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Les autorités Ivoiriennes s’engagent contre la cherté de la vie

 

Les boutiquiers sont sommés de pratiquer des prix responsables

Le Premier ministre ivoirien, Jeannot Ahoussou Kouadio a mis en mission de contrôle et de veille sur les mesures mises en œuvre pour lutter contre la cherté de la vie. Ce 31 mars à Yamoussoukro la capitale politique de la Côte d’Ivoire, le corps préfectoral et les responsables des collectivités territoriales ont été interpellés. Les mesures gouvernementales décidées relativement à la cherté de la vie concernent la mise en place d’un Comité de veille permanent pour l’ensemble des produits de grande consommation qui devra rendre compte au gouvernement, diligenter une étude sur les protections dont bénéficient les industries installées en Côte d’Ivoire en vue de mesurer leur pertinence. La question de la cherté de la vie est aujourd’hui au cœur de tous les débats en Côte d’Ivoire. Il ne se passe pas un seul jour sans que les populations Ivoiriennes ne se plaignent de la hausse des prix sur le marché. Les boutiquiers et les vendeuses à l’étalage semblent afficher des prix qui passent du simple au double entre deux jours. Une situation qui occasionne des grognes au sein de la population. « Le marché était cher avant la crise et je dois dire qu’il est devenu plus cher. L’Ivoirien ne peut plus rien acheter : du riz aux légumes en passant par l’huile ou le savon, chacun affiche ces prix comme si nous étions dans la jungle » affirme Françoise Konan une mère de famille. Madame Kouassi se propose de nous faire l’état des denrées dont le prix est passé du simple au double. « Nous avons sur le marché des vivriers, la banane, le manioc, les légumes mêmes. Pour la viande le kilo à 2100 ou 2300 f CFA par endroit c’est trop. Le poisson et le poulet on n’en parle pas ! ».

Au-delà des produits cités par cette mère de famille, il y a également la hausse du prix du riz pour lequel le gouvernement Ivoirien vient d’obtenir une légère réduction. « Le riz de grande consommation que nous appelons déni kachia qui est le riz avec 25% de brisure a un prix qui varie autour de 300 f CFA » soutien Dagobert Banzio Ministre Ivoirien du Commerce. Une amélioration a été faite car en 2008 le prix de ce même riz de grande consommation oscillait entre 315 et 450 f CFA, en 2009 il est passé entre 325 et 345 f CFA. Dans le nord le riz de luxe et semi luxe est vendu à 280 et 310 f CFA. Si en théorie ces prix se stabilisent certains commerçants véreux continuent d’afficher des prix à la tête du client. Alors pour faire des économies et varier leur alimentation, les populations Ivoiriennes se rabattent sur les marchés de vivrier où la hausse se fait aussi sentir. Kouadio Ahou Bertine est commerçante de vivrier au marché Gouro d’Adjamé, elle nous explique que la hausse sur l’étalage est fonction du prix sur le marché de gros. « Avant la crise le lot de banane était vendu à 5000 ou 6000 f mais aujourd’hui nous l’achetons entre 12.000 et 15.000 voir 17.000. Pour le manioc on pouvait avoir un tas à 200 ou 300 mais aujourd’hui il faut 1000 ou 1500 pour un tas ». Avec 50.000 une vendeuse pouvait faire le plein de marchandise avant la crise mais aujourd’hui avec 100.000 f il faut serrer la ceinture pour avoir de quoi payer le transport. Sous l’impulsion du premier ministre Ahoussou Jeannot qui se fait désormais aider des préfets, sous-préfets et du corps administratif Ivoirien, les autorités sont en guerre contre la vie chère et les commerçants rebelles aux reformes et baisse des prix. Le gouvernement ne pourra pas à lui seul arriver à restaurer l’ordre sur les marchés d’où cet appel du Ministre du Commerce. « Les associations de consommateurs à la base doivent saisir le ministère pour signaler les commerçants qui affichent des prix trop élevés. Ils doivent aussi saisir les consommateurs pour les orienter vers les boutiques les moins chers. Il ne s’agit pas de boycotter les boutiquiers qui pratiquent les mauvais prix mais d’aider les Ivoiriens à dépenser moins pour se nourrir ». Le gouvernement de son côté n’entend pas mener exclusivement la politique du bâton mais il entend surtout sensibiliser chaque acteur pour que sa politique de lutte contre la vie chère puisse être épousé par chaque habitant du pays.

