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L’Univers des taxis d’Abidjan

Taxi à Cocody Saint-Jean Abidjan

Dans une grande métropole comme Abidjan, se déplacer n’est pas souvent chose aisée même quand on possède un véhicule. L’alternative demeure donc le taxi qui permet aux Abidjanais de faire des économies…

Qui est qui et qui fait quoi

A Abidjan deux types de taxi circulent : le Taxi compteur avec sa couleur rouge et le Taxi communal appelé communément wôrô-wôrô. Se déplacer en taxi compteur est symbole d’aisance car le prix affiché à l’écran après une course est non négociable. Vous pouvez facilement dépenser au bas mot entre 1500 (2,25 €) et 5000 f CFA (7,75 €) en fonction des kilomètres que vous avez parcouru. Certaines distances fixes entre deux quartiers peuvent faire l’objet d’un ‘’arrangement’’ entre passagers et chauffeurs. Là encore il faut souvent débrousser entre 1000 (1,50 €) et 2500 f CFA (3,75 €) pour regagner un point de la capitale. Ceux qui ne peuvent pas se payer le luxe ‘’d’écraser la tomate’’* roule en wôrô-wôrô, la deuxième catégorie de taxi Abidjanais. Les wôrô-wôrô se subdivisent en deux classes : les wôrô-wôrô inter-communaux, sans couleur précise et les wôrô-wôrô communaux avec une couleur différente selon la commune. Les Abidjanais savent par exemple que les wôrô-wôrô jaune sont ceux de Cocody le quartier Présidentiel, les bleus sont ceux de Yopougon la plus grande commune de Côte d’Ivoire, les verts ont pion sur rue à Adjamé le quartier marchand… Chez les wôrô-wôrôs, le tarif négociable sur une ligne oscille entre 200 f (0,30 €) à 350 f CFA (0,52 €). Si le taxi compteur peut aller là où il veut quand il veut, le trajet du wôrô-wôrô est unique en fonction de sa zone d’exploitation. Ils partent d’une gare à une autre sans jamais changer d’itinéraire sauf en cas d’embouteillage.

La lutte des territoires

Tels que présenté plus haut, le wôrô-wôrô ne peut pas se transformer en taxi compteur mais le taxi compteur fait souvent le wôrô-wôrô ! Chez les chauffeurs de taxi compteur c’est un crime de lèse majesté que de se transformer en wôrô-wôrô. Mais face aux nombres de plus en plus réduit d’Abidjanais pouvant se payer le luxe de rentrer du travail en compteur, les chauffeurs de taxi compteur arrondissent la recette en passant dans l’autre camp. « C’est vrai que nous faisons le wôrô-wôrô pour de l’argent mais c’est surtout pour arranger les Abidjanais. Les wôrô-wôrô ne peuvent pas rouler vide sur leurs trajets de prédilection : ils doivent être plein en aller et retour. Alors comprenez que si on doit les attendre personne n’ira à la maison après le boulot » soutien Cédric Agnimel chauffeur de taxi compteur. En effet à des heures de pointe généralement autour de 7 h 30 mn le matin et 17 h le soir les files d’attente sur les gares sont longues et même impressionnantes. Les rangs peuvent être formés de 25 à 36 personnes voir plus ! Les taxis compteurs viennent donc à la rescousse des wôrô-wôrô. Quelque soit le motif évoqué, la situation agace les chauffeurs de wôrô-wôrô. « Je ne sais pas comment le transport est organisé dans ce pays ? Les taxis compteur nous font une concurrence déloyale. Les syndicats permettent qu’ils viennent ramasser nos client et à la descente nous avons des problèmes pour boucler la recette » souligne Camara Abou chauffeur de wôrô-wôrô. Les plaintes se font entendre et quelques fois les bagarres éclatent dans un univers déjà survolté où la recette du jour doit être bouclée au risque de perdre son emploi. « Quelques bagarres sont signalées de temps à autre mais Dieu merci pas souvent. Quand on analyse la situation de près les wôrô-wôrô sont en droit d’exiger le respect de leur espace de travail mais face au manque de véhicules à une certaines heure que peut-on faire ? » soutien Soumaïla Ahmed chargeur.

