Tag : presse

Que peut-on dire avec une caricature ? (FMML 2015)

Dessin de presse, caricature…que peut-on dire, que peut-on dessiner ?

Dessin de presse, caricature…que peut-on dire, que peut-on dessiner ?

L’attaque du siège de Charlie Hebdo en France relance le débat sur la liberté d’expression par le canal du dessin de presse. Une question taraude désormais les dessinateurs et les lecteurs : peut-on tout dire avec le dessin ?

Le dessin de presse et plus généralement la caricature sont un outil de compréhension de la ligne éditoriale d’un organe. Il répond certes à des besoins d’illustration, mais permet aussi et surtout de détendre le lecteur et de l’aider à comprendre l’actualité. Il est aussi « un indicateur clé pour jauger la liberté d’expression dans un pays » selon le caricaturiste marocain Khalid Gueddar. Malheureusement ces dix dernières années dans le monde, les dessins de presse ont créé des situations de colère populaire, d’émeute et d’emprisonnement pour les dessinateurs. On reproche ici et là aux quotidiens satiriques des atteintes au sacré, à l’honorabilité d’un dirigeant politique ou même d’atteinte à la pudeur. (suite…)



Revue de la semaine ivoirienne du 25 au 30 août 2014

Ebola inquiète toujours la Côte d’Ivoire

Ebola avait battu le record des unes cette semaine mais dans le contexte ivoirien les sujets politiques et judiciaires ne sont jamais bien loin. La preuve, l’affaire Simone Gbagbo contre le procureur de la CPI refait surface. La CPI lance un ultimatum aux autorités ivoiriennes barre Le Patriote avec cette injonction prêté à l’instance judiciaire : « jugez Simone Gbagbo avant le 10 octobre sinon…» (suite…)



Côte d’Ivoire : ces militaires qui parlent un peu trop…aux journalistes !

Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan

Ange Kessi Kouamé, procureur militaire d’Abidjan

En Côte d’Ivoire on a coutume de dire que l’armée est la «grande muette» parce que sa gestion de l’information est foncièrement différente de celle de nombreuses autres entités. Malheureusement, si l’armée ivoirienne revendique cette tradition et ce devoir, certains de ses éléments l’oublient bien trop souvent !

Il est aisé de voir des commandants de l’armée ivoirienne, principalement des ex-com zone, s’étaler à la Une de nombreux quotidiens ivoiriens. Certains ont même fait la Une de magazines people ! Ces derniers ne se gênent pas pour se prononcer sur l’actualité sociopolitique du pays, plus grave de donner des informations relatives à des opérations militaires sans le consentement de leur hiérarchie.

Ces sorties médiatiques créent le lit d’une cacophonie dans la compréhension des questions liées à la sécurité des Ivoiriens. Entre le point de vue de ces militaires qui s’étale dans la presse et la position officielle de l’armée, qui doit-on croire finalement ? C’est pour éviter ces contradictions que le procureur militaire est monté au créneau pour mettre en garde les journalistes et les militaires qui s’adonnent à ce jeu d’interviews en dehors des codes des procédures militaires. Les rapports médias – armée sont régis par des règles clairement définies par la loi, dispositions que se fait fort de rappeler Ange Kessi Kouamé le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

« Le militaire ne doit pas parler aux journalistes s’il n’a pas l’accord de son chef. Et qui est le chef ? C’est la plus haute hiérarchie c’est-à-dire le ministre de la Défense, le chef d’état-major ou le commandant supérieur en ce qui concerne la gendarmerie. Voici donc les trois autorités habilitées à donner l’autorisation à un militaire quel que soit son grade à s’exprimer devant la presse ».

Tout militaire qui sort de ce sentier clairement balisé s’expose à des poursuites judiciaires ! Contrairement aux idées reçues, les relations entre la grande famille des journalistes et l’armée sont bonnes. La décision d’interdire les sorties médiatiques des militaires n’est pas une action pour museler la presse, mais plutôt pour rendre saine et légale toute interview, statistique ou information qu’un militaire peut donner aux journalistes. Les poursuites judiciaires soulignées plus haut sont aussi bien valables pour les civils (journalistes) que les militaires. Il est donc important pour les hommes de médias de se référer à la hiérarchie militaire avant tout contact avec un officier ou sous- officier quelque soit son rang.

