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Le CAP-2012 pour la Côte d’Ivoire est lancé !

 

Camp de réfugiers dans l'ouest de la Côte d'Ivoire

La question des réfugiers en Côte d’Ivoire demeure toujours préoccupante neuf mois après la fin de la crise post-électorale. C’est pour trouver une réponse immédiate et surtout durable à cette situation que le Bureau de Coordination de l’Action Humanitaire des Nations Unies OCHA, le Ministère Ivoirien en charge des affaires sociale et leurs partenaires se sont réunis ce 16 janvier à la salle de conférence du ministère des affaires étrangères pour procéder au lancement du Processus d’Appel Consolidé pour la Côte d’Ivoire. Ce projet humanitaire aura une durée d’un an et devra au bas mot mobilisé des ressources à hauteur de 173.089.333 dollars US. Cette somme doit répondre aux besoins de 186.000 personnes déplacées Internes et 161.061 réfugiers Ivoiriens dont 135.208 au Libéria.

Le lancement du CAP 2012

La cérémonie de lancement du CAP 2012 pour la Côte d’Ivoire a eu lieu ce lundi 16 janvier sous la présence effective de Mr Gilbert Kafana Koné ministre d’Etat, ministre de l’emploi, de la solidarité et des affaires sociales et de Mme Catherine Bragg la Sous-secrétaire Générale aux Affaires Humanitaires des Nations Unies et Coordinatrice Adjointe des Secours d’Urgence. Cette cérémonie a réunit les agences spécialisées des Nations Unies opérant en Côte d’Ivoire et les Ministères techniques Ivoiriens. Au cours de la série des allocutions, Gilbert Kafana Koné ministre d’Etat, ministre de l’emploi, de la solidarité et des affaires sociales a remercié les humanitaires et les ONG pour leurs actions divers en faveur des réfugiers et déplacés Ivoiriens. Il a surtout souligné la nécessité d’agir conjointement (Agences des Nations Unies-ONG-Etat de Côte d’Ivoire) pour être plus efficace sur le terrain. Il n’a pas manqué de situer le contexte dans lequel le CAP-2012 est lancé. « Le processus d’appel consolidé 2012, élément de planification stratégique et de mobilisation de ressources intervient dans un contexte d’amélioration significative de la situation humanitaire. Au titre des mouvements de population il convient de noter une légère baisse du nombre de personnes déplacées internes présents dans les sites d’accueil ainsi que celui des sites eux-mêmes. Il est à souligner des retours massifs organisés et spontanés de ces personnes dans leur milieu d’origine ». Malgré ces quelques embellies d’énormes problèmes sanitaires et socio-économiques persistent ! Le CAP-2012 se donc présente comme une réponse à ces besoins. N’Dolamb N’gokwe le Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire après un exposé global de la situation humanitaire en Côte d’Ivoire n’a pas manqué de souligner les missions du CAP-2012. « Il s’agit d’abord d’identifier et de soutenir des solutions durables pour le retour volontaire des déplacés et des réfugiers, d’améliorer les conditions de vie et de protection des populations les plus vulnérables et finalement de réduire les risques de toute nouvelle crise ». Mme Catherine Bragg a précisé le contexte de sa mission non sans prendre le soin de souligné la nécessité de redoubler d’effort pour répondre aux besoins des réfugiers.

La mission humanitaire de Madame Bragg

Pour piloter le projet CAP-2012 et pour booster l’action humanitaire et remobiliser le gotha des donateurs et des partenaires au développement, Mme Catherine Bragg la Sous-secrétaire Générale aux Affaires Humanitaires des Nations Unies et Coordinatrice Adjointe des Secours d’Urgence séjourne en ce moment en Côte d’Ivoire. Elle aura un programme chargé fait d’échange avec les représentants des agences de l’ONU opérant en Côte d’Ivoire, les Ambassadeurs et surtout les autorités Ivoiriennes qui ont le leadership de l’action humanitaire en Côte d’Ivoire. « L’objectif de cette visite est d’évaluer la situation humanitaire neuf mois après la fin de la crise post-électorale, de sensibiliser les donateurs et le public sur les besoins et les défis restants ainsi que sur la nécessité d’un financement conséquent tout au long de l’année afin de permettre d’instaurer une réponse humanitaire solide qui contribuera à la stabilisation ». Mme Bragg durant son séjour effectuera une mission ce 17 janvier à Guiglo dans l’ouest de la Côte d’Ivoire avant d’achever sa visite le mercredi 18.

