Revue de la semaine ivoirienne du 27 au 31 octobre 2014

Départ des chefs d’Etat "anti-gbagbo", accomplissement d’une prophétie ou heureux hasard ?

Départ des chefs d’Etat « anti-gbagbo », accomplissement d’une prophétie ou heureux hasard ?

Après Wade et Sarkozy un autre ennemi de Gabgbo est tombé, ainsi parle le chroniqueur international du quotidien Révélation qui revient sur le film de la chute de celui qu’il appelle « le dictateur de Ouaga« . Les mercenaires venus du Togo et de la Côte d’Ivoire n’ont pas pu inverser la tendance face à la pression de la rue peut-on lire dans les colonnes du confrère. Blaise Compaoré est tombé annonce LG Info qui précise que l’armée conduira une transition de 12 mois. Le beau Blaise est porté disparu son épouse qui est originaire de la Côte d’Ivoire est de retour à Abidjan croit savoir Notre Voie qui soutient qu’il s’agit d’une triste fin pour une dictature sanglante de 27 ans. Lire la suite

Du «Baygon» contre les «microbes»

La Police Ivoirienne lance la traque aux microbes à Abidjan
La police ivoirienne lance la traque aux « microbes » à Abidjan

Comme les enfants soldats du Liberia ou de la Sierra Leone, les populations d’Abidjan découvrent le visage hideux de la criminalité juvénile précisément celle des mineurs. Il s’agit d’enfants de 9 à 17 ans rompus à l’art du maniement des armes blanches que l’on appelle sur les bords de la lagune Ebrié les « microbes ».

Les « microbes » sont devenus en l’espace d’un an un véritable problème de société, pire un fléau urbain avec des victimes qui se compte par dizaines. La violence de leur mode opératoire laisse encore effrayés tous ceux qui ont eu le malheur de les croiser. Et chacun d’entre eux a une histoire pathétique à raconter. C’est le cas de Yacou Sangaré résident du quartier Marley à Abobo. Ce père de famille est un miraculé ! Lire la suite

Le top 10 des malaises sous le régime d’Alassane Ouattara (acte 1)

Ouattara et son sourire électoral qui ne rassure plus

Ouattara et son sourire électoral qui ne rassure plus.

Il aura suscité de l’espoir pour de nombreux Ivoiriens lors de son arrivée au pouvoir. Trois ans après avoir prêté serment, le président Alassane Ouattara est toujours attendu avec ses solutions sur plusieurs chantiers importants.

1 – La réconciliation nationale

La réconciliation nationale est certainement la clé de voûte de la réussite de tout le mandat d’Alassane Ouattara. En effet il hérite d’un pays défiguré par de nombreuses années de crise qui ne se résume pas seulement à la récente crise post-électorale. Les Ivoiriens traînent le lourd fardeau de la division depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, date à laquelle l’unité apparente du pays a volé en éclats avec la guerre de succession que se sont livrés deux de ses fidèles lieutenants. Étrangement l’un des protagonistes de la bataille autour de l’héritage du « bélier de Yamoussoukro » était Alassane Ouattara. ADO aura donc pour mission de recoller les morceaux d’un pays qu’il aura lui-même contribué à diviser. Mais avant d’apaiser les cœurs, il devra être le promoteur d’une justice transversale.

2 – Une justice transversale

« Comment voulez-vous parler de justice équitable en Côte d’Ivoire lorsqu’il n’y a que les personnes d’un seul camp politique qui sont traquées par la justice ? » Cette interrogation est de Danon Djédjé, l’un des barons du Front populaire ivoirien qui s’offusquait que jusqu’à ce jour seul Laurent Gbagbo et ses partisans étaient en prison. D’ailleurs il n’est pas le seul à faire le constat de cette justice des vainqueurs qui se manifeste en Côte d’Ivoire. Amnesty International, NDI, Human Rights Watch et plusieurs autres organisations ne cessent d’interpeller le gouvernement ivoirien. Celui-ci se doit d’engager des poursuites judiciaires contre tous les auteurs de crimes liés à la crise post-électorale. Un exercice qui s’avère difficile depuis le 11 avril 2011. Gbagbo Laurent et Blé Goudé à la CPI (Cour pénale internationale), pendant que des ex-com zone qui ne sont pourtant pas des enfants de chœur sont devenus des hauts gradés de l’armée ivoirienne !

