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Santé/Nutrition : comment réussir le jeûne du ramadan ?

Très utile de bien manger durant le jeûne

Très utile de bien manger durant le jeûne

Le mois marquant le jeûne musulman est un mois où les habitudes alimentaires sont totalement bouleversées. Les heures de repas changent et le contenu des assiettes également ! Ces bouleversements ajoutés à la privation de nourriture peuvent s’avérer dangereux pour certaines personnes.           

Le jeûne du ramadan est une étape importante dans la vie du musulman. Malheureusement chaque année de nombreux fidèles ne peuvent pas accomplir cet acte de haute portée spirituelle à cause de leur état de santé. Il s’agit des diabétiques, des hypertendus artériels, des ulcéreux et de toutes les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires ou d’hyperacidité gastrique. Comment éviter que le jeûne, moment de piété, ne devienne dangereux pour le musulman qui se sait malade ? Comment éviter de tomber malade après le jeûne pour des raisons de mauvaises habitudes alimentaires ? Voici les deux questions que se posent de nombreuses personnes qui ont à cœur de respecter un pilier important de l’Islam. Docteur Diaby Moustapha président de l’ONG Islam Action Sanitaire a une position très claire sur le musulman qui a des doutes sur son état de santé et qui veut observer le jeûne.

« S’agissant des malades vulnérables au sein de la communauté et qui sont sujets aux maladies chroniques, il y a la nécessité pour tout musulman cardiopathe, hypertendu, diabétique ou ulcéreux d’aller rendre visite à son médecin avant même le mois du carême. Cette consultation lui permettra de savoir s’il y a une certaine compatibilité entre son état de santé et l’observance du jeûne. Bien sûr si son médecin l’autorise à observer le jeûne, il revient au fidèle de respecter les prises médicamenteuses aux doses et aux manières qui lui seront indiqués par le médecin » nous explique Docteur Diaby Moustapha.

A ces premières dispositions s’ajoute un strict respect des règles d’hygiènes et de diététiques qui accompagnent la prise des médicaments. Cependant si le médecin déconseille au fidèle d’observer le jeûne, point besoin de faire du forcing pour montrer qu’on est « un bon musulman ». La religion musulmane prévoie des dispositions à titre de compensation pour tout fidèle dans ce genre de situation.

Toutes ces dispositions sont aussi bien valables pour les hommes que les femmes surtout celles qui attendent un enfant. Malade ou bien portant, la nature de votre alimentation durant ce mois de privation est importante. Votre nourriture vous permettra d’aller ou non au bout de la période de jeûne. Rien ne sert de tout avaler, tout est une question de choisir les bons aliments. Ceux que vous consommez au quotidien peuvent constituer votre menu : le mois du jeûne n’est pas un moment de découverte gastronomique ! A force de vouloir se faire ‘’plaisir’’ et d’avoir le ventre toujours plein, on finira par alterner diarrhées et constipations. Selon Konan Kouakou, diététicien-nutritionniste, il suffit d’observer des quelques règles pour rester bien portant pendant et après le jeûne.

« Les trois repas sont à respecter chaque jour. Le petit-déjeuner va se prendre à 4 h du matin. Le matin il faudra consommer des aliments à absorption lente c’est-à-dire des glucides complexes renforcés en fibres. Il ne faut pas oublier de prendre beaucoup d’eau le matin pour éviter la déshydratation pendant les 12 heures de la journée. Le soir à la rupture il faut prendre un produit sucré pour renforcer son organisme. Se réhydraté à petites gorgées puis trois heures après la rupture passer au repas du soir ».

Le repas du soir sera un féculant (riz, mil, sorgho) accompagné d’une sauce avec de la viande ou du poisson. Eviter les excès de table et ne pas s’offrir deux dîners avant 4 h du matin !

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire – Vaincre cette faim qui éloigne des tables-bancs

