Tag : violences

Nouvelles tensions sur le campus universitaire de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Depuis ce week-end, la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) a lancé un nouveau mot d’ordre de grève. Un blocus sur les activités universitaires qui commencent sur fond de violences.

Ce lundi 18 juillet, les étudiants régulièrement inscrits à l’Université de Cocody ont débuté les cours dans le calme malgré l’appel à la grève de la FESCI. Ce calme ne sera que de courte durée puisse qu’un groupe d’étudiants va investir le campus. Selon les informations recueillies sur place, les étudiants protestent contre la présence de la police sur la cité en violation des franchises universitaires. Au-delà ils demandent l’amélioration des conditions d’études, la réforme du système LMD et le maintien des étudiants dans leurs chambres. En effet, le gouvernement prévoit de libérer la cité universitaire de Cocody afin de loger les athlètes des jeux de la francophonie. (suite…)



Des sages-femmes pas si sages

Les sages-femmes Ivoiriennes insensibles?

Les sages-femmes Ivoiriennes insensibles?

De mémoire d’Ivoirien (et surtout d’éléphant qui n’oublie rien) je n’ai jamais eu l’opportunité de croiser le chemin d’une seule femme (et même d’un homme) qui rend un bon témoignage des sages-femmes ivoiriennes. Celles que l’on retrouve affairées toute la journée dans les maternités ou les CHU n’ont pas véritablement bonne presse. Elles sont supposées aider les femmes à donner la vie, les conseiller, les accompagner et les aider à prendre soin de leurs enfants. En théorie dit-on elles le font mais en réalité elles le font d’une manière tellement DESAGREABLE qu’au final on ne retient que le côté obscure de ces femmes.

Pour observer le phénomène de près nous décidons de faire le tour de certains centres de santé pour voir comment les sages-femmes ivoiriennes traitent leurs patientes. A Adjamé, quartier commerçant, nous décidons de nous attarder sur l’accueil. La jeune fille que nous entendons hurler n’est pas en travaille : c’est une sage femme ! La gamine hurle à tue-tête sur une dame qui pourrait être sa mère au motif que celle-ci a mis du temps avant de venir pour sa première consultation.

« Quand il s’agit de courir les hommes vous êtes les premières mais une fois enceinte vous trainer pour pointer vos b….. à l’hôpital. Après c’est nous qu’on accuse de vous laissé mourir en couche » affirme la jeune fille avant de tourner les talons.

« C’est comme ça ici ? » demande le curieux d’un jour à une patiente. « C’est plus grave que ça » me répond celle qui se présente à moi sous le prénom de Kady. Elle me raconte son expérience personnelle qui me glace le sang. « J’étais en plein travail lors de mon premier accouchement et là j’ai souffert. La sage-femme qui me demandait de pousser m’a administré plusieurs gifles » me confie la jeune femme. Le comble elle a reçu une bonne dose d’injure et de propos très peu catholiques. « Quand tu avais les jambes écartées j’ai pris le plaisir avec toi ?« , « pousse on va quitter ici, tes amis attendent« , « si tu ne veux pas accoucher descend du lit« …Ces phrases me dit une autre maman sont monnaies courantes dans les salles d’accouchement.

« Elles nous traitent comme si elles n’étaient pas des femmes ou qu’elles ne comprenaient pas notre souffrance. C’est méchant, tellement méchant que j’ai juré que seul les médecins (homme) me feraient accoucher désormais » affirme Marie-Paul K. une mère d’une trentaine d’année.

A Yopougon (Abidjan-nord) le constat est le même. Les sages-femmes qui exercent dans la fonction publique sont celles qui ont toujours une mauvaise réputation. Ici on s’indigne de leur enrichissement illicite ! « Quand vous allez à l’hôpital avec votre épouse les sages-femmes ont toutes les stratégies pour vous ruiner ! Elles vendent tout même les produits gratuits, les couverts pour carnet de santé, des stickers qui vous font dépenser facilement 100 ou 500 » s’indigne Mr Kra avant de conclure en ces termes : « imaginez-vous 100 f ou 500 f qu’elle grappille sur 30 à 50 femmes dans une journée ? ». Au-delà se sont les échographes qui ne fonctionnent jamais.

« Les sages-femmes nous donnent des adresses de cliniques et elles insistent pour que nous puissions nous y rendre. L’échographie est à 7000 dans les hôpitaux publics mais elles coûtent 10 à 15 milles en clinique » nous explique Mme Kouyaté.