3 – L’emploi des jeunes

« Politique là on parle ça quand on est rassasié » ! Comme Djibril, un jeune apprenti Gbaka d’Abobo de nombreux jeunes Ivoiriens n’ont que faire des discours sur la réconciliation nationale, les politiques de développement ou la réforme de l’armée. Plus que toute autre chose ils aspirent à un emploi ! « Le  »gars’ nous a dit qu’il a des solutions pour les jeunes et depuis on ne voit rien » avance Liliane une jeune Ivoirienne en quête d’emploi. Le taux de chômage est toujours dans le rouge et les seules offres d’emploi visibles sont celles qui foisonnent dans le secteur de la reconstruction. Mais tous les jeunes ne sont pas des as des truelles ! Que deviennent les autres ? Ils seront sans doute promoteurs de leur propre entreprise, mais d’où viendront les fonds ? Lorgner sur la fonction publique peut-être ? Il n’y a plus assez de place pour les ex-combattants ! Le chômage en Côte d’Ivoire c’est comme un cercle vicieux où le serpent se mord sans cesse la queue. Toutes les quêtes semblent se solder par un échec comme les politiques actuelles de lutte contre la vie chère.

4 – La lutte contre la vie chère

Côte d’Ivoire, nation émergente à l’horizon 2020. Mais les Ivoiriens marchent vers cette émergence le panier et le ventre vide ! Difficile sur les marchés de la capitale économique ivoirienne de pouvoir nourrir sa famille sans y laisser les plumes ! La popote à 5 000 francs Cfa devient un luxe même pour les salariés. Le prix du riz est majoré d’une boutique à l’autre, les légumes sont hors de prix à cause du racket des forces de l’ordre et les commerçants affichent les prix à la tête de la ménagère. La politique de lutte contre la vie chère du gouvernement est un échec total. Plus elle est amplifiée plus elle donne des résultats négatifs. Les consommateurs crient leur colère face aux commerçants véreux. Les commerçants crient leur colère au gouvernement qui semble fixer taxes et impôts sans tenir compte du pouvoir d’achat des populations. Une indiscipline généralisée sur les marchés, une zizanie comme celle qui gangrène l’armée.

5 – L’indiscipline au sein de l’armée

 A les regarder déambuler avec leurs gris-gris au bras, amulettes volumineuses aux reins et une odeur qui vous coupe souvent l’appétit, les éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire sont taxés la plupart du temps d’indisciplinés. Ils se prennent à la fois pour des gendarmes, policiers, militaires, juges, témoins, avocats et tout en même temps. Ne vous aventurez pas à les interpeller sur leurs comportements souvent indécents. « Toi tu es qui pour parler comme ça ? Est-ce que tu me connais ? » « Moi pour avoir mes galons j’ai tué de Vavoua à Abidjan » vous lancera votre interlocuteur. Au comble de sa colère notre jeune élément des FRCI pour dira : « Je fais rien avec Ouattara parce que c’est nous qui l’avons mis là où il est ». Quelle est donc cette armée où les hommes ont à la limite du mépris pour celui que la Constitution appelle le chef suprême des armées ? Alors que le chef n’est pas respecté que mérite le peuple ?

A chacun son 11 avril…

Le bruit des bombes et le silence des morts est encore présent

Le bruit des bombes et le silence des morts est encore présent

C’est un vendredi comme les autres où les Abidjanais s’apprêtent à vivre à 100 à l’heure le long week-end qui s’offre à eux. Un vendredi en apparence comme les autres sauf que celui-ci marque le 11 avril, jour anniversaire de la chute du régime de la refondation.

Les populations ivoiriennes se souviennent de cette crise marquée par de nombreux morts, les pénuries alimentaires et le bruit des bombes. Un souvenir de la crise diamétralement opposé à celui des politiciens ! Pour mémoire c’est bien un 11 avril 2011 que les hélicoptères de l’armée française et ceux de l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire ont multiplié les tirs sur le Palais présidentiel d’Abidjan-Cocody. Une opération militaire qui a permis la capture de Laurent Gbagbo et d’une poignée de fidèles restés avec lui dans un bunker. Les politiques ont une lecture de cette actualité, bien différente de celle du peuple.