« Il faut que nos journalistes arrêtent de tendre le micro sans autorisation aux militaires, qu’ils soient professionnels et qu’ils regardent de temps en temps le code pénal, de temps en temps le droit et qu’ils s’acquittent du devoir de se former » insiste le procureur du tribunal militaire d’Abidjan.

Et pour faciliter la compréhension média – armée, le procureur militaire d’Abidjan annonce l’organisation très prochaine de cadre d’échange pour mieux instruire les journalistes sur la communication militaire.

SUY Kahofi



Presse sénégalaise (@kingsuy)

Revue de la presse sénégalaise du 12 avril 2013

Presse sénégalaise (@kingsuy)

Presse sénégalaise (@kingsuy)

Notre escale dakaroise nous donne l’opportunité de nous familiariser avec la presse sénégalaise. La revue des quotidiens parus au pays de la téranga nous permet de constater que le titre qui est largement commenté est celui qui se rapporte à la position du Gouvernement sénégalais sur l’homosexualité. Sur le sujet Le Soleil, l’organe public d’Etat nous indique très clairement que le Sénégal n’envisage pas la dépénalisation de l’homosexualité. Lorsque Le Populaire barre à sa une « Macky décrète l’homosexualité haram (bannie) », le confrère ne  fait que confirmer cette position tranchée des autorités sénégalaises. Le premier citoyen « exclut totalement toute option de dépénalisation de l’homosexualité au Sénégal ». « Nos valeurs culturelles de base ne peuvent s’accommoder d’une option de dépénalisation de l’homosexualité » affirme le Président dans les colonnes de La Tribune. Selon le quotidien L’AS, le Président sénégalais cède à la pression et maintient sa décision de ne pas dépénaliser l’homosexualité. Au-delà des discussions autour de l’homosexualité, Le Populaire revient sur une grande décision du dernier Conseil des Ministres. Abdoul Aziz Tall a été choisi pour reformer l’âme et la face de l’Etat. Pendant que le Président Sénégalais et son Gouvernement décident des grands axes du développement, au cœur de sa famille politique les choses tournent au vinaigre. C’est du moins le point de vue de L’Observateur quand il écrit : crise politique, Macky dans un cercle de feu ! Le quotidien revient sur la dualité au sommet de l’APR, les remous à Macky2012 et d’une « rébellion » à Benno Bokk Yaakaar. Restons toujours dans les mic-macs de la politique sénégalaise avec la famille Wade qui continue de « rythmer » l’actualité judiciaire au sommet de l’Etat. Pour régler ses comptes avec Macky et défendre Karim, Wade débarque avec armes et bagages barre à sa une La Tribune. « Je vais livrer mon dernier combat » affirme le Sopi qui entend porter plainte contre l’Etat. Et si l’ancien Président a pris cette décision, c’est pour témoigner son soutien à son fils. En effet Karim Wade selon L’Observateur redoute une forclusion. Le confrère croit savoir qu’un véritable flou s’est installé autour de la date butoir pour la réponse à sa mise en demeure. Parlons à présent de politique internationale avec le Mali. Le quotidien Enquête a décidé de tendre son micro Soumaïla Cissé, un candidat à la Présidentielle malienne du 7 juillet. En exclusivité sur une double-page pleine, l’homme propose ses solutions pour sortir le Mali de la crise. Toujours au plan international avec cette fois ci avec SUD Quotidien qui revient sur la polémique autour du retour de Dadis Camara, l’ancien boss de la transition militaire en Guinée. Alors que la vie de son pays est marquée par un blocage politique, le capitaine commence à avoir de nouveau des partisans qui donne de plus en plus de la voix et qui réclament son retour. Achevons cette revue de la presse avec du sport et particulièrement un combat de lutte très attendu. Il s’agit du face à face entre Malick Niang et Sa Thiès. Les deux lutteurs surchauffent le Grand théâtre nous indique La Tribune qui revient dans les moindre détails sur l’empoignade verbal entre les deux lutteurs qui enregistre une série de 9 combats pour autant de victoires. Sa Thiès n’y va pas par le dos de la cuillère dans les colonnes du quotidien Le Soleil et promet une défaite cuisante à son adversaire. Morceau choisi : « si Malick veut la surprise de sa vie, il n’a qu’à imposer la bagarre ». Réponse du berger à la bergère, Malick Niang bien que gêné par le bagou ravageur de son adversaire a affirmé et je cite : « je ne sais pas parler, j’exprime tout en actes » affirme le lutteur chez nos confrères du quotidien Enquête.

