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Les ivoiriens de Bangui de retour au bercail

Arrivés dans le dénuement total mais en vie !

Arrivée dans le dénuement total mais en vie !

C’est une année qui commence pour eux sous le signe de l’espoir. Eux se sont les ressortissants ivoiriens vivants à Bangui qui fin 2013 ont commencé à regagner Abidjan. Ils sont pour le moment 285 ivoiriens rentrés de Bangui par deux vols spéciaux affrétés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Rentrés épuisés d’un long périple et traumatisés par le spectre des armes, ces volontaires au retour ont été dispatché sur les sites d’accueil d’Abobo N’dotré (Centre d’accueil et de transit de l’ONG Côte d’Ivoire prospérité) et à d’Azaguié.

Chassés par la guerre civile en Centrafrique, c’est dans le dénuement total que ces enfants, femmes et hommes sont rentrés. Difficile en effet pour bon nombre d’entre eux après des années d’exil de renouer avec la famille restée au pays. Ce sont donc des gosses déboussolés et des familles dans l’inquiétude qui n’ont que pour seul soutien l’assistance de l’Etat de Côte d’Ivoire en nourriture et soin de santé primaire. Une assistance qui sera accrue conformément à la volonté du Conseil de gouvernement du mardi 7 janvier, volonté de soutien qui sera consolidée par une décision finale du Conseil des ministres de ce mercredi 8 janvier. Pour Lédou Kouassi Jean président de la colonie ivoirienne de Centrafrique le soutien de l’Etat Ivoirien qui s’est matérialisé dans un premier temps par la prise en charge du ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant est un signe que le Gouvernement n’a pas oublié ses concitoyens.

D’ailleurs Anne Désirée Ouloto, la ministre en charge de la solidarité a salué le courage des volontaires au retour. Un retour obligatoire pour le Président Alassane Ouattara qui avait personnellement pris l’engagement d’éviter de nouvelles victimes au sein de la communauté ivoirienne de Bangui après la mort de deux ivoiriens. Malgré un retour dans des conditions difficiles, les ivoiriens rentrés de Bangui estiment que le plus important c’est d’avoir la vie sauve.



La sale guerre de Laurent Gbagbo contre ADO

 

L'hôtel du Golf attaqué à l'arme lourde par les troupes pro-gbagbo

Il y a encore de nombreux Ivoiriens qui doutent des intentions réelles de Laurent Gbagbo mais je crois que l’attaque de l’hôtel du golf a bien renseigné chacun de nous. L’objectif semble être clair pour les troupes fidèles au mauvais perdant de la présidentielle du 28 novembre 2010 : porter atteinte à l’intégrité physique d’Alassane Ouattara et des occupants de l’hôtel du golf. Alain Leroy le patron des casques bleus après enquête avait attiré l’attention des membres du Conseil de Sécurité sur la progression des troupes pro-gbagbo. A peine avait-il rendu public son rapport que Laurent Gbagbo se manifeste avec ses francs-tireurs embusqués qui reprennent du service. Les snippers faisant fi de la présence des civils ont ouvert le feu dans le tas manquant de toucher des journalistes.
Les méthodes du camp Gbagbo sont connues : les assassinats ciblés car aujourd’hui tout le monde sait qui est la marraine des escadrons de la mort, les tueries de civils et les attaques contre les troupes de l’ONUCI et de la Licorne. L’hôtel du Golf comme je le disais hier est encerclé et la mission est claire : tuer Alassane Ouattara. Si le Président Alassane Ouattara avait les mêmes intentions il y a bien longtemps que Laurent Gbagbo était sorti de sa tanière d’où il tire les ficelles de la déstabilisation du pays. Il refuse que la Côte d’Ivoire s’engage sur le chemin de la paix et de la stabilité sinon comment comprendre que pendant que les autres leaders politiques étaient en campagne, Laurent Gbagbo s’entourait de mines, de blockhaus et d’armes lourdes ? Laurent Gbagbo sait que la prise de son palais sans dégâts sera une mission difficile car le bouclier des ambassades lui offre une protection à nul autre pareil et voici une situation qui rebute les soldats des FRCI. « On nous traite d’illettrés et de dangereux mais je crois que chacun aujourd’hui sait qui est dangereux. Alassane nous demande d’envoyer les blessés ennemis à l’hôpital, de faire des prisonniers et non d’exécuter qui que ce soit après une bataille. En face nous avons des sauvages angolais et des éléments du CECOS qui lorsqu’ils capturent nos éléments les exécutent froidement. Où allons-nous ? » s’indigne Willy un jeune combattant que nous avons pu joindre par téléphone. « Où placer le canon sans s’attirer des problèmes avec nos chefs ? Tu veux tirer ici on te dit c’est l’ambassade de Russie, là c’est l’ambassade des USA, là c’est celle du Japon…Si Gbagbo n’avait pas toute cette protection il y a longtemps qu’on l’avait déterré » explique un autre combattant. « Les hommes de Laurent Gbagbo sont des individus mal intentionnés : des hommes qui sont capables de séquestrer un ambassadeur accrédité dans notre pays. Ils donnent à la Côte d’Ivoire une réputation d’Etat délinquant » déclare un capitaine de gendarmerie rallié aux FRCI.
Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire savent désormais qui ils ont en face et l’ONUCI et la Licorne comprennent que Laurent Gbagbo et ses hommes sont dans une logique de guerre totale. Si ce qui reste de forces militaires fidèles à Laurent Gbagbo n’est pas neutralisée dans les 48 heures qui viennent la vie du Président Alassane Ouattara et celle de ses proches est en danger.
Suy Kahofi