Des indiscrétions avancent que chaque sage-femme qui oriente une future mère dans une clinique perçoit un pourcentage sur chaque échographie. Ces petites magouilles expliquent-elles l’arrogance du parking des sages-femmes ? Un médecin du CHU de Cocody nous dira « qu’une sage-femme à plus de chance de s’offrir une voiture et une maison qu’un médecin pour la même durée de carrière ».

Brutalité lors des accouchements, violence verbale, mauvaise accueil, petites escroqueries…les griefs à l’endroit des sages-femmes ivoiriennes sont importants. Comme soulignait l’homme de la rue « il est temps qu’elles changent leur comportement ».

SUY Kahofi



Assemblée Nationale : Ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année 2013

Guillaume Soro, Président de l'Assemblée Nationale de Côte d'Ivoire (abidjan.net)

Guillaume Soro, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire

L’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a effectuée ce mercredi 24 avril 2013 l’ouverture solennelle de sa 1ère session ordinaire. Il s’agissait d’un moment très attendu par les députés et le peuple Ivoirien dans la mesure où il intervient dans un contexte post-électoral. Il devait être l’occasion pour le Président de l’Institution de se prononcer sur les dernières élections locales et de préciser les orientations politiques, économiques et sociales qui seront celles de l’Assemblée Nationale Ivoirienne pour les mois avenirs. L’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale Ivoirienne a été rehaussée par la présence des représentations parlementaires de plusieurs pays d’Afrique. Nous citerons entre autre celle du Burkina conduite par son Président Ouattara Soungalo, le Congo-Brazzaville avec le Président Justin Koumba, la RDC et sa délégation conduite par le Président Aubin Minaku N., la représentation parlementaire du Niger avec à sa tête le Président Hama Amadou…

Moment très attendu, dès l’ouverture de la séance par le Secrétaire-général de l’Assemblée Nationale, le discours du Président Soro Guillaume. Celui-ci s’est officiellement prononcé sur ces élections locales et les dérives violentes qui en découlent. Il a félicité le premier Ministre Daniel Kablan Duncan pour les efforts du Gouvernement dans le cadre du dialogue politique avec l’opposition non sans prendre de soin de saluer les efforts de la Commission Electorale Indépendante et son président Youssouf Bakayoko. Ces deux personnalités selon le Président ont eu le mérite de conduire à bon port le processus des élections locales. Aux candidats malheureux qui rechignent à respecter le choix du peuple, Guillaume Soro a eu ce message à leur endroit :

« Je demande solennellement aux candidats qui ont participé aux élections de dimanche dernier (21 avril NDLR) d’accepter le verdict des urnes. Faisons en sorte que quelques sautes d’humeur bien compréhensibles de la part de candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenu, ne retardent la publication des derniers résultats ».

Pour le Président de l’Assemblée Nationale il est grand temps que les élus acceptent d’orienter désormais leurs efforts vers la relance économique au moment où l’on peut dire sans risque de se tromper que l’Etat de droit est rétabli en Côte d’Ivoire. Placé  sous le signe d’une diplomatie parlementaire efficace au plan continental et mondial, le magistère du Président Guillaume Soro a aussi pour objectif de rapprocher l’assemblée nationale des contribuables. Les chantiers engagés dans cette logique se poursuivront a-t-il assuré avec un objectif clairement affiché : promouvoir la réconciliation et le bien être des populations.

Au terme de cette cérémonie solennelle plusieurs députés se sont prononcés sur ce moment qui marque l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’Assemblée Nationale. Pour l’honorable Boby Assa Emilienne, député de Dimbokro, les parlementaires sont disposés à servir le peuple de Côte d’Ivoire et ces derniers ne ménageront aucun effort pour faire le choix de texte de loi susceptibles d’apporter le bien être aux populations. Se prononçant sur l’appel de la 7ème vice-présidente de l’Assemblée Nationale du Sénégal, Kathy Cissé WONE, qui a plaidé pour une loi sur la parité parlementaire en Côte d’Ivoire, l’honorable Boby Assa Emilienne a souligné que le parlement à l’initiative de cette loi. Elle soutient que la tâche ne sera pas facile mais elle sait pouvoir compter sur le lobbying des femmes et surtout le soutient du Président Guillaume Soro. L’honorable Adama Bitogo député d’Aboisso a félicité le Président Guillaume Soro pour l’efficacité de sa diplomatie parlementaire. Il a souligné que la présence de toutes les délégations étrangères est « le symbole d’un come back diplomatique réussit de la Côte d’Ivoire ». Pour l’honorable Soro Fobeh député de Katiali-niofoin, l’appel à la raison du N°1 de l’hémicycle est le morceau choisi pour son analyse. Il salue le franc parlé du Président Guillaume Soro et « demande avec insistance aux perdants de faire preuve de grandeur et de culture démocratique ».

