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Relance du trafic commercial entre 4 pays membres de l’UEMOA

13/05/2012 Aucun commentaire

Les chargeurs veulent contribuer à la promotion de l'économie sous-régionale

L’épineux dossier du racket sur les routes ouest-africaines ne doit être en aucun cas un frein à la coopération sous régionale. Les chargeurs de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali l’ont comprit et ils ont décidé de s’engager ensemble pour relancer le trafic inter-état. Pour jeter les bases d’une collaboration en vue d’exécuter des projets communs, les chargeurs des quatre pays ont organisé une rencontre cette semaine à Abidjan. « La rencontre s’inscrit dans le cadre de nos ambitions d’intégration de nos économies. Tout ce que nous allons entreprendre le sera pour le bien de la sous région » déclare Koné Fakho le Président du Conseil d’Administration de l’Office Ivoirien des Chargeurs sur le bienfondé des travaux en terre Ivoirienne. L’union fait la force et les chargeurs de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali l’ont comprit si bien qu’au terme de la rencontre les uns et les autres ont vite fait de proposer une série de projets utiles aux quatre pays. « Nous avons décidé de mettre œuvre un système de traçage électronique des camions et des individus qui les conduisent. Ce système sera un projet continu entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’hinterland. La décision a été aussi prise d’aménager surtout au niveau de la Côte d’Ivoire des aires de repos et de stationnement pour les chauffeurs » nous explique Koné Fakho.

La collaboration entre la Côte d’Ivoire, le Niger, le Burkina Faso et le Mali revêt donc une importance capitale dans la mesure où à court terme les projets mis en œuvre pour faciliter le trafic auront un impact positif sur les économies de chaque pays. Baba Laye Dao le Président de l’Office Malien des Chargeurs en est fortement convaincu voici pourquoi il appelle au renouvellement de ce type contact inter-états. « Il faudrait qu’on se rencontre beaucoup plus souvent parce que de toute façon nos économies sont des économies intégrées et aucun pays ne peut se passer de l’autre ! » La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso qui affichent une excellente coopération en matière de trafic inter-état ont présenté à titre d’exemple les points forts et les insuffisances de cette coopération. Les quelques zones d’ombre n’ont pas empêché Traoré Ali le Directeur Général du Conseil Burkinabé des Chargeurs de souligner la montée en puissance des échanges depuis la fin de la crise post-électorale Ivoirienne. « Le Burkina et la Côte d’Ivoire il y a non seulement le corridor routier mais il y a aussi le corridor ferroviaire. Avant la crise le trafic du port d’Abidjan dépassait pratiquement les 65 à 70%. Avec la crise le régime a baissé mais au moment où je vous parle les choses ont changé et la tendance est à la hausse ».

Pour plus d’efficacité dans l’action, le suivi des projets communs sur les corridors routiers de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso et du Mali sera l’affaire d’un comité technique.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : Le conseil de sécurité reconduit l’embargo sur les armes

29/04/2012 Aucun commentaire

Siège de l'ONUCI ex-hôtel SEBROKO

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, jeudi 26 avril 2012, la résolution 2045 qui maintient, jusqu’au 30 avril 2013, ses sanctions à l’égard de la fourniture, la vente ou le transfert d’armes à la Côte d’Ivoire ainsi que l’exportation du diamant brut  en provenance du territoire ivoirien.

La résolution comporte des exemptions permettant au Gouvernement ivoirien d’entraîner et d’équiper ses forces de sécurité, et de doter la police et la gendarmerie des armes et munitions nécessaires au maintien de l’ordre. Les exemptions traduisent également un souci de permettre une réponse proportionnée du Gouvernement aux menaces contre la sécurité de la population. La résolution explique les procédures à suivre par le Gouvernement pour bénéficier de certaines de ces exemptions accordées par le Conseil, qui salue les efforts des Ivoiriens pour soutenir la réconciliation nationale et la consolidation de la paix et se félicite de l’amélioration de la coopération que le Gouvernement a accordée au Groupe d’experts sur l’embargo. Les autorités ivoiriennes ont salué la résolution, et la considèrent, selon le Représentant Permanent de la Cote d’Ivoire auprès des Nations Unies, M. Youssoufou Bamba, comme « un encouragement du Conseil de sécurité à la Côte d’Ivoire à poursuivre ses efforts en vue de surmonter les défis importants restants ».