Il tire toujours les ficelles de la déstabilisation

 

Laurent Gbagbo veut-il réellement la paix ?

« Si je ne suis pas Président alors personne ne le sera ». Voici certainement l’idée maitresse qui guide l’attitude destructrice de Laurent Gbagbo dont les troupes refusent de tourner la page de la crise post électorale. L’égocentrisme de Laurent Gbagbo risque de pousser la Côte d’Ivoire vers des lendemains incertains. Comment quelqu’un qui prétend être de Dieu et combattre avec ‘’l’armée de Dieu’’ peut-il être aussi orgueilleux au point de mettre en péril la vie de ses compatriotes ? Parce que la Côte d’Ivoire veut renoncer à la violence et au KO, le clan Gbagbo refuse de lui rendre sa liberté. Au lendemain du discours du Président Alassane Ouattara les populations sont enfin sorties pour tenter de trouver de quoi manger et souffler. Les engagements pris pour le retour au calme avaient convaincu les Ivoiriens. Malheureusement les miliciens pro-gbagbo encore actif à Abidjan ont tout fait pour empêcher les abidjanais d’être heureux. Plusieurs attaques ont été signalées dans toute la ville car les forces pro-gbagbo n’ont pas dit leur dernier mot. Profitant de l’accalmie et du fait que les FRCI tentent de sécuriser Abidjan, les mercenaires et miliciens à la solde de l’ancien président se sont réarmés pour continuer à tuer. Certes cette situation inquiète l’ONU mais elle avait été déjà décrite par le Premier Ministre Guillaume Soro qui avait affirmé et je cite « l’appel au cessez-le-feu n’est qu’une nouvelle stratégie de Laurent Gbagbo pour gagner du temps et organiser sa résistance ». Aujourd’hui chacun donnera raison à Guillaume Soro vu que la forteresse Gbagbo est gardée par plus de 1000 hommes qui tentent d’encercler l’hôtel du golf. Suivez mon regard.

