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L’ONUCI forme les medias et la société civile au renforcement de la cohésion sociale

01/03/2012 Aucun commentaire

Les médias ont un rôle important à jouer pour l’instauration d’une paix durable

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a entamé mardi 28 février 2012 à Duékoué (502 km d’Abidjan), un atelier de formation en faveur des médias et des membres de la société civile des régions du Guémon  et du Cavally. Prévu sur deux jours,  cet atelier dont le thème est ‘’La contribution des médias et de la société civile au renforcement de la cohésion sociale, de la réconciliation nationale, de la reconstruction et du développement locale ‘’, a été animé par Ladji Sidibé de l’Unité médias et développement et Michèle Wabo de la Section des Affaires civiles de l’ONUCI, tous  deux, experts en la matière de la mission.

Le représentant de l’ONUCI, Alpha Kabiné Dioubaté, Conseiller électoral, est revenu sur le bien fondé de cet atelier et rappelé que les travaux visent à familiariser les participants aux outils favorisant la paix, la cohésion sociale, la réconciliation nationale, la reconstruction et le développement local. « C’est dans l’esprit des hommes que naissent les conflits et donc, c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut élever le sens de la paix. Je voudrais que la paix et le renforcement de la cohésion sociale vous habite »,  a recommandé M. Dioubaté. Pour Mme Kadidia Ledron, chef de l’Unité Medias et Développement de la Division de l’Information publique de l’ONUCI, cet atelier vise à renforcer le ciment de la cohésion sociale, la réconciliation nationale et favoriser les conditions d’une reconstruction rapide dans les régions du Cavally et du Guémon, à travers la mise en place de nouvelles passerelles entre médias et société civile. « Cet atelier est la 11ème étape d’un programme, qui a démarré à Bouna. Il a couvert aujourd’hui tout le pays. Il vise selon Mme Ledron, à créer les conditions optimales pour que les radios de proximité et la presse écrite deviennent des acteurs clé dans ce processus. « La cohésion sociale constitue le second pilier nécessaire pour consolider les acquis sur le terrain du renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale », expliquera-t-elle.

Pour le préfet de Duékoué, Benjamin Effoly, cet atelier est essentiel pour le renforcement de la cohésion sociale, car il se tient dans un contexte où la ville sort des élections législatives partielles avec toutes les rumeurs, les échos qui avaient contribué à exacerber l’anxiété des populations. Il a ainsi appelé la presse à plus de sincérité et à écrire des faits tels qu’ils ont été dits ou vécus. Il a souhaité que les résolutions issues de cet atelier les aider à mieux faire leur travail.  A l’endroit de la société civile, il a adressé les recommandations suivantes. « Jouez le rôle d’arbitre et non de diviseur. Votre rôle est important, vous devriez faire en sorte que l’intérêt de notre pays soit privilégié », a-t-il dit en espérant que « les résolutions de cet atelier permettent au  département de faire un pas en plus » a-t-il poursuivi. Pour le 5ème Adjoint au maire, Denis Badouon, il s’agit de la énième opportunité que leur offre l’ONUCI de renforcer leurs capacités en matière de cohésion sociale, de réconciliation, de reconstruction et de développement local. « Sans paix ; il n’y a pas de développement et sans développement, il n’y a pas de paix » a-t-il indiqué. Selon M. Badouon, les médias demeurent incontournables dans le processus de réconciliation de la société ivoirienne. Il a souhaité que cet atelier accouche des résolutions pertinentes, d’utilité locale, voire nationale pour le retour définitif de la paix dans le Cavally et le Guémon.

