action Financière.

SUY Kahofi 



« Moins d’illettrés dans l’armée Ivoirienne Monsieur le Ministre »

 

Les Ivoiriens veulent que les illettrés soient extirpés de l’armée

Il y a rapport sur les droits de l’homme et RAPPORT SUR LES DROITS DE L’HOMME ! Le dernier en date sur la Côte d’Ivoire estampillé du logo bleu de l’ONUCI n’a pas manqué de susciter des réactions vives au sein de la classe politique mais également au sein de la hiérarchie militaire et même au sommet de l’Etat. Le rapport si cru, qui mettait a nu le comportement inhumain des FRCI, a poussé le Ministre Coulibaly Gnénéman en charge du dossier des droits de l’homme dans le gouvernement Soro à faire trois sorties médiatiques en une semaine ! Celle qui a le plus marqué les Ivoiriens est la rencontre au sommet entre le Ministre et les principaux patrons de l’armée Ivoirienne. Le communiqué final de la rencontre annonçait la tenue très prochaine d’un séminaire de formation sur les droits de l’homme à l’attention des FRCI.

Voici une belle initiative qui pourtant fait réagir les Ivoiriens d’une autre façon. Pour la majorité, la question n’est pas de former au respect des droits de l’homme mais de nettoyer l’armée de ces illettrés. « Il faudrait qu’on nettoie un peu, c’est un peu bizarre ! Des illettrés qui sont là, ils ne comprennent pas français, ils ne savent même pas parler, ils ne savent pas lire et écrire » s’offusque Paulin un homme d’une trentaine d’année avant de conclure qu’il « faut nettoyer l’armée de ces illettrés qui passent leur temps à menacer les honnêtes citoyen avec des armes ». Et Richard Mian de renchérir « c’est une bonne chose de former les FRCI mais pour que quelqu’un puisse comprendre le droit même avec des mots simples il lui faut un minimum : savoir lire et écrire ». Or ce n’est pas le cas pour un nombre important de nouvelles recrues de l’armée Ivoirienne.

Les FRCI visibles dans les rues d’Abidjan manient plus aisément le malinké que la langue de Molière. Avant l’épopée glorieuse des FRCI ne pouvaient accéder à l’armée Ivoirienne que ceux qui avaient un niveau intellectuel bien précis : le BAC pour la gendarmerie, la licence ou des diplômes techniques pour des écoles d’officiers, le BEPC pour des militaires de rang ou encore le CEPE pour entrer à l’EMPT. Malheureusement aujourd’hui il semble que seule la capacité à faire la guerre et à utiliser une kalachnikov ou une lance roquettes soit la condition pour être appelé militaire ! Faut-il accepter de rabaisser l’armée symbole de la Souveraineté Nationale à un amas d’homme sans niveau intellectuel ? NON et Dominique K. souligne avec force qu’il faut que ceux qui ne peuvent pas justifier d’un diplôme scolaire et universitaire regagne les caserne. « On ne peut construire une armé avec des personnes qui ne maîtrise même pas la langue officiel du pays ! Leur place est dans les casernes ou tout simplement hors de l’armée. Il faut démobiliser ces illettrés car se sont eux qui commettent toutes ces bavures et ces violations à répétition des droits de l’homme ».

SUY Kahofi