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Les jeudis des libéraux autour de la question des victimes de la crise

En vue des participants lors des échanges

Des participants lors des échanges

La cinquième édition des rencontres baptisées « Les jeudis des libéraux » a eu lieu ce jeudi 29 janvier 2015 autour du thème : « la prise en charge des victimes des différentes crises ivoiriennes, le regard des associations de victimes de guerre« . Il s’agit d’une initiative de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté et du RAIDH (Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains). Le thème de la rencontre avait pour objectif premier d’échanger autour de la question de la prise en charge des victimes dans le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire. (suite…)



CDVR : des audiences pas si publiques !

Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?

Que veut cacher la CDVR aux ivoiriens ?

Il s’agissait d’audiences publiques mais visiblement nous sommes obligés de dire « dites publiques » dans la mesure où elles ne sont pas ouvertes au grand public ni même aux journalistes comme au Togo. La Commission Dialogue Vérité et Réconciliation a jugé bon de lancer une opération digne d’une rencontre de confrérie de sorciers dans une forêt sacrée !

Les journalistes qui ont rallié le site de l’IVOIRE Golf Club (Abidjan-Riviera) ont eu l’autorisation d’enregistrer exclusivement le discours d’ouverture de Charles Konan Banny le président de la Commission. Et après ceux (les journalistes) qui ont eu l’ingénieuse idée de rester dans la salle exiguë pour rendre-compte ou simplement comme citoyen ordinaire ont été dépouillé de leur dictaphones, appareils photo, bloc note, téléphones portables et même stylos ! (suite…)



« Une minute de silence » en hommage aux victimes de la crise ivoirienne

 » Une minute de silence «  c’est le titre du dernier film du jeune réalisateur ivoirien Armand Breh. Il s’agit du premier film ivoirien sur la crise post-électorale qui a secoué le « pays des éléphants » de décembre 2010 à avril 2011.

Du 4 avril 2011 au 4 avril 2014, il aura fallu trois ans au jeune réalisateur pour traduire dans un court métrage tout ce qu’il a vécu le 4 avril 2011, jour où il a été témoin de la chute des obus et autres missiles sur la capitale ivoirienne. Ce film est la photographie d’un triste moment de vie, celui d’un jour d’avril 2011 où les bombardements ont commencé à Abidjan lors de ce qui sera la dernière semaine de la crise post-électorale ivoirienne. Armand Breh a voulu immortaliser ce jour, mais aussi, et surtout mettre en lumière la souffrance d’un peuple ivoirien oublié par les deux camps qui se battaient pour un fauteuil présidentiel.

« Le 4 avril 2011 à 16 h 4, j’ai eu l’idée de faire ce film parce qu’en direct j’ai vu les hélicoptères des Nations unies (Onuci) bombarder le camp militaire d’Akouédo (Abidjan-ouest). Je suis habitué à manipuler les images avec des logiciels de montage, mais cette fois-ci c’était des images réelles ! Aucune raison ne justifie ce qui est arrivé sauf qu’il y a eu des dommages collatéraux »  explique le réalisateur.

Ces dommages collatéraux sont les victimes du drame ivoirien. Ces milliers de femmes d’hommes, d’enfants qui ont vécu terrés dans leur domicile tenaillés par la faim et l’incertitude, craignant de ne pas voir le soleil se lever le lendemain.

Une trame inspirée de faits réels

 » Une minute de silence  » est un court métrage tiré d’une histoire vraie et campe les dernières heures de vie d’Innocent K. Il s’agit d’un jeune homme dans la fleur de l’âge qui le 4 avril est fauché par une balle perdue et arraché à l’affection des siens ! Il symbolise toutes ces innocentes victimes mutilées à jamais ou mortes pour avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment. Innocent, un personnage muet comme pour matérialiser cette incapacité des Ivoiriens à se faire entendre alors que le dialogue était laissé aux bombes.

« L’idée du personnage principal muet c’est surtout pour retranscrire l’idée que ce film est la voix des sans voix. Ceux qui n’ont pas pu s’exprimer pendant la crise, ceux qui n’ont pas pu dire leur souffrance. A travers ce personnage muet, le réalisateur caricature cette situation pour la montrer au grand jour », indique Yann Patrick Konan un des acteurs.

En plus d’avoir la particularité d’être le premier film sur la crise ivoirienne, Une minute de silence est un film hommage aux victimes de la crise qui a l’originalité d’être disponible en open source. C’est sur You tube que les internautes pourront voir et revoir gratuitement le court métrage. Un choix de diffusion du film que salue Israël Guebo entrepreneur numérique. Il estime qu’il s’agit d’une occasion pour les Ivoiriens de comprendre le point de vue du réalisateur sur la crise non pas du côté politique, mais de celui de la population.

Le film d’Armand Breh a été réalisé en grande partie avec des jeunes acteurs qui jouaient pour la plupart leur premier rôle. Le rappeur franco-congolais Youssoupha a autorisé quant à lui l’utilisation de son titre Rap Franc CFA pour la BO du court métrage.  » Une minute de silence, » un court métrage que certains cinéphiles aimeraient déjà retrouver dans un format plus long, mais le réalisateur à une autre vision des choses. Pour lui, la priorité c’est que chaque Ivoirien puisse voir ce film et en tirer une leçon pour l’avenir.



CDVR : quel bilan à mi-parcours ?

Franck Kouassi SRAN et Marchal BALOU de la CDVR

Les Services de Communication de la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) étaient face à la Presse Internationale ce jeudi 02 août 2012 pour dresser un bilan à mi-parcours des actions de la Commission mise sur pied au lendemain de la crise post-électorale. En effet la CDVR a été créée par ordonnance (n°2011-85 du 13 mai 2011) prise par le Président de la République pour aider au processus de réconciliation nationale. L’objectif de la rencontre au siège de la Commission sis Abidjan-Cocody a été d’informer les journalistes et correspondants de presse sur l’évolution du chronogramme des activités de la CDVR.

Un rappel des missions

S’adressant à l’auditoire au nom de la Direction de la Communication, Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication de la CDVR a tenu à rappeler les missions de la Commission. Il s’agit principalement de recenser les types de violations liées à la crise Ivoirienne, identifier et donner la parole aux victimes, entendre les auteurs des violations et obtenir leur repentance, proposer des préparations aux victimes… Bien que ces objectifs soient nobles et que l’action de la CDVR ait une portée nationale, la Commission refuse de se prévaloir de l’exclusivité du processus de la réconciliation. Loin donc de faire un double emploie avec d’autres structures présentes sur le terrain, la CDVR selon Marchal BALOU « veut aider simplement à la réconciliation par l’exécution d’un chronogramme d’activité ». Ce chronogramme d’activité s’étend sur une période de 2 ans soit la durée de vie de la Commission.

Bilan et actions avenirs

Au sujet du bilan de la CDVR un an après sa création, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président Charles Konan BANNY a égrainé les actions menées sur le terrain par la CDVR avant de préciser que « même si pour certain la CDVR semble ne pas avancer en réalité elle pose des actions conformément à son plan de travail ». Ainsi pour marqué le début de son action, la CDVR s’est sacrifiée à la tradition du deuil national et de purification au cours du mois de mars 2012. Cet acte hautement spirituel et traditionnel ainsi posé, la CDVR démarre au cours des mois de juillet et août 2012 l’étape des consultations nationales. Celles-ci seront suivies par une étape de décentralisation des actions de la CDVR par l’installation des Commissions locales et spécialisées durant le mois de novembre. La période des dépositions et d’audition des victimes s’étendra de décembre 2012 à avril 2013. Elle sera couplée par des enquêtes des commissions spécialisées pour confirmer ou infirmer les faits allégués par les victimes (janvier – septembre 2013). Le clou de l’action de la CDVR sera sans nul doute la phase publique des audiences au cours de laquelle les victimes et leurs bourreaux se feront face dans ce qui serait juste d’appeler le ‘’grand déballage’’.

Bien que l’action de la CDVR se déroule sur toute l’étendue du territoire national elle n’exclue pas un volet destiné à la diaspora en raison du flux important de personnes déplacées dans les pays limitrophes et même au-delà. La CDVR compte également être à l’école des autres Commissions Réconciliation en Afrique dans le monde pour s’inspirer des exemples de réussite et éviter certaines erreurs. Pour atteindre tous ces objectifs, Franck Kouassi SRAN le porte-parole du Président de la CDVR et Marchal BALOU le Directeur Adjoint de la Communication ont plaidé pour que des moyens conséquents soient mis à la disposition de la Commission.

SUY Kahofi



Déchets toxiques, vers la dépollution des derniers sites

 

Les derniers sites seront dépollués dans 20 mois

Les populations de Djiby, village situé sur l’axe Aboboté – Alépé ont reçu la visite du Ministre Ivoirien de l’environnement et du développement durable. Après la promesse faite par le gouvernement Ivoirien de dépolluer les sites contaminés par les déchets toxiques du probo koala, l’heure est à l’exécution des travaux de décontamination et de traitement des sols. Allah Kouadio Rémi Ministre Ivoirien de l’environnement et du développement durable a voulu dans un premier temps louer le courage des populations pour l’épreuve qu’ils ont enduré toutes ces années. « J’aimerais encore une fois vous remercier pour votre patience, vous remercier pour l’accueille et vous remercier également pour votre courage. L’essentiel c’est que le travail de dépollution soit fait dans les délais. Nous nous sommes donnés 20 mois pour les travaux et il faut qu’au bout de ces 20 mois les déchets soient traités et que vous n’ayez plus de nuisance ».

Le moment consacré à cette visite du Ministre Allah a été également choisi par les populations pour exposer les difficultés auxquelles elles sont confrontées depuis le déversement de la cargaison mortelle du probo koala dans le village en 2006. La question de l’indemnisation des victimes est toujours à l’ordre du jour et c’est avec un brin d’ironie que N’Tamoh Achi l’adjoint au chef de Djiby village l’a rappelé au Ministre. « Monsieur le Ministre nous sommes heureux de votre visite et surtout de l’annonce de la dépollution du site de Djiby village. Je ne peux pas vous le cacher dès que vous serez reparti, les habitants du village vont m’assaillir de question. ‘’Le Ministre est venu et notre affaire d’argent’’ me diront certains ». Sans toutefois botter en touche sur la question de l’indemnisation des victimes le Ministre Allah a souligné que le plus important réside dans la dépollution des différents sites, une opération qui devra s’achevé dans les 20 mois avenirs. « Chacun de nous doit être patient et déjà les associations des victimes ont commencé à être reçu au Ministère mais je crois que le plus urgent c’est qu’on arrive très rapidement à dépolluer. Il faut qu’on dépollue pour que dans les 20 prochains mois vous n’ayez plus de problème ».

Les échanges du Ministre avec la population ont pris fin par la visite des sites à dépolluer et du dispensaire de Djiby village qui attend depuis des mois l’arrivée du personnel soignant.

SUY Kahofi