Un patron de presse interpelé par la DST Ivoirienne puis relâché

02/02/2012 Aucun commentaire

 

La Une incriminée du quotidien Le Patriote

Le Directeur de Publication d’un quotidien pro-ouattara en détention, l’annonce a surpris plus d’un ivoirien mais cette interpellation selon les autorités judiciaires est fondée. Comme le scandale de la filière café-cacao qui a conduit le journaliste Théophile Kouamouo et deux de ses collaborateurs en prison suite à une fuite de document du bureau du procureur, c’est encore une divulgation par voie de presse d’un document officiel qui est au cœur de cette énième arrestation d’un patron de presse. Charles Sanga, Directeur de Publication du quotidien Le Patriote a été arrêté à Abidjan, dans la soirée du 31 janvier 2012 par la Direction de la surveillance du territoire (DST) pour avoir rendu public la décision finale du Conseil Constitutionnel sur les résultats des législatives avant la conférence de presse officielle de l’institution.

L’article au cœur de l’interpellation est signé d’un collaborateur de Sanga, Jean-Claude Coulibaly et celui-ci, le 31 janvier au matin annonçait en exclusivité l’invalidation de 11 sièges au parlement. La DST, reprochent donc au journal Le Patriote la « publication d’informations confidentielles » et exigent que le quotidien révèle ses sources, ce que le Directeur de Publication Charles Sanga refuse conformément à la loi sur la presse de 2004. Pour reporter Sans Frontière « Si Le Patriote a enfreint la loi en publiant des informations avant l’autorité habilitée à le faire, le journal peut être sanctionné, mais certainement pas par une privation de liberté de son responsable ni de l’auteur de l’article. En outre, le fait que la DST veuille contraindre le directeur du quotidien Le Patriote à révéler ses sources viole un principe élémentaire de la liberté de la presse », a tenu à souligner l’organisation de défense des droits des journalistes.

Le Président Alassane à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à la presse avait pris l’engagement solennel de garanti la liberté de la presse mais trois semaines après cette profession de foi un journaliste se retrouve en détention. La liberté promise est-elle une liberté dans les fers et derrière les barreaux ? Difficile de répondre à cette question comme il est de plus en plus difficile d’être journaliste et d’exercer librement son métier en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

 

UNJCI forme les journalistes avec le soutien de l’Ambassade des USA

25/01/2012 Aucun commentaire

 

Journalistes Ivoiriens en formation

L’UNJCI, l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire en partenariat avec l’Ambassade des Etats Unis à Abidjan a initié ce 24 janvier un séminaire de formation à l’attention des journalistes Ivoiriens. Ce séminaire qui s’est tenu toute la journée du 24 (8 h 30 – 17 h), a réuni une vingtaine de journalistes des organes nationaux. Jonathan Cebra en sa qualité de Conseiller de Presse et des Affaires Culturelles de l’Ambassade des USA dans son mot de bienvenu a souligné que « les Etats Unis à travers cette formation entend apporter tout son soutien au processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire par une aide à la presse pour promouvoir la liberté d’expression ». Pour coller avec cette vision, trois thèmes ont été retenus : techniques de reportage et code de déontologie en Côte d’Ivoire, rôle des médias dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance et le rôle des médias dans la promotion des droits de l’homme.

Le journaliste et juriste Yao Noel, président-fondateur de l’UNJCI et un des rédacteurs du code de déontologie a développé le premier thème du séminaire (techniques de reportage et code de déontologie en Côte d’Ivoire). On retiendra de cette communication que le journaliste doit savoir tourner le dos au pot de vin pour rendre compte de façon objectif de l’évènement qu’il couvre. Il doit savoir se démarquer dans son investigation des méthodes qui s’apparente au vol de document ou a la diffamation. Le code de déontologie étant pour le journaliste ce que le coran est pour le musulman, une copie du ‘’texte sacré’’ a été remis à chaque séminariste. Pour sa part M. Manlan Ehounou le Président de l’ONG Transparency Justice conformément au thème rôle des médias dans la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance, a invité les journalistes eux-mêmes à tourner le dos à la corruption pour mieux lutter contre ce fléau à travers des enquêtes poussé sur la question. L’absence de corruption dans la roue administrative rapproche le contribuable de l’appareil de gestion du pays et instaure un climat de confiance. La culture de la bonne gouvernance se pratiquant à tous les niveaux, c’est depuis leurs organes respectifs que les journalistes doivent être des modèles pour être des donneurs de leçon à la société. La Côte d’Ivoire sort de crise et la question des droits de l’homme n’a pas été oubliée. Comment les médias peuvent-ils contribuer à la promotion des droits l’homme ? L’élément de réponse se trouvait dans l’exposé du Maitre Drissa Traoré, premier vice-président de la CNDHCI. Dans un contexte post-crise assez sensible comme celui de la Côte d’Ivoire, le journaliste ne doit pas se faire l’écho des appels à la haine tribale et doit surtout éviter dans ces écrits les propos subjectifs capables de mettre à mal la cohésion sociale.

