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Le scandale de la vidange à ciel ouvert

 

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Attention aux eaux de ruisselement en cette période de saison des pluies !

C’est bien le retour de la saison des pluies à Abidjan. Il pleut toute la journée et cela perturbe les activités. Le retour de la saison des pluies entraîne également un retour à de très mauvaises habitudes chez certains Abidjanais. En effet, les jours où le Créateur ouvre les écluses des cieux, certains petits malins en profitent pour ouvrir les écluses de leurs fosses septiques pour la vidange ! Le phénomène de la vidange à ciel ouvert est très rependu dans tous les quartiers d’Abidjan et c’est souvent avec la plus grande tristesse que les abidjanais pataugent dans les eaux de ruissellement avant de regagner leur domicile.

Il est 09 h ce matin et depuis 6 heures il pleut des cordes sur Abidjan. Dans le quartier populaire d’Abobo où nous sommes ‘‘coincés’’, il est impossible de pointer le nez dehors car les rues sont englouties par les eaux de ruissellement. Malgré la forte pluie, une odeur nauséabonde plane dans l’air. Nous pensons dans un premier temps à un tas d’ordures en putréfaction ou au passage d’une benne à ordure mais rien de tout cela. L’odeur est tenace et ressemble plus à celle des déchets humains. C’est alors qu’à force de chercher nous apercevons distinctement trois jeunes gens affairés autour d’une fosse septique. La fosse est ouverte et à notre grande surprise son contenu est en train d’être sorti à l’aide d’un seau ! Où ira donc le contenu de la fosse puisqu’il n’y pas à proximité un puits creusé pour l’évacuation ? La réponse est connue. Les déchets coulent bel et bien sur la route, emportés par l’eau de ruissellement. Ce genre de pratiques est monnaie courantes si bien que dans certaines habitations il n’y a plus de puits perdu mais un simple raccordement au caniveau le plus proche. Avec tout ce que cela comporte comme conséquences – très graves – pour la santé des populations et le cadre de vie.

Un agent du service technique de la Mairie nous renseigne sur les dangers de ce genre de pratiques. «En pratiquant ce genre de vidange à ciel ouvert se sont les caniveaux et buses d’évacuation qui se bouchent chaque jour. Les Abidjanais se plaignent que les chaussées sont inondées par l’eau de pluie mais si les conduits que cette eau doit empruntée sont bouchés elle s’arrête ou passe la où elle peut ». Au delà de la menace sur le cadre de vie c’est aussi la santé des populations qui est en jeu. «Ceux qui vident leurs fosses dans la rue oublient qu’après la pluie il y a le beau temps! Les déchets accumulés dans les caniveaux et les rues offrent un nid douillet aux mouches qui viennent y déposer leurs asticots. Ne soyons pas surpris si les moustiques et les mouches pullulent partout avec les germes de maladies typhiques et parasitaires sur leurs pattes», souligne M. Amangoua infirmier. La vidange à ciel ouvert permet à bon nombre de foyer de faire des économies mais sa pratique est encore plus dangereuse à long terme. En cette période de saison des pluies il est primordial d’éviter des actions qui nuisent à notre propre santé et qui détériore notre cadre de vie.

Suy Kahofi



Elles portent des grossesses et sont toujours….dans les maquis !

 

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Que vont-elles chercher dans les maquis avec leurs ventres ?

Phénomène de mode ou symbole de l’inconscience de certaines futures mamans ? Difficile de répondre à cette question tellement les jeunes filles qui sont enceintes et qui fréquentent les débits de boisson ont les arguments pour vous convaincre. Au cours de nos excursions dans les coins chauds de la capitale Ivoirienne il nous a été donné de constater que de nombreuses jeunes filles continuent de faire la fête dans les maquis, de boire et même de fumer avec un bébé dans le ventre ! « Moi personnellement je viens au maquis mais quand je suis enceinte je ne fume plus et je consomme plus d’alcool » affirme Solange, déjà maman d’un petit garçon. « Ce n’est pas parce que vous êtes enceinte que vous ne devez pas sortir ou vous amuser. Je trouve qu’il n’y a pas de honte à montrer son ventre car attendre un enfant n’est pas un délit je pense » ajoute la jeune dame. Chantal K. va plus loin dans la fréquentation des maquis malgré la grossesse qu’elle porte. « Je suis à ma troisième grossesse et je consomme toujours ma ‘’gigi’’ sans problème à chaque fois et je n’ai jamais eu de problème. Je ne sais pas si mes enfants sont habitués mais ils supportent (rires). Je trouve aussi chic d’être avec son mari au maquis ça lui permet de ne pas avoir envie de regarder ailleurs car la grossesse repousse certains hommes ! ».

Solides arguments pour justifier la présence des femmes enceintes dans les maquis ? Pas si sûr car même des femmes fustigent ce genre d’habitude. Explication avec Comoé Bénédicte. « Le maquis n’est pas un lieu ou il faut aller avec un enfant même quand il est encore dans votre ventre ! Je dirais que c’est dangereux car c’est un mineur (rires). Sérieusement je crois que nos sœurs doivent arrêter de se justifier et trouver des arguments pour boire et fumer quand elles attendent un bébé. Vous passez votre temps dans les maquis et vous vous plaignez que vos enfants deviennent des alcooliques ? » Pour le révérend Boni l’interaction entre la mère et le fœtus joue un rôle très import dans ce que deviendra un enfant demain. « La maman commence son rôle d’éducatrice une fois qu’elle est enceinte. Le milieu qu’elle fréquente, les personnes autour d’elle, les images de son quotidien, les propos qu’elle tient et même son alimentation agissent sur l’enfant. Alors que voulez-vous que votre enfant devienne quand vous restez assis dans un maquis ? » Le révérend Boni va plus loin en soulignant que les maquis, les bars et les autres débits de boisson sont aussi un monde métaphysique où des esprits rôdent ! Ceux-ci peuvent posséder la mère et agir sur l’enfant par la suite. « N’avez-vous jamais entendu des personnes rendre témoignage en disant qu’ils ont reçu un esprit mauvais depuis le ventre de leur mère ? Femmes faites attention car votre corps et votre esprit quand Dieu vous fait grâce de donner la vie ».