Exemptions : Matériel non-létal, matériel létal RSS…

Au chapitre des exemptions, la résolution stipule que le régime de sanctions ne s’appliqueront plus  ni à la fourniture de services de formation, de conseils et de compétences spécialisées en rapport avec les fonctions de sécurité et militaires, ni à la fourniture de véhicules civils aux forces de sécurité ivoiriennes. La prohibition de la fourniture, la vente ou le transfert d’armes ne s’appliquera pas non plus « aux fournitures destinées exclusivement à l’appui de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et des forces françaises qui la soutiennent, ou à l’utilisation par celles-ci ». Sont également exempts, le « matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou à des fins de protection  ainsi que le matériel de police non létal destiné à permettre aux forces de sécurité ivoiriennes d’utiliser une force appropriée et proportionnée afin de maintenir l’ordre. Cependant, dans les deux cas, une notification préalable doit être faite au Comité de sanctions. De même, la prohibition ne s’applique pas « aux armes et autres matériels létaux destinés aux forces de sécurité ivoiriennes dans le seul but d’appuyer le processus de réforme du secteur de la sécurité ou d’être utilisés dans le cadre de ce processus ». Dans ce cas, un accord préalable du Comité est requis. La résolution souligne que les notifications ou demandes préalables doivent être accompagnées de toutes les informations nécessaires, y compris l’utilisation à laquelle le matériel est destiné, l’utilisateur final, les caractéristiques techniques et le nombre d’articles à expédier ainsi que, le cas échéant, le fournisseur, la date envisagée de livraison, le mode de transport et l’itinéraire de transport. Le Conseil exhorte le Gouvernement ivoirien à permettre au Groupe d’experts et à l’ONUCI d’avoir accès aux équipements faisant l’objet de dérogations au moment de l’importation de ces équipements et avant qu’ils ne soient livrés aux utilisateurs et souligne que le Gouvernement devra marquer les armes et les matériels connexes à leur entrée sur le territoire de la Côte d’Ivoire et en tenir un registre.

Préoccupations : DDR, RSS, combattants illégaux, mercenaires…

Par ailleurs, la résolution exprime la préoccupation du Conseil de Sécurité face à l’inachèvement de la Réforme du Secteur de la sécurité (RSS) et du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), et à la circulation des armes, qui font peser une lourde menace sur la stabilité du pays. Toutefois le Conseil « accueille  avec satisfaction la création au sein du Gouvernement d’un groupe de travail sur la RSS et le DDR ainsi que les autres actions menées pour faire résolument face à ces problèmes ». La résolution réitère la ferme condamnation par le Conseil de « toutes violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire en Côte d’Ivoire » et « toutes violences contre les populations civiles, y compris les femmes, les enfants, les personnes déplacées et les étrangers, ainsi que toutes autres exactions ou atteintes aux droits de l’homme ». Elle souligne que les auteurs de tels actes doivent être traduits en justice, que ce soit devant des tribunaux internes ou des tribunaux internationaux, et se félicite de l’étroite coopération du Gouvernement ivoirien avec la Cour pénale internationale dans ce contexte.

Le Conseil se déclare « préoccupé par les constations du Groupe d’experts concernant la mise en place d’un système de taxations illégales, l’aggravation de la criminalité […] et l’insuffisance des moyens humains et matériels affectés au contrôle des frontières ». Le Conseil « exhorte tous les combattants armés illégaux ivoiriens, y compris ceux se trouvant dans des pays voisins, à déposer immédiatement les armes ». Il « encourage l’ONUCI, dans les limites de son mandat, de ses capacités et des secteurs dans lesquels elle est déployée, à continuer d’aider le Gouvernement ivoirien à collecter et à entreposer ces armes et à enregistrer toute information pertinente les concernant ». Et il « demande au Gouvernement ivoirien […] de veiller à ce que ces armes soient neutralisées ou ne soient pas distribuées illégalement ». Le Conseil de sécurité se déclare « profondément préoccupé par la présence en Côte d’Ivoire de mercenaires, venant notamment de pays voisins, et invite les autorités ivoiriennes et libériennes à coordonner leur action pour régler ce problème ». Il encourage l’ONUCI et la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) à continuer, dans les limites de leurs mandats, capacités et zones de déploiement respectifs, à coordonner étroitement l’assistance fournie aux Gouvernements ivoirien et libérien, respectivement, pour la surveillance de leur frontière, en accordant une attention particulière aux mouvements de combattants et aux transferts d’armes.