Le séminaire de formation s’est achevé par des travaux de groupe suivi de la remise des diplômes. Mam Camara le Président de l’UNJCI a tenu à souligner que durant l’année 2012 un accent particulier sera mis sur la formation et les renforcements de capacité des journalistes pour que les reproches fait à la presse en 2011 ne soient plus qu’un vieux souvenir.

SUY Kahofi

 

L’ONUCI, le HACA et l’URPCI main dans la main pour des législatives apaisées

01/11/2011 Aucun commentaire

 

Le Président Karamoko Bamba (en costume) et des membres de l’URPCI

A l’initiative conjointe de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle et l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) plus de quatre-vingt responsables de radios privées non commerciales se sont retrouvés le lundi 31 octobre 2011, à Abidjan autour du thème « Le rôle des radios privées non commerciales en période électorale ». Cet atelier d’une demi-journée visait, entre autres, à outiller les participants pour une couverture responsable des législatives conformément au cahier des charges et à leur rappeler leur rôle et les nouvelles dispositions qui sont en train d’être prises dans l’intérêt de leur corporation.

Félicités unanimement par les personnalités présentes lors de la cérémonie d’ouverture pour le bon travail d’information et de sensibilisation des radios de proximité à l’endroit des communautés pour expliquer les différentes étapes du processus de l’élection présidentielle, les acteurs de ses radios ont été priés de « reconduire le travail déjà accompli ». A ce titre, le Ministre de la Communication, M Souleimane Diakité Coty a souligné l’importance de leur rôle en tout lieu et en tout temps, et les a exhortés à mieux s’inscrire dans une logique de développement et d’insertion dans la communauté, étant donné qu’elles constituent des relais locaux. Dans cette perspective, le chef de délégation de l’ONUCI, par ailleurs Chef de la cellule de certification des Elections, Mme Bernadette Houndékandji, a appelé les professionnels des médias, à continuer à jouer leur rôle de mobilisation citoyenne, d’éducation civique de l’électorat et d’amplificateur des voix des communautés. « Vous devez faire en sorte que les radios, en cette période très sensible de l’histoire de la Côte d’Ivoire, continuent d’œuvrer pour un environnement électoral apaisé, que les médias accompagnent de manière constructive la consolidation de la paix et l’esprit de tolérance et de réconciliation », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, elle a rappelé le mandat de l’appui de l’ONUCI aux médias en partenariat avec le Ministère de la communication, les institutions de régulations des médias etc avant de relever le mandat de certification conféré au Représentant spécial. « L’ONUCI est scrupuleusement investie et continuera de s’investir dans le suivi des médias », a indiqué Mme Houndékandji précisant qu’à cet effet, le comportement des médias faisait partie intégrante des critères de certification qui avaient été retenus en concertation avec les autorités ivoiriennes. Le Président de la HACA, Ibrahim Sy Savané, a, d’entrée de jeu, réaffirmé le partenariat de sa structure avec les radios privées non commerciales. « Nous ne sommes pas des antagonistes, nous sommes des partenaires », les a-t-il rassurés. Il a, dans la première partie de son intervention, expliqué l’enjeu de l’élection législative qui conduit sa structure à exhorter les radios qui ne sont pas encore en règle à régulariser leur situation. Dans un second temps, il rappelé la déontologie des radios de proximité, qui, a-t-il souligné, ne doivent pas être des instruments de propagande. « Je sais que les radios locales seront sollicitées…elles ont donc un devoir de vigilance qui rejoint une éthique d’impartialité entre les concurrents, quels qu’ils soient ; leur crédibilité en dépend », a insisté M. Savané.