SUY Kahofi



Obama rétablit l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA

 

Obama rétablit l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA

Le Président Barack Obama a annoncé ce 25 octobre 2011 que l’éligibilité de la Côte d’Ivoire aux préférences commerciales et autres avantages liés à la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act ou AGOA) a été rétablit. La décision du Président Obama est une reconnaissance des progrès que la Côte d’Ivoire a accomplis dans le rétablissement de la démocratie, l’amélioration de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption. L’annonce fait suite à  l’engagement  de la Côte d’Ivoire à respecter les  critères d’éligibilité à l’AGOA ; notamment la mise en place d’une économie de marché, la promotion de l’état de droit, des politiques économiques permettant de réduire la pauvreté, le respect  du droit international du travail et les efforts visant à combattre la corruption. L’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA a été retirée en 2005 après cinq ans d’instabilité politique et de conflit armé.

Pour l’Ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Phillip Carter III, « la décision du Président Obama est la reconnaissance du pas important que la Côte d’Ivoire a fait dans le rétablissement de la démocratie et de l’état de droit. L’éligibilité à l’AGOA va stimuler des relations étroites entre les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire et remettre la Côte d’Ivoire sur les rails en vue de lui permettre de retrouver sa place de locomotive économique de l’Afrique de l’Ouest ». La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act ou AGOA) a été signée par le Président Clinton en mai 2000 dans le but d’accroître le commerce et l’investissement entre les Etats-Unis et l’Afrique sub-saharienne, de stimuler la croissance économique, de promouvoir un dialogue de haut niveau sur les questions relatives au commerce et à l’investissement, d’encourager l’intégration économique et de faciliter l’intégration de l’Afrique sub-saharienne dans l’économie mondiale.  Les préférences commerciales considérables ainsi que celles relatives au Système Généralisé de Préférences et au Traitement Tarifaire de la Nation la Plus Favorisée constituent les principaux avantages de l’AGOA, lesquels permettent aux marchandises produites dans les pays éligibles à l’AGOA d’entrer sur le marché américain sans paiement de taxe. Le Président Obama a également rétablit l’éligibilité de la Guinée et du Niger à l’AGOA suite aux élections présidentielles de 2010 qui ont été qualifiées d’élections libres et transparentes.



Fluidité du négoce de bétail entre la Côte d’Ivoire et les pays de la CEDEAO

 

Les Ivoiriens n’ont pas souvent le cœur à la viande !

La Côte d’Ivoire malgré les nombreuses politiques de valorisation de la production animale nationale est un pays qui n’est pas encore auto-suffisant en matière de protéine animale. Elle doit encore importer des têtes de bovin des pays membres de l’espace CEDEAO notamment ceux de l’hinterland que sont principalement le Mali, le Niger, le Burkina…pour ravitailler les marchés. Pour faire face à la demande nationale toujours plus croissante les producteurs Ivoiriens ont porté sur les fonds baptismaux une fédération nationale des filières bétails de Côte d’Ivoire qui est membre de la Confédération des Fédérations Nationales de la Filière Bétail et Viande des pays de l’Afrique de l’Ouest COFENABVI-AO. Malgré l’existence de cette structure qui a son siège à Abidjan, la Côte d’Ivoire peine encore à ouvrir son marché et à garantir une réelle fluidité dans le négoce du bétail. Selon Bamba Yacouba vice-président de la Fédération Nationale des Coopératives de la Filière Bétail et Viande de Côte d’Ivoire, les difficultés auxquelles les professionnels de la filière bétail font face en Côte d’Ivoire ont pour nom les coups de convoyage du bétail élevé, les taxes annexes souvent injustifiées sur le bétail et surtout le racket sur les routes du pays.

