Sommet CEDEAO-Japon : quand les samouraïs courtisent l’Afrique

Le Japon et l’Afrique dans une coopération gagnante-gagnante

Le Japon et l’Afrique dans une coopération gagnante-gagnante

Le premier ministre Japonais a achevé ce week-end un séjour éclair de 48 heures en Côte d’Ivoire. Un séjour que Shinzo Abé a mis à profit pour échanger avec les Présidents de la CEDEAO lors d’un sommet. Les chefs d’Etat ont parlé économie, coopération et sécurité. Le Japon ne le cachons pas est en perte de vitesse sur le continent en matière de diplomatie et coopération économique, une situation que veux corriger Shinzo Abé.

12 chefs d’Etat sur les 15 que compte l’organisation sous-régionale étaient présents à Abidjan pour un sommet de 48 heures au cours duquel il a été principalement question de coopération et de la restauration d’un climat sécuritaire propice au développement. Shinzo Abé, le premier ministre japonais concernant ce dernier pan des échanges avec ses homologues Ouest-africains a indiqué que son pays entendait décaisser la somme de 42 milliard de f CFA pour aider à instaurer la sécurité dans la région du sahel. Une sécurité sans laquelle le partenaire nippon ne pourra investir dans une région où il doit rattraper son retard face à la République Populaire de Chine.

En effet bien que le premier ministre japonais ait souligné l’excellence de la coopération entre son pays et l’Afrique, il sait que le Japon doit fournir un effort considérable pour s’imposer sur le continent. Un gap de près de 50 milliards de dollar en volume d’échange avec l’Afrique séparent le Japon et la Chine. Au-delà, le géant chinois est aujourd’hui au premier rang des donateurs de l’Afrique, un engagement pour laquelle Pékin ne cesse d’insister sur l’inconditionnalité de son aide. C’est pour se repositionner en qualité de partenaire privilégié de l’Afrique que le pays du soleil levant a décidé de mettre en place des initiatives tel que la TICAD, la Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique avec l’appui non moins important de l’ONU et de la Banque Mondiale. A cela s’ajoute sa volonté de doubler d’ici cinq (5) ans l’enveloppe de 2,5 milliards de dollars du fond d’aide aux investissements en Afrique de la Banque Japonaise pour la Coopération Internationale.

L’intérêt du Japon pour l’Afrique n’est pas fortuit, le continent enregistre un taux de croissance moyen supérieur à 6% et demeure donc un marché potentiel à conquérir. Bien sûr dans l’esprit du samouraï que les ambitions économiques de sauraient altérer il s’agit de bâtir avec l’Afrique une relation de bénéfice mutuel.

SUY Kahofi

La rétrocession des biens illégalement occupés a débuté en Côte d’Ivoire

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la Défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution.

L’occupation illégale des habitations privées et domaines de l’Etat par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et par des individus a été mentionnée dans les différents rapports des ONG de défense des droits de l’homme comme étant un frein à la recherche de la paix. Les Ivoiriens « spoliés » par des hommes en armes ont espéré pendant longtemps retrouver leurs maisons et autres biens immobiliers. C’est désormais chose possible grâce à l’exécution du projet de rétrocession des habitations illégalement occupées par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire.

A l’appel de la société civile ivoirienne et des différents observateurs du processus de paix, le projet de rétrocession des propriétés occupées de force a débuté principalement dans le nord, l’ouest et le centre du pays. Les dossiers rangés au placard par l’administration depuis la fin de la crise postélectorale ont été sortis. En effet, de nombreux Ivoiriens ont saisi l’état-major des armées et le ministère de la Défense pour que leurs biens immobiliers leur soient restitués. Paul Koffi le ministre délégué à la Défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution.

« Nous avons enregistré près de 265 requêtes, 155 sont en cours de traitement dont 100 ont abouti à la libération des maisons et autres bâtiments occupés. C’est un taux relativement important et les 55 requêtes qui sont en cours de traitement nous permettront (si elles aboutissent NDLR) d’atteindre un taux supérieur à 70 % ! » indique le ministre délégué à la Défense.