Après des exposés en sous-thème présentés par Madame Dadié Linda Sangaret, MM. Traoré Daouda et Koné Siméon, respectivement Présidente de la sous-commission juridique de la CEI, sous-directeur des programmes de la HACA et Responsable  de la cellule juridique de la HACA, pour rappeler les règles professionnelles, les dérogations et les sanctions en cas de violations des règles, les acteurs des radios de proximité ont déploré « la masse de sanctions prises à leur encontre ». Le Président de la HACA, les a assurés que toutes les dispositions étaient prises afin de leur permettre de faire un meilleur travail sur le terrain, conformément au cahier de charges. Sur ce point, il a fait des promesses de nettoyage de textes, et une préparation du statut des acteurs des radios privées non commerciales.

S’agissant du second sous-thème sur la Promotion par les élus locaux du rôle citoyen des Radios privées non commerciales avant, pendant et après les élections, les animateurs notamment  le Maire de Sikensi, par ailleurs Secrétaire général des Villes et communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), Aboh Faustin et le Président de l’Union des Radios privées de côte d’Ivoire (URPCI), Bamba Karamoko, ont tous souligné le rôle indispensable des animateurs des radios communautaires dans la promotion et la sensibilisation des populations. Ils n’ont pas manqué de mettre l’accent sur la situation financière de leur structure. Néanmoins, ils se sont engagés, tout comme lors des premières échéances électorales, à jouer leur rôle de manière professionnelle.

RFI à Abidjan : soyez de la fête !

02/10/2011 un commentaire

 

La marée Rouge et Blanche s’annonce très mouvementée

Radio France Internationale (RFI) débarque ce lundi à Abidjan avec ses studios mobiles et ses animateurs de prestiges pour 3 jours avec des émissions auxquelles le public Ivoirien pourra participer en live. Les 3, 4 et 5 octobre 2011 en direct du palais de la Culture de Treichville Juan Gomez, Alain FOKA, Hassan Diop, Emmanuelle Bastide…présenteront leurs émissions avec des invités Ivoiriens et des saveurs des bords de la lagune Ebrié pour le reste du monde. Selon la directrice de communication de RFI, Françoise Hollman, cet événement vise le rapprochement de Radio France Internationale (RFI), avec ses auditeurs ivoiriens. La marée Rouge et Blanche s’annonce très mouvementée car depuis la fin de la crise c’est le premier déplacement de RFI à Abidjan.

On ne sait encore si l’émission culte que les jeunes Ivoiriens apprécient, Couleurs Tropicales sera programmée et enregistrée à Abidjan. Tout le monde ici semble vouloir assister à cette émission comme les premières fois ou Claudy Siar l’a présentée depuis la capitale Ivoirienne. Pour ce qui est déjà une certitude c’est que l’émission « Appels sur l’actualité » animé par Juan Gomez sera présenté en direct d’Abidjan, les 4 et 5 octobre 2011. La première émission sera sur le thème « Le climat sécuritaire« , la seconde sur « La réconciliation nationale est l’une des priorités du président Ouattara« . Les enregistrements se dérouleront au Palais de la Culture, Salle Anoumabo à partir de 16h. Pour l’émission « Appel sur l’actualité » on verra des invités tels que Hamed Bakayoko, ministre de l’Intérieur, René Legré Okou, Président par intérim de la LIDHO, Ligue ivoirienne des droits de l’homme, Patrick Ngouan, Coordinateur national de la Convention de la société civile ivoirienne. Plateforme d’Ong, d’associations, d’organisations religieuses et de syndicats, Eugène Djué, Président de l’Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d’Ivoire. Membre du secrétariat général par intérim du FPI, Zio Moussa, Journaliste. Président de l’Observatoire de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie. Alain Foka sera aussi de la mission de RFI à Abidjan avec deux émissions : « Le débat africain » avec le thème La Réconciliation en Côte d’Ivoire est-elle possible et « Les archives d’Afrique » avec le thème Qui sont les vrais héritiers d’Houphouët Boigny ? Ces deux émissions, toujours ouverts au public seront enregistrées depuis le Palais de la Culture à Treichville.

A titre de rappel et toujours concernant ce séjour de RFI à Abidjan, une délégation de la Radio Mondiale avait déjà séjourné en Côte d’Ivoire. Cette délégation était composée de Françoise Hollman et Jean Karim Fall qui ont été reçue en audience le lundi 12 Septembre 2011, par le ministre de la Communication Diakité Coty Souleymane, à son cabinet sis au Plateau. Le ministre de la Communication, Diakité Coty, a salué cette initiative et a proposé une coopération entre la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI 1) et les autres chaînes qui seront présentes à cet enregistrement d’émissions. Le volet de la formation des agents de la RTI, avait également été évoqué par le ministre, qui a souhaité une collaboration. La directrice de communication de RFI lors du premier contact du 12 septembre, avait également annoncé la présence des représentants de RFI, France 24 et TV5 Monde ce 3 octobre à Abidjan.

SUY Kahofi

Cote d’Ivoire : RSF demande au président Ouattara de faciliter la libération d’un journaliste

07/09/2011 Aucun commentaire

 

Herman Aboua l’ancien journaliste de la RTI

Reporters sans frontières se préoccupe du sort du journaliste Herman Aboa ex-animateur de l’émission-débat « Raison d’Etat ». Il a adressé le 6 Septembre 2011 un courrier au président Alassane Ouattara, pour lui demander de faciliter sa remise en liberté provisoire. RSF s’inquiète des conditions de détention du journaliste de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI) depuis son transfert à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). La lettre est signée du Secrétaire général de l’organisation de défense de la liberté de la presse, Jean-François Julliard. Elle demande au président ivoirien de tout faire pour que les conditions de détention du journaliste Hermann Aboa animateur de l’émission-débat « Raison d’Etat » sur la chaîne La Première, désormais rebaptisée RTI 1 soit améliorée. Les visites de sa famille biologique et de son avocat sont autorisées, mais pas celles d’amis ou d’étrangers souhaitant le rencontrer. L’autorisation de visite est soumise à l’accord du parquet. Bien qu’Hermann Aboa ait demandé aux autorités pénitentiaires son transfert dans le « bâtiment des assimilés », où il devrait bénéficier de meilleures conditions de détention, la direction de la Maca n’a pas accédé à sa demande.

Le journaliste est détenu depuis le 21 juillet dernier, plusieurs chefs d’accusation sont retenus contre lui – « atteinte à la défense nationale », « attentat-complot contre l’autorité de l’Etat », « atteinte à l’intégrité du territoire national », « participation à une bande armée », « participation à un mouvement insurrectionnel » et « atteinte à l’ordre public » – pour lesquels il encourt la prison à vie. Quant à la possibilité d’une libération provisoire, elle se heurte selon RSF, à une fin de non recevoir tant que Hermann Aboa n’a pas été entendu sur le fond. Or, le journaliste n’a toujours pas été auditionné depuis le début de sa détention préventive. Non seulement nous comprenons mal pourquoi les autorités ivoiriennes refusent de lui accorder la liberté provisoire’ écrit RSF, qui d’ailleurs dit se préoccuper du durcissement de ses conditions de détention depuis son transfert à la Maca’. Pour RSF, le nouveau pouvoir en Cote d’Ivoire ne doit pas rater l’occasion de redorer son blason. L’organisation cite, le retrait des  Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) du siège de la rédaction du quotidien Notre Voie, une situation qui laisse espérer que les pressions sur la presse d’opposition sont entrain de prendre fin. Reporters sans frontières demande au président Alassane Ouattara de s’affirmer comme le garant du respect de la loi de 2004 et de la liberté d’expression en Côte d’Ivoire.

Soûn Tiguê : La rupture du jeûne musulman par les ondes

02/08/2011 Aucun commentaire

 

El Hadj Tondossama Yaha, le muezzin des ondes

Dimbokro est une localité située à 242 km d’Abidjan et dans cette ville l’unique radio de proximité essaie de se rapprocher des populations. C’est dans cette optique que le programme s’est enrichi d’une émission consacrée à la rupture du jeûne musulman. Difficile donc pour les habitants de Dimbokro de ne pas entendre la voix du muezzin à l’heure de la rupture du jeûne. Voici un peu plus de quatre ans qu’ils sont habitués à rompre le jeûne grâce à la voix des 89.8 Mhz, qui durant tout le mois de ramadan inondent la région du N’zi Comoé du cri du muezzin. Ce cri mélodieux, attendu par des musulmans (épuisés pour certains, affamés pour d’autres) est une véritable libération quand on l’entend par le canal de Radio la Voix du N’zi via l’émission Soûn Tiguê.

L’histoire d’une émission

Soûn Tiguê (rupture du jeûne en malinké) est une émission qui nait d’une volonté de la Direction de Radio la Voix du N’zi d’éduquer les musulmans de la ville de Dimbokro au respect du mois du ramadan. Cette émission affectueusement désignée par les animateurs de ladite station comme étend ‘’l’émission par excellence’’ de la chaîne a un taux d’audience élevé à cause d’une forte communauté musulmane présente dans la ville. Elle est animée par El Hadj Tondossama Yaya qui a en charge toutes les émissions à caractère Islamique de la radio. Il façonne l’émission pour la rendre plus interactive : la rupture du jeûne se fait chaque soir en directe du domicile d’une famille musulmane. « Chaque soir nous rendons visite à une famille et nous échangeons sur des questions touchant à la culture islamique. On partage ensuite le repas de la rupture du jeûne et les auditeurs vivent l’ambiance de la famille en live » précise El Hadj Tondossama Yaya. Le découpage mécanique de l’émission est le suivant : lecture du coran traduit en français, écoute de chants des chorales islamiques, le hazane (cri du muezzin) à l’heure de la rupture suivi du zikre enfin la rupture du jeûne au domicile d’une famille.

Un concept adopté par les familles

Depuis sa création l’émission Soûn Tiguê a été adoptée par tous les musulmans de la cité du bonheur partagé (Dimbokro). Ainsi les familles Cisse Ali, N’diaye, Ouédraogo Issiaka, Tiégbè, Berté Aboubakar reconnues comme des grandes familles musulmanes de la cité ont reçu l’équipe de production. Chaque année le mois du ramadan est donc rythmé par cette production de Radio la Voix du N’zi. Moussa sow, couturier spécialiste du bassin à Dimbokro et membre d’une famille de griot disait ceci à propos de l’émission : « le ramadan est un mois où tout semble s’arrêter pour le musulman. Soûn Tiguê est le genre d’émission qui nous fait oublier le caractère pénible du jeûne pour présenter l’aspect partage et bonheur de la foi islamique ».

Suy Kahofi

La radio des Nations Unies s’écoute sans modération !

21/07/2011 Aucun commentaire

Les techniciens d'ONUCIfm dans les studios de la chaîne à SEBROKO

Une radio qui s’impose

La vie d’ONUCI Fm se confond littéralement avec celle de la Mission. Ses programmes ont commencé à être diffusé à Abidjan puis petit à petit, des relais dans plusieurs localités ont permis aux populations d’entendre La Radio de la Paix. Son succès elle le doit à son recrutement et son programme. Les voix d’ONUCI Fm étaient connues des Ivoiriens : de nombreux animateurs venaient soit de la RTI ou des radios de proximité les plus écoutées de la capitale. Ainsi après la RTI on pouvait encore écouter César Yao l’ancien monsieur sport de la radio nationale, Claude Tamoh du Karaoké de la première, Any Dago l’ancienne de radio Jam la chaîne commerciale, Ouattara Katié Souleymane radio côte d’ivoire et plusieurs autres journalistes que le public Ivoirien chérissait déjà. Son programme composé de magazines, de variété musicale et d’émissions proches des populations lui ont permis de s’imposer.

Un concept de proximité bien réussit

Avec un réseau de correspondant dans toutes les régions du pays, ONUCI Fm s’est considérablement rapprochée des populations. Reportages, émissions de variété musicale avec dédicaces et magazines avec des personnes ordinaires ont permis à la chaîne d’avoir un nombre toujours plus croissant d’auditeurs. « Il ne se passe pas une seule activité au plan national qui échappe au micro d’ONUCI Fm. Les journalistes ne négligent rien même ce que d’autres médias jugeraient inutiles ! » affirme Urbain Kouassi artisan. Pour cet élu municipal qui a requis l’anonymat, la force de la radio réside également dans son professionnalisme. « Voici des journalistes et correspondants de presse qui sont différents de ce que nous avons toujours vu. Ils ne demandent rien après leur travail et refusent même qu’on leur donne de l’argent, ils se font discret dans les cités où ils vivent et quand ils font un reportage ils tendent leur micro à tous les monde ! Je crois que ça aussi c’est un avantage ». Un matériel de qualité, des agents bien payés, le prestige des Nations Unies…ces arguments suffisent à mettre tout travailleur en phase avec la déontologie du métier de journaliste. Pas si sûr ! Explication avec un confrère d’une radio commerciale. « Je ne pense pas que le professionnalisme soit forcément lié aux moyens financiers et matériels. La preuve l’Etat met des moyens importants au service de notre agence nationale de presse mais regardez combien de fois les journaux télévisés et radiodiffusés sont pauvres en éléments de qualité. Dans nos régions les journalistes et correspondants de presse exigent de l’argent pour couvrir des évènements mais jamais les reportages ne passent à l’antenne. Alors, quand vous avez ONUCI Fm qui fait l’écho de l’actualité du pays sans rien demander ne soyez pas surpris que tout le zappe sur ses fréquences ».

La 96.0 continue d’attirer les auditeurs de toutes les villes du pays et misant sur une stratégie de proximité et son sens du professionnalisme.

Suy Kahofi

Radios de proximité : le silence radio

31/05/2011 2 commentaires

 

Plusieurs radios de proximité garderont malheureusement le silence

Au compteur des entreprises sinistrées durant la crise post-électorale que la Côte d’Ivoire a connue figure les radios de proximité, chaînes privées et publiques communautaires confondues. Ces radios qui assuraient l’animation des communes et la sensibilisation des masses garderont pour certaines le silence. La durée peut-être longue en fonction des préjudices subits par les stations. 13 radios de proximité en Côte d’Ivoire dont 6 à Abidjan ont été vandalisées ou incendiées. Radio Yopougon et Radio Téré Adjamé sont des exemples vivants du malheur qui frappe l’univers des radios de proximité. Ces deux chaines d’Abidjan qui sont très écoutées ne pourront plus émettre pendant longtemps : matériel emporté et bâtiments incendiés sont le triste décor qu’on peut observer au siège de ces stations. Pire Radio Yopougon a perdu l’un de ses journalistes, tué par des hommes en arme comme le soulignait un rapport de RSF.