La COFENABVI-AO pour trouver une solution à ces problèmes mène des politiques de persuasion auprès des autorités Ivoiriennes mais aussi ceux des pays membres de l’espace CEDEAO pour que les taxes et autres charges liés au négoce du bétail puissent chuter. Elle mène aussi des actions pour que les autorités douanières de l’UEMOA et de la CEDEAO puissent garantir la libre circulation des personnes et des biens pour que les pays producteurs puissent satisfaire les demandes des terminaux des pays côtiers. Pour encourager également les producteurs et les aider à couvrir leurs charges d’exportation un système de prêt interne a été mis sur pied. Les professionnels de la filière bétail peuvent ainsi financer plus facilement leurs exportations. Pour le cas spécifique de la Côte d’Ivoire des projets de production à l’échelle nationale sont également encouragés. La Côte d’Ivoire a valorisé l’élevage de la race de bœuf N’dama qui est traditionnellement réservé à des fins de prestige (funérailles, sacrifice) contrairement au Zébu des zones sahélienne prisé pour sa chaire. Selon Bamba Yacouba de la COFENABVI-AO, les éleveurs des pays sahéliens viennent nourrir leur bétail dans le nord de la Côte d’Ivoire et vont les revendre le bétail au Nigéria. « La Côte d’Ivoire a la matière première en abondance reste une petite volonté des autorités Ivoiriennes pour que le projet d’une production à l’échelle nationale soit possible » a-t-il ajouté. Une libre circulation du bétail et une bonne production au plan national pourrait entrainer la chute du prix à l’étalage car pour l’instant vu les prix, les Ivoiriens n’ont pas souvent le cœur à la viande !

SUY Kahofi



L’insignifiante réduction de 10 f CFA !

 

La grogne se poursuit sur les marché

10 f CFA voici la réduction que vient d’opérer le gouvernement d’Alassane Ouattara sur le prix de la denrée la plus consommée de Côte d’Ivoire le riz. Il ne faut pas se voiler la face toutes les qualités de riz ne sont pas touchées par cette réduction. Seul le riz déni kachia fait l’objet de ce rabattement de prix. Les exportateurs et autres grossistes estiment perdre entre 3 et 4 milliards de f CFA juste à cause de cette réduction ! Les Ivoiriens qui malgré la fin de la crise continuent de vivre avec d’énormes difficultés ne sont pas satisfait dans l’ensemble de cette mesure qu’ils qualifient d’insignifiante. Nous avons fait le tour des marchés, voici la réaction de quelques ménagères mais aussi des chefs de familles.

Lou Hortense « Le gouvernement n’a rien fait »

« Il ne faut pas que les gens se moquent de nous ! Soit ils réduisent le prix du riz soit ils ne font rien. On ne peut pas nous dire qu’on fait une réduction, on l’annonce à la télévision et derrière ont fait juste une réduction de 10 f ! C’est plus une foutaise qu’une manière d’aider le peuple ».

Suzanne Kouassi « On peut faire plus »

« Je pense que c’est déjà un pas mais on peut encore faire plus. Une réduction de 10 f ne peut pas résoudre le problème des Ivoiriens parce que nos problèmes sont énormes. Un rabattement de 50 f CFA peut aider la ménagère. Je pense que le gouvernement peut lui-même contribuer à cette réduction car le nœud du problème se sont les taxes diverses qui augmentent le prix de vente direct. On faire plus pour les Ivoiriens ».

Le couple Koffi divisé !

Mr Koffi « Il faut féliciter le gouvernement ». « Vous savez il faut féliciter le gouvernement et ne pas voir la réduction directe en terme de 10 f CFA. Il faut le voir sur le budget familial sur le mois ou même l’année. Toutes les réductions sont bonnes à prendre ». Mme Koffi « Rien a changé ! ». « 10 f CFA c’est quoi ça ? Moi je dis que cette réduction est trop insignifiante pour soulever des réactions positives. Monsieur dit qu’il faut féliciter le gouvernement, moi je dis non car rien n’a changé dans le panier de la ménagère. Voici pourquoi j’ai invité mon mari à m’accompagner aujourd’hui sur le marché pour faire le constat de la cherté de la vie lui-même. Il faut que ne autorités arrivent à réduire les prix de façon significative ».