Notons que 235 députés étaient présents lors de cette cérémonie.

SUY Kahofi



21 avril : Abidjan un désert électoral pour un fiasco démocratique

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Agents de la CEI oisifs un bureau de vote (@kingsuy)

Le processus électoral de sortie de crise s’est achevé ce 21 avril en Côte d’Ivoire. Celui-ci pour mémoire avait débuté en novembre 2010 avec les élections présidentielles qui se sont finalement soldées par une violente crise post-électorale. Ont suivi, les législatives encore marquées par des violences entraînant des partielles au mois de février 2012. Les élections régionales et municipales couplées quant à elles ont été reportées à deux reprises avant d’être pratiquement imposées en avril 2013.

Boycotte pacifique réussit

Dès l’annonce de cette date par le Conseil des Ministres, Richard Kodjo le secrétaire général du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo n’est pas passé par quatre chemins pour annoncer la volonté de son parti (FPI) de boycotter le scrutin prétextant d’un dialogue politique de sourd au sommet de l’Etat. Malgré cet appel au boycotte une quinzaine de cadres du FPI vont apporter leur soutien dans plusieurs localités aux candidats du PDCI d’Henri Konan Bédié. Un écart de comportement sanctionné par le Directoire du FPI mais qui donne toute la mesure de la fragilité du navire RHDP. En effet ces élections ont permis de voir combien de fois le torchon brûle entre le PDCI et le RDR d’Alassane Ouattara. Une gué-guerre politique qui a engendré de nouvelles violences. Ces violences verbales, physiques et les actes de destruction qui les accompagnent étaient sans doute rendu possible par les enjeux de ces élections pour des postes de développement. Un engouement politique qui a permis d’enregistrer 659 têtes de listes pour les élections municipales et 84 au régionales. Une véritable course aux fonctions de maires et de conseillers régionaux qui s’est joué à coup de programme de société plus novateurs les uns que les autres mais aussi à coup de billet de CFA et de gadgets notamment les tee-shirts.

On ne vote pas les violents !

Les différentes stratégies de campagne on-t-elle porté leurs fruits ? Il faut bien attendre ce 21 avril pour le savoir. Ce dimanche de vote, la sanction est tombée. Les Ivoiriens ont boudé le scrutin au grand désarroi des représentants de candidats. L’espoir de l’affluence dès l’ouverture des bureaux de vote à vite laissé la place au découragement. Nombreux sont les Ivoiriens qui ne sont pas allés voter : les élections régionales et municipales ayant trop peu d’enjeu à leurs yeux. Au-delà, c’est une abstention sanction face une classe politique ivoirienne qui semble s’accommoder des violences électorales avec une certaine aisance.

« Les politiciens Ivoiriens ne sont pas sérieux ! Ils nous invitent à participer aux scrutins et après pour des résultats ils endeuillent des familles. Je ne vote plus et en plus je me prépare pour quitter ce pays avant les présidentielles de 2015 » avance déçu Kouakou Gérard, un jeune informaticien.

Seule une poignée d’Ivoiriens s’est déplacée vers les urnes. Un véritable désert électoral dans les dix communes d’Abidjan qui fait planer le taux de participation à 30%, selon les premières estimations. Une misère démocratique quant on sait que 5 millions d’Ivoiriens étaient attendus aux urnes ! La raison de ce désert électoral est toute simple : les candidats ont préféré se chicaner, s’injurier et s’agresser au lieu de s’opposer par des programmes de société.

« De nombreux candidats seront surpris par les résultats de ces élections. C’est la première fois que des élections couplées sont organisées en Côte d’Ivoire et très peu de candidats ont pris le soin d’indiquer à leurs militants et sympathisants comment voter.  Ils étaient plutôt préoccupés par des promesses électoralistes au point d’oublier l’éducation citoyenne » nous explique Nathalie Koné, directrice du CEFCI (Centre Féminin pour la Démocratie et les Droits Humains en Côte d’Ivoire).