Voici près d’une semaine que les habitants du paisible quartier de la Riviera CIAD et du village de N’pouto (situé à 500 m de l’Hôtel du Golf) ont vu débarquer de nouveaux locataires. Un nombre important de ces personnes serait des militants de la FESCI qui ont déserté les cités universitaires : « on les connait bien ici » nous a affirmé un jeune homme. Reconnaissable à leurs vocabulaires virulent et leurs prêches enflammées anti-ouattara, ils tentent de recruter des jeunes dans les espaces publics tels que les maquis et espace de distraction encore ouverts. En cette période difficile, ils ont encore les moyens de s’offrir casiers de bières et mener une vie de luxe. Pire aux alentours du village de N’Badon des informations font état de jeunes miliciens qui reprennent des entrainements. Les populations de ces différents quartiers et villages heureux de la présence des casques bleus de l’ONUCI craignent que la violence et les pillages ne soient désormais leur quotidien. Les attitudes hitlériennes de Laurent Gbagbo inquiète car dans l’histoire du monde tous les dictateurs et leaders qui ont cru que sans eux leurs Nations ne pouvaient pas exister ont conduit des régimes et des idéaux qui ont consacré le KO et la désolation. La Shoa en est l’exemple le plus palpable ! Laurent Gbagbo s’en fout de savoir si les abidjanais mangent ou sont malade, il s’en fout de savoir si des femmes enceintes ne s’alimentent pas bien, il s’en fout de savoir si des blessés restent sans soin, il s’en fout des morts…La seule chose qu’il veut n’est ni la paix pour la Côte d’Ivoire mais il veut tout simplement être Président et s’il le faut sur les cadavres des Ivoiriens. Je me réjouis que sur cette terre aucune situation n’est éternelle et que tôt ou tard Laurent Gbagbo, qui depuis quatre mois tente de trouver un homme lucide pour lui dire qu’il est Président, devra se décider à laisser les Ivoiriens vivre. L’ayatollah Ruhollah Khomeiny dans un célèbre écrit disait ceci : « quand un mécréant se présente comme une plaie pour sa communauté, sa ville ou son pays et que son caractère destructeur est nettement révélé, l’ablation d’un tels kyste s’impose comme une intervention chirurgicale voulu par Dieu pour l’équilibre du monde ». Tôt ou tard le problème Laurent Gbagbo sera réglé car il est aujourd’hui le vrai problème de la Côte d’Ivoire. Les hommes de Laurent Gbagbo refusent de prendre le chemin de la paix et ils entendent empêcher le reste du peuple de vivre en paix. Dieu est témoin et en temps que juge suprême il ne regardera pas la situation du peuple Ivoirien sans agir.

Suy Kahofi



Abidjan…comme Beyrouth !

 

Plusieurs forces contrôlent Abidjan en cette période de crise

Malgré les images rassurantes que diffuse la RTI ou TCI, les débats interminables sur l’issue de la crise, les appels aux jeunes patriotes à prendre d’assaut les rues et les nombreuses interrogations sur la capacité des deux camps à continuer la lutte, la triste réalité de la guerre civile Ivoirienne est présente. Oui on peut le dire la guerre civile est effective en Côte d’Ivoire avec son corolaire de morts, de corps en putréfaction, de violences interminables, de combats sans fin, de pillages et de décomptes macabres. Si les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire ont pris rapidement plusieurs localités du pays sans grandes batailles à l’exception de Guiglo, Tiébissou et Duékoué, la conquête d’Abidjan n’est pas une mince affaire ! Les soldats restés fidèles à Laurent Gbagbo défendent crânement la moindre parcelle de terre qu’ils tiennent encore et tentent de s’organiser. Comme Beyrouth, Abidjan est morcelée en zone sous contrôle des forces pro ou anti Gbagbo ou Ouattara. Ici il n’y a ni brouz, ni phalangistes chrétiens, ni combattants du hezbollah…Les forces en présence sont les FDS (du moins ce qui en reste) fidèles à Laurent Gbagbo appuyés par des milices, le commando invisible et les FRCI fidèles à Alassane Ouattara. Aux tirs de kalachnikov et de RPG7, répondent des salves des chars BTR 80 et T40. Les troupes d’Alassane Ouattara comme les rebelles libyens se rendent compte qu’ils n’ont plus d’armes pour lutter contre leurs adversaires. Traverser un pays et le pacifier avec des fusils d’assaut est une chose mais les utiliser dans une forteresse protégée par des chars est une autre réalité. L’écart en termes de puissance de feu est grand. Les armes crépitent, les canons tonnent et la guerre des médias fait rage !

« Ça va chauffer dans quelques jours »