Les plus gros succès de cette opération ont été enregistrés à Bouaké. Dans cette ville, 80 % des biens ont été rendus aux propriétaires à la faveur de la dernière visite du président Ouattara. Au-delà de ces premiers chiffres, certes encourageants, il faut aller plus loin car un nombre très important d’habitations et même de domaines appartenant à l’Etat sont encore occupés par des hommes en armes se réclamant à tort ou à raison des Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Selon le ministre délégué à la Défense l’engagement des militaires à rendre les biens qu’ils occupent est aussi le symbole d’un pas vers la normalisation de la vie sociale dans le pays. Il a aussi appelé toutes les populations à rendre les biens qu’elles occupent illégalement sans que le ministère de la Défense n’intervienne, car les rétrocéder aux propriétaires « participe à la réconciliation ».

SUY Kahofi

Mendiant d’Abidjan l’heure est venue de se reconvertir

Plus de mendiants dans les rues!

Plus de mendiants dans les rues!

Les mendiants et les commerçants ambulants désormais personæ non grata dans les rues d’Abidjan ! La décision émane du Gouvernement Ivoirien. Visibles à tous les carrefours, les mendiants qui affichent leurs infirmités pour recevoir des pièces sont une tâche dans le décor de la capital Ivoirienne. Abidjan qui après avoir souffert de la crise post-électorale retrouve son lustre d’antan veut avoir fière allure surtout qu’elle est aujourd’hui le centre névralgique de plusieurs rencontres internationales et sous régionales. En prenant la décision de déguerpir les mendiants, les autorités Ivoiriennes par le canal du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité veulent assainir les grands carrefours de la perles des lagunes qui sont devenus des nids de promotion de la misère humaine. Plus de mendiants dans les rues et il va falloir s’y faire et surtout se conformer à cette décision au risque d’être déguerpis manu militari ! Quant aux vendeurs ambulants, bras armés de certains grossistes véreux, perturbateurs à souhait du trafic routier et souffre-douleur des unités de police dédiées à la circulation ils doivent aussi quitter la rue. Les activités de commerce selon Sidiki Diakité préfet de la région des lagunes répondent à des normes fiscales clairement établies par les autorités Ivoiriennes. Nul n’a le droit de contourner de telles mesures pour se sucrer sur le dos des contribuables sans payer d’impôt ou de taxes. Les commerçants ambulants affiliés aux grossistes indélicats écoulent à bas prix des marchandises qui n’ont pas été déclaré aux services fiscaux.

Mendiants ou commerçants ambulants, si tel est leurs activités premières pour se prendre en charge, tous devront se faire identifier auprès des services rattachés au Ministère de la Solidarité, celui de l’emploi et des personnes handicapés pour pouvoir bénéficier d’un programme de prise en charge social. Si depuis ce 5 août 2013 la phase de déguerpissement a débuté, les autorités Ivoiriennes veulent également se donner les moyens de convaincre les Ivoiriens du bien-fondé de cette mesure. Aussi une campagne de sensibilisation sera menée par les ministères engagés dans l’opération. La mesure de déguerpir les mendiants et les commerçants ambulants s’inscrit dans le cadre des opérations de lutte contre l’insécurité engagés par les autorités Ivoiriennes. Présenter la mendicité comme activité de promotion de l’insécurité n’est pas anodin. Force est de constater que de véritables empires financiers à Abidjan se sont construits grâce aux mendiants. Très bien organisés, ces réseaux de mafieux exploitent la misère des handicapés et autres personnes vulnérables. Dès le matin, les mendiants rallient par véhicules entiers leurs « différents lieux de travail ». Ils doivent ensuite se faufiler entre les voitures pour faire la recette du jour. Le soir venu il dépose leurs avoirs auprès du Chef de réseau par l’entremise de ces petites mains. C’est contre de telles pratiques que l’Etat Ivoirien va désormais en guerre.

Abidjan : cette plaie appelée insécurité !

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Dimanche 29 juin 2013, je sirote une bière avec un ami à Cocody à quelques pas de La Maison du Parti (PDCI). Nous discutions tranquillement quand des coups de feu se font entendre non loin des tours Sainte Marie. Un officier de police nous fait signe de rester à l’abri dans le maquis.

« Nous traquons 2 braqueurs qui viennent d’attaquer un domicile à la kalachnikov. Le premier vient d’être abattu le second se cache certainement dans une des ruelles du quartier. Restez là où vous êtes au risque de prendre une balle » nous ordonne l’homme, un Beretta 9 mn en main.