Cuisine d'une cantine scolaire

Cuisine d’une cantine scolaire

Des études de terrain, rendues publiques sous forme de préambule lors du séminaires sur les cantines scolaires les 19 et 20 avril 2012 à Grand-Bassam (Sud-Ivoirien), ont permis au Ministère de l’Education Nationale de Côte d’Ivoire de présenter la faim comme l’une des raisons fondamentales des nombreux abandons en milieu scolaire. Le repas de la mi-journée étant inexistant pour de nombreux petits garçons et de nombreuses petites filles, suivre les cours devient un calvaire. Cette réalité est encore plus palpable en milieu rural où les ressources font défaut pour de nombreuses familles. Les enfants doivent parcourir plusieurs kilomètres pour retrouver leurs parents dans les champs dans l’espoir d’avoir un tubercule à grignoter. C’est pour lutter contre cette faim, facteur d’abandon et d’échec scolaire, que le Gouvernement Ivoirien à mis sur pied la Direction Nationale des Cantines Scolaire (DNCS). Sous l’autorité du Ministre de l’Education Nationale et par arrêté n°008 du 26 juillet 2000, le Service des Cantines Scolaires ou Direction Nationale des Cantines Scolaires (DNCS) est chargée de la mise en œuvre et du suivi du programme d’installation et d’extension des cantines scolaires. La DNCS réussit bien sa mission car de près 3.400 cantines autour de l’année 2003-2004, la Côte d’Ivoire compte aujourd’hui plus de 6000 cantines qui nourrissent au bas mot plus de 800.000 rationnaires/an ! Le volume de vivre acheté directement sur le marché ou obtenu grâce aux Coopératives Agricoles Actives pour le compte des cantines oscille autour des 11.000 tonnes/an. Ce chiffre ne prend pas en compte les cantines des établissements privés. Celles-ci sont directement gérées par les Directions des Ecoles où elles sont installées.

De façon concrète, les cantines offrent aux enfants sur leur espace d’étude la possibilité de se restaurer à moindre coût. Le prix d’un plat de riz, de ragoût ou de pâtes oscille entre 25 et 100 f CFA selon l’école. Les tickets de restauration sont vendus par les enseignants lors de la récréation puis à midi chacun sous le hangar peut manger un repas consistant et un fruit. Le menu des cantines scolaires est adapté à la zone géographique et aux habitudes alimentaires. Néanmoins, le Ministère veille à ce qu’une alimentation saine et de qualité soit servie aux élèves. L’idée du Gouvernement est de rendre le déjeuné gratuit pour tous les enfants car la pauvreté ne permet pas à certains parents d’amortir les frais de la cantine. Ce projet de prise en charge à 100% suppose la recherche de nouveaux financements. Force est de constater que depuis le renforcement des capacités de la DNCS par les partenaires techniques comme l’UNICEF, le PAM, l’USAID ou la FAO, les résultats sur le terrain sont plus qu’encourageants. Les cantines attirent les enfants vers l’école réduisant le taux d’abandon et la nourriture servie permet aux familles de faire des économies. Grâce aux cantines le taux de scolarisation dans plusieurs régions du pays à grimpé de 40% en l’espace de deux ans ! Plus encore, une fois la faim éradiquée dans les écoles, ce sont les résultats qui parlent d’eux-mêmes au niveau des examens de fin d’année. Selon les statistiques, les écoles pourvues d’une cantine scolaire réalisent un taux de réussite supérieur à 68% au CEPE (Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires). Celles qui n’ont pas de cantines ont un résultat qui tourne autour des 59%.

Selon une étude réalisée par le PNUD en Côte d’Ivoire, l’implantation d’une cantine dans une école a pour effet, dans les deux ans qui suivent, une évolution du taux de scolarisation de l’ordre de 15%, une réduction de moitié des taux d’abandon et de redoublement et un accroissement des taux de réussite de 15% ! L’impact des cantines scolaires sur la fréquentation des écoles est une réalité et pour Mme KONE Karidja Soukoulé, la Directrice Nationale des cantines scolaires « c’est là un moyen par lequel les autorités ivoiriennes peuvent booster le taux de scolarisation dans le pays ». Il s’agit d’un objectif à atteindre dans l’immédiat puisse que la dizaine d’années de crise que le pays a vécu a entraîné la baisse de la scolarisation des enfants notamment dans le Nord-Ivoirien.

SUY Kahofi



A la découverte de ces restaurants de rue

« Qui me connait », l’expression désigne généralement en Côte d’Ivoire ces restaurants improvisés dans la rue avec deux tables et de longs bancs.  » Qui me connait  » peut être remplacé par  » ni vu, ni connu ’’ pour les nombreux clients qui se cachent du regard des passants et des éventuelles connaissances pour y manger. Il faut manger vite et partir vite, on ne sait jamais. Ici on sert des plats de toutes sortes entre le bruit des véhicules, la poussière et les points d’ordures si difficiles à ignorer.