Konan Irène « La réduction doit toucher tous les produits »

« Une réduction de 10 f sur une seule qualité de riz mais je dis que le gouvernement n’a rien fait ! Je pense même que si la réduction touchait toutes les qualités de riz c’était déjà un pas important. Lorsque la réduction est aussi faible la parade consiste à faire une réduction sur plusieurs produits. C’est seulement de cette manière que le consommateur sent un véritable effort de la part des autorités. Il y aussi des produits stratégiques comme le carburant dont la réduction du prix peut entrainer une chute significative des prix dans l’ensemble. Il faut aussi faire quelque chose à ce niveau ».

SUY Kahofi



Pour contrer la crise Abidjan se met en mode chintok !

 

eburnietoday.mondoblog.org

Les produits chintoks envahissent de nouveau le marché

« En cette période de vaches maigres point besoin de faire des dépenses inutiles pour tout reconstruire » semblent se dire les Ivoiriens. Quand la galère et les difficultés économiques sont au rendez-vous, il faut savoir faire bouger ses neurones pour s’en sortir. Les Ivoiriens l’ont compris et avec le peu de ressources dont ils disposent, ils prennent d’assaut le marché pour essayer de redonner vie à leur maison ou leurs activités de tous les jours. Alors quand on a un petit budget, que peut-on faire pour avoir un maximum d’articles ? A cette question les Ivoiriens vous diront qu’il faut se rabattre sur les produits made in China !

Les fameux produits chintoks en ces temps de disette ont de nouveau le vent en poupe. A les voir inonder de nouveau le marché on se demande bien si la Côte d’Ivoire n’a pas réussit son pari de diversifier ses partenaires économiques. Alimentation, construction, vêtements…il n’existe pas un seul secteur qui échappe à l’invasion de l’Empire du milieu et cela n’est pas fait pour déplaire aux consommateurs locaux. « L’Ivoirien n’a plus rien et il faut avoir le courage de le dire. Avec les produits chintok au moins peut faire des économies car les articles moins chers » affirme N’guessan Stéphane un client d’Adjamé Saint Michel. Stéphane a raison car à voir le prix des articles, on comprend automatiquement pourquoi ils attirent. Petite démonstration avec madame Bamba. « Avec 5000 f je viens d’acheter le nécessaire pour la douche » nous dit-elle fièrement. « Un seau à 9000, la bassine à 1500, deux brosses pour sol à 600, le panier pour brosse à dent à 500 et le cure chasse à 1500 ! » nous détaille la mère de famille entre deux achats.

L’affluence des clients fait aussi le bonheur des vendeurs qui ‘’se rattrapent’’. Koniba est vendeuse d’assiette et de verres au Forum des Marchés d’Adjamé, elle nous explique pourquoi les commerçants ont le moral très haut. « Avec la crise, les Ivoiriens ne pensaient pas à autre chose que la nourriture. Il fallait survivre et c’était tout. Le marché était vide et les commerçants désemparer ! Aujourd’hui avec la reprise des activités il y a de nouveau du monde sur le marché. Les consommateurs viennent acheter de nombreux articles et nous avons notre bénéfice à la fin de la journée ». Elle nous dira que les filières de distribution Dubaï – Abidjan et Pékin – Abidjan ont été les premières à se mettre en marche. Les grossistes durement touchés par la crise se sont dépêchés de contacter leurs fournisseurs chinois pour les marchandises prennent la destination d’Abidjan. Aujourd’hui les affaires vont bien et les Ivoiriens qui se plaignaient de la qualité des produits semblent avoir mis une croix sur ce débat prix – qualité. Avec les produits chintok tout le monde gagne à l’image de Sékou qui nous présente sa nouvelle trouvaille made in china. « Mon portable à trois carte SIM, la télévision, la radio, un appareil photo, une fonction enregistreur vidéo et audio, une possibilité de se connecter à internet… ». N’est ce pas formidable la petite aventure des chinoiseries sur le marché Ivoirien ?

Suy Kahofi