Ce type de scène digne des polars américains sont désormais monnaie courante à Abidjan si bien qu’elles ne surprennent plus personne. La preuve lors des échanges de coup de feu ce dimanche entre les éléments de PJ et les braqueurs, des gamins et leurs parents sont sortis pour « apprécier le spectacle ». Diantre ! Dans quel pays sommes nous ? Abidjan avec des braquages en plein midi, des gangs qui égorgent à la machette, d’autres qui se spécialisent dans les viols sans oublier les coupeurs de route qui signent leur grand retour…L’insécurité est totale pourtant lors de son dernier passage sur les antennes de la RTI, le Ministre Ivoirien de l’Intérieur (Hamed Bakayoko) a précisé que tout va bien au plan sécuritaire. Ces propos sont proches (ou plutôt semblables) à ceux du Général Talla Niang porte-parole des trois forces militaires présentes en Côte d’Ivoire (FRCI, Licorne, ONUCI). L’officier supérieur des Nations Unies affirmait lors du dernier conclave des forces militaires que « la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire est sous contrôle ». De quelle Côte d’Ivoire parle le Général Talla Niang ? Comment peut-on affirmer que la situation sécuritaire est sous contrôle quand chaque jour les journaux relatent en cœur des situations d’agressions violentes avec mort d’homme ? Les domiciles, services publics, PME et commerces sont visités par des voleurs qui semblent éprouver un macabre plaisir à tuer de sang froid ! Entre temps les unités paramilitaires se créent à longueur de journée mais elles peinent à rassurer les Ivoiriens !

« C’est triste : on ne peut pas chanter à la télé que tout va bien et abandonner les Ivoiriens et les Ivoiriennes à la merci des braqueurs. Il faut des mesures concrètes pour rassurer les populations au lieu de donner des réponses politiques pour attirer les investisseurs » s’indigne Guy Roger un étudiant vivant à Yopougon.

Un nombre insoupçonné d’armes légères continuent de circuler en toute impunité dans le pays malgré les opérations de DDR. Pour Sylvanus K., électricien, il faut également chercher du côté des démobilisés mécontents du régime Ouattara qui « se payent » en attaquant les domiciles. Il va plus loin en soulignant qu’il reste convaincu « que des hommes en uniforme sont eux-mêmes auteurs de certaines agressions ». Sur ce point il est difficile de ne pas croire en ces révélations car depuis la fin de la crise de nombreux militaires ont été radié de l’armée et jetés en prison pour des agissements contraire à l’étique de l’uniforme.

« Il y a quelques années lorsque vous voyez un militaire vous êtes rassuré mais aujourd’hui c’est le contraire ! Avec une armée infestée d’anciens détenus comment voulez-vous être rassuré ? » s’interroge Mr Koffi Ekissi G. un enseignant à la retraite.

Qui pourra sauver Abidjan de son insécurité chronique ? Entre ceux qui réclament un changement de la législation sur la détention des armes à feu et ceux qui veulent la levée de l’embargo sur les armes, certains optent pour des solutions plus immédiates et qui selon eux peuvent être « appliquées rapidement ».

« Il faut commencer par nettoyer l’armée elle-même des brebis galeuses ! Si l’armée n’est pas propre comment peut-elle contribuer à asseoir un climat sécuritaire digne du nom ? La guerre fait parti de notre passé alors comment pouvons-nous encore accepter que des illettrés et des évadés de la MACA soient encore en uniforme ? Il faut que cela change ! » nous explique Yao Jacques un gérant de cabine téléphonique.

Un grand nettoyage de l’armée OUI mais pour certaines ONG il faut dans l’immédiat réussir l’opération du DDR : Démobilisation Désarmement Réinsertion. Difficile de calmer des hommes qui ont faim ! Si ceux qui ont pris les armes hier ne retournent pas à la vie civile, il sera bien difficile de lutter contre l’insécurité. A ce niveau la mauvaise fois des démobilisés est aussi à souligner.

« Ils ne déposent que de petites armes et des caisses de munitions juste pour de l’argent mais Dieu seul sait l’arsenal qu’ils cachent ! Les mêmes têtes se retrouvent dans toutes les opérations de DDR toujours avec des armes » nous explique un journaliste.