Libre accès pour le groupe d’experts sur l’embargo

La résolution réitère qu’il est nécessaire que les autorités ivoiriennes assurent le libre accès du Groupe d’experts sur l’embargo, l’ONUCI et la Force Licorne, aux cargaisons des avions et de tout véhicule de transport utilisant les ports, aéroports, terrains d’aviation, bases militaires et postes frontière, ainsi qu’à toutes les armes et munitions et tout matériel connexe de toutes les forces de sécurité armées. Elle « demande aux autorités ivoiriennes de lutter contre les systèmes de taxation illégaux qui perdurent, de prendre les mesures nécessaires pour rétablir et renforcer les institutions concernées, et de continuer à déployer des agents de douane et de police des frontières dans tout le pays … ». Par ailleurs, la résolution engage le Gouvernement ivoirien à ratifier et appliquer la Convention de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes. Un bilan de mi-parcours des mesures contenues dans la résolution devra être réalisé au plus tard le 31 octobre 2012.

Un patron de presse interpelé par la DST Ivoirienne puis relâché

02/02/2012 Aucun commentaire

 

La Une incriminée du quotidien Le Patriote

Le Directeur de Publication d’un quotidien pro-ouattara en détention, l’annonce a surpris plus d’un ivoirien mais cette interpellation selon les autorités judiciaires est fondée. Comme le scandale de la filière café-cacao qui a conduit le journaliste Théophile Kouamouo et deux de ses collaborateurs en prison suite à une fuite de document du bureau du procureur, c’est encore une divulgation par voie de presse d’un document officiel qui est au cœur de cette énième arrestation d’un patron de presse. Charles Sanga, Directeur de Publication du quotidien Le Patriote a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012 par la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour avoir rendu public la décision finale du Conseil Constitutionnel sur les résultats des législatives avant la conférence de presse officielle de l’institution.

L’article au cœur de l’interpellation est signé d’un collaborateur de Sanga, Jean-Claude Coulibaly et celui-ci, le 31 janvier au matin annonçait en exclusivité l’invalidation de 11 sièges au parlement. La DST, reprochent donc au journal Le Patriote la « publication d’informations confidentielles » et exigent que le quotidien révèle ses sources, ce que le Directeur de Publication Charles Sanga refuse conformément à la loi sur la presse de 2004. Pour reporter Sans Frontière « Si Le Patriote a enfreint la loi en publiant des informations avant l’autorité habilitée à le faire, le journal peut être sanctionné, mais certainement pas par une privation de liberté de son responsable ni de l’auteur de l’article. En outre, le fait que la DST veuille contraindre le directeur du quotidien Le Patriote à révéler ses sources viole un principe élémentaire de la liberté de la presse », a tenu à souligner l’organisation de défense des droits des journalistes.

Le Président Alassane à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à la presse avait pris l’engagement solennel de garanti la liberté de la presse mais trois semaines après cette profession de foi un journaliste se retrouve en détention. La liberté promise est-elle une liberté dans les fers et derrière les barreaux ? Difficile de répondre à cette question comme il est de plus en plus difficile d’être journaliste et d’exercer librement son métier en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

 

La Côte d’Ivoire veut éradiquer les viols d’enfants

16/01/2012 2 commentaires

 

La direction de l'égalité et de la promotion du genre en conférence de presse

Les cas de violences sexuelles spécifiquement les viols ont évolué ces derniers temps en Côte d’Ivoire pour atteindre une forme pernicieuse qui consiste à violer les enfants et des bébés de moins d’un an ! Cette pratique a connu une expansion aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays et vu sa gravité elle nécessite d’être prise au sérieux. C’est donc pour mettre frein aux agissements de ces adultes à l’esprit plutôt tordu que la Direction de l’Egalité et de la Promotion du Genre du ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance a décidé d’entrer en action pour déclarer la fin de l’impunité autour de cette forme d’agression sexuelle fait aux enfants en bas-âge.

Il est important de noter que les cas de violences faites aux femmes et aux enfants spécifiquement les viols font l’objet de sensibilisations actives et massives en Côte d’Ivoire de la part du gouvernement et des organisations de la société civile avec l’appui des partenaires au développement dans l’optique que la société Ivoirienne puisse vivre mieux. Pourtant de nombreuses personnes semblent ne pas être disposé à entendre les messages de sensibilisation et poussent la bêtise un peu trop loin à l’image de ce jeune homme de 32 qui s’est rendu coupable du viol d’un enfant de deux ans et demi ou de ce vieillard de 62 qui a trouvé utile de s’acharner sur un bébé de six mois ! Ces viols sont-ils mystique comme certains le prétendent ? Difficile de trouver une explication rationnelle à ces actes ! Le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance sonne la fin de récréation en annonçant que les auteurs de tels actes subiront en particulier la rigueur de la loi une fois devant les tribunaux.

Par ailleurs le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance invite les parents à refuser tout arrangement à l’amiable avec les violeurs, à saisir la Police, la gendarmerie ou le Tribunal pour tout cas de viol sur les enfants sans oublié de se rendre dans les Centres de Santé pour que la prise en charge des enfants soient effective. Le ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfance appelle à la vigilance des différents acteurs : magistrats, officiers de la police et de la gendarmerie, les travailleurs sociaux, défenseurs des droits de l’homme, associations de la société civile ainsi que toutes les forces vives de la nation à prendre leurs responsabilités et ne pas banaliser les réponses à apporter à cette situation de retour en force des viols faits aux enfants.

SUY Kahofi

 

Les gombotiers de midi

14/12/2011 Aucun commentaire

Taxis communaux (wôrô-wôrô) dans la commune d’Adjamé/Abidjan

La pige quotidienne des chauffeurs de taxi en attendant des jours meilleurs

Dans l’univers des chauffeurs de taxi abidjanais, la bataille pour la recette fait rage. Pour s’en sortir, il est hors de question de laisser le moteur au repos. Alors quand on est fatigué, on fait appel à ses copilotes pour assurer la relève…

En Côte d’Ivoire, le mot gombo ne désigne pas seulement le légume. Dans le jargon urbain Ivoirien, il désigne aussi un petit boulot. Quel que soit le milieu où l’on se trouve, il y a des gombos ! Celui qui fait un gombo est un gombotier, un gomboïste ou même gomboman selon les appellations et la connotation voulue. En Nouchi (argot ivoirien), toutes les transformations sont possibles. L’univers des chauffeurs de taxi n’échappe pas à la logique du gombo !

Gombotier

Ici, les gombotiers sont des adjoints, souvent des amis, qui n’ont pas encore la chance d’avoir un taxi à ‘’eux-mêmes’’. Certains sont des copains de quartier qui savent conduire mais qui n’ont pas d’emploi. D’autres des mécaniciens qui veulent se faire la main ou même des chauffeurs de taxi qui viennent de perdre leur travail. Tout ce petit monde se côtoie dans les différentes gares routières  d’Abidjan en attendant qu’une place se libère. Wôrô-wôrô ou taxi compteur, les gombotiers sont partout ! « Il y a une certaine solidarité dans notre milieu : on peut laisser le volant à un ami qui a un problème d’argent pour qu’il puisse s’en sortir, certains de nos petits frères du quartier ont besoin de savoir conduire, ainsi de suite. C’est la raison pour laquelle nous acceptons les gombotiers », souligne Isaac, chauffeur de wôrô-wôrô. Ne nous trompons pas, le gombo n’a pas seulement un caractère social, c’est avant tout une histoire de sou ! « Quand tu descends à midi pour te reposer ou le soir avant d’arrêter le taxi, tu peux t’arranger avec un ami pour qu’il roule : tu lui imposes une certaine somme et le surplus lui revient », soutient Souleymane, chauffeur de taxi compteur. A la question de savoir si les gombotiers s’en sortent, voici sa réponse : « Ils sont les seuls à pouvoir te répondre (rires) ».Sur une gare routière on remarque facilement les gombotiers : ils flânent d’un hangar à l’autre et échangent des politesses avec « les chauffeurs titulaires ». Le permis de conduire mis en pochette. « On attend un coup de fil pour prendre la place de quelqu’un pour une heure ou deux. On ne peut pas se plaindre, on s’en sort. Je dirais qu’il est préférable d’avoir 3000 (4,51 €) ou 5000 f CFA (7,75 €) ici que de rester à la maison », déclare Privat, un gombotier.

Les gros dangers du gombo

Le gombo au volant, n’est pas sans risque. Ni pour le chauffeur titulaire, ni pour le gombotier lui-même. En effet, tous n’ont pas le permis de conduire. Sur le bitume, ils multiplient les incivilités et refusent généralement d’obtempérer face à la Police. Conduire sans permis est un délit passible de 3 à 5 mois d’emprisonnement ferme. Le chauffeur titulaire quant à lui,  peut être écroué pour complicité ou négligence. « Moi personnellement je laisse mon véhicule seulement à quelqu’un qui a le permis, les autres c’est trop dangereux », souligne Brice Clément, chauffeur de taxi. « Si vous faites un tour au tribunal ou à la police, c’est sûr que vous allez voir qu’un nombre important de jeunes ont été pris sans permis et les arrestations sont importantes au niveau du radar », souligne Norbert, un bénévole souvent commis au point radar

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : des journalistes de nouveau en prison !

29/11/2011 3 commentaires

 

César Etou Directeur de Publication de Notre Voie

Lors de son investiture à Yamoussoukro la capitale Politique de la Côte d’Ivoire, le Docteur Alassane Ouattara a invité la presse Ivoirienne à jouer un rôle positif dans le processus de réconciliation nationale. Il a solennellement plaidé pour que les journalistes désarment leurs plumes pour le bien du pays. Au cours de cette même cérémonie d’investiture il a pris l’engagement d’appuyer la presse et de garantir la liberté des professionnels des médias. A peine cette profession de foi achevée que les journalistes Ivoiriens sont déjà dans la tourmente et dans le tourbillon du système répressif du régime Ouattara. Après Herman Aboua qui croupis depuis plusieurs mois en prison ; c’est au tour de 3 confrères du quotidien pro-FPI Notre Voie de se retrouver aux mains de la Police Criminelle. César Etou, le Directeur de Publication, Boga Sivori chef du service politique et Didié Depry secrétaire général de la rédaction et chef du service économique sont détenus depuis le jeudi 24 novembre.

Il est reproché a Boga Sivori une « offense au chef de l’Etat » dans un article paru le mardi 22 intitulé : ‘’Pendant que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara s’offre 40 Mercedes à 1.046 milliards de CFA’’. Didié Depry lui est accusé « d’atteinte à l’économie nationale ». Il a signé dans le numéro du mercredi 23 novembre 2011, un papier intitulé : ‘’Le Franc CFA menacé : la dévaluation bel et bien à nos portes’’. Le Procureur Simplice Kouadio s’est auto-saisi et a demandé à la Police Criminelle de les entendre. « Notre code punit tous ceux qui font rependre de fausses informations de nature à faire perdre confiance en la monnaie en cours » à justifié le Procureur. Le CNP (le Conseil National de la Presse), l’UNJCI (Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire) et le GEPCI (Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire) plaide pour la libération des confrères. Le Procureur avait souligné qu’après la détention provisoire de 48 heures pour audition les journalistes seraient libérés mais à la surprise générale ils en sont à leurs 6ème jour derrières les barreaux ! Ceux-ci ont entamé une grève de la faim pour faire pression sur les autorités et obtenir leur relaxe pure et simple puisse que la loi de 2004 dépénalise les délits de presse. Selon certaines indiscrétions relayées par la presse nationale, le Ministre Hamed Bakayoko s’entend lui-même interposé dans la procédure a ordonné le maintien des journalistes en détention. Les confrères ont été déféré devant le procureur ce 29 novembre, leur avocat Essouho Serges avoue ne rien comprendre dans ce ballet juridique et précise que la suite de cette longue audition seraient connu dans les heures qui viennent. Le Comité Ivoirien pour la Défense des Journalistes par la voix de son Président Stéphane Goué a souligné que cette détention est un scandale de trop pour la Côte d’Ivoire et que les droits les plus élémentaires des journalistes n’étaient plus respectés conformément à la nouvelle loi sur la presse adoptée depuis 2004. D’autres organisations au plan national et international telles que la CPJ ou RSF ont appelé à la libération des journalistes détenus.

SUY Kahofi

 

L’ONUCI offre du matériel informatique à la police ivoirienne

11/11/2011 Aucun commentaire

 

L’ONUCI apporte son soutien à la Côte d’Ivoire

La composante police de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a offert, vendredi 11 novembre 2011, un important lot de matériels informatiques et de bureau du Direction de la Police criminelle (DPC) et à la Direction de la Police Economique et Financière (DPEF). La cérémonie s’est déroulée dans les locaux de la Police Judiciaire en présence du Commissaire général de la Police onusienne, Jean-Marie Boury et du Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. Cette opération entre dans le cadre De deux Projets à Impact Rapide (QIPs) de la police onusienne, qui vient ainsi apporter un soulagement à la police ivoirienne. Celle-ci, il faut le noter, souffre et encore plus depuis la crise post électorale, d’un manque criard d’armements, de matériel roulant, de moyens de communication, de matériels de bureau et d’outils informatiques pour l’ouverture  et le suivi des enquêtes judiciaires.

Le Commissaire Jean-Marie Boury a rappelé que cette action s’inscrivait dans  l’optique d’apporter un appui à la police ivoirienne dont 75% des équipements avaient été pillés, occasionnant un besoin urgent d’avoir des moyens matériels pour travailler avec plus d’efficacité. « C’est extrêmement important pour le redémarrage de l’activité judiciaire et la gestion des services. Et en même temps que ces ordinateurs sont remis à la police ivoirienne, les UNPOL sont déployés sur le terrain pour aider à la mise en route de ces matériels et pour la formation des personnels qui vont les utiliser », a expliqué le Commissaire  Boury. Le chef de la police onusienne a, par ailleurs, précisé que d’ici la fin de l’année, 220 ordinateurs et équipements de bureau seraient achetés sur des fonds de l’ONU, offerts et mis à la disposition de la police ivoirienne.

Le Ministre d’Etat Ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, dont des services ont reçu ces équipements, a remercié la mission onusienne qui vient ainsi soulager la police ivoirienne « Ça correspond à des besoins urgents de la police et je suis très heureux que l’ONUCI ait réagi rapidement selon les instruments à sa disposition. Déjà pour cette année ça fera plus de 200 ordinateurs…. C’est énorme pour nous parce que les services étaient dépouillés, les policiers criaient leurs besoins d’avoir des instruments pour travailler et aujourd’hui c’est un Ministre très heureux qui dit sa gratitude à l’ONUCI ».

M. Bakayoko a saisi l’occasion pour plaider en faveur de la levée de l’embargo sur les armes en Côte d’Ivoire.  Il a estimé qu’à l’heure actuelle, la Côte d’Ivoire était en pleine reconstruction et dans la phase de reconstitution de ses services de police, de gendarmerie, des forces armées. « Cela s’accompagne par un armement normal. Aujourd’hui la démocratie a prévalu, il n’y a plus de menaces de guerre et la Côte d’Ivoire doit être un Etat fort, un Etat capable de sécuriser ses frontières et ses populations et donc l’embargo pour nous n’a plus sa raison d’être », a-t-il estimé. Au nom des deux structures récipiendaires des dons de l’ONUCI, le Directeur de la Police criminelle, le Commissaire Niagne Honoré, a exprimé une satisfaction totale d’autant que durant la crise postélectorale, toutes les capacités opérationnelles de la police ivoirienne avaient été détruites. « La police criminelle dans son entité existe, mais les moyens qui doivent accompagner l’action n’existe pas. Ces dons sont comme une bouffée d’oxygène pour repartir de l’avant », a confié le Commissaire Niagne. Dans le cadre de ces deux Qips d’une valeur de plus de 25 millions de CFA au total, les deux structures récipiendaires, la DPC et la DPEF, ont reçu de la police de l’ONUCI, des ordinateurs, des onduleurs, des imprimantes des photocopieurs ainsi que des rames de papier.

Les Policiers de la paix de l’ONU-CI décorés à Abidjan

09/07/2011 un commentaire

 

La Police de l'ONUCI accompagne la Côte d'Ivoire sur la route de la Paix

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Young Ji Choi, a procédé le vendredi 8 juillet 2011 à Abidjan, à la remise de la médaille des Nations Unies, à 96 officiers de la composante police de l’ONUCI issus de 15 pays et totalisant au moins six mois de présence au sein de la mission. M Choi a, au cours de la cérémonie, exprimé la gratitude de l’ONU aux récipiendaires pour le dévouement et le sacrifice consentis lors de la crise post-électorale en particulier. « Vous vous êtes exposés aux risques lors de la grave crise qu’a connue la Côte d’ivoire et vous avez relevé le défi pour assurer la bonne exécution de la mission qui vous a été assignée » a-t-il dit avant de les exhorter à redoubler d’efforts pour aider la mission à « relever les nouveaux défis qui l’attendent dans l’accompagnement de la Côte d’Ivoire dans le processus de réconciliation, de reconstruction et de démocratie ».

