Le Chef de l’Etat Ivoirien malmené dans les sondages par ses candidats ministres
L’actualité des élections municipales et régionales a dominé cette semaine les débats. Fait important, ces élections se sont invitées à l’Assemblée Nationale. Le Président de l’Institution lors de son discours à l’occasion de l’ouverture de la 1ère session ordinairede l’Assemblée Nationale a interpelé les candidats. « Que le FPI retourne à la table des négociations et que les perdants acceptent le verdict des urnes » dixit le Président de l’Assemblée Nationale Soro Guillaume à la une du quotidien à capitaux publics Fraternité Matin. Guillaume Soro n’est pas passé par quatre chemins pour appeler les candidats débouté par le peuple à une certaine grandeur démocratique nous indique Le Patriote. Dans les colonnes du quotidien Le Mandat cet appel du N°1 de l’hémicycle trouve un large écho par une analyse poussée et surtout ce morceau choisi : « je demande solennellement aux candidats qui ont participé aux élections de dimanche dernier d’accepter le verdict des urnes. Faisons en sorte que quelques sautes d’humeur bien compréhensibles de la part de candidats qui étaient certains de leur victoire mais que le peuple n’a finalement pas retenu, ne retardent la publication des derniers résultats » fin de citation. Le Patriote dans le prolongement de la CEI publie l’intégralité des résultats de cette consultation électorale et précise dans la foulée le nombre de régions et de communes tombées dans l’escarcelle du RDR et du PDCI. Le Nouveau Réveil propose également à ces lecteurs tous les chiffres liés à cette élection et précise que concernant Treichville, Kongasso, Doropo et la Région du Cavally la CEI a adressé un courrier au Président de la République. Le Front Populaire Ivoirien ne reconnait pas ces élections ni les résultats du scrutin cela avait été dit par son secrétaire général, le quotidien Le Temps le rappelle. Le FPI va plus loin et annonce une série de marches et de meetings contre le Président Alassane Ouattara nous indique Notre Voie et cette décision pousse Le Patriote à écrire : « après avoir échoué à boycotter les élections le FPI appelle à la révolte ». Le Gouvernement de son côté condamne toute cette violence et appelle au calme nous indique La Matinale et Le Jour Plus, pour Le Démocrate la famille du RHDP doit éviter le clash des remouds post-électoraux, le confrère souligne que les Présidents Bédié et Alassane Ouattara sont interpelés. A Bouaké au centre du pays se sont les ex-combattants qui menacent encore prévient Le Nouveau Courrier. Sur les raisons de leur mécontentement Fraternité Matin nous dit que ces derniers exigent la libération de leur porte-parole. Tout ce tohu-bohu sécuritaire fait dire au Quotidien d’Abidjan que ça chauffe entre Alassane Ouattara et l’armée de Guillaume Soro. Achevons cette revue de la semaine ivoirienne avec une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire au plan économique ; un nouveau gisement de pétrole a été découvert nous apprend Le Patriote.
Dernier virage du processus électoral en Côte d’Ivoire. C’est bien ce dimanche 21 avril que les Ivoiriens se rendront aux urnes pour choisir leurs conseillers régionaux et municipaux. C’est l’occasion choisi par le porte-parole de la CEI (la Commission Electorale Indépendante) pour rappeler que frauder sera une manœuvre impossible. S’exprimant dans les colonnes du quotidien Soir Info, le porte-parole de l’institution en charge de l’organisation des élections invite les candidats et leurs partisans au respect du code électoral pour des élections apaisées. Des élections apaisées c’est aussi le souhait de Youssouf Bakayoko le Président de la CEI qui s’exprimait chez nos confrères de Fraternité Matin. Un souhait qui trouve tout son sens vu les violences qui ont émaillé la campagne qui a pris fin vendredi 19 avril à minuit. Cette campagne pour les régionales et les municipales a aussi cristallisé les divisions au sein du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix). Le RDR (Rassemblement des Républicain) d’Alassane Ouattara semble ne plus faire confiance à son allié traditionnel le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire). En effet les appels du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo au PDCI d’Henri Konan Bédié suscitent des analyses diverses et surtout des interrogations. Le PDCI dans la perspective de la Présidentielle de 2015 a-t-il un plan B s’interroge Le Patriote. Le confrère proche du RDR se montre menaçant : le PDCI risque de regretté ses tractations sécrètes avec les partisans de Laurent Gbagbo. Réponse du berger à la bergère via le canard officiel du PDCI par la voix du président de la JPDCI (Jeunesse du PDCI), le sieur KKB. Il affirme à la une du Nouveau Réveil « le PDCI n’a pas de plan B mais on ne marche pas sur le parti d’Houphouët Boigny ». C’est clair pour Le Démocrate le navire du RHDP prend de l’eau car il y a une tension vive entre le RDR et le PDCI. Cela se matérialise sur le terrain par un cortège de campagne qui a essuyé des jets de pierres à Sikensi note L’Inter. Bien que le FPI semble ne pas s’émouvoir du débat politique, il n’étend pas se taire face à la désobéissance de certains de ces cadres. En effet 15 d’entre eux qui ont désobéit au mot d’ordre de boycotte ont été sanctionné par le parti nous renseigne en cœur Notre Voie et Soir Info. Parlons à présent de la grève des enseignants qui semble perdurer. Le gouvernement s’est décidé à débloquer 1,7 milliard pour calmer les grévistes nous indique Le Jour Plus. Il s’agit en fait d’une somme débloquée pour solder les primes de correction des copies du BAC et BEPC 2012 nous dit Fraternité Matin. Restons avec nos confrères de Fraternité Matin qui annoncent de bonnes nouvelles au plan social pour les agents de la SOTRA, la société des transports abidjanais. Des déflatés dit-on seront rappelés car l’entreprise annonce des chiffres qui sont plutôt dans le vert. Cette embellie est le moment choisi par l’entreprise pour annoncer l’arrivée de nouveau bus.
Affiches dégradées dans la commune du Plateau (crédit photo @kingsuy)
Le minimum de bon sens aurait voulu qu’on puisse avoir un comportement irréprochable lorsqu’on est candidat, militant ou sympathisant du parti au pouvoir. Que nenni ! Avec le RDR (Rassemblement des Républicains), plus on est de la famille du premier ivoirien, plus on se comporte mal. Depuis le 6 mars 2013, date du début des campagnes pour les élections locales, il nous a été donné de constater que se sont les militants du parti de SEM Alassane Ouattara qui ont des comportements de « sauvage » dans toutes les localités où ils sont en compétition avec d’autres partis politiques. Pire, auréolé par la présence de l’un des leurs au Palais Présidentiel, ils ne se gênent pas pour installer la violence physique et verbale dans les rues de la capitale. Avec le RDR d’Alassane Ouattara l’enjeu des élections tue le jeu démocratique. D’aucun se demanderait face à toute cette violence si le chef de l’Etat est instruit du comportement indélicat de ses partisans et surtout des candidats qui évoluent dans l’arène avec sa bénédiction ?
Des faits qui parlent d’eux-mêmes
Passons en revue quelques évènements qui nous donnent un aperçu de cette violence quasi quotidienne que le RDR utilise pour se faire entendre ou plutôt pour s’illustrer négativement. A Séguéla, plus précisément dans le quartier Bakayoko extension, l’on a noté que durant les campagnes électorales, les militants du RDR ont empêché les autres candidats aux élections de poser leurs affiches sous prétexte que ce quartier est leur bastion. Les mêmes militants du RDR ont hué et refusé l’accès de la cité (Séguéla) au Professeur Alphonse Djédjé Madhy pourtant figure emblématique du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix). A Korhogo, l’une des spécialités des adeptes de la case familiale consiste à déchirer les affiches des opposants. La sale besogne est laissée aux badauds qui pour quelques pièces écument la ville à la recherche de tout ce qui n’a pas un sourire RDR ! A Divo le candidat du RDR semble avoir tout lu sauf le code électoral et la constitution ivoirienne. Un crime électoral pour quelqu’un qui aspire à diriger toute une région. Le parvenu politique estampillé de la bannière orange bat campagne en utilisant le nom du Président de la République et son image. A Man c’est encore (et toujours) l’ancien ministre Sidiki Konaté qui continue de lancer matin, midi et soir des invectives aux populations qu’il a vite fait de catégoriser. Pour lui les Wès et les Dans sont des sous-hommes, pauvres, incapables et malheureux !
La cerise sur le gâteau !
Loin de se limiter à ses actes cités plus haut, le RDR consacre par la voix de son secrétaire général des appellations déshumanisantes pour les candidats indépendants. Le sieur Amadou Soumahoro ne se prive pas de rappeler que les indépendants sortis du RDR « sont des enfants sans père ni mère », « des rebelles qui ne savent ni d’où ils viennent et où ils vont », « ils n’ont pas de tuteur et ils sont dangereux » ! Quand celui qui doit rappeler à l’ordre se plait dans les injures, allez-y comprendre que la violence est une institution au RDR. La palme d’or de l’arrogance et du manque de culture démocratique revient sans doute au sieur Cissé Bakongo, monsieur le ministre je vous en prie. A Koumassi, le ministre-candidat que certains jeunes appellent honteusement « le déréglé »* ne s’interdit pas certains agissements. Les loubards à sa solde sèment le désordre et la violence dans les états-majors des autres candidats. Il fait briser chaises et bâches. Malheur aux militants d’un opposant si votre cortège croise celui des partisans de M. Bakongo. Bagarres et autres violences verbales ne manqueront pas. Pour M. Bakongo il n’existe plus de différence entre les biens de l’Etat et celui du candidat. Ne vous offusquez pas si vous voyez un véhicule à la plaque d’immatriculation jaune transporter ses loubards et autres disciples.
Il faut que ça cesse !
Le RDR étant signataire du code de bonne conduite des partis politiques, il se doit de donner un sens à son engagement en tournant le dos à la violence et en interpellant ses militants au civisme depuis le sommet du parti. Pas moins de 10 articles sur 20 que compte le code de bonne conduite sont quotidiennement violés par le parti au pouvoir. Le Président Alassane Ouattara souligne qu’il est le promoteur d’un Etat de droit, d’un pays démocratique où les droits de l’homme sont respectés ; il lui revient de commencé sa lutte par son propre parti où des teignes semblent n’avoir pas tiré de leçons de la meurtrière crise post-électorale.
SUY Kahofi
*le déréglé : surnom donné au ministre Bakongo depuis qu’il a menacé l’un de ses concurrents aux élections législatives avec une arme à feu.
Les séquelles de la crise sont encore visibles en Côte d’Ivoire
Voici deux ans jour pour jour que le régime de la refondation s’écroulait à Abidjan au terme d’une longue et meurtrière crise post-électorale qui a fait 3000 morts.
Laurent Gbagbo ayant perdu les élections présidentielles après le second tour de décembre 2010, avait alors refusé de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara. Très vite deux camps se sont crées et surtout cristallisés autour des deux protagonistes. Il ne s’agissait pas seulement de pro-gbagbo contre des pro-ouattara avec son corollaire de miliciens, mercenaires et autres dozos* mais il s’agissait pour certains d’une opposition entre des « panafricanistes » et des esclaves de l’occident. Laurent Gbagbo convaincu de sa victoire parce que proclamée par le Conseil Constitutionnel a été suivi dans sa logique par certains intellectuels qui étaient convaincu que comme Kadhafi, l’occident voulait tuer un autre fils de la révolution africaine. Alassane Ouattara victorieux selon la certification des Nations Unies avait eu (et encore aujourd’hui) le soutien de plusieurs Nations dont la France et les Etats Unis. Pendant qu’au sommet de la hiérarchie politique les tractations se faisaient de plus en plus difficiles voir impossibles, le peuple avait commencé à sentir les effets de cette crise qui était la mélodie d’une longue symphonie baptisée « guerre civile ». Plus de liquidité parce que le « Président légitime » selon la certification avait fermé le robinet depuis la BCEAO à Dakar. Inflation à Abidjan et hausse des prix parce que le « Président légitime » selon le Conseil Constitutionnel menaçait de créer sa monnaie. Ni Alassane Ouattara ni Laurent Gbagbo n’ont réellement souffert de cette crise ! OUI aucun d’autre eux n’a souffert comme le peuple de Côte d’Ivoire et en ce 11 avril 2013 c’est a ce peuple que je veux particulièrement penser.
Au-delà de l’interprétation que chaque camp politique fera de cette crise, je reste convaincu que la véritable lecture est celle qu’en fera le peuple. Le FPI de Laurent Gbagbo et la coalition du RHDP continueront chaque jour de ressasser le même discours de la victoire contestée. Mais l’Ivoirien qui n’arrivait plus à manger est celui là qui peut réellement rendre compte de cette crise. Au risque de me répéter, ni les occupants de l’hôtel du Golf nourris chaque jour par un MI-8 de l’ONUCI, ni les occupants du Palais Présidentiel d’Abidjan-Cocody ne pourront réellement vous parler de cette crise. OUI le peuple de Côte d’Ivoire est le seul témoin de ces six mois de combats. C’est à ce peuple que je dédie ce triste anniversaire. Ce peuple qui chaque jour respirait l’odeur des corps en putréfaction, ce peuple qui chaque jour vivait comme si c’était le dernier a attendu patiemment que les choses se tassent pour soupirer. La faim, des parents égorgés devant leurs enfants, les cadavres, les enfants malades, le choléra, la fièvre jaune, les déplacements des populations des zones ouest où femmes et enfants étaient violés et tués : c’était ça la crise Ivoirienne. Loin des images de simple guérilla urbaine rapportées par TF1, CNN ou France 24, un véritable drame s’est joué en Côte d’Ivoire. J’en veux pour preuve les fausses communes qui sont découvertes chaque mois. J’ai de la peine pour toi cher Côte d’Ivoire, car malgré ta souffrance, les politiciens semblent ne pas avoir tiré des leçons de ton douloureux passé, passé portant si proche. Les mêmes discours guerriers sont encore présents ! Aux menaces du FPI, le RDR répond par la fermeté ou l’indifférence. « Ce n’est pas encore fini » disent certains partisans de Laurent Gbagbo, « venez on vous attend » répondent ceux d’Alassane Ouattara. Et pendant que le jeu des menaces signe son retour, le peuple retient son souffle.
Ce 11 avril c’est aussi l’anniversaire du règne de l’impunité, d’une justice bancale et du retour de la violence dans l’ouest du pays. Seul Laurent Gbagbo et ses partisans sont au cachot : les assassins des gendarmes de Bouaké, qui ont pris le soin de boire leur sang courent toujours ! Seul le parti de Laurent Gbagbo est empêché d’organiser des meetings : les autres peuvent danser jusqu’au matin ! Seuls les journaux proches de l’opposition sont muselés : ceux proches du pouvoir peuvent chanter « hosanna » aux nouveaux barrons du pays ! Comment peut-on parler de réconciliation au peuple quand tout est fait pour diviser d’avantage ? Ce 11 avril c’est l’occasion pour moi de rappeler aux politiciens de mon pays qu’il est temps de penser au peuple. La réconciliation dictée dans l’hypocrisie et la promotion des violations des droits de l’homme nous conduiront de nouveau vers des bruits de bottes et de mitraillettes. Le musèlement de l’opposition et les rapports des droits de l’homme jetés à la poubelle nous entraineront de nouveau vers la violence. 11 avril 2011 – 11 avril 2013, voici que deux ans d’hypocrisie politique viennent de passer, il est temps d’asseoir les bases d’une vraie réconciliation.
Présidence de l’université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan (Côte d’Ivoire), par Serein (Wikimedia Commons)
Les Universités Ivoiriennes ont rouvert leurs portes le 3 septembre 2012 et celles-ci fonctionnent malgré quelques réglages à finaliser.
Les cours ont repris dans une nouvelle ambiance, un nouvel esprit marqué par la signature de la charte de bonne conduite de l’étudiant. Il s’agit d’une « profession de foi » à travers laquelle les étudiants s’engagent à renoncer à la violence et à préserver un esprit civique sur les campus.
Pour les autorités Ivoiriennes cet engagement doit réellement se faire sentir sur le terrain car les étudiants n’ont pas été de tout temps des enfants de cœur ! Les syndicats étudiants ont délaissé les campus pour devenir le bras armé des mouvements politiques radicaux proches de l’ancien pouvoir.
Ainsi la toute puissante Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) s’est muée discrètement en Galaxie Patriotique, en GPP (Groupement des Patriote pour la Paix) ou COJEP (Congrès de la Jeunesse Panafricaine). De plus la FESCI s’était imposée comme le gestionnaire tout puissant de l’école Ivoirienne avec des dérives. « A l’époque vous aviez peur quand vous devez venir à l’Université ! Pour un rien « les camarades* » pouvaient vous battre à mort et vous dépouiller.
« C’était plus une petite armée qu’un syndicat étudiant », se souvient Marthe N’goran étudiante en lettre moderne à l’Université de Cocody. La FESCI qui faisait de l’ombre aux autres organisations estudiantines est taxé d’avoir introduit la machette et les armes à feu comme mode de dialogue sur le campus.
« On ne se sentait plus en sécurité parce que ceux qui étaient sensés nous défendre, porter notre voix auprès de l’administration et du ministère étaient devenus nos bourreaux », souligne Coulibaly Ismaël étudiant en sciences-économiques.
Yapo Anselme a été membre de la FESCI. Il reconnait que le syndicat étudiant a dévié mais cela est en grande partie « le fruit de la corruption des leaders par les politiciens et leur soif d’enrichissement par toutes les formes de magouilles sur le campus ».
Malgré ce passé sombre du syndicat étudiant, Yapo Anselme, Marthe N’goran et Coulibaly Ismaël comme la quasi-totalité des étudiants estiment que l’Université ne peut exister sans un syndicat étudiant.
Alors si les syndicats étudiants doivent continuer d’exister, quel doit être leurs nouveaux visages ? Charles Roméo Ibrahim étudiant inscrit en licence de Gestion estime que « les nouveaux syndicats étudiants doivent renoncer à la violence, lutter pour les étudiants et non pour l’enrichissement des leaders syndicaux. Ces syndicats ne doivent pas s’allier aux partis politiques mais se consacrer à l’amélioration du cadre de vie de l’étudiant ».
Mme Koffi Anne qui est mère de famille avec deux enfants à l’université estime pour sa part que la liberté de militer dans un syndicat est un droit pour tous les étudiants. L’Etat Ivoirien ne peut en aucun cas leur priver de ce droit ! Néanmoins, Mme Koffi pense que l’élément le plus important pour sauver l’université ivoirienne et éviter qu’elle ne redevienne un champ de bataille c’est « une plus grande maturité de la part des étudiants ».
« Nos enfants doivent comprendre qu’ils sont là pour leurs études et non pour les bagarres, les meetings politiques sur le campus, cacher des armes sous leurs lits, vendre la drogue ou se prostituer ! Ils doivent prendre un nouveau départ pour être utile demain à ce pays ».
En affichant cette maturité, l’Université Ivoirienne sera de nouveau l’antre du savoir et non de la délinquance et cette position est celle qu’épouse l’enseignant Victorien AKA. « Si les étudiants se positionnent comme des êtres faibles et faciles à manipuler, les politiciens n’hésiteront pas à les utiliser. Par contre s’ils sont forts et indépendants, personne ne pourra les manipuler ».
Les étudiants sur le campus, malgré un arrêté inter-ministériel interdisant la création des syndicats étudiants, ont déjà fait émerger un nouveau syndicat. Il s’agit de la CEECI (Comité des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire) qui s’est déjà signalé en paralysant les cours pour des revendications jugées utiles par les étudiants. Celles-ci portaient sur l’absence de latrines, de climatisation et de micro pour les amphithéâtres, l’inexistence d’abri de bus et d’espace de restauration adéquats.
Ce mode de revendication sans violence a permis à la CEECI d’empocher le Prix de la Pacification Universitaire d’une valeur d’un million de francs CFA. Ce prix initié par l’Université Alassane Ouattara de Bouaké est une sorte de stimulation et de motivation pour aider les étudiants à persévérer et à cultiver l’apaisement et la sagesse au sein de l’Université. Il s’agit également d’amener les étudiants et les syndicats d’étudiants à tourner le dos à la violence et au syndicalisme destructeur pour promouvoir un climat de paix.
Le CEECI a reçu son prix des mains du président de l’Université Alassane Ouattara (l’UAO) le Professeur Lazare Poamé et de la Directrice du Centre des Œuvres Universitaires (CROU). Konaté Moussa le président du CEECI a exprimé sa reconnaissance à l’administration de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et dédié ce prix aux représentants des organisations sœurs (syndicats étudiants) et à l’ensemble des étudiants de Côte d’Ivoire pour leurs efforts consentis dans la pacification de l’Université Ivoirienne.
Au-delà de la joie, les militants du CEECI sont conscients que ce prix est une nouvelle responsabilité, un appel à mieux faire ! Pour Konaté Moussa « il ne s’agit plus de baisser la garde ou de faiblir dans le processus de pacification de l’Université Ivoirienne », il faut se battre au quotidien pour le maintien de la paix, de la stabilité et d’un syndicalisme irréprochable dans l’espace universitaire. La FESCI quant à elle signe timidement son retour avec une succession de rencontres en vue de regagner la confiance des acteurs de l’Université Ivoirienne.