Pourquoi s’attaquer à des radios qui servaient toute la communauté ? La réponse est toute simple : les groupes armés pro-ouattara et pro-gbagbo reprochent à ces radios d’être des outils de propagande. Yopougon aurait été le siège du recrutement des miliciens et Téré un média pro-rhdp ! Au-delà de Yopougon et d’Adjamé on citera aussi Radio ATM de Port-Bouët pillée mais elle émet toujours, Radio Arc-en-ciel Abobo et Radio Amitié Williamsville qui ont été durement touchée. La récente tournée de l’URPCI (Union des Radios de Proximité de Côte d’Ivoire) a permis à l’opinion publique de constater l’ampleur des dégâts. Les privés et les mairies ne pourront pas eux seuls remettre en marche ces stations. Remettre en route de telles stations nécessiterait des investissements bruts compris entre 15 et 20 million ! Pas du tout évident de réunir de telles sommes pour les municipalités dans le contexte de sortie en Côte d’Ivoire. Après avoir constaté cette triste situation dans l’univers des médias Ivoiriens, M. Bamba au nom des responsables de l’URPCI a eu ce message à l’endroit des nouvelles autorités Ivoiriennes. « Les radios ont joué un rôle important dans l’accomplissement de l’audience foraine, l’identification, le retour de la paix et la cohésion sociale. C’est pourquoi nous demandons aux autorités publiques de donner un coup de main à ces entreprises afin qu’elles puissent être viable pour relever les défis à venir ». Il faut donc des ressources aux radios de proximité pour qu’elles puissent redonner de la voix et jouer pleinement leur rôle dans le processus de réconciliation nationale car en Côte d’Ivoire les radios sont un puissant catalyseur entre les élus et les administrés.

Suy Kahofi

Journée Internationale pour la liberté de la presse : le 3 mai en mode sortie de crise

04/05/2011 Aucun commentaire

 

eburnietoday.mondoblog.org

La presse ivoirienne doit jouer son rôle dans le processus de sortie de crise

Médias Ivoiriens, nouvelles frontières nouveaux obstacles, c’est autour de ce thème que les journalistes et autres professionnels des médias se sont réunis pour échanger en ce jour du 3 mai qui marque la Journée Internationale pour la liberté de la presse. Le lieu choisi pour la célébration de cet évènement fut le siège du CNP, le Conseil National de la Presse. Dans le contexte de sortie de crise marqué par des craintes dans l’univers de la presse, Eugène Dié Kakou le Président du CNP n’a pas manqué de souligner les difficultés que les journalistes rencontrent au cours de la lecture de la déclaration dite du 03 MAI 2011. Plusieurs d’entre eux vivent encore terrés et ne peuvent malheureusement pas exercer leur métier. Pour donner un nouveau visage à la presse ivoirienne, les organisations professionnelles et les institutions de régulation ont lancé un appel en cinq points :

  1. au journaliste, le collectif demande de faire son introspection (…)
  2. au promoteur de médias, le collectif demande de se résoudre à asseoir un nouvel environnement éditorial et une nouvelle éthique (…)
  3. au public, le collectif demande de faire appel à son esprit de tolérance et de pardon vis-à-vis des médias (…)
  4. au Premier Ministre, chef du gouvernement, le collectif demande de veiller au respect par toutes et par tous de l’appel du chef de l’Etat à la réconciliation (…)
  5. au Président de la République, le collectif demande de veiller au libre exercice du journalisme par toutes les sensibilités éditoriales sur toute l’étendue du territoire national (…)

Le Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, assurant l’intérim du ministre de la communication, a tenu à inviter la presse à faire son mea culpa et son monitoring en vue de répondre aux exigences de la Côte d’Ivoire nouvelle que veut bâtir le Président Alassane Ouattara. Aux journalistes encore terré et malmenés par la peur il a eu ce message. « J’invite tous ceux qui ont peur à se débarrasser de la peur, j’invite tous ceux qui hésitent à venir au travail. Nous ne venons pas avec un esprit de vengeance et le Président l’a déjà montré ».

A la fin de la cérémonie quelques responsables d’association de journalistes et groupement ont bien voulu nous livrer leurs impressions. Voici celle de Mam Camara de l’UNJCI, Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire. « Les journalistes doivent être responsables dans leurs écrits, être responsable mais surtout la responsabilité pour accompagner le processus de réconciliation et le processus de sortie de crise. Je pense que chacun en utilisant sa plume et son micro de façon responsable pour faire avancer les choses ».

La presse ivoirienne veut jouer son rôle dans le mouvement de sortie de crise et de réconciliation mais elle attend des autorités un soutien sans faille pour mener à bien cette mission.

Suy Kahofi