AFROBASKET : Bilan des 16ème de finale

L’antre du basket-ball Ivoirien vibre au rythme des rencontres de l’AFROBASKET

L’antre du basket-ball Ivoirien vibre au rythme des rencontres de l’AFROBASKET

La phase de poule de l’AFROBASKET 2013 vient de s’achever à Abidjan. Au terme de ce 16ème de final, force est de constater que les ténors du basket-ball africain ont confirmé tout le bien que les analystes disaient d’eux à l’exception du Sénégal qui a montré un jeu assez décousu et très peu convainquant. En témoigne sa quatrième défaite d’affilé face à la Côte d’Ivoire en quatre phases finales de l’AFROBASKET et ses deux victoires au forceps face à l’Algérie et à l’Egypte. L’Angola a réussit son entrée avec ses athlètes qui ont prouvé qu’ils n’étaient pas à Abidjan en tourisme! Idem pour la Tunisie, l’équipe à abattre puisse qu’elle est la tenante du titre. Elle l’a rappelé en punissant à plus de 100 points le Burkina Faso ! Sans complexe, sans pression, sans tambour ni trompette, l’équipe tunisienne développe un jeu posé. Bien sûr elle était face à des adversaires qui n’avaient rien à perdre à se faire battre par la tenante du titre mais qui caressaient le secret espoir de briller face à la Tunisie. Cet exploit n’a pas été réalisé par le Maroc, le Rwanda et le Burkina, un pays qui est à sa quatrième phase finale de l’AFROBASKET contrairement aux idées reçues. Ce pays d’Afrique de l’ouest a péché par son manque d’expérience en commettant de nombreuses fautes. Le haut niveau a ses réalités qu’il faut connaître avant de se frotter aux dinosaures du basket-ball africain.

Bien que de nombreuses équipes aient été remaniées à plus de 50%, des athlètes de haut niveau (USA, France, Belgique…) ne sont pas venus défendre les couleurs de pays respectifs. Qu’à cela ne tienne, les 16ème de final ont été riche en bon jeu et surtout en ambiance folle depuis le Palais des Sports de Treichville. Côté ambiance le 12ème Gaïndé du Sénégal arrive en pôle position avec une délégation d’au minimum 200 supporteurs par rencontre. Les supporteurs Sénégalais ont boudé leur équipe après la lourde défaite face aux Ivoiriens. L’appel irrésistible des gradins à fait le reste : les danseurs et danseuses de m’balax ont repris la route du Palais pour être témoins de la deuxième victoire du Sénégal. La Côte d’Ivoire pays hôte suit avec CNSE et le wôyô national. Une ambiance folle avec tambours et castagnettes qui a galvanisé les Eléphants. Un soutien salué par Ismaël N’DIAYE le capitaine des Eléphants basketteurs. La colonie centrafricaine s’est aussi signalée lors de toutes les rencontres de la RCA, idem pour l’Angola, le Cap-Vert et le Burkina. Il faut aussi noter que quelque soit le match qui se jouait, des fanas de basket-ball Ivoirien venaient de tous les quartiers pour apprécier le spectacle. Un bon jeu qui fera oublier un tout petit peu les problèmes socio-politiques que la Côte d’Ivoire vit au quotidien.

Polémique sur la composition de l’équipe de Côte d’Ivoire

Pendant que sanglés du maillot orange-blanc et vert, les Eléphants se battent sur le parquet du Palais, des bloggueurs et apprentis journalistes ont trouvé le malin plaisir de lancer le débat (ou plutôt la polémique) sur le degré « d’Ivoirité » de l’équipe nationale de Basket. Pour eux (j’évite de les citer exprès) l’équipe serait composée de Mercenaires ! Qui peut-on appeler mercenaires ? Des Ivoiriens nés aux Etats Unis qui ont refusé la nationalité américaine pour leur pays ou des bi-nationaux qui ont tourné le dos (par patriotisme) aux pays de leurs pères pour celui de leurs génitrices ? Ah sacré Côte d’Ivoire! Pendant que la loi sur la Nationalité divise le Parlement, certaines plumes l’invitent sur les parquets. Ainsi va l’AFROBASKET et ces quelques commentaires d’individus isolés en manque tweets et de reconnaissance ne saurait gâcher la fête africaine de la balle au panier. Les 8ème de final commencent ce lundi, toute défaite sera synonyme d’élimination. Bonne chance à tous!

AFROBASKET 2013 : Une première journée riche en bonnes prestations

Moment de lutte en raquette lors du face à face Côte d'Ivoire - Algérie

Moment de lutte en raquette lors du face à face Côte d’Ivoire – Algérie

La première journée de l’AFROBASKET en terre ivoirienne a tenu toutes ses promesses. Quatre rencontres très relevées ont meublé le jour 1 de la compétition.

En levé de rideau, la Centrafrique était face au Mozambique. Une rencontre qui pourrait être illustrée par le dicton : « Il ne faut pas vendre la peau de l’Ours avant de l’avoir tué ». Les Centrafricains ont dominé le match sur trois quart-temps avant de faiblir face aux Mozambicains plus entreprenants à trois minutes de la fin du match. Les Centrafricains trébuchent 66 – 70 face au Mozambique, idem pour l’Egypte qui tombe les armes à la main face au Sénégal.
Un match interdit aux cardiaques tant il a été dominé par de nombreuses parités dont un 70 – 70 à 6 secondes de la fin du match. Ibrahima MBENGUE libère un tir sec et soulage le 12ème gaïdé (supporteurs sénégalais). Comme le Sénégal, le pays hôte de la compétition était très attendu après la cérémonie d’ouverture. La Côte d’Ivoire a marqué son parquet en signant sa première victoire face aux Algériens. 64 – 47 dans un match qui a faillit basculer en quelques secondes si l’Algérie avait sur profiter d’une remontée à deux points des Ivoiriens à la fin du troisième quart-temps. Les fennecs pensaient pouvoir jouer sur la pression psychologique du pays organisateur, mais c’était mal connaître les poulains du coach LEZCANO Moya qui fort du soutien des Éléphants supporteurs sont arrivés à leur fins.
Le plus important écart de la journée est à mettre à l’actif de l’Angola qui fidèle a son statut de super favori à largement dominé le Cap Vert 75 à 50. Les Palancras négras ont séduit par leur jeu efficace et leur adresse qui leur colle toujours à la peau. Mention spéciale pour Carlos Morias qui offre 21 points à son équipe pour sa première victoire.

CAN U-17 : La médiocratie footballistique à l’Ivoirienne

Bravo les éléphanteaux!

Bravo les éléphanteaux!

Je ne suis pas particulièrement amoureux du football ou même du sport de façon générale. Mais je dois reconnaître que chaque fois que je remarque la présence du drapeau de la Côte d’Ivoire (orange-blanc-vert) sur un stade, quelque soit le sport je m’assoie devant ma petite télévision pour apporter mon soutien à cet homme ou cette femme qui transpire pour sa Nation. Je dois dire en toute honnêteté que ça été le cas avec les éléphanteaux lors de la CAN U-17. Une belle équipe composée de jeunes joueurs qui viennent de permettre à la Côte d’Ivoire de remporter son deuxième trophée continental après Sénégal 92. Comme moi nombreux sont les Ivoiriens qui ont suivi cette rencontre et surtout la progression de cette jeune équipe. D’autres, comme moi, sont même sortis avec leur tee-shirt pour saluer nos HEROS nationaux et saluer leur victoire avec quelques bouteilles de bières !

Au-delà de cette joie personnelle, c’est un profond sentiment d’indignation qui m’habite quant à la manière dont le Gouvernement ivoirien a décidé de gérer ce sacre. Un tour rapide du stade nous fait clairement comprendre que le Ministre des Sports Ivoirien n’était pas au stade. L’homme était sans doute préoccupé par les affaires post-électorales que par les priorités de sa maison professionnelle. Dans les tribunes les téléspectateurs ont très aisément reconnu les membres du groupe Magic System, l’entraineur Sabri Lamouchi et des Ivoiriens de la diaspora venus scander des buts hoooooo but ! Après leur belle victoire sur le Nigeria (et c’est la partie du film qui m’agace le plus), les éléphanteaux sont revenus dans l’anonymat total au pays ! Je me demande combien peut coûter un vol spécial à l’Etat de Côte d’Ivoire pour ramener au pays 22 joueurs et leur staff technique ? Quand je vois le cortège inutile de certains ministres lors de mission en dehors du pays, je me dis que la Côte d’Ivoire a encore les moyens de faire décoller un avion. Un vol spécial pour les nouveaux champions d’Afrique, ce n’est pas trop demander au Gouvernement ivoirien.

Qu’on ne me pousse pas à dire certaines choses ce matin ! Quand il s’agit de crier partout pour que les Ivoiriens aillent accueillir ceux qui reviennent chaque fois bredouille, le gouvernement a le temps, l’argent et les ressources humaines pour le faire. Dans ce cas de figure, c’est une longue file de ministres et de diplomates qui s’alignent derrière le chef pour éponger des larmes de crocodile dont le pays en a marre après 12 ans d’existence d’un collectif sans trophée. Quel est le problème pour que les éléphanteaux arrivent à Abidjan à 0 h 30 mn par un vol ordinaire, je dirais banal ? Ces jeunes gens sont-ils des vainqueurs ou des immigrés en situation irrégulière qu’un charter vient déposer sur un tarmac nuitamment ? Il y a de quoi réfléchir sur la manière dont les autorités Ivoiriennes ont traité les vainqueurs du deuxième trophée continental dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

Les dakarois au rythme du sport

Des jeunes dakarois à la musculation (crédit photo @kingsuy)

Des jeunes dakarois à la musculation (crédit photo @kingsuy)

J’ai cru un instant qu’il s’agissait d’un phénomène de mode ou d’une convention non écrite comme le « D day »* au Ghana mais en creusant un tout petit peu j’ai compris qu’ils le faisaient par amour !

Le visiteur qui découvre Dakar sera sans doute frappé par l’image de tous ces sénégalais qui le soir venu se mettent à la pratique du sport. Autour des stades, le long des routes, sur les plages ou même des parkings, chacun vient pratiquer qui pour certain de la musculation, qui pour d’autre des exercices physiques pour le sport de haut niveau ou encore faire un petit footing. A les voir transpirer avec ce vent glacial que je supporte très mal, je comprends pourquoi de nombreuses personnes affirment avec conviction que le Sénégal est un pays où on adore le sport. Le profil des hommes et femmes que j’ai croisés dans les rues de Dakar confirme en tout point cette assertion.

A chacun ses raisons

Je croise ici et là des footballeurs, des basketteurs, des aspirants aux compétitions de haut niveau, des lutteurs bien entendu, des étudiants, des chômeurs et des travailleurs. Si tout le monde se met à la pratique du sport, les raisons divergent d’un individu à l’autre. Pour Mr Ba Oumar fonctionnaire en congé, « la pratique du sport est un moyen de garder la forme ». Alors chaque jour il fait du jogging le long de la plage du quartier Fann. 30 minutes suffisent à cet homme d’une quarantaine d’année pour se sentir bien. Il nous explique que chaque dimanche il vient courir avec femme et enfants. Bounama Diakité est chauffeur de taxi et sur la plage il enchaine les exercices avec son ami Issa Coulibaly un vigile. Les deux affirment que le sport est indispensable à leur profession.

« Je suis assis dans mon taxi du matin au soir et je dois vous dire que c’est très épuisant. Les cuisses souffrent énormément donc quand je le peux, je viens pendant une heure faire des exercices. Il faut reconnaître que ça m’aide énormément », soutient Bounama Diakité.

On court ici pour la forme et le bien être mais quelques mètres plus loin on s’entraine pour réaliser un grand rêve. Touré Mbacke étudiant à l’UCAD (Université Cheick Anta Diop) rêve d’intégrer une équipe de box thaïlandaise et pour cela il fait régulièrement de la musculation. Objectif : garder une belle silhouette et surtout avoir des muscles d’acier. N’deye Arame Dieng rêve aussi de faire carrière dans le sport de haut niveau mais son dada à elle c’est le basket-ball. D’ailleurs elle évolue au sein du Dakar Université Basket-ball club. Tous les lundi, mardi et jeudi, elle réalise des exercices d’endurance et de saut à la corde pour préserver son rythme de jeu.

On drague aussi par le sport!