Avis de la clientèle

S’ils écument les rues de la capitale en longueur de journée c’est avant tout pour transporter les Abidjanais qui selon certains visiteurs sont toujours pressés ! C’est donc au client que revient la lourde charge de juger ceux qui le transporte et en la matière les Abidjanais n’y vont pas par le dos de la cuillère. « Tout le monde veut se déplacer en taxis compteur car c’est plus sûr : ils sont assurés et propres. Faute de moyen on se rabat à nos risques et péril sur les wôrô-wôrôs moins couteux mais mal tenu et souvent sans assurance » souligne Beugré Charles étudiant avant de conclure « pour ce qui est du respect des espaces de travail je soutien les wôrô-wôrôs car ils ont plus de difficultés pour se faire de l’argent ». Les wôrô-wôrôs ne peuvent travailler qu’entre 6 h et 23 h or les taxis compteurs peuvent circuler 24 h sur 24. Les derniers cités ont donc plus de temps pour se faire de l’argent. « Je pense que les syndicats doivent trouver un terrain d’entente pour dire qui fait quoi et où. Ce n’est pas une question d’argent mais une question d’organisation du transport et de sécurité des citoyens » souligne Ahoutou Ulrich électromécanicien.

Malgré les petits soucis du transport urbain, nombreux sont les Abidjanais qui empruntent chaque jour les taxis compteurs et wôrô-wôrôs faute d’avoir une voiture personnelle. Face à un pouvoir d’achat en chute libre, taxis compteurs et wôrô-wôrôs ont encore de beaux jours devant eux. Les structures en charge du secteur du transport se doivent donc de les organiser.

SUY Kahofi



La Centrale des Forces Nouvelles existe toujours !

 

Les hommes de SORO pourront-ils abandonner leurs anciennes pratiques ?

Apôtre de l’unicité des caisses de l’Etat le jour, pilleurs des ressources de la Côte d’Ivoire la nuit ! Voici ce qui définit le mieux les barrons des Forces Nouvelles qui contrairement à leurs beaux discours continuent d’alimenter les caisses de leur centrale avec de l’argent frais fruit des actes de rackets et d’extorsion sur les routes et postes de contrôle non autorisés. La récente tournée du Ministre du transport a permis aux Ivoiriens de toucher du doigt la vaste organisation du racket estampillé FN. Certains ‘’Commandants’’ des Forces Nouvelles devant la détermination du Ministre Gaoussou Touré ont tenté de l’intimider lorsqu’il a fait lever une quinzaine de faux barrages dans les ex-zones CNO. Les hommes en arme trouvés sur les faux corridors ont refusé pour la première fois d’endosser tout seul le chapeau de brebis galeuse des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire. « Ce que nous récoltons est reversé dans les caisses de la Centrale » ont courageusement annoncé au Ministre les recrues. Guillaume Soro, Premier Ministre Ivoirien payé par les impôts du contribuable est-il informé de cette pratique ? En est-il le véritable maestro comme certains observateurs l’avancent ? Que faut-il aux Forces Nouvelles pour abandonner leur ancienne vie de ‘’délinquants’’ armés ? Il semble clairement que malgré les efforts des nouvelles autorités Ivoiriennes dont les FN en font parti, les anciens rebelles du nord ont du mal à passer en mode légalité !

Pour les transporteurs il était temps que ce fléau encouragé par les autorités militaires et civiles des Forces Nouvelles soit dénoncé. La Coordination des Gares Routières de Côte d’Ivoire par la voix de son président Touré Adama se félicite de cette courageuse action du Ministre des transports. « C’est un travail formidable que le Ministre Gaoussou Touré vient d’abattre dans l’est, au nord et à l’ouest parce qu’il est venu de Bouna en passant par Ouangolo et il est revenu sur Boundiali et Odienné…Il a levé plus de 15 barrages et à ce jour il n’y a pas plus de deux qui ont été réinstallé. Ces levées de barrages ne constituent pas seulement notre joie : nous sommes heureux car cela faisait longtemps que nous dénoncions cette pratique qui fait perdre beaucoup d’argent aux transporteurs quelque soit leurs filières ». En effet les camionneurs sur les routes des ex-zones CNO continuent de payer un lourd quota avant de pouvoir rallier Abidjan avec les productions agricoles du nord. A titre d’exemple, les camions qui transportent les noix d’anacarde doivent s’acquitter de la somme de 286.000 à la Centrale Financière des Forces Nouvelles pour avoir l’autorisation de rallier Abidjan. Le Ministre Gaoussou Touré a mis fin à cette pratique sans tenir compte des actes d’intimidation de certaines autorités des FN.