Auparavant le Chef de la composante police de l’ONUCI, Jean-Marie Bourry, a expliqué le mandat de la section qui, selon lui, est de contribuer à la sécurisation de la population, à la reconstruction et à la réforme des administrations sécuritaires afin de contribuer à une paix durable et à la démocratie en Côte d’Ivoire, tout en respectant strictement les dispositions du cadre légal. Louant le courage et l’honneur des récipiendaires qui durant quatre mois ont assuré conjointement avec la Force des patrouilles robustes, les escortes et la défense des sites sous d’incessantes attaques militaires, M Bourry a, de façon plus générale, invité les policiers onusiens à poursuivre leur réflexion sur les comportements et la manière de servir. « Ceci, dans  le but d’améliorer et de renouveler le serment de toujours mieux faire dans l’exercice de la mission et du mandat de la police », a-t-il précisé.

Momene Dydy, de la République Démocratique du Congo (RDC), l’un des 96 officiers, a renouvelé l’engagement des récipiendaires à demeurer les ambassadeurs de la paix dans leur pays respectif et à poursuivre avec abnégation l’accomplissement de la mission. « Nous nous engageons surtout à œuvrer de toutes nos forces pour jouer notre partition en cette phase de reconstruction de la Côte d’Ivoire pour une paix durable », a-t-il déclaré.

Notons à titre de rappel que la Police de l’ONUCI s’est vaillamment illustrée lors de l’organisation des élections et de la crise que la Côte d’Ivoire a connue. Les policiers ont participé aux patrouilles musclées de l’ONUCI pour sécuriser les populations civiles et ont assuré la sécurité des autorités légitimes du pays alors reclus au Golf Hôtel. La cérémonie s’est déroulé en présence de numéro deux de la Force onusienne, des membres du corps diplomatiques et consulaires ainsi que de nombreux collègues et invités.

Suy Kahofi

Armée Ivoirienne : le grand tsunami des nominations

08/07/2011 Aucun commentaire

 

Le Président Ouattara et les nouveaux patrons de l'armée Ivoirienne

« Beaucoup de joie et de satisfaction pour le soldat que je suis d’être promu au grade de Général de division et en même temps c’est l’occasion pour moi d’exprimer toute ma gratitude à l’endroit du chef de l’Etat qui a bien voulu nous élever à ce grade (…) J’ai des sentiments également pour mes frères d’armes avec qui nous avons passé tout ce temps pour être ici aujourd’hui… » Ces phrases sont celle du désormais Général de division et Chef d’état-major général des Forces Républicaines de Cote d’Ivoire Soumaïla Bakayoko après la lecture du décret présidentiel le nommant patron de l’armée Ivoirienne. La date du 7 juillet sera donc inscrite en lettre d’or dans les anales de l’histoire militaire de la Côte d’Ivoire car elle marque le point d’achèvement de l’accord complémentaire IV de l’APO (Accord Politique de Ouagadougou). Au moment où les Ivoiriens commençaient à se demander où va cette armée hybride marquée par une indiscipline notoire, le Président de la République s’est enfin décidé à donner un corps à l’armée en commençant par le sommet de la pyramide.

C’est un véritable raz-marée, pire un tsunami qui vient de balayer la hiérarchie militaire Ivoirienne ! Tout change et les nominations fleuves, très marquées par la proximité des hommes en uniformes avec le pouvoir en place nous fait penser à cette phrase du Président équato-guinéen Theodoro N’guéma Obiang : « la sécurité est l’élément clé dans un pays et on ne peut pas la confier à n’importe qui ! ». Si Theodoro N’guéma Obiang a confié la sécurité de sa monarchie pétrolière à sa propre famille, le Président Ouattara a choisi des hommes de confiance d’où ce toilettage complet. Au titre des nominations deux Généraux de division de l’armée de terre : il s’agit du général de brigade Soumaïla Bakayoko et le général de brigade Michel Gueu. Le capitaine de vaisseau Djakaridja Konaté est promu Capitaine de vaisseau major et le colonel Gervais Kouakou Kouassi devient Colonel-major. Sont donc nommés :

1 – Chef d’état-major général des Forces républicaines de Cote d’Ivoire le Général de division Soumaïla Bakayoko remplace le Général de corps d’armée Phillip Mangou

2 – Chef d’état-major général adjoint des Forces républicaines de Cote d’Ivoire: le général de brigade Detoh Letoh ex-commandant des Forces terrestres

3 – Commandant des Forces terrestres : le général de brigade Sékou Touré

4 – Commandant des Forces aériennes : le colonel-major Jean-Jacques Réné Ouégnin

5 – Commandant de la marine nationale : le capitaine de vaisseau major Djakaridja Konaté