 

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Femmes enceintes, de graves dangers sont liés à l’acool

Dans une réalité plus scientifique et médicale, alcool, tabac et grossesse ne font pas bon ménage et c’est Docteur Popo Solange qui le démontre. « Le tabac et l’alcool sont pour les pays en voie de développement la première cause de mortalité. De nombreuses maladies telles que les cancers sont liés à la consommation de l’alcool et chez les femmes enceintes le risque est encore plus élevé. Elle peut perdre le bébé, ce dernier peut naître malformé ou malade et même mourir ! » Elle demande aux femmes de s’armer de courage et d’éviter de prendre de l’alcool quand elles attendent un bébé.

Suy Kahofi



Une crise humanitaire qui ne dit pas son nom

 

Une vie difficile dans les camps de réfugiés

Une agréable odeur de frite de pomme de terre s’échappe d’une cuisine à Cocody Angré. Les gamins invités à table semblent se plaindre du menu et la mère de famille débordée tente gentiment de réexpliquer aux enfants la situation du pays. Si seulement ces enfants issus d’une famille plutôt aisée pouvaient comprendre que juste à Abobo, des enfants comme eux dorment chaque soir l’estomac vide. Les projecteurs des médias sont braqués sur la révolution Libyenne pendant que dans les quartiers d’Abidjan et dans plusieurs villes les populations déplacées dorment à la belle étoile. Les corps en putréfaction à Abobo et dans certaines localités de l’ouest, où une offensive des FAFN est en cours, annoncent la recrudescence des épidémies typhiques. Les moindres moments d’accalmie poussent les populations ayant quitté leurs maisons à revenir mais une fois sur place il faut encore sortir car les armes lourdes crépitent de nouveau. Pendant que deux hommes se chamaillent pour le pouvoir la population qu’ils espèrent diriger souffre terriblement.

La violence et les accusations portées contre l’ONUCI et les agences des Nations Unies rendent difficiles le travail des humanitaires. Dans ce contexte, la faim, le manque d’eau potable, la maladie et les morts rythment le quotidien des camps de déplacés. Désormais le Libéria n’est plus le seul point de chute des fuyards Ivoiriens : on les compte par milliers au Ghana y compris les ressortissants CEDEAO du Niger, du Burkina, de la Guinée et du Mali. « On ne peut plus rester ici » affirme un ressortissant nigérien qui attend le trans-ecowas. « Des hommes en uniforme se livrent à la chasse à l’homme : on nous traite de rebelle et on nous tue. Je préfère partir ». A la gare de Niamey certains sont venus juste avec les habits qu’ils portent : pas de bagages, juste de quoi payer le ticket. L’insécurité est toujours grandissante, le chômage atteint des records, les entreprises ferment et d’ici peu les vivres vont manquer sur les marchés, les médicaments aussi. On en parle très peu mais c’est une réalité : seules les familles aisées pourront manger à leur faim dans les semaines qui viennent. A voir les mamans trainer les paniers vides sur les marchés, on se demande si certaines familles auront de quoi tenir tout ce mois de mars ! La Côte d’Ivoire est méconnaissable et l’Ivoirien qui voyait les images de la guerre d’Ethiopie, du Libéria, de Sierra Léone et du Mozambique comme quelque chose qui n’allait jamais se produire sur son sol n’en revient toujours pas. Nous voici Ivoirien dans le club des pays sous perfusion alimentaire du PAM. Pour l’instant il y a des camps de refugiés, demain se sera peut-être les avions de la Croix rouge qui nous lanceront les sacs de protéines. Nous devons sauver ce pays et nous le pouvons, non pas pour nous mais pour nos enfants.

La seule prière des Ivoiriens c’est que Dieu opère le miracle à Addis-Abeba ce 10 mars sinon la catastrophe risque de se produire. Ceux qui malheureusement voulaient croire en un face à face Ouattara – Gbagbo seront déçus car le second n’a pas fait le déplacement. Le président sortant sera représenté par le président de son parti politique, Pascal Affi N’guessan et par son Ministre des affaires étrangères, Alcide Djédjé. Motif officiel évoqué pour justifier cette absence l’insécurité interne qui nécessite la présence du leader. Officieusement Gbagbo Laurent ne veut pas se faire arrêter ou au pire des cas faire tuer ! L’histoire de l’Afrique nous a donné les preuves que les avions des leaders indisciplinés ou trop zélés finissent un matin par disparaître des écrans radars. La montagne risque donc d’accoucher d’une souris en l’absence d’un des deux protagonistes mais avec ou sans Gbagbo la crise doit prendre fin car trop d’homme ont perdu la vie.

RAPPEL DESORMAIS QUOTIDIEN


Voici 39 Jours que nos amis et confrères Sanogo Aboubakar dit Abou Sanogo et Kangbé Yayoro Charles Lopez dit Gnahoré Charly de Télévision Notre Patrie (TVNP) sont arbitrairement détenus à la MACA.