A vos journaux et bonne lecture à tous !



Le baromètre des médias Africains – Côte d’Ivoire 2012

Les médias ivoiriens en perte de vitesse

Les médias ivoiriens en perte de vitesse

Ce mardi 19 mars le siège de la Fondation Friedrich Ebert sis à Attoban (Cocody, Abidjan) a servi de cadre à la présentation d’un document baptisé « Baromètre des médias africains – COTE D’IVOIRE 2012″. Le Baromètre des médias africains en abrégé AMB est un mécanisme mis sur pied par la section Media de la Fondation Friedrich Ebert (FES) basée en Namibie. L’AMB a pour fonction d’analyser les environnements médiatiques nationaux du continent. Il s’agit d’un outil auto-évaluatif qui répond aux critères locaux résultant des Protocoles et Déclarations africains, ainsi qu’un instrument de pression pour les réformes des médias de façon pratique. Les résultats des AMB sont diffusés au public des pays concernés afin d’améliorer la situation des médias. Bien entendu, les recommandations issues du rapport servent au travail de soutien mené par les bureaux de la FES. Ils peuvent être utilisés par d’autres donateurs et organisations africaines des médias. Mlle Meité Alhima la modératrice de la cérémonie de présentation a tenu à faire une importante précision sur les missions de l’AMB. « Il n’est pas conçu pour justifier les choix politiques du gouvernement mais doit rendre compte d’une auto-analyse critique exécutée par des professionnels des médias et de la perception générale de la société civile sur la situation des médias».

Le contenu du rapport

Le « Baromètre des médias africains – COTE D’IVOIRE 2012″, a été présenté par le journaliste – consultant Zio Moussa. Établit par rapport au manuel de 2009, il ressort une régression globale des critères d’évaluation dans les quatre secteurs concernés. Ces secteurs sont la liberté d’expression, le paysage médiatique, la régulation de la communication audiovisuelle, la pratique des normes professionnelles dans les médias. Soulignant que pour le Baromètre 2012, les critères (2009) ont été révisés, amendés et décalés, M. Zio a noté que sur une échelle de 5.0, l’on trouve dans le secteur 1 une moyenne de 3.8 contre 4.1 en 2009; dans le secteur 2, une moyenne de 2.8 contre 3.4 en 2009; dans le secteur 3, une moyenne de de 2.5 contre 2.9 en 2009 et dans le secteur 4, une moyenne de 2.5 contre 2.9 en 2009. La moyenne générale du Baromètre 2012 est de 2.9 contre 3.3 en 2009. Ce rapport est le fruit de l’analyse de neuf panélistes qui se sont réunis en avril 2012. Comme enseignements, Zio Moussa retient, entre autres, que malgré la révision des critères, il reste toutefois que les pratiques des  diffuseurs publics et privés n’ont pas véritablement évolué. « Le diffuseur public n’est pas encore devenu le service public (…) qui, à défaut d’indépendance, est autonome sur le plan éditorial et s’est affranchi de la connivence avec les pouvoirs publics », a résumé Zio Moussa, notant que la presse privée qui s’est autoproclamée indépendante, porte un masque transparent. Estimant toutefois le Baromètre utile, M. Zio pense qu’il gagnerait à être vulgarisé et à croiser le chemin des universitaires pour encourager un certain nombre de recherches.

SUY Kahofi