Pourtant midi et soir, ils sont toujours de plus en plus nombreux à y déjeuner ou dîner. Les tarifs très attractifs charrient chaque jour de nouveaux clients. Avant, ces lieux étaient bondés de charretiers, de porteurs et autres commençants ambulants. Aujourd’hui, la restauration low cost attire une clientèle de jeunes consommateurs désœuvrés : stagiaires d’entreprises et précaires en tout genre s’y précipitent pour se restaurer à moindre frais. Les restaurants ont pignon sur rue dans les quartiers populaires tels que Yopougon, Treichville, Abobo ou Port-Bouët. Sans eux, comment ce nombre incalculable de citadins sans le sou pourrait-il se nourrir ?

Marché de Belleville

Clarisse et Margueritte gagnent leur vie en improvisant chaque midi un restaurant de rue aux alentours du célèbre Marché de Belleville. Elles nourrissent en moyenne 70 clients en proposant des petits plats de riz, d’attiéké et de foutou d’igname à 250 FCFA (0,37 euros), 300 FCFA (0,45 euros) et 400 FCFA (0,60 euros). Les sauces sont connues des habitués : arachides, graines, sauce feuilles ou tomate avec du poisson ou de la viande.  » Ce n’est pas parce que la nourriture est moins chère qu’elle est de mauvaise qualité. Si vous ne faites pas bien la cuisine vous perdez vos clients. C’est vrai qu’avec ce qu’on gagne tout n’est pas donné sur le marché au niveau des denrées mais on joue sur la quantité en fonction de la bourse du client « , souligne Clarisse. Tous les jours, Clarisse et Margueritte se lèvent à 6 h du matin et achèvent de cuisiner à 11 h. C’est donc fumant que les plats arrivent au resto. Généralement elles finissent le service à 13 h ou à 16h-17h quand les clients se font désirer. Dans ce dernier cas, il faut réchauffer les plats. Les clients semblent pour la plupart satisfaits.  » La majorité des femmes chez lesquelles je mange font bien la cuisine : si c’est mauvais personne ne viendrait je pense ! Le seul problème c’est la proximité de la route avec la poussière et les mouches… à cause des ordures du marché « , soutient Fabrice, diplômé sans emploi.

 » Monsieur, regardez vous-même « 

Contrairement aux habitués des restos’ de rue, certains trouvent qu’il est difficile de s’arrêter devant ces plats, encore moins les manger. La qualité et surtout le manque d’hygiène découragent les estomacs les plus affamés.  » Monsieur regardez vous-même (notre interlocuteur nous montre une poubelle). Ce n’est pas possible de manger ici ! « , s’indigne Jérôme, menuisier. Pour lui,  » les autorités doivent interdire ces restaurants « . Les professionnels de la santé, eux, préfèrent mettre les consommateurs en garde.  » Les restaurants de rue rendent d’énormes services aux consommateurs mais je pense qu’il faut penser d’abord à la santé. La proximité des bouches d’évacuation, caniveaux et poubelles est dangereuse pour le client car les mouches sont de puissants vecteurs de maladies typhiques « , soutient Soro infirmier nutritionniste.

Les critiques, Saly la restauratrice, les entend, mais demande aussi à être entendue :  » Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vendons à manger au bord de cette route mais que pouvons nous faire ? Pour éviter de mettre en danger nos clients nous couvrons nos plats et maintenons nos espaces propres « .

SUY Kahofi



Lutter contre le gaspillage alimentaire

 

« Pendant que certains meurent de faim d’autres jettent la nourriture »

Hier j’ai écumé les poubelles de la capitale Ivoirienne Abidjan. Ne vous inquiétez pas je n’ai pas perdu la boule ni même pété un seul câble ! A force de regarder les images d’enfants dans la corne de l’Afrique sauvagement maltraités par la faim et ses mamans qui attendent l’aide humanitaire d’outre atlantique, je me suis demandé si sur ce continent si riche qu’est l’Afrique il n’y avait pas de quoi nourrir ces pauvres réfugiés. Il y a de la nourriture en Afrique pour éviter toute catastrophe humanitaire, pour éviter que des enfants de la rue dorment le ventre vide et pour nourrir les masses. Le seul problème c’est qu’en Afrique et plus particulièrement en Côte d’Ivoire (le pays que je connais) le gaspillage est roi ! Dans les poubelles d’Abidjan où viennent manger les enfants de la rue, j’ai été surpris de voir que des restes de nourriture étaient jetés directement avec d’autres ordures. Pourtant si cette nourriture était soigneusement disposée dans différents emballages à l’entrée des villas cossues de la ville, les enfants et même des démunis pourraient manger à leur faim  sans danger ! Oui sans danger car malheureusement dans ces poubelles des ordures d’origines diverses cohabitent. Papier, sable, feuilles mortes, emballage plastic, bouteille de détergeant, de javel et même d’acide cohabitent avec des restes de nourriture ! « Malgré la crise les habitudes alimentaires n’ont pas changé. Certains ont toujours en abondance et d’autres pas ! La question que je me pose c’est de savoir si ceux qui mangent à leur faim pensent aux affamés ? » s’indigne Kah Isaac un volontaire d’appui-conseils aux enfants de la rue.