SUY Kahofi

 



Une crise humanitaire qui ne dit pas son nom

 

Une vie difficile dans les camps de réfugiés

Une agréable odeur de frite de pomme de terre s’échappe d’une cuisine à Cocody Angré. Les gamins invités à table semblent se plaindre du menu et la mère de famille débordée tente gentiment de réexpliquer aux enfants la situation du pays. Si seulement ces enfants issus d’une famille plutôt aisée pouvaient comprendre que juste à Abobo, des enfants comme eux dorment chaque soir l’estomac vide. Les projecteurs des médias sont braqués sur la révolution Libyenne pendant que dans les quartiers d’Abidjan et dans plusieurs villes les populations déplacées dorment à la belle étoile. Les corps en putréfaction à Abobo et dans certaines localités de l’ouest, où une offensive des FAFN est en cours, annoncent la recrudescence des épidémies typhiques. Les moindres moments d’accalmie poussent les populations ayant quitté leurs maisons à revenir mais une fois sur place il faut encore sortir car les armes lourdes crépitent de nouveau. Pendant que deux hommes se chamaillent pour le pouvoir la population qu’ils espèrent diriger souffre terriblement.

La violence et les accusations portées contre l’ONUCI et les agences des Nations Unies rendent difficiles le travail des humanitaires. Dans ce contexte, la faim, le manque d’eau potable, la maladie et les morts rythment le quotidien des camps de déplacés. Désormais le Libéria n’est plus le seul point de chute des fuyards Ivoiriens : on les compte par milliers au Ghana y compris les ressortissants CEDEAO du Niger, du Burkina, de la Guinée et du Mali. « On ne peut plus rester ici » affirme un ressortissant nigérien qui attend le trans-ecowas. « Des hommes en uniforme se livrent à la chasse à l’homme : on nous traite de rebelle et on nous tue. Je préfère partir ». A la gare de Niamey certains sont venus juste avec les habits qu’ils portent : pas de bagages, juste de quoi payer le ticket. L’insécurité est toujours grandissante, le chômage atteint des records, les entreprises ferment et d’ici peu les vivres vont manquer sur les marchés, les médicaments aussi. On en parle très peu mais c’est une réalité : seules les familles aisées pourront manger à leur faim dans les semaines qui viennent. A voir les mamans trainer les paniers vides sur les marchés, on se demande si certaines familles auront de quoi tenir tout ce mois de mars ! La Côte d’Ivoire est méconnaissable et l’Ivoirien qui voyait les images de la guerre d’Ethiopie, du Libéria, de Sierra Léone et du Mozambique comme quelque chose qui n’allait jamais se produire sur son sol n’en revient toujours pas. Nous voici Ivoirien dans le club des pays sous perfusion alimentaire du PAM. Pour l’instant il y a des camps de refugiés, demain se sera peut-être les avions de la Croix rouge qui nous lanceront les sacs de protéines. Nous devons sauver ce pays et nous le pouvons, non pas pour nous mais pour nos enfants.

La seule prière des Ivoiriens c’est que Dieu opère le miracle à Addis-Abeba ce 10 mars sinon la catastrophe risque de se produire. Ceux qui malheureusement voulaient croire en un face à face Ouattara – Gbagbo seront déçus car le second n’a pas fait le déplacement. Le président sortant sera représenté par le président de son parti politique, Pascal Affi N’guessan et par son Ministre des affaires étrangères, Alcide Djédjé. Motif officiel évoqué pour justifier cette absence l’insécurité interne qui nécessite la présence du leader. Officieusement Gbagbo Laurent ne veut pas se faire arrêter ou au pire des cas faire tuer ! L’histoire de l’Afrique nous a donné les preuves que les avions des leaders indisciplinés ou trop zélés finissent un matin par disparaître des écrans radars. La montagne risque donc d’accoucher d’une souris en l’absence d’un des deux protagonistes mais avec ou sans Gbagbo la crise doit prendre fin car trop d’homme ont perdu la vie.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 39 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi