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Bienvenu au pays des voleurs de permis de conduire

L’alcool, la fatigue, la drogue…mais aussi le manque de formation sont à l’origine des accidents de la circulation (crédit photo : Rita Dro)

L’alcool, la fatigue, la drogue…mais aussi le manque de formation sont à l’origine des accidents de la circulation (crédit photo : Rita Dro)

Il ne se passe pas un seul jour sans que les images insupportables d’accident de la route n’inondent les réseaux sociaux. Des images chocs de corps sans vie et de blessés qui sont le fruit de la bêtise humaine.

La route en Côte d’Ivoire tue dit-on… Pourtant elle ne tient pas le volant ! Ceux qui tuent en réalité sont ces alcooliques et ces drogués au volant qui chaque année endeuillent de nombreuses familles. Au moment où vous parcourez ces lignes, vous avez certainement un membre de votre famille, un de vos amis ou une de vos connaissances victime d’un chauffard. Il s’agit sans doute de quelqu’un qui est dans le coma, qui se retrouve avec un membre fracturé, des doigts sectionnés ou une partie du corps qui ne répond plus aux ordres du cerveau ! (suite…)



Transport/Corridor Abidjan – Lomé : des problèmes persistent

Un car à la gare d'Adjamé en attendant le départ

Un car à la gare d’Adjamé en attendant le départ

L’axe Abidjan – Lomé via Accra est l’une des lignes internationales de la CEDEAO les plus fréquentée. Celle-ci débouche sur le corridor Cotonou – Lagos où transite chaque année des millions de passagers et une quantité tout aussi importante de marchandise.

Au départ de la gare routière d’Adjamé (Abidjan) pour Lomé via Accra, les passagers, commerçants, propriétaires de compagnies de transport et chauffeurs le savent de nombreux barrages ont été levés mais d’importantes entraves à la libre circulation des personnes et des biens subsistent. En effet le corridor Abidjan – Lomé est un axe où persistent trois problèmes majeurs : le racket en territoire ghanéen, la lenteur des services administratifs, sanitaires et douaniers sans oublier les nombreux barrages.

Le racket omniprésent

Losséni Doumbia est chauffeur international chez UTB (Union des Transporteurs de Bouaké). Voici quatre (4) ans qu’il rallie chaque semaine la capitale togolaise. Il nous explique que le premier obstacle sur la route des chauffeurs au départ d’Abidjan est le check-point de contrôle frontalier d’Elibou. Il déplore une perte énorme de temps lors du contrôle : entre deux heures et trois heures pour dédouaner les bagages et autres colis !

« Une fois le véhicule immobilisé, les agents des services de douane mettent un peu trop de temps pour le contrôle. Et lorsque nous nous plaignons ils nous disent qu’ils font leur travail. Nous comprenons bien que c’est important mais il faut éviter que cela traîne » plaide Losséni.

Le voyage par car vers Lomé est long, épuisant et reste toujours incertain avec les nombreuses bandes de coupeurs de route qui s’sévissent dans les différents pays de la CEDEAO. Chaque minute perdue à un barrage oblige les chauffeurs à conduire plus longtemps de nuit sur des tronçons côtiers fortement dégradés. Au-delà du corridor d’Elibou, l’entrée en territoire Ghanéen consacre un autre problème : celui du racket. A chaque corridor officiel ou officieux, les véhicules de transport doivent s’acquitter d’une somme d’un (1) Ghana Cedi (215 f CFA). Ce montant peut s’étendre jusqu’à 4 GHS Cedi selon les humeurs des agents des forces de l’ordre ghanéen !

Le racket persiste donc sur l’axe Abidjan – Lomé or le sticker de la CEDEAO sur un véhicule qui part d’un Etat membre vers un autre est un appel au respect de la charte de la libre circulation des personnes et des biens. Ce racket occasionne « des frais supplémentaires et des pertes pour les entreprises » se désole Koffi Konan Bernadin contrôleur général du transporteur DIT (Diaby Inza Transport).

« Il est clair que vous ne pouvez pas traverser un pays sans vous soumettre à des contrôles de la Douane et des forces de sécurité. C’est tout à fait normal. Mais le vrai problème c’est l’argent que nos convoyeurs sont obligés de payer chaque fois. Ils ont juste l’argent pour les frais de route et ils doivent encore sortir de l’argent pour satisfaire des hommes en uniforme » s’indigne contrôleur général de la DIT.

Il interpelle les autorités ivoiriennes et celles des organisations sous-régionales sur la nécessité de lutter contre ce fléau qui plombe le transport inter-états.

Avoir ses documents de voyage à jour

Face aux contrôles intempestifs passagers et commerçants au départ d’Abidjan pour Lomé sont priés d’avoir tous leurs documents administratifs. Les quittances et documents de dédouanement, passeports et carnets de vaccination internationale à jour pour éviter les pertes de temps aux différents corridors. Car l’autre problème c’est aussi des passagers qui voyagent sans carte d’identité et surtout ceux qui refusent de se faire vacciner. Les raisons évoquées sont liées à la religion ou à la tradition.

« Certaines personnes vous disent par exemple que les métaux ne doivent pas pénétrer leur corps ! Vous faites l’effort de leur expliquer les dangers qu’ils courent en refusant le vaccin. Ils vous répondent tranquillement qu’ils vont s’arranger avec les services sanitaires à chaque corridor. De l’argent pour passer d’un pays à un autre au détriment de sa santé : c’est difficile à admettre mais certains voyageurs le font » s’inquiète Kouadio Jean agent vaccinateur à l’INHP-Treichville, l’Institut Nationale d’Hygiène Publique.

Mme Wassagary Donaldine est une habituée de la ligne Abidjan – Lomé. Elle vient rendre visite à sa famille qui réside dans la capitale économique ivoirienne. Elle atteste que les voyageurs qui ont leurs documents administratifs à jour n’ont aucun problème. Bien sûr, elle déplore les pertes de temps au contrôle douanier surtout lorsque le car de transport est utilisé par les commerçants pour convoyer leurs marchandises.

« Lorsque vous avez votre carte d’identité ou votre passeport et votre carnet de vaccination vous n’avez pas de problème. Mais lorsque vous n’avez pas ces documents les agents des forces de l’ordre vous prendrons forcément de l’argent » nous explique Mme Wassagary.

Des voyageurs sans documents de voyage qui payent pour passer les barrages ? « Oui c’est une pratique courante » soutient un jeune convoyeur qui a requit l’anonymat. Sans toutefois nous donner le montant exact de cette « transaction » illicite, notre interlocuteur confirme que les voyageurs au départ d’Abidjan remettent aux convoyeurs une certaine somme d’argent pour « les frais de route de tous ceux qui  »ont des problèmes » ».

Débourser de l’argent pour corrompre un agent des forces de l’ordre voici ce que refuse de faire Mme Moronou une commerçante. Elle s’assure d’être dans la légalité pour ne pas souffrir du racket.

« Quand vous êtes commerçants, vous devez avoir vos quittances et vous assurer que vos marchandises sont correctement dédouanés. C’est la seule manière de voyager en toute tranquillité sur l’axe Abidjan – Lomé » nous indique la commerçante.

Un voyage tranquille entre Abidjan et Lomé, c’est également le souhait de Losséni Doumbia chauffeur à UTB. Il invite les autorités ivoiriennes et celles de la CEDEAO à donner un véritable sens à l’expression libre circulation des personnes et des biens. Cette entreprise passera par la lutte contre racket, une modernisation des équipements et méthodes de travail des services douaniers sans oublier une amélioration de la qualité du réseau routier inter-états.

SUY Kahofi



Transport : Bras de fer entre l’armée et les chargeurs sous fond de racket

Les gnamboros sont-ils la ''peste'' du bitume?

Les gnamboros sont-ils la  »peste » du bitume?

Nouveau bras de fer entre les autorités militaires (BASA) et les chargeurs abidjanais appelés communément gnamboro. Ces derniers accusés d’être les perturbateurs du transport inter-urbain à Abidjan refusent de quitter le bitume et dénoncent une grosse manœuvre d’intimidation et de sabotage de leur organisation. Ils estiment être victimes d’un réseau de racket qui gravite autour du Commandant KONE Zakaria. En effet le deuxième responsable du BASA vient de décider d’une mesure d’arrêt des activités de ces individus sur les routes de la capitale Ivoirienne. Une décision saluée en cœur par les chauffeurs de taxi communaux wôrô-wôrô et ceux des mini-cars (gbaka) qui estiment que les gnamboros sont à l’origine de la désorganisation du transport à Abidjan. « Je suis d’accord avec le Commandant KONE Zakaria : que les gnamboros dégagent on n’a pas besoin d’eux ! Ils nous empêchent de travailler, ils brutalisent les chauffeurs et les apprentis pour 100 f ou 200 f. Qu’ils dégagent et nous même nous allons organiser le transport à Abidjan » soutient Coulibaly un chauffeur de gbaka. « Le Président Alassane Ouattara a demandé aux syndicats du transport de s’organiser en six mois chose qu’ils n’ont pas pu faire. C’est à cause d’eux que les gnamboros sont encore là ! Gnamboros, syndicats malhonnêtes…nous ne voulons plus d’eux ! Que la police militaire les chassent de la rue pour qu’on puisse chaque soir rentrer avec une recette plus consistante » déclare pour sa part Ousmane un autre chauffeur.

Au-delà des chauffeurs se sont les propriétaires des taxis communaux et de mini-cars qui sont également satisfaits. Ils estiment qu’une part non-négligeable de leurs recettes finit dans la poche des jeunes chargeurs qui en plus n’ont aucun respect pour les chauffeurs et leurs apprentis car ces derniers sont souvent victimes de violence orchestrée par les gnamboro. José Gnoléba un propriétaire de véhicules de transport en commun ne cache pas sa satisfaction. « Les débarquer serait un grand bien pour le transport en Côte d’Ivoire ! Tenez-vous bien ces jeunes se retrouvent chaque jour avec au bas mot avec 200.000 voir 500.000, une somme que les propriétaires des véhicules n’arrivent même pas à avoir. Nous voulons entrer dans nos fonds et l’Etat doit nous aider ».

Pour quelques membres des syndicats des chargeurs la décision du commandant KONE Zakaria part d’un refus des gnamboros de lui verser un pécule journalier pour lui et ses hommes. Ce pécule représente une forme de racket officialisé que les syndicats des chargeurs ne semblent plus vouloir accepter. Sur les origines du clash, écoutons les explications de K. Oumar interrogé au carrefour de la Riviera 2. « Depuis que KONE Zakaria est arrivé tout ce qu’il demande on lui donne. Chaque soir il est « rationné » ! Si aujourd’hui il nous envoie ses hommes pour nous mater c’est simplement parce que les chargeurs ne veulent plus de ce système de racket. Après la grosse bagarre d’Adjamé ayant entrainé la mort d’un apprenti, le Commandant nous a demandé de venir « causer » avec lui : il nous a dit qu’on allait s’entendre mais personne n’est allé le voir ». Selon Oumar le Commandant ayant essuyé un refus de la part des chargeurs est entré en colère. Un autre chargeur qui a requit l’anonymat confirme cette version des faits et soutient « que le fond du problème c’est cette volonté du Commandant KONE Zakaria de vivre du racket et de faire semblant comme s’il le combattait ! ». Pour Siro, un jeune gnamboro, le Commandant KONE Zakaria au-delà de toute considération doit comprendre tout simplement que de nombreux jeunes Ivoiriens vivent des pièces reçues sur le bitume. Interdire leurs activités serait les replonger dans la délinquance.

SUY Kahofi



Grève des gbaka : les raisons d’une grogne peu suivie

La grève des gbakas aura occasionné des désagréments énormes aux abidjanais

En Côte d’Ivoire on a toujours eu l’habitude de voir des mouvements de grève dans les transports pour des problèmes de bavure policière ou de hausse du prix du carburant. Pour la toute première fois dans le pays un désaccord entre syndicats occasionne un « véritable » mouvement de grève.

La grogne des transporteurs qui a paralysé la capitale économique Ivoirienne est un face à face de longue date entre les syndicats des chargeurs et ceux des chauffeurs de mini-car appelés communément Gbaka. Au cœur du conflit social des taxes trop élevées et l’anarchie qui règne au sein des syndicats de chargeurs. Syndicats des chargeurs, Syndicats des chauffeurs deux entités qui semblent en apparence coupées l’une de l’autre mais qui fonctionnent avec les mêmes membres, les mêmes. « Ceux qui chargent les véhicules sur la route qu’on appelle communément Gnamboro sont tous des chauffeurs et des apprentis. Lorsque tu ne roules pas tu viens au bord de la route pour charger les gbaka parce que l’argent que tu gagnes au volant tu ne peux pas le dépenser quand tu ne travailles pas. Chauffeurs, apprentis, chargeurs….c’est la même famille, nous partageons ce que nous gagnons à la fin de la journée. Tous ceux que tu vois ici sont des chauffeurs : ils peuvent tous te montrer leurs permis de conduire » nous explique Siro un responsable des chargeurs du carrefour de la Riviera II. Bahi est responsable des chauffeurs à la gare routière d’Adjamé ; il confirme cette rotation des acteurs et cette organisation particulière du transport à inter-urbain. « Oui je confirme que certains chauffeurs et apprentis deviennent chargeurs lorsqu’ils ne sont pas dans leurs véhicules. Lorsque ces chauffeurs ne sont pas en bordure de route pour charger les véhicules, ils autorisent d’autres personnes – qui ne sont ni chauffeurs, ni apprentis – pour faire ce job à leur place. Ces personnes qui n’ont rien à avoir avec le transport sont celles qui posent problème. Ils sont agressifs envers les chauffeurs » conclu Bahi. Les lignes de transport inter-urbain sont donc gérées par des syndicats et par des acteurs qui se connaissent !

On estime à ce jour qu’au bas mot 3000 à 5000 jeunes ivoiriens vivent directement du fruit de l’argent prélevé sur chaque chargement de mini-car au départ des grandes gares routières d’Abidjan. Si chargeurs, chauffeurs et apprentis appartiennent tous aux mêmes syndicats d’où vient donc cette soudaine grogne qui a fait doubler le prix du transport en moins de 24 heures ? Dembélé Lassinan responsable des chargeurs sur la ligne inter-urbaine Abidjan-Bingerville, il dénonce une manipulation. « Ceux qui sont passés à la télévision pour inviter les chauffeurs à observer un arrêt de travail ne sont ni chauffeurs, ni apprentis, ni chargeurs ! La tête de fil de ce mouvement de contestation est un agent de sécurité bien connu dans la commune d’Adjamé et qui n’éprouve aucune honte à racketter nos mères au marché. C’est lui qui a tenté de semer la discorde mais le mouvement n’a pas été suivi. La preuve lorsque certains chauffeurs se sont arrêtés les autres ont continué de travailler ». Dembélé estime que les Ivoiriens connaissent les mouvements de grève dans les transports. Ces derniers occasionnent une paralysie totale des activités dans tout Abidjan ! Chacun peut donc comprendre aisément que cette grève « n’avait rien de sérieux ». Une manipulation au cœur de cette dernière grève ? C’est possible ! Siro, le responsable des chargeurs du carrefour de la Riviera II voit le problème sous l’angle purement matériel. Une recherche effrénée du gain et de l’argent facile est à l’origine de l’arrivée des parasites autour des syndicats. « Aujourd’hui l’univers des gnamboros est semblable à une mafia ! Chacun veut se faire de l’argent, chacun veut se trouver une petite place sur la route et greffant à l’organisation une nouvelle branche. Lorsque les anciens s’opposent, les nouveaux venus sèment la discordent ! Tout est une question d’argent ». Pour contrer ces fauteurs de trouble, Bahi qui est chauffeur estime qu’une organisation sérieuse sur les gares routières peut aider à une meilleure compréhension entre chargeurs et chauffeurs et surtout aider à améliorer le climat dans l’univers du transport. « Tout dépend des gares, tout dépend des communes ! Si vous voyez qu’à Cocody le mouvement n’a pas été suivi c’est parce que les chargeurs et chauffeurs ont rapidement trouvé un terrain d’entente. A Yopougon par exemple les choses sont différentes » nous explique Bahi.

La grande leçon de ce mouvement de débrayage dans les transports à Abidjan est donc la nécessité pour les syndicats qui gèrent le transport de s’entendre et de mieux s’organiser pour éviter que les parasites ne paralysent une activité qui fait vivre des milliers d’ivoiriens.

SUY Kahofi



La délinquance routière : le fléau du bitume Ivoirien

Les mauvais chauffeurs occasionnent de nombreux accidents chaque année

Ils ont un permis de conduire, ils sortent pour certains tout fraichement des auto-écoles, ils ont pour d’autres plusieurs années d’expérience au volant mais sur les routes, leur manière de conduire font dresser les cheveux des usagers assis à l’arrière. Chauffeurs de taxi-compteur ou de wôrô-wôrô (taxi communal), de mini-cars ou de voiture personnelle, les délinquants du volant se comptent parmi toutes les classes sociales et tous les milieux professionnels. On dit souvent d’eux qu’ils considèrent la route comme leur chambre à coucher et qu’ils y font ce qu’ils veulent au risque de mettre en danger la vie des autres.

Les origines d’un mal persistant

La délinquance routière trouve ses origines dans le manque de formation à la maîtrise du code de la route et de la conduite. En effet en Côte d’Ivoire un nombre pléthorique d’auto-écoles ouvre chaque jour. Avec moins de 90.000 f CFA un Ivoirien peut s’offrir le permis de conduire en 15 ou 25 jours. Les cours de conduite et le programme du code sont dispensés selon un programme conçu par l’apprenant lui-même. Certaines auto-école – on ne sait comment ? – arrivent à délivrer un permis de conduire en moins d’une semaine ! Certains Ivoiriens pour des raisons administratives ou simplement pour obtenir un emploi ont obtenu un permis de conduire en 48 heures grâce au piston qui est roi dans cette filière. Sur un programme d’apprentissage le nombre d’heures que l’apprenant aura manqué seront rarement rattrapées. Une formation bâclée, une mauvaise maîtrise du volant et un code mal connu ne peuvent que donner un mauvais chauffeur. En plus des problèmes liés à la formation reste celui des circuits – tant combattu des faux permis de conduire dont un nombre important de chauffeurs sont détenteurs.

« Je savais conduire une voiture mais je n’avais pas de permis de conduire. Pour les besoins d’un poste dans une organisation Internationale je me suis fait délivrer un permis en moins de 3 joursJ’ai eu peur au départ mais ça fait deux ans que je circule avec mon permis » soutien Félix (nom d’emprunt) un jeune ingénieur.

Les conséquences de la délinquance routière

La route tue comme on peut le lire sur une affiche de campagne des routiers. Mais comme dirait l’homme de la rue « nous n’avons jamais vu cette route au volant d’une voiture». Il faut plutôt dire que les mauvais chauffeurs endeuillent les familles. Chaque année, le nombre toujours croissant des accidents de la circulation nous permet d’affirmer que le milieu des conducteurs n’est pas encore guérit de la délinquance routière. Les dépassements hasardeux, les feux de signalisation non respectés, les panneaux et bandes de signalisation mal interprétés occasionnent des nombreux morts, de blessés et d’importants dégâts matériels. Malgré les campagnes de l’OSER (Office de le Sécurité Routière) et des associations de transporteurs le mal persiste. « Les mauvais chauffeurs sur nos routes ne seront plus un danger qu’à partir du moment où les policiers et gendarmes auront le courage de les dénoncer, lorsque les filières d’attribution des permis de conduire seront débarrassés des agents corrompus et lorsque les ‘’auto-écoles boutiques’’ seront fermées ! Si cette vaste opération de nettoyage est lancée nos familles dormiront plus tranquillement » soutient Mr Kouakou Vincent chef d’entreprise.

Quant aux autorités Ivoiriennes, elles n’arriveront à combattre le fléau de la délinquance routières qu’en renforçant la surveillance et les contrôles des filières de transport urbains et inter-urbains et surtout en privilégiant une véritable éducation des usagers de la route. La création des auto-écoles ne doit plus se faire dans cette atmosphère de laxisme mais plutôt dans un cadre plus réglementé.

SUY Kahofi