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Côte d’Ivoire : journalistes décédés ou assassinés ?

Maître Affoussiata Bamba Lamine le ministre de la communication

Maître Affoussiata Bamba Lamine, ministre de la Communication

Mort naturelle ou assassinat déguisé ? Les journalistes et les populations ivoiriennes continuent de se poser des questions. En effet au pays d’Alassane Ouattara le mois de novembre 2013 semble être un mois triste pour les journalistes, deux d’entre eux ont déjà trouvé la mort dans des conditions plutôt troubles.

Près d’une semaine après le décès du journaliste Désiré Oué, rédacteur en chef à Tomorrow Magazine, abattu de 4 balles en pleine poitrine, et 24 heures après l’enlèvement du Dieusmonde Tadé, journaliste au quotidien Le Nouveau Réveil par des inconnus ; maître Affoussiata Bamba Lamine la ministre de la Communication est montée au créneau pour dénoncer le comportement de certains journalistes.

Le ministère de la Communication constate que certains organes de presse tirent des conclusions hâtives de ces situations malheureuses, alors qu’aucune enquête en l’état actuel de la procédure ne permet de donner l’identité, encore moins les motivations des auteurs. Le ministère de la Communication invite les journalistes à rester fidèles aux faits, comme le recommande la déontologie de leur métier, et à ne point se substituer à la police, bien qu’ils aient le droit d’exprimer leur solidarité à leurs confrères.

Ces deux faits interviennent après la mort dans des conditions plutôt troubles d’un autre journaliste du quotidien Le Démocrate le 6 novembre dernier. Le corps de Atta Yao Bini Thomas a été retrouvé sans vie dans la lagune à Marcory-Anoumambo. Deux morts suspectes et un enlèvement sont forcément des actes qui suscitent des interrogations dans un pays où le mot liberté d’expression semble ne pas avoir la même définition pour le pouvoir, l’opposition et les professionnels des médias.

Pour les quotidiens proches de l’opposition qui tire à boulets rouges sur le régime des houphouétistes, ces morts de journalistes ne sont en réalité que des assassinats ciblés de confrères ayant la langue trop pendue pour se taire face aux dérives autoritaires du président Alassane Ouattara et ses proches. Le gouvernement de son côté rassure, et affirme que la protection des journalistes et autres professionnels des médias reste une priorité.

SUY Kahofi



Violence de Yopougon : L’APDH charge le régime Ouattara

 

Eric-Aimée SEMIEN Président de l’APDH (en lunette)

Prendre le temps d’enquêter en long et en large sur des faits afin de ne pas tirer des conclusions trop hâtives, voici la vision qui fonde toute l’action de l’APDH, l’ONG Ivoirienne de défense des droits de l’homme. Action pour la Protection des Droits de l’Homme après avoir mené une enquête suite aux violences de Yopougon a produit une déclaration qui pointe clairement du doigt la responsabilité du gouvernement dans les violences survenues lors du meeting du FPI, le parti de l’ex-président Gbagbo Laurent.

Pour l’APDH les violences de Yopougon sont le résultat incontestable de l’impunité qui règne autour des nombreux actes de vandalisme et de brimade signalés depuis les premières tentatives de l’opposition d’organiser ses meetings. « Deux meetings de l’opposition ont déjà été perturbés dans la commune de Yopougon et nous n’avons pas eu de réaction du gouvernement, le meeting du FPI à Koumassi il y a de cela quelques mois a été maté sans aucune réaction, le meeting du FPI à Bonoua a été maté sans aucune réaction…donc nous faisons la remarque qu’un sentiment d’impunité habite certaines personnes et cela les encourage à semer la violence. L’APDH s’inquiète car s’il n’y a pas de réaction après les violences de l’espace FICGAYO cela risque de se répéter » souligne indigné Eric Aimée SEMIEN le président de l’ONG. Sur le fond de l’affaire (NDLR : violences de l’espace FICGAYO), l’APDH fait remarquer que les perturbateurs sont venus en grand nombre d’autres communes, au moyen de minicars de transport en commun ‘’Gbaka’’, et d’autobus de la Sotra. Avant la manifestation, ces derniers ont infiltré la foule et les environs de la manifestation. Ces personnes se sont réclamées proches du parti au pouvoir, mais la Direction de ce parti a indiqué que ces personnes étaient inconnues de son fichier. A la suite de propos qu’ils ont jugé insultants au cours de la manifestation, ils se sont livrés à des actes de violences sur les manifestants. En riposte, les manifestants du FPI, qui s’étaient préparés en conséquence compte tenu des précédents de perturbations de meeting, ont réagi. La situation a dégénéré…