Le gouvernement Ivoirien n’a autorisé que 33 barrages sur l’étendue du territoire national et faut bien que ce chiffre soit respecté car les transporteurs n’arrivent plus à vivre correctement de leurs activités. Il est temps que les Ministères du transport, de l’Intérieur et celui de la défense s’engage à mettre réellement fin au racket. Plus important les autorités militaires et civiles des FN doivent accepter de jouer franc jeu avec les Ivoiriens : ils auront à choisir entre la légalité ou le maintien d’une vie de désordre dans les zones restées sous leur contrôle en dix ans !

SUY Kahofi



Les ‘’France au revoir’’ reines des routes Ivoiriennes

 

Le parc auto abidjanais compte un nombre important de ‘’France au revoir’’

Elles sont trop vieilles pour servir encore en Europe, on dit d’elles qu’elles ne respectent aucune règle en terme de protection de l’environnement ou même de sécurité. Elles, se sont les voitures d’occasion que les Ivoiriens ont vite fait de surnommer ‘’France au revoir’’.

Les origines d’une appellation bien contrôlée

Si aujourd’hui les ‘’France au revoir’’ sont des vieux véhicules importés d’Europe, à l’origine ils ne venaient pas vraiment d’ailleurs ! Ces véhicules d’occasion étaient bien la propriété de coopérants ou de fonctionnaires français qui quittaient la Côte d’Ivoire après de bons et loyaux services. Ne pouvant trimbaler des vieilleries trop encombrantes lors du retour vers Paris, ils les cédaient soit à des amis ou des acheteurs pour trois fois rien. Les coopérants et autres fonctionnaires internationaux, désirant brader leurs véhicules à immatriculation temporaire se faisant rares, l’origine des véhicules a changé. Désormais il faut aller les chercher en Europe et ce nouveau commerce a jeté les bases de grandes filières entre le nord et le sud.

L’organisation de la filière

En amont il y a les pisteurs en Europe qui ont la lourde charge de faire le tour des concessionnaires et des particuliers pour racheter les véhicules. Une fois le ‘’parc’’ plein, il faut trouver un bateau pour acheminer le tout vers Abidjan, Lomé ou Cotonou. C’est dans ces différentes capitales africaines que les véhicules sont débarqués et modifiés. Demba Ousmane est mécanicien et un habitué de la ligne Lomé – Abidjan en qualité de chauffeur, il nous donne des renseignements sur le ‘’bloc opératoire’’ par lequel transite les véhicules. « Il y a tout type de véhicules qui arrivent d’Europe et le rôle des mécaniciens c’est de vérifier si les véhicules peuvent au moins démarrer, bouger, servir vraiment…Après cette étape nous passons à la personnalisation des commandes ». L’homme nous dira que les mécaniciens transforment des véhicules essences à l’origine en véhicules diésels ! « Dans les ports de Lomé et d’Abidjan il y a un nombre important de moteur de marques différentes. Nous installons ces moteurs en réalisant des modifications pour qu’un moteur ou des pièces de rechange de chez Toyota puissent servir sur une Nissan etc. » affirme le mécano. Une fois toutes ces modifications faites l’acheteur peut venir chercher son véhicule. « Certains par contre achète le véhicule et le font retaper chez leur propre mécanicien » conclu Demba.