Un autre argument qui pousse certaines jeunes filles à pratiquer le sport est la proximité des hommes. Vêtues d’un ensemble plutôt sexy, elles trottinent généralement non loin des hommes. Ce système est bien connu de Nafissatou Fall une gestionnaire de stock qui étrangement dit ne pas s’intéresser au sport.

« Chaque je vois certaines jeunes filles les cuisses dehors qui « disent » faire du sport. Les traînent sur le long des routes et je vois des hommes qui les abordent » nous explique-t-elle.

Massa Seck confirme cette version des faits. Le jeune homme en quête d’emploi nous explique que le style de ces jeunes filles renseigne sur leurs intentions.

« Elles mettent de petits shorts et des tee-shirts moulant et elles se positionnent toujours devant les jeunes gens qui s’entrainent à la musculation ou pour la lutte ».

Ce phénomène peut bien exister mais Marie Paule N. n’y croit pas vraiment. Elle estime que si certaines jeunes filles mettent leur temps à profit pour faire du jogging c’est simplement parce qu’elles aussi aiment le sport.

SUY Kahofi

*D day : pratique populaire en vogue dans certaines villes du Ghana qui consiste à se mettre en tenue traditionnel ou en pagne africain un jour précis de la semaine.

Génération Drogba : la malédiction d’une équipe sans trophée ?

Didier Drogba le capitaine malchanceux !

Didier Drogba le capitaine malchanceux !

Et si l’histoire footballistique de la Côte d’Ivoire était écrite d’une manière particulièrement étrange ? Une histoire écrite pour que jamais les grandes stars ne puissent poser leurs mains sur le trophée continental. Oui il faut bien se poser la question : que manque-t-il à Didier Drogba comme à Pokou Laurent pour remporter une coupe d’Afrique ? Ils sont tous les deux talentueux, un jeu exceptionnel, adulés par le peuple Ivoirien, chantés à travers le monde…mais ils échouent là où d’autres footballeurs moins talentueux réussissent. Comme hier l’homme d’Asmara a traversé le ciel du football Africain sans remporter une seule édition de la CAN, Didier Drogba le mythique capitaine des Eléphants risque de mettre un point final à sa carrière sans jamais accrocher une étoile à son maillot. Près d’une dizaine d’années que Didier et ses amis font vibrer les Ivoiriens avec ce goût d’inachevé à chaque édition de la CAN. Après leur qualification historique pour le mondial et une final âprement discuté face à l’Egypte, la génération Drogba n’a cessé de descendre dans les bas-fonds du classement à chaque phase finale de la CAN. Hier finaliste, aujourd’hui sortis en quart de final ! A chaque participation c’est un collectif de plus en plus méconnaissable qui foule les stades. Ces joueurs que l’on présente comme des seigneurs des clubs européens ne sont que l’ombre d’eux-mêmes sur les stades de la CAN. Des joueurs qui entrent en compétition de manière majestueuse et forte pour au final laisser tout un peuple dans la tristesse, l’amertume et la désolation.

Ces échecs répétés ont fini par faire naître des mythes les plus inimaginables. Oui Didier Drogba a aussi son côté légende urbaine. Pour certains, l’homme aurait fait « le pacte » de mettre fin à sa gloire et sa carrière le jour où il remporte la CAN. Et si pour le moment il ne l’a pas encore remporté, c’est certainement parce qu’il n’a pas encore envie de quitter les rectangles verts. « C’est son fétiche ! » estime ceux qui croient en cette légende. Plus grave, d’autres croyances populaires soutiennent que Didier Drogba aurait monnayé son succès européen et ses gros salaires contre un silence total sur le continent. « Il brillera chez les blancs mais jamais chez lui ! ». « Son pacte », dans cet imaginaire total serait donc à l’origine de cette véritable poisse qui suit l’équipe nationale de Côte d’Ivoire depuis une dizaine d’années. Première au classement des meilleures équipes africaines, un beau jeu et jamais de trophées ! Pourtant sur le chemin de Sénégal 1992 la Côte d’Ivoire était loin d’avoir une équipe aussi célèbre et aussi bien classée. Doit-on dans ce contexte penser à la retraite pour la génération Drogba ? Chacun aura son analyse sur la question !

SUY Kahofi