On ne sait plus qui dirige la Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara a sous son contrôle 95% du territoire, lui reste les 5% qui symbolisent Abidjan et une poche d’irréductible pro-gbagbo dans la région ouest de Tabou. Il faut bien que les hommes d’Alassane Ouattara contrent la DMIR dirigé par le colonel-major Konan Boniface dont les hommes rompus au maniement des armes ne semblent pas vouloir lâcher l’affaire. Cet officier supérieur de l’ethnie baoulé, notamment Akouê de Yamoussoukro qu’on disait prêt à trahir le premier en cas de crise majeure est resté finalement le plus fidèle à Gbagbo. On se bat et le peuple dans tout ça ? Pauvres ivoiriens ! S’ils ne sont pas traumatisés par les prisonniers en libertés, les pillards qui sévissent, ils sont terrés chez eux comme des rats. « Voici quatre jours qu’on ne peut pas sortir : la faim mon frère ! Quand ça se calme on sort un peu pour acheter un peu de pain et puis on rentre » affirme un habitant de la Riviera. Les boulangeries et commerces qui ouvrent sont pris d’assaut par les consommateurs. Les prix flambent : la boule d’attiéké de 500 f est passée à 750 f, le pain de 150 f à 200 voir 250 f, les marchés de quartiers s’animent par hasard… « Il n’y a plus rien et dans les jours qui viennent ça va chauffer ! La faim et la maladie vont faire plus de victimes que les obus et les balles. On vit comme des rats dans nos maisons, dans l’ennui, la peur et les nouvelles alarmantes véhiculées par les médias » affirme ce père de famille. L’heure du sacrifice de la part de nos politiciens vient de sonner : s’ils prétendent vouloir gouverner un pays avec des hommes encore vivants, ils ne doivent pas consacrer une République sur des cadavres avec une Assemblée Nationale au Cimetière.

Suy Kahofi



Ralliement, défection, offensive…le vocabulaire de la crise change

 

En bleu l'ancienne ligne de front, en rouge la ligne de front au 30 mars, en vert la ligne de front du 31 mars

« Que ceux qui veulent nous rejoindre le signifient et que ceux qui veulent regagner Abidjan pour défendre Gbagbo le disent : vous êtes libres de partir ». Voici la phrase que Chérif Ousmane, le com-zone de Bouaké des ex-FAFN a prononcé aux troupes fidèles à Laurent Gbagbo lors de la prise de Tiébissou. Les combats ont été plus violents qu’à Yamoussoukro selon les témoignages recueillis auprès des populations. « Des jeunes miliciens ont tenté de s’opposer aux FRCI et ces derniers n’ont pas eu pitié d’eux : ils ont tué plusieurs et fait des prisonniers » témoigne un habitant de Sosrobougou (quartier de Tiébissou). L’avancée des FRCI et la prise des villes sans résistance jette les bases d’interprétations diverses : pour le camp Ouattara il s’agit de ralliement et pour le camp Gbagbo les troupes opèrent un replie stratégique vers le sud. Les deux camps ont raison : il y a des ralliements aux FRCI mais aussi des éléments qui se reconnaissent toujours en Laurent Gbagbo. « Pour ceux qui partent, le prochain face à face sera moins reluisant » affirme un autre soldat lors de la prise de Bouaflé. Ce replie des forces pro-gbagbo vers Abidjan fait craindre aux habitants de la capitale des affrontements plus violents dans les jours qui viennent. Les Abidjanais s’inquiètent du fait qu’ils pourraient vivre la bataille la plus sanglante de cette offensive.

Sur les pillages et tueries attribués aux FRCI, le Général Gueu Michel, commandant du fuseau ouest des FRCI s’est voulu clair. « Nos jeunes sont en mission avec des instructions très fermes : ils ne s’attaquent ni à l’ONUCI, ni aux populations civiles ». Lors de la prise des villes il y a du cafouillage qui occasionne des vols et autres pillages comme à Yamoussoukro. A ce niveau, les FRCI ne manquent pas de neutraliser les troubles fête lors des opérations de ratissage. L’appel au cessez-le-feu lancé par le camp Gbagbo n’a pas eu d’écho favorable auprès des FRCI et leur premier responsable, Soro Guillaume Ministre de la défense d’Alassane Ouattara qui pilote depuis Bouaké les opérations militaires visant à libérer le pays n’a pas mâché ses mots : « Laurent Gbagbo a quelques heures pour quitter la présidence, je dis bien quelques heures ». Aussi les paysans pourront enfin se libérer des 15% de production de cacao et de café restant sur la grande récolte car cette nuit le port de San-pédro est tombé aux mains des FRCI qui contrôle désormais 2/3 du territoire Ivoirien. Laurent Gbagbo attendu hier pour un discours à la Nation a encore gardé le silence. L’ONU de son côté est passé au vote à l’unanimité d’une nouvelle résolution sur la Côte d’Ivoire accentuant les sanctions sur Laurent Gbagbo et ses principaux conseillés et autorisant l’ONUCI a employer la force pour neutraliser tous ceux qui utilisent des armes lourdes sur les civiles. A ce titre l’ONUCI a déjà empêché des individus d’utiliser des armes lourdes à Abidjan en neutralisant ces derniers.

Suy Kahofi