2015 : la Côte d’Ivoire à l’épreuve d’une élection apaisée

Le défi majeur en 2015 sera celle d’une élection apaisée

Le défi majeur en 2015 sera celle d’une élection apaisée

La Côte d’Ivoire se rapproche d’un rendez-vous électoral très important. Il s’agit de la présidentielle de 2015 pour laquelle les partenaires du pays entendent apporter une aide.

Un Consortium pour le renforcement des élections et du processus politique (CEPPS) en Côte d’Ivoire a été lancé ce vendredi 31 octobre 2014 à Abidjan. Il s’agit d’une initiative de trois organisations non-gouvernementales à destination du peuple de Côte d’Ivoire pour des élections libres, crédibles et apaisées. Le NDI (National Democratic Institut), l’IFES (Fondation Internationale pour les Systèmes Electoraux) et l’IRI (International Republican Institut) bénéficieront d’un soutien de l’USAID pour mener à bien les activités de ce Consortium. Selon Christiane Pelchat directrice résidente du NDI, le CEPPS sera développé en guise « de programme d’appui au processus électoral et de soutien aux réformes électorales ». Lire la suite

La presse d’opposition gardera le silence

 

La presse d’opposition gardera le silence

La crise post-électorale Ivoirienne qui a pris un tournant très violent ces derniers jours continue de faire des vagues au sein de la grande famille de la  presse Ivoirienne plus divisée que jamais. D’un côté les fils à papa du régime sortant – les journaux bleus – qui ne sont nullement inquiétés et de l’autre les ennemis jurés de Laurent Gbagbo et de sa Côte d’Ivoire, les journaux proches du RHDP. Ces journaux au nombre de 9, sont réunis au sein du collectif des journaux pour la défense des acquis du 28 novembre 2010 et ont décidé de ne plus paraître jusqu’à nouvelle ordre.

« Dans le contexte actuel, la fin de la tolérance est une mesure d’autodéfense et que les appels à la sédition ou à l’insurrection devront désormais être durement sanctionnés » affirmait Ouattara Gnonzié le ministre de la communication du gouvernement Aké N’gbo. Pour donc donner les moyens au CNP de mettre fin à cette période dite d’impunité, il a été remanié avec une mission à peine voilée : muselé la presse d’opposition et mené la vie dure au tires neutres. Voyant le mal venir L’Intelligent d’Abidjan a préféré suspendre ses parution pour protéger ses journalistes et l’entreprise de presse elle-même. Depuis deux semaines, les directeurs de publication des journaux pro-rhdp doivent répondre à d’interminables convocations pour dire par exemple pourquoi ils écrivent que Ouattara est président, pourquoi ils soutiennent la certification de l’ONUCI et les résultats de la CEI, pourquoi parlent-ils du commando invisible… Alors pour tous ‘’ces manquements’’ les sanctions pécuniaires, les blâmes et les avertissements pleuvent sans fondement. Dembélé Alsény membre du collectif affirme que les journaux proche du RHDP « sont frappés par un instrument politique » dans la mesure où Djédjé Daly nouveau patron du CNP répondant aux aspirations de ceux qui l’ont nommé à décidé de faire fermer en bloc les journaux d’opposition. A partir de ce mardi 1er mars les quotidiens pro-rhdp ne seront plus dans les kiosques.

C’est dans ce contexte de violation des droits de l’homme, de reprise des combats et de privation du droit à l’information que le secrétaire générale de l’ONU Bang KI Moon demande l’organisation d’une réunion d’urgence sur la Côte d’Ivoire. Cette rencontre doit permettre à l’ONU de faire la lumière sur une violation de l’amgargo sur les armes de 2004 en Côte d’Ivoire. De son côté le gouvernement Soro vient de demander l’ouverture d’une enquête sur les crimes contre l’humanité perpétrés par l’armée fidèle à Laurent Gbagbo. 10 avocats français et ivoiriens préparent un dossier technique pour demander une enquête du TPI. Ces derniers ont déjà croisé le procureur Louis Moréno qui a demandé plus de détails et de preuves pour que ceux-ci puissent être reversés au dossier. Pour Me Jeannot Ahoussou ministre de la justice du gouvernement Soro cette mesure marque le début de « la lutte contre l’impunité ». Pour l’ONUCI, c’est également le moment de changer de stratégie afin de mieux protéger les populations et surtout le personnel de la mission de plus en plus intimidés et attaqués par les pro-gbagbo. L’ONUCI a tenu à rappeler dans un communiqué de presse que « selon les conventions internationales, toute attaque contre des Casques bleus constitue un crime de guerre ». A ce titre « l’ONUCI tient à rappeler que les règles d’engagement des casques bleus permettent d’employer la force pour assurer la protection du personnel et du matériel de l’ONU, ainsi que la liberté de mouvement. Ces règles seront strictement appliquées ».

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 31 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi

Laurent Gbagbo joue la carte de l’apaisement

L’étau des sanctions et de l’isolement se ressert autour du Président sortant

Après un long silence le Président sortant Ivoirien s’est prononcé hier au journal de 20 heures de la RTI sur la situation politique de la Côte d’Ivoire. Une véritable réponse du berger à la bergère ! Lundi 20 le Conseil de Sécurité défiait Laurent Gbagbo en prolongeant le mandat de l’ONUCI de 6 mois ; le mardi 21 c’est Laurent Gbagbo qui répond à la Communauté Internationale en assurant qu’à la lumière de la Constitution Ivoirienne il reste à son poste. En bon historien il a pris le soin de faire la chronologie des évènements d’après crise depuis la proclamation des résultats jusqu’à ce jour. Sa sortie est une surprise mais le discours en lui-même n’a pas fondamentalement changé. C’est le même que chante bon nombre de ses lieutenants à l’exception que Laurent Gbagbo lui évite les propos guerriers. Certainement que l’étau des sanctions et de l’isolement qui se resserre autour du Président sortant commence faire son effet. Là où l’Opération des Nations unies aurait échoué selon son camp, le Président sortant demande la création d’une Commission réunissant un nombre assez impressionnant d’organisations et de pays partant de la CEDEAO jusqu’aux USA en passant par la ligue Arabe ! Une autre Commission pour opérer quel miracle ? Comme si toutes les organisations citées étaient différentes de  l’ONU! Comme si ces organisations n’avaient pas d’observateurs qui eux aussi ont certifié les résultats. Prendre le risque de revenir en Côte d’Ivoire intervenir dans la crise Ivoirienne pour être traité demain d’organisation partisane !?!

Nouveau rebondissement donc dans la crise Ivoirienne avec la déclaration de Laurent Gbagbo que les FAFN et le Gouvernement Soro considèrent déjà comme une stratégie pour gagner du temps et ainsi jeter le trouble dans l’esprit de ceux qui le présentent comme un dictateur. Il invite « tous ceux qui se sont réfugiés à l’Hôtel du Golf à regagner leurs domiciles » car personne ne les a contraints à y être. Laurent Gbagbo ne veut plus « que le sang d’un Ivoirien coule » et pour cela il tend la main au RHDP en précisant qu’il existe une solution au problème Ivoirien par le dialogue. Il a aussi appelé la jeunesse au calme et à la retenu. Au sujet du départ de l’ONUCI il a pris le soin de souligner que la démarche de la Côte d’Ivoire s’inscrit dans une logique diplomatique et que les résultats de cette démarche s’inscriront dans le même ordre.

Le problème Ivoirien est un cas unique dans toute la diplomatie mondiale ! L’élection la plus chère financée par l’ONU non pas à la lecture de la constitution ou pour les beaux yeux des Ivoiriens. Voici la première fois également où le monde entier converge vers une position qu’un groupuscule rejette. Si le LMP analyse bien la situation actuelle c’est un remake d’une situation que la France a eu du mal gérer. Cette fois ci l’ONU et les grandes puissances sont préparées pour la guerre des tranchées diplomatiques.

Suy Kahofi

Crise Ivoirienne : La crédibilité des Nations Unies à l’épreuve

L'ONU doit se montrer ferme dans la crise Ivoirienne

Bien trop longtemps l’ONU s’est montrée tendre envers plusieurs dictateurs et usurpateurs de pouvoir qui s’appuyant sur la constitution de leurs pays et sur la charte des Nations Unies se sont agrippés au pouvoir. Des millions de dollars investis dans le règlement des conflits, des vies de milliers de soldats exposées pour au final laisser des hors-la-loi s’imposer en chef à la tête de populations qui les ont vomis ! Si certains analystes s’amusent à exiger que l’ONU soit repensée c’est parce que trop souvent son laissé-faire a été considéré comme une marque faiblesse. Lorsque les conflits éclatent et que les Etats membres sont empêtrés dans les difficultés, que la malnutrition frappe les réfugiés et les enfants, que des rébellions menacent de fondre sur des gouvernements démocratiquement élus, on oublie les constitutions et on se rappelle alors que l’ONU existe. Lorsque la stabilité est de retour, que des élections sont organisées et que les milices sont désarmées on se rappelle alors que nos constitutions existent et que l’ONU « n’a rien à dire dans nos problèmes ».

La fermeté de l’ONU en Côte d’Ivoire doit être un exemple pour l’avenir et elle sera un exemple si et seulement si cette fermeté conduit à l’installation du Président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire. Toute négociation, compromis ou tête à tête entre le Président Alassane Ouattara et Monsieur Gbagbo Laurent serait une manière pour l’ONU de cautionner le hold-up électoral du LMP. Soit l’ONU marque des points en assurant une sortie de crise avec toute la fermeté, soit elle perd la face si proche du but en acceptant comme cadeau les nombreuses menaces envers ses fonctionnaires. C’est au Président élu Alassane Ouattara que revient la charge de diriger la Côte d’Ivoire, de nommer les ambassadeurs, de cautionner la formation d’un gouvernement et de parler à l’extérieur au nom de la Côte d’Ivoire en tant que Président. A propos de légitimité et au-delà de l’ONU, c’est toutes les organisations continentales et internationales qui doivent savoir dire NON à tout gouvernement autre que celui du premier Ministre Guillaume Soro. D’ailleurs celui-ci est déjà connu de tous :

1. Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre de la Défense : Guillaume Kigbafori SORO

2. Ministre d’Etat, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : Me Jeannot Kouadio AHOUSSOU

3. Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République : Amadou Gon COULIBALY

4. Ministre du Plan et du Développement : Albert MABRI TOIKEUSSE

5. Ministre de l’Economie et des Finances : Charles Diby KOFFI

6. Ministre des Affaires Etrangères : Gervais Jean-Baptiste KACOU

7. Ministre de l’Intérieur : Hamed BAKAYOKO

8. Ministre de la Production Animale et des Ressources Halieutiques : Rémi Kouadio ALLAH

9. Ministre des Infrastructures Economiques, Porte-parole du Gouvernement : Patrick ACHI

10. Ministre des Mines et de l’Energie : Adama TOUNGARA

11. Ministre de l’Education Nationale : Kandia CAMARA

12. Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Salubrité Urbaine : Dagobert BANZIO

13. Ministre de la Fonction Publique : Konan GNAMIEN

L’Union Africaine, l’Union Européenne, les Etats Unis, la Grande Bretagne et toutes les Nations qui se respectent doivent ensemble aider la Côte d’Ivoire à retrouver son PRESIDENT.

Suy Kahofi

Une République pour deux Présidents !

Qui des deux sera au final le Président de la Côte d'Ivoire

Une annonce de résultats provisoires de l’élection présidentielle faite à l’hôtel du Golf à Cocody donne Alassane Dramane Ouattara vainqueur de l’élection Présidentielle avec 54,10% des suffrages contre 45,90% pour Laurent Gbagbo. Une autre annonce, cette fois ci du Conseil Constitutionnel enregistrée par la RTI première chaîne donne Laurent Gbagbo vainqueur avec 51,45% des suffrages contre 48,56 % pour ADO. Dans un flou total où l’Organisation des Nations Unies par le canal de son représentant spécial semble avoir choisi son camp, les Ivoiriens continuent de vivre la peur au ventre avec deux Présidents ! « Je n’ai pas voté pour Gbagbo donc comment il a fait pour devenir Président c’est entre lui et ceux qui le suivent » s’insurge un militant RHDP d’Abobo Baoulé. « Nous on va installer Gbagbo parce que c’est lui que les Ivoiriens aiment ! Ce que l’ONU dit ce n’est pas notre affaire, c’est maïs ! » s’écrie une militante en extase dans les rues de la Riviera. Jusqu’à ce que l’un des présidents ne jette l’éponge de la contestation, les Ivoiriens vivront avec le spectre d’être attaché à l’un des deux hommes forts du second tour de l’élection présidentielle. Les deux annonces faites respectivement par Mr Youssouf Bakayoko (CEI) et Mr Paul Yao N’dré (Conseil Constitutionnel) ont crée à des moments différents des sentiments de joie puis de frustration qui se sont traduits dans les faits par des actes de violence qui ont entrainé des blessés lors d’affrontement entre partisans LMP et RHDP. Difficile également de comprendre comment sur la même base de calcul à savoir le retrait des départements jugés litigieux par le LMP, l’ONUCI est arrivé à un résultat différent du Conseil Constitutionnel ?

Reste donc la position de la Communauté Internationale sur le problème Ivoirien et surtout celle du Big Five de l’ONU. Le laxisme dans la prise de sanction contre des dictateurs après les efforts des Nations Unies pour gérer des conflits a permis leur enracinement au pouvoir si bien qu’ils se sont proclamés président à vie à l’image de Robert Mugabé. La Côte d’Ivoire ne sait plus à quel Saint se vouer ; elle qui croyait avoir tourné la page de la crise semble s’apprêter à écrire un autre chapitre consacré cette fois ci au nom de son nouveau Président. Espérons tous simplement qu’il ne soit pas aussi long que celui de la crise, du report des élections ou des nombreux accords de paix.

Suy Kahofi