6 – Chef d’état-major particulier du Président de la République : le général de division Michel Gueu

7 – Chef de cabinet militaire du premier ministre, Ministre de la Défense : le général de brigade Nicolas Kouadio Kouakou

8 – Commandant supérieur de la Gendarmerie nationale : le colonel-major Gervais Kouakou Kouassi remplace Mr Tiapé Kassaraté

9 – Commandant en second de la Gendarmerie nationale : le colonel Vako Bamba

Le seul patron de l’armée nommé par Laurent Gbagbo qui échappe à ce tsunami de nominations est le Directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général Mbia Bredou qui demeure à son poste. Pour les Ivoiriens la question n’est pas de savoir si x ou y est à la tête de l’armée ! Le plus important c’est de trouver un homme capable de réconcilier l’armée avec le peuple dans la mesure où les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire se sont taillées une réputation d’indésirables auprès des Ivoiriens.

SUY Kahofi

L’eldorado des cybercriminels africains

30/06/2011 3 commentaires

Les cybercafés sont devenus l'espace de choix des criminels du net

Accoudés du matin au soir sur les ordinateurs dans les cybercafés, le téléphone cellulaire à portée de main, les escrocs du web ont malheureusement fait de la Côte d’Ivoire le premier eldorado africain de la cybercriminalité. En effet 62,2 % des bandits numériques que compte l’Afrique agissent à partir de la Côte d’Ivoire. Voici une dizaine d’années que les brouteurs comme on les appelle communément plument les faibles d’esprit et ruinent des hommes d’affaire à travers le monde. Leur mode opératoire tourne autour des fausses ventes en ligne, des arnaques savamment montées autour de prétendu héritage, de tchat amoureux, de gains imaginaires à des loteries de grosses entreprises comme Microsoft, Coca-cola, Pepsi ou Guinness. Les arnaques sont tellement bien montées avec des gains si alléchants et des preuves bien conçues qu’il est souvent difficile de na pas céder. Si à l’origine on présentait les jeunes Ibos du Nigéria comme les maitres à penser de ces réseaux criminels, aujourd’hui se sont les Ivoiriens qui sont devenus les as du clavier. Ainsi selon un rapport du CI-CERT (Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team) sur 1500 cas de plaintes ou dénonciations de cyber escrocs, il ressort que sur les 116 officiellement d’interpellés 77 ont été condamnés dont 46 Ivoiriens (63,64%), 25 nigérians (32,46%) et 1,29% d’autres nationalités notamment béninoise, camerounaise et togolaise.

Malgré les efforts de la police judiciaire, la police scientifique et l’ATCI (Agence des Télécommunication de Côte d’Ivoire) les cybercriminels opérant depuis la Côte d’Ivoire continuent de narguer les autorités. Si au niveau des cybercafés les moyens techniques peuvent permettre de remonter aux brouteurs via les adresses IP, c’est surtout les banques et les entreprises de transfert d’argent qui posent problème. Bénéficiant de complicités à l’intérieur des agences les escrocs peuvent encaisser le fruit de leur vol sans carte d’identité puisse qu’opérant sous des faux noms ! Les autorités Ivoiriennes espèrent convaincre ces banques et ces entreprises de durcir les contrôles et dénoncer les brouteurs. Ficelés et inquiétés en amont et en aval, les cyberescrocs ne pourront plus opérer impunément ! Au-delà des banques et entreprises de transfert d’argent, c’est également le milieu de la répression qu’il faudra assainir. De nombreux brouteurs nous ont confié qu’ils ne sont pas inquiétés dans leurs activités dans la mesure où ils ont leurs ‘’vieux pères’’ à la PJ. Cette protection des hommes en arme moyennant de l’argent est aussi un véritable problème pour débusquer les cybercriminels. La tâche est rude pour les autorités Ivoiriennes mais le combat n’est pas perdu. La Côte d’Ivoire veut être une destination fiable pour les investisseurs et elle entend se donner les moyens d’assainir le milieu de l’Internet.

Classement des pays africains les plus touchés par la cybercriminalité

Rang

Pays

Pourcentage de cybercriminel

1

Côte d’Ivoire

62,2

2

Bénin

14,53

3

Nigéria

10,87

4 Burkina Faso

4,67

5 Togo

3

6

Mali

2,2

7

Ghana

2,13

8

Afrique du Sud

0,73

Suy Kahofi