Si la CEI, la Commission Electorale Indépendante, pour éviter toute contestation et proscrire le désordre à décidé de proclamer les résultats à partir de ce lundi, il n’y aura pas de suspens concernant le taux d’abstention et surtout celui des bulletins nuls. Sur ce dernier point, les Organisations de la Société Civile estiment que la proportion de bulletins impropres au comptage des voix pourrait osciller entre 15 % et 20 %.

SUY Kahofi



Armée Ivoirienne : un malaise né du recrutement et du DDR

Sont-ils tous des parvenus en uniforme ?

Pour être un peu plus informé sur la situation sécuritaire qui prévaut en Côte d’Ivoire en ce moment je me suis rendu dans les communes d’Abobo, d’Adjamé et d’Attécoubé (Abidjan nord), des communes où durant la crise j’avais des informateurs. Il faut dire que j’ai gardé de bons contacts avec ces hommes qui hier me parlaient exclusivement au téléphone. Certains, des ex-combattants, sont restés dans l’armée (si on peut appeler ça comme ça !), d’autres n’ayant pu rester en uniformes sont retournés à leurs premiers amours ! Mécanos, apprentis gbaka, boutiquiers…chacun est retourné à son business. Ceux que l’armée n’a pas gardé sont marqués par la colère, ceux qui ont été retenus sont tout aussi en colère. La raison de la grogne est toute simple : « le recrutement de la nouvelle armée d’Alassane Ouattara s’est fait sur la base ethnique et sur la reconnaissance aux combattants les moins méritants » soutient celui que je décide d’appelé Freddy. L’armée Ivoirienne actuelle n’est composée selon lui que des éléments de la garde prétorienne des ex-Com Zone et de quelques combattants chanceux. Chanceux parce qu’étant des proches de haut-gradés des FAFN (forces armées des forces nouvelles). « Le Vieux (Soro Guillaume) a gonflé les chiffres sur ses combattants pour troubler le sommeil de Gbagbo » nous lance moqueur Freddy avant de conclure que « Soro a fait sa guerre avec moins de 5000 hommes ( !?!) ». Difficile de dire si le jeune homme dit vrai mais une chose est sûre c’est qu’il sait au moins comment de nombreux combattants ont été écarté des rangs des FRCI depuis la fin des combats d’Abidjan.

Des parvenus en uniforme !