La Côte d’Ivoire est dans un cercle vicieux où la seule solution qui s’offre à elle est de faire fusionner le DDR, l’insertion des ex-combattants et le toilettage de l’armée pour réussir d’ici 10 ans – minimum – son programme de lutte contre l’insécurité.

SUY Kahofi

Revue de la presse ivoirienne du 27 au 31 mai 2013

"Gbagbo n'a pas gagné les élections" dixit Mamadou Koulibaly

« Gbagbo n’a pas gagné les élections » dixit Mamadou Koulibaly

L’attente fut longue pour les candidats aux dernières élections locales en Côte d’Ivoire. En effet les recours introduits auprès de la Cours Suprême ont été analysés et ceux-ci commencent à livrer leurs verdicts. Elections municipales et régionales la Cours Suprême frappe barre en manchette Le Patriote qui rend compte des audiences de la Chambre Administrative de la Cours Suprême concernant les recours introduits par les candidats. Entre autres arrêts rendu pour le moment l’annulation des élections dans la localité d’Anyama et le rejet de la requête du Secrétaire Général du RDR battu à Séguéla. Au sujet de cette défaite du N°2 du RDR d’Alassane Ouattara, Soir Info titre : la défaite d’Hamadou Soumahoro confirmé, le scrutin à Anyama annulé ! Le Mandat tout en présentant la liste des 45 localités traités ce 29 mai indique les raisons de l’annulation des élections à Anyama. Nord-Sud de son côté publie la réaction d’Hamadou Soumahoro qui a été débouté par la Cours Suprême quand L’Inter et L’Intelligent d’Abidjan donne rendez-vous à leurs lecteurs pour d’autres cas pendant le 6 juin. Restons dans les mic-macs des élections en Côte d’Ivoire avec un flash back sur la dernière présidentielle. Sur le sujet c’est le professeur Mamadou Koulibaly, dauphin constitutionnel de Laurent Gbagbo qui livre des secrets sur son ancien parti le Front Populaire Ivoirien. Gbagbo n’a jamais gagné les élections, il a été le meilleur défenseur de la France dans la crise ivoirienne peut-on lire dans les colonnes du quotidien Le Jour Plus. Mamadou Koulibaly va plus loin quand il affirme que Gbagbo a renouvelé les concessions de l’eau et de l’électricité à son ami Martin Bouygues, de gré à gré. Pareil pour la téléphonie, qu’il a redonnée hors toute procédure légale à France Télecoms. Il a offert le terminal à conteneurs du port d’Abidjan à Bolloré, sans appel d’offres conclue Mamadou Koulibaly. Sensationnel ! Inédit ! s’exclame La Matinale qui estime que par ses révélations l’ancien président de l’assemblée nationale ridiculise le FPI. Pour Notre Voie Mamadou Koulibaly est l’ingratitude achevée quand Le Nouveau Courrier l’indexe comme étant un instigateur clé du complot contre Laurent Gbagbo et se point de vue est partagé par le quotidien Aujourd’hui qui barre à sa une : le comploteur s’est enfin dévoilé ! La guerre ouverte entre l’Union-africaine et la Cours Pénale Internationale trouve un large écho dans les colonnes des journaux Ivoirien. CPI-UA la guerre est déclarée affirme Le Temps qui explique à ses lecteurs comment la CPI choisi ses victimes et ses coupables, la CPI est prise au piège du racisme et des contre-vérités martèle le quotidien. L’Intelligent d’Abidjan offre une tribune à la CPI pour répondre à l’UA et c’est le Président de l’institution, Song Sang-Hyun qui se fait fort de rappeler que la CPI a été crée pour lutter contre l’impunité. Pourquoi j’ai livré Blé Goudé et Abéhi ? La question est de John Mahama Dramani le président ghanéen selon LG Infos et la réponse à celle-ci se trouve chez nos confrères de La Matinale qui affiche cette phrase prêtée au Président Ghanéen : « le Ghana ne sera pas une base arrière pour déstabiliser la Côte d’Ivoire ». Pour Le Nouveau Courrier les exilés Ivoiriens au Ghana sont en danger puisse qu’il existe bien une connexion Dramani-Ouattara et c’est certainement cette connexion qui fait dire au Président ghanéen à la une de Nord-sud quotidien nous allons extrader encore !

A la semaine prochaine !