Un business qui rapporte pour une filière qui bouge

Les vendeurs de véhicules d’occasion ne se plaignent pas et gagnent plutôt bien leur vie ! Les véhicules sont liquidés en fonction de l’âge et de la marque : les prix oscillent entre 1.000.000 et 8.000.000 ! Les ‘’France au revoir’’ sont des reines des routes Ivoiriennes et rendent service dans tous les secteurs. Transport inter-urbain, véhicules de particuliers, transport de marchandises…aucun secteur n’échappe au ‘’dictat’’ des ‘’France au revoir’’. La filière bouge et les chiffres du SACO (Service d’Attribution des Codes Occasionnels) l’attestent. Entre 2004 et 2009, 115.817 véhicules importés ont été immatriculés par les services du Guichet Unique Automobile (GUA). 20.625 en véhicules en 2004, 14.153 en 2005, 13.985 en 2006, 19.304 en 2007, 23.733 en 2008 et 23.845 en 2009. En 2010 après six mois d’activité, le SACO a révélé qu’environ 15.000 dossiers ont été traités. Petit à petit le secteur de la vente des véhicules d’occasion qui était pratiquement dans l’informel, se structure. La Côte d’Ivoire peut être fière d’avoir un Syndicat des Revendeurs de Véhicules d’Occasion de Côte d’Ivoire en abrégé le SYNARVOCI !

Suy Kahofi



Le business des embouteillages

 

Il faut savoir convaincre en peu de temps

Les embouteillages, perpétuels ennemis des automobilistes et motards de la capitale Ivoirienne. Ils sont omniprésents aux heures de pointe et semblent narguer les conducteurs énervés qui échangent des coups de klaxon avec nervosité. Les moteurs tournes, le carburant baisse, on tente de se soulager l’esprit avec la musique et quand bien même on est au bord de la crise de nerfs on ne peut que baisser ses vitres pour marchander avec les vendeurs ambulants.

Les vendeurs ambulants des embouteillages sont certainement les seuls habitants d’Abidjan qui semblent se réjouir de la formation des embouteillages. « On ne peut pas se plaindre parce que c’est quand il y a les embouteillage que nous on arrive à faire recette » soutien Adama quelques cartons de scrabble en main. Comme Adama ils sont nombreux les jeunes commerçants qui prennent d’assaut le bitume pour écouler leurs marchandises. Ils vendent un peu de tout : mouchoir de papier jetable pour bureaux et voitures, des sachets d’eau glacé, des jouets, des accessoires et pièces de rechange pour véhicule de tout type, des barres de chocolats…Ici hommes et femmes luttent la moindre vitre baissée pour se faire des sous. Pour vendre dans les embouteillages il faut avoir plusieurs qualités et c’est ‘’Petit’’ Kassoum qui les énumère à notre micro. « Il faut savoir convaincre en peu de temps, être rapide quand vous poursuivez une voiture, la vigilance doit être de mise car les véhicules peuvent vous ‘’toucher’’, avoir toujours la monnaie car généralement les clients en voiture ne supporte pas d’attendre… ». Côté financier on peut dire que le commerce de l’embouteillage est une question de chance : il y a des jours où elle vous sourit et d’autre jour pas ! « Tu vois comme aujourd’hui j’ai eu 7.000 ce matin ; cela représente 7 cartons de mouchoirs. Je suis content or hier j’ai crié toute la journée entre les voitures et j’ai rien vendu ! » affirme Basile. « Moi je vends des sachets d’eau » affirme Rokia avant de conclure en riant « tous les jours les hommes ont soif donc ça marche pour moi ».

Pourtant les vendeurs ambulants n’ont souvent pas bonne presse auprès des automobilistes. « Certains sont des voleurs et ça je suis bien placé pour le dire » déclare Mr Konan Gustave. « Je me suis fait piquer mon argent sur le VGE. Le petit vendeur a fait semblant de monnayer les 10.000 que je lui ai remis et puis je l’ai vu s’enfuir entre les véhicules ». L’audace de certain va plus loin : « il tente par exemple d’arracher des rétroviseurs ou d’ouvrir les portières pour s’attaquer aux honnêtes citoyens » déclare un sergent-chef de la police en poste dans le quartier de Marcory. La police est souvent obligée de faire des patrouilles pédestres entre les véhicules pour éviter que les badauds puissent sévir. Les commerçants ambulants de leur côté réaffirme avec force que les voleurs des embouteillages ne sont pas des commerçants mais des personnes qui viennent ternir l’image de leur noble corporation.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 19 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi