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Alassane Ouattara acte 2 : que faut-il espérer ?

Alassane Ouattara lors de sa prestation de serment

Alassane Ouattara lors de sa prestation de serment

En Octobre 2015, la Côte d’Ivoire était l’épreuve d’une élection présidentielle apaisée. Après la crise post-électorale de 2010, certains observateurs craignaient que le pays ne puisse pas vaincre les vieux démons de la division. La veille de l’élection, de nombreux ivoiriens se sont rués vers les supermarchés pour dévaliser les rayons et faire des stocks de nourriture et autres provisions. Au finish il y a eu plus de peur que de mal, l’élection présidentielle s’est passée dans le calme. Aucun incident majeur n’a été signalé et sur toute l’étendue du territoire nationale les ivoiriens ont voté dans le calme et surtout la discipline. Sur 3.129.742 suffrages exprimés Alassane Ouattara a recueilli 2.618.229 voix. Il réalise ainsi un score de 83,66 %, supérieur à la majorité absolue requise soit 1.564.872 voix. Le candidat du RHDP est donc proclamer président de la République de Côte d’Ivoire dès le premier tour du scrutin. L’ancien (nouveau) président ivoirien ne se voile pas la face : les tâches qui l’attendent sont très importantes. Quelles sont les attentes des Ivoiriens pour ce second quinquennat d’Alassane Ouattara ? Son projet de modification de la Constitution Ivoirienne peut-il réellement se faire ? Je vous invite à écouter ma position sur ces deux questions dans cette édition d’Afrique 7 jours sur la Deutsch Welle.



Tout pour comprendre la Situation Room

La Situation Room pour aider à des élections apaisées

La Situation Room pour aider à des élections apaisées

Le partenariat entre le WANEP-CI et OSIWA se matérialise à travers un projet intitulé : « Baromètre des élections crédibles et apaisées en Côte d’Ivoire en 2015 ». Ce projet comporte une innovation de taille, il s’agit de la mise sur pied de la première ESR (Electoral Situation Room) dans le pays lors d’une élection.

Les organisations de la société civile sont dans le bain du processus électoral depuis plusieurs mois. Elles multiplient les initiatives de formation et de sensibilisation citoyenne pour contribuer à des élections crédibles et sans violences. Le WANEP, le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix section Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Grâce à l’appui de la Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), l’organisation continue d’exécuter sa feuille de route concernant le projet « Baromètre des élections crédibles et apaisées en Côte d’Ivoire en 2015« . (suite…)



La Côte d’Ivoire pour un enrôlement biométrique réussit

L’enrôlement biométrique peut aider à consolider la démocratie

L’enrôlement biométrique peut aider à consolider la démocratie

Abidjan la capitale économique ivoirienne a abrité les 4, 5 et 6 mars un atelier sur l’observation citoyenne de l’enrôlement biométrique des électeurs. Il s’agit d’une initiative du NDI (National Democratic Institut) et du GNDEM (Global Network of Domestic Election Monitor).

14 pays africains membres du GNDEM ont pris part à cette rencontre dont le but était de créer un cadre d’échange des expériences de réussite sur le monitoring citoyen de l’enrôlement biométrique. En effet, pendant ces deux dernières décennies la biométrie a fait une entrée remarquable dans l’organisation des élections en Afrique en facilitant l’enrôlement des populations soulignant ainsi l’importance des Nouvelles Technologies dans le processus de démocratisation du contient. Selon Christopher Fomuyoh, Directeur Afrique du NDI, malgré son importance, la biométrie reste un outil qui mérite toutes les attentions.

« Bien faite, la biométrie peut faciliter les inscriptions et contribuer ainsi à des élections crédibles et inclusives. Cependant mal maîtrisée, la biométrie peut devenir un outil de manipulation surtout avec le taux élevé d’analphabétisme que connait nos pays ».

Il est donc important que la Côte d’Ivoire puisse déjà préparer un cadre sain pour l’enrôlement biométrique des électeurs dans la perspective des élections de 2015 qui se tiendront dans 18 mois. Amani Ipou, Directeur Général de l’Administration territoriale au Ministère Ivoirien de l’Intérieur reste convaincu que l’enrôlement biométrique doit être une opération inclusive où les acteurs acceptent de travailler main dans la main.