Il serait donc faux de penser que la nourriture manque, le vrai problème c’est la répartition de cette nourriture. Bien sûr les moyens pour l’acquérir ne sont pas les mêmes d’une famille à l’autre. A ce titre le peu d’humanisme qui habite chacun doit le pousser à partager ! Bien plus que de simples doléances d’homme écœuré par la méchanceté de leur semblable, la notion de partage est un ordre divin comme le souligne Pasteur Simon. «  Je souligne avec force, foi et ferme conviction que Dieu ne fait rien au hasard. S’il a voulu des riches c’est parce le pauvre juste à côté est le baromètre de cette richesse. Aussi la notion d’amour inconditionnel referme également celui du partage et de l’assistance aux plus démunis. On ne peut pas prétendre être enfant de Dieu, manger à sa faim et jeter les restes pendant que d’autres dorment sans une seule croute dans le ventre ! »

Mettre fin au gaspillage ne consiste pas seulement à critiquer l’attitude des pays riches. C’est chacun à son niveau qui doit lutter à sa manière pour que ce dont il n’a pas besoin puisse nourrir d’autres.

Suy Kahofi



Investiture du chef de l’Etat Ivoirien : l’envers de la médaille

 

eburnietoday.mondoblog.org

La fête fut belle mais avec quelques difficultés

Aucun Ivoirien n’a voulu se faire raconter la cérémonie d’investiture du Docteur Alassane Ouattara. Yamoussoukro, la capitale politique Ivoirienne était pleine de monde : certains observateurs avancent le chiffre 150.000 à 200.000 visiteurs voir plus ! La fête fut belle, du moins pour le côté cérémonie d’investiture mais pour ce qui est des réalités sur le terrain, les choses étaient très différentes. Deux problèmes se sont posés : celui de la nourriture et de l’hébergement. Alors quand chacun veut dormir, l’Etat sort ses griffes et passe en mode réquisition ‘’pour raison d’Etat’’.

Officiellement la ville de Yamoussoukro compte un peu plus de 1773 chambres d’hôtel. 2/3 des chambres étaient réservées depuis deux mois. Il fallait donc se rabattre sur les 1/3 restants et voir comment louer des chambres à des particuliers. Vu l’affluence le gouvernement réquisitionne les dernières chambres des hôtels de luxe. « Monsieur pour des raisons d’Etat nous vous prions de considérer que cet hôtel est réquisitionné » avait lancé le fonctionnaire du protocole d’Etat au propriétaire d’un hôtel. Ce dernier s’est vu obligé de rendre l’intégralité de l’argent des clients qui avaient réservé sur 3 jours ! A Yamoussoukro, le temps d’une investiture les prix de location ont été multipliés par 1000 ! Une villa sur les hauteurs du bas vert a été louée à 500.000 f, 1.000.000 pour une autre résidence au quartier des 220 logements. Les chambres de particuliers dans des quartiers populaires à 40.000, 35.000 f ou 25.000 f la nuit. Les prix ne se discutent pas : c’est à prendre ou à laisser ! Faute d’avoir eu un dortoir certains ont passé la nuit dans leurs véhicules, d’autres dans les bus, les cars, à la belle étoile sur les larges boulevards de la ville ou dans des maquis buvant la bière pour tuer le temps jusqu’au petit matin.

La bière et l’alcool ont coulé : même les maquis crées spécialement pour l’investiture ont refusé du monde. Difficile de s’asseoir, de trouver une table ou même un verre. Chez Georges à l’espace Hollywood il fallait patienter et s’armer de courage pour déguster un poulet, un poisson ou des brochettes. Ici comme dans tous les espaces le personnel a été renforcé. Il fallait souvent jouer des coudes, être patient et déterminé pour manger : il nous a été donné de voir des ‘’tontons’’ en costard veiller sur leurs tranches de poulet alors qu’ils étaient sur le barbecue. L’offre étant supérieur à la demande, les prix ont été majorés mais là aussi des clients à force de faire le tour des maquis et restaurants ont dû dormir le ventre creux ! Malgré tous ces petits soucis les Ivoiriens qui ont fait le déplacement vers Yamoussoukro ont vécu un moment inoubliable et c’est ce qui soulage l’infortuné d’un jour.

Suy Kahofi