« Parmi les éléments des FRCI il y a trois catégories de personnes » m’explique celui que j’ai connu il y a quelque temps sous le nom de caporal Diarra. Il y a les ‘’an sègèla’’ (terme malinké signifiant ‘’les fatigués’’, les anciens). Ils combattent le régime de la refondation depuis 2002. Suivent les hommes baptisés ‘’les ralliés’’ ! Certains viennent des unités combattantes d’Abobo qui se battaient depuis la fin des élections contre les FDS et les autres sont des débarqués pro-gbagbo, chassés de l’armée à cause de leurs noms trop Dioula ! De tous ces hommes, mis a part les ‘’an sègèla’’, rares sont ceux qui sont restés militaires. « Ceux qui sont actuellement considérés comme des FRCI sont en fait les cousins, les amis et les frères des certains haut-gradés de l’actuelle armée. Ils sont des parvenus : des hommes qui savent à peine se servir d’une arme qui ont été mis en uniforme à notre place » s’indigne Ben. Il suffisait donc d’avoir un frère, un cousin ou un ami quelque part dans la hiérarchie militaire pour que sans jamais avoir eu une kalachnikov entre les mains vous deveniez Petit Sergent ! Sous fond de leurs exploits contre les troupes pro-gbagbo Ben me confie que si au moindre accrochage ces soi-disant soldats se faisaient canarder aussi facilement c’est parce qu’ils ne sont ni formés, ni aptes à se battre pour sauver leur propre peau à plus forte raison sauver celle des autres. « Ils n’ont jamais été des militaires et les attaques sont aujourd’hui le résultat de l’arbitraire qui a prévalue leur de la refonte de l’armée » conclu Ben. « Il y a peu de chose que les haut-gradés de l’armée acceptent de dire au Président de la République » pense T.J. Le plus jeune combattant d’une unité d’Abobo est aujourd’hui sur le carreau. Il fulmine à l’idée de savoir que leur combat contre Gbagbo est aujourd’hui mis à l’actif « de personne qui étaient terrées chez elles quand les obus pleuvaient sur la commune martyre ». TJ prétend avoir des contacts parmi ses camarades restés dans l’armée. Il confirme que certains attaquent des domiciles ou braquent des commerçants pour se faire de l’argent. « Demande à tous ces vieux qui nous ont donné les gris-gris durant la guerre. Ils nous ont interdit le vol ! Tous ceux qui volaient même une aiguille mourraient au combat. Or certains soldats aujourd’hui sont chassés de l’armée pour vol » s’indigne le jeune homme. Ce que la majorité des Ivoiriens ignorent, c’est que les oubliés du recrutement de la nouvelle armée sont encore sollicités par leurs anciens chefs ! « Tu sais ils n’ont pas honte ! Quand ‘’ça’’ chauffe, ceux que vous voyez en uniforme à la télé savent où nous trouver. On nous a retiré nos armes, chassés de l’armée comme des malpropres…et aujourd’hui avec les morts c’est nous qu’on vient chercher encore ? » se demande étonné Sékou. Il me balance le nom de deux Com zones sous le contrôle de TJ qui confirme que les deux hommes étaient bien à Abobo au lendemain des attaques d’Akouédo. Objectif tenté de convaincre les ‘’oubliés’’ de rejoindre la ‘’cause’’ ! « Lorsque tu es passé au mois de mars je t’ai dis qu’il viendront nous chercher un jour ! Moi je ne me sens plus concerné par quoi que ce soit » me dit tout sec Sékou avant de conclure en ces termes « que ceux qu’ils payent aillent justifier leurs salaires ».

Des vendeuses aux opérations de DDR !

Deux des hommes qui me servaient d’informateur durant la crise sont de vrais soldats. Ils étaient à une certaine époque membres de la très respectable garde républicaine. Aujourd’hui ‘’affecté’’ dans une insignifiante unité ils regrettent la manière dont le DDR a été conduit. L’ancien caporal me confie que le DDR a été mal conduit à la base. « Le jour où les postes de recensement ont été ouverts, des vendeuses du marché sont venues se faire enrôler ! Des jeunes filles, des petits garçons, même des vieillards tordus par le rhumatisme étaient là. Aucun sérieux ! Du pur gâchis depuis le premier jour. Quelle armée voulez-vous avoir au bout ? » s’interroge notre interlocuteur. Les hommes retenus par les haut-gradés de l’armée étaient déjà connus. Leurs noms figuraient déjà sur des listes qui ont été transmis à l’Etat Major. Les hommes de métier, formé à coup de million par l’Etat Ivoirien se retrouvent à être les subalternes d’homme qui savent à peine lire et écrire. « Par peur que le canon des fusils entre nos mains ne se retournent contre eux, ils ont préféré nous laisser sans arme ! Nous sommes militaires mais sans arme ! » soutien le caporal. Cette même politique des hommes sans armes est aussi menée envers ceux qu’on continue d’appeler ‘’les hommes de Gbagbo’’. Des militaires qui ne se sont pas ralliés à temps ! Quant au traitement salarial il est aussi incertain que la condition de militaire elle-même. Doukouré, un autre soldat qui s’est illustré pour son aptitude à dérober des minutions aux troupes pro-gbagbo, me dit avec amertume qu’il tente de vivre au jour le jour avec ce qu’on accepte de lui donner. « Il y a des fins de mois où quand je passe ma carte magnétique j’ai la moitié de mon blé ! Certains mois je n’ai rien mais vers qui me tourner quand je connais ma position ? ». Les deux hommes me confient que les frustrations au sein de l’armée sont grandes. Pour eux il va falloir du temps et une véritable volonté du Chef de l’Etat pour créer une vraie armée. « L’armée est politisée ! Les militaires se boudent, ils se regardent comme des ennemis parce que certains trouvent que les autres n’ont pas leur place dans la nouvelle armée. C’est une équation difficile mais pas impossible à résoudre » affirme confiant Doukouré qui estime que l’armée est à l’image du pays. Un pays divisé pour une armée encore morcelées en clans ethniques et politiques.

SUY Kahofi