Pour le FPI (Front populaire ivoirien) et ses partis satellites, ce 11 avril sonne la commémoration d’une mort, celle de la démocratie en Côte d’Ivoire. Avec l’aide de l’ancienne puissance colonisatrice, l’Etat de droit, la bonne gouvernance et la justice ont été enterrés pour promouvoir l’arrivée d’un homme au pouvoir. Il s’agit d’Alassane Ouattara, l’ancien patron du FMI (Fonds monétaire international) que le FPI depuis toujours a tenu responsable de la déstabilisation politique et sociale de la Côte d’Ivoire. Ce 11 avril le FPI se souvient aussi et surtout de ses nombreux militants en détention, de son charismatique leader à la CPI  (Cour pénale internationale) et des difficultés que traverse le parti après dix années d’abondance à la tête du pays. Pour le RDR l’heure est aussi au souvenir, une pensée aux victimes de la crise mais un 11 avril pour savourer l’effort de reconstruction. Alassane Ouattara est crédité d’un bilan économique positif salué par de nombreux analystes? mais ce bilan ne peut en aucun cas faire de l’ombre au processus de justice transitionnel à deux vitesses donc bâclé, la réconciliation nationale qui peine à prendre forme, le risque de surendettement après l’atteinte de l’initiative PPTE, une ethnicisassion de l’administration ivoirienne et un esprit de mauvaise gouvernance qui souffle en permanence sur le pays.

A cela s’ajoute de nombreuses promesses non matérialisées comme la lutte contre la vie chère et l’emploi des jeunes, deux épineux dossiers qui fondent la grogne du peuple face à un leader qui avait suscité de l’espoir.

Revue de la semaine du 02 au 07 novembre 2013

Une nouvelle attaque à Yopougon

Une nouvelle attaque à Yopougon

Une semaine d’actualité s’achève en Côte d’Ivoire sous fond de querelle politique entre le pouvoir et l’opposition. La raison de cette nouvelle guéguerre de la classe politique est le dernier rapport de l’ONU qui souligne que le régime d’Alassane Ouattara a versé une substantielle quantité de dollar à des mercenaires pour financier des assassinats et enlèvement de partisans pro-gbagbo au Libéria et au Togo nous apprend L’Expression. La sortie médiatique de Pascal Affi N’guessan le patron du FPI a été l’occasion pour lui de se prononcer sur ce rapport. A la une du quotidien Le Temps il juge scandaleux l’attitude du Gouvernement à l’encontre du FPI. Le leader fraîchement sorti de prison s’offusque dans les colonnes de Notre Voie qu’en lieu et place du dialogue le RDR ne propose que la violence. Vous avez dit rapport accablant envers le régime ivoirien ? Pour le président Alassane Ouattara qui se prononce sur ce document indexant son appareil sécuritaire et politique il s’agit simplement d’un rapport « abjecte, irresponsable et mensonger » s’indigne le numéro un ivoirien à la une Nord Sud Quotidien. Le Président Ivoirien face à ce qu’il qualifie de mensonge à saisi Ban Ki Moon. Pendant que le régime se débat, le FPI lorgne déjà sur la présidentielle de 2015 et appelle à l’organisation des Etat Généraux pour booster la réconciliation. Présidentielle de 2015, le FPI ne dit pas non souligne Fraternité Matin qui se fait fort de rappeler dans son analyse les conditions posées par le parti de Laurent Gbagbo pour prendre part à ce scrutin avenir. Le Nouveau Réveil a une autre analyse des propos d’Affi N’guessan et affiche un ton plutôt catégorique et radical : pas de réconciliation, pas d’élection en 2015. Pour Affi N’guessan la clé du succès du processus de réconciliation nationale réside dans la tenue des Etats Généraux qui reste la seule option pour sauver Alassane Ouattara indique Le Quotidien d’Abidjan. Voici donc ce qui fait dire à Notre Voie que « Ouattara doit choisir entre la CPI et les Etats Généraux ». Aujourd’hui dans la même veine ne dit pas autre chose quand sur la tenue des Etat Généraux rejeté par le Président Ouattara le quotidien barre sa tribune avec ce titre « Ouattara joue avec le feu ». Du feu il y en a eu lors de l’attaque armée du 16ème arrondissement dans le quartier de Yopougon. Les populations ont vécu une grosse frayeur car pendant près d’une heure des tirs nourris ont été entendu dans le secteur de la paroisse Saint André nous indique L’Inter. Soir Info toujours au sujet de cette attaque fait état d’un commando armé qui mélange Yopougon après une opération visant à démanteler un fumoir. Au-delà d’une simple expédition punitive face au FRCI, Le Nouveau Courrier croit avoir déjà descellé des zones d’ombre dans cette affaire. Terminons cette revue de la semaine avec une date et un souvenir. 07 décembre 1993 – 07 décembre 2013 voici 20 ans que Houphouët Boigny s’en est allé, Fraternité Matin, Le Nouveau Réveil et plusieurs autres canards rendent un vibrant hommage au Bélier de Yamoussoukro.