« L’introduction des nouvelles technologies appelle que les acteurs du processus électoral puissent être au même niveau d’information que ceux qui utilise ces technologies. Le ministère d’Etat, ministère de l’intérieur ne peut que dire toute sa disponibilité à tirer le meilleur partie de cet atelier en terme de résultats et de recommandations » soutient Amani Ipou.

L’Etat de Côte d’Ivoire sera donc le premier bénéficiaire du l’atelier qui vient de s’achever. Reste à la société civile de veiller à la bonne exécution l’enrôlement biométrique. Cheryl SIM conseillère de l’ambassadeur des Etats Unis en Côte d’Ivoire a donc invité les leaders de la société civile à jouer un rôle plus important de monitoring « avant,  pendant et après » les élections de 2015. Un monitoring avenir de l’enrôlement biométrique qui sera sans doute une réussite grâce à l’expérience des 14 pays d’Afrique de l’Ouest et Australes qui étaient présents à Abidjan.

SUY Kahofi



Revue Ivoirienne du 22 au 27 avril 2013

Le Chef de l'Etat Ivoirien malmené dans les sondages par ses candidats ministres

Le Chef de l’Etat Ivoirien malmené dans les sondages par ses candidats ministres

L’actualité des élections municipales et régionales a dominé cette semaine les débats. Fait important, ces élections se sont invitées à l’Assemblée Nationale. Le Président de l’Institution lors de son discours à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale a interpelé les candidats. « Que le FPI retourne à la table des négociations et que les perdants acceptent le verdict des urnes » dixit le Président de l’Assemblée Nationale Soro Guillaume à la une du quotidien à capitaux publics Fraternité Matin. Guillaume Soro n’est pas passé par quatre chemins pour appeler les candidats débouté par le peuple à une certaine grandeur démocratique nous indique Le Patriote. Dans les colonnes du quotidien Le Mandat cet appel du N°1 de l’hémicycle trouve un large écho par une analyse poussée et surtout ce morceau choisi : « je demande solennellement aux candidats qui ont participé aux élections de dimanche dernier d’accepter le verdict des urnes. Faisons en sorte que quelques sautes d’humeur bien compréhensibles de la part de candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenu, ne retardent la publication des derniers résultats » fin de citation. Le Patriote dans le prolongement de la CEI publie l’intégralité des résultats de cette consultation électorale et précise dans la foulée le nombre de régions et de communes tombées dans l’escarcelle du RDR et du PDCI. Le Nouveau Réveil propose également à ces lecteurs tous les chiffres liés à cette élection et précise que concernant Treichville, Kongasso, Doropo et la Région du Cavally la CEI a adressé un courrier au Président de la République. Le Front Populaire Ivoirien ne reconnait pas ces élections ni les résultats du scrutin cela avait été dit par son secrétaire général, le quotidien Le Temps le rappelle. Le FPI va plus loin et annonce une série de marches et de meetings contre le Président Alassane Ouattara nous indique Notre Voie et cette décision pousse Le Patriote à écrire : « après avoir échoué à boycotter les élections le FPI appelle à la révolte ». Le Gouvernement de son côté condamne toute cette violence et appelle au calme nous indique La Matinale et Le Jour Plus, pour Le Démocrate la famille du RHDP doit éviter le clash des remouds post-électoraux, le confrère souligne que les Présidents Bédié et Alassane Ouattara sont interpelés. A Bouaké au centre du pays se sont les ex-combattants qui menacent encore prévient Le Nouveau Courrier. Sur les raisons de leur mécontentement Fraternité Matin nous dit que ces derniers exigent la libération de leur porte-parole. Tout ce tohu-bohu sécuritaire fait dire au Quotidien d’Abidjan que ça chauffe entre Alassane Ouattara et l’armée de Guillaume Soro. Achevons cette revue de la semaine ivoirienne avec une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire au plan économique ; un nouveau gisement de pétrole a été découvert nous apprend Le Patriote.

A la semaine prochaine !



Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio

Un papa, une maman : il n’y a pas mieux pour un enfant !

Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio

Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio

La loi sur le mariage pour tous est passée en France et c’est le moment pour certains africains de s’interroger sur le temps qui reste pour que l’ancienne puissance colonisatrice « la fasse appliquer par les pays de son pré-carré ». Quel pourrait être l’impact de cette loi dans les relations Afrique-France ? Élément de réponse avec Docteur Nicolas MADELENAT Di Florio, sociologue et maître de conférences, chercheur associé à l’Université d’Aix-Marseille sur les questions d’éthique.

Eburnietoday : la loi sur le mariage pour tous vient d’être adoptée en France : doit-on penser à un vote de celle-ci dans les pays du pré-carré français en Afrique ?

Nicolas MADELENAT : Si je veux être franc envers vous, je dirais tout simplement que je ne sais pas ! La raison est simple : je n’aurais jamais pensé il y a trois ou quatre ans que la France puisse accepter le mariage homosexuel. A partir de là nous sommes obligés de réfléchir sur le fait que les gouvernements ne vont plus forcément écouter la voix du peuple. Si le Gouvernement Hollande avait été franc et honnête, il aurait refusé cette loi et il ne l’aurait pas fait voter en force comme c’est le cas. Il n’y aurait pas eu autant de débordements des deux côtés pour condamner ce texte qui est une aberration juridique et qui a été imposée contre toute la volonté de la population simplement pour faire plaisir au lobby homosexuel qui est quand même minoritaire en France. Les sociétés africaines au sens large ne veulent pas de cette loi qui est complètement décalée des modes de vie et des mentalités. Mais en même temps quand on voit que récemment le Gouvernement du Président Ouattara a fait voter une loi pour modifier le code de la famille en Côte d’Ivoire, je me dis que potentiellement le mariage homosexuel peut un jour arriver en Afrique. Cette situation sera extrêmement problématique !

ET : Cette loi ouvre également le boulevard incontrôlé de la GPA (gestation pour autrui) ?

NM : Oui car à partir de la circulaire Taubira tous les français qui ont recourt à la GPA grâce à des mères porteuses du tiers-monde peuvent prendre ces enfants, les ramener en France et obtenir pour eux des papiers français.

ET : La France institutionnalise donc une traite humaine ?

NM : C’est même pire que la traite humaine parce qu’il n’y a pas seulement le transport des enfants. Il y a une fabrication d’être humain en quelque sorte en louant le ventre de femmes fertiles en Afrique. On propose de l’argent à des personnes qui peuvent procréer puis on leur demande d’abandonner cet enfant à des pères de gens. Deux hommes ou deux femmes qui eux ne peuvent pas faire d’enfant le récupèrent et le ramène en France. C’est un enfant qu’on achète, un ventre qu’on loue ! C’était comme si un fermier avait une vache et que tous les veaux qu’elle mettait au monde lui appartenait de facto. C’est pire que l’époque où l’on venait acheter des esclaves noirs.

ET : La loi sur le mariage pour tous peut-elle être un moyen de pression politique et surtout économique sur les Etats africains ? Une monnaie d’échange qui pourrait conditionner l’aide au développement ?

NM : Plus je travaille sur l’aide et plus je découvre tous les côtés abominables qu’elle peut avoir. Donc oui je pense que c’est parfaitement possible qu’il y ait un package d’évolution sur la famille, sur le droit à l’affiliation voir même pour encourager l’adoption d’enfants africains par des couples homosexuels qui ne veulent pas avoir recourt à la gestation pour autrui. C’est parfaitement possible mais ce que je crains d’avantage c’est que la France par exemple exige un assouplissement des mesures de gestation pour autrui ou même de reconnaissance du nouveau né. Même si la gestation pour autrui n’est pas à encourager, on connait tous les réalités de terrain. Si en étant à Abidjan je vais dans un quartier très pauvre dans un tout petit coin de Yopougon par exemple et que je propose 5 millions ou 10 millions à une femme pour qu’elle porte un enfant puis elle l’abandonne et je l’emporte en France ; je suis certain que je trouverais des gens qui acceptent cela. Donc il est possible que la France exige que les maternités soient moins regardantes, que certains hôpitaux privés soient moins regardants notamment sur le nom de la mère. A partir de ce moment il suffit simplement que la personne qui veut l’enfant reconnaisse l’enfant en son nom, la mère biologique ne le reconnait pas, il y a un seul parent inscrit à l’Etat Civil, automatiquement ce nouveau né devient votre enfant même si vous n’en êtes pas le père biologique. Cette situation sera encore plus aberrante parce qu’imaginez-vous un instant un enfant d’Abidjan adopté par un couple homosexuel, qui quand il aura 18 ans voudra retourner dans sa famille en Afrique ; imaginez-vous un seul instant quel sera l’accueil qui lui sera réservé quand il dira qu’il a deux papas ou deux mamans ?

ET : La question reste posée ! Merci Docteur

SUY Kahofi