Fort de ce constat qui constitue une entrave à la liberté d’expression, l’APDH note qu’il s’agit d’actes prémédités en vue de tuer dans l’œuf les velléités d’expression de la contradiction politique. En effet de nombreux Ivoiriens encore sous le choc se demande comment comprendre qu’une manifestation autorisée et encadrée par les forces de l’ordre puisse dégénérer à ce point ? De son côté l’APDH rappelle que la liberté de manifestation et d’opinion est un Droit fondamental de l’Homme, et que la démocratie se nourrit de la contradiction, de la diversité et surtout de la tolérance. La diffusion des images de ces violences à travers le monde entier est de nature à donner une image hideuse de l’évolution démocratique en Côte d’Ivoire, et à saper les fondements de la réconciliation, entreprise déjà ardue. Le leadership de l’action démocratique étant l’affaire du gouvernement Ivoirien dirigé par le Président Alassane Ouattara, l’APDH interpelle les autorités pour une prise de responsabilité immédiate afin que cesse la violence à l’égard de l’opposition. L’ONG tout en condamnant ces actes de violence et s’indigne de la réaction timide des autorités ivoiriennes, surtout qu’il y a eu perte en vie humaine. Elle exige qu’une enquête impartiale puisse faire la lumière sur la répétition de ces actes de violence politique, et que les responsables soient punis officiellement. Elle propose au gouvernement de faire des campagnes d’éducation des populations, en particulier des jeunes, à la Citoyenneté Démocratique et aux Droits de l’Homme.

Sur le fond des déclarations qui auraient jeté l’huile sur le feu et qui s’apparentent à une non-reconnaissance d’Alassane Ouattara comme le Président de la République de Côte d’Ivoire, l’APDH tient à faire cette remarque. « Le FPI est libre de reconnaitre ou de ne pas reconnaitre le Chef de l’Etat mais si dans leur volonté de ne pas reconnaitre l’autorité des actes anti-sociaux et anticonstitutionnels sont posés les leaders de se parti seront poursuivi » soutien Aimée SEMIEN le président de l’ONG non sans prendre le soin de souligner que cette attitude consacre de nouveau « une théâtralisation de la scène politique Ivoirienne ».

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire: le corps du journaliste Guy-André Kieffer aurait été retrouvé

L'image de Guy-André Kieffer sur un visuel Commémoratif

Un squelette a été découvert dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il pourrait s’agir du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Il avait disparu le 16 avril 2004 à Abidjan.

« Un squelette a été découvert dans la région d’Issia (ouest), en présence du juge français Patrick Ramaël. Les éléments d’enquête donnent à penser qu’il pourrait s’agir du corps de Guy-André Kieffer« , a précisé une source proche du dossier. « Des prélèvements ont été effectués en vue d’analyses ADN« . « Un certain nombre d’éléments laissent penser que cela pourrait être le corps de Kieffer mais il faudra attendre les résultats de tests ADN« , qui vont être faits « le plus rapidement possible« , a déclaré de son côté Maîtree Alexis Gublin, avocat de Bernard Kieffer, frère de Guy-André. Journaliste économique, à Libération, La Tribune et au Monde, Guy-André Kieffer avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne Abidjan alors qu’il enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. L’enquête menée en France s’est orientée vers des cercles proches du pouvoir de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois, qui a fait quelque 3.000 morts. Le juge Ramaël est arrivé le 2 janvier à Abidjan pour une nouvelle mission dans le cadre de cette enquête. Au moment de sa disparition, le journaliste travaille pour La Lettre du Continent consacrée à l’Afrique. Il rédige des articles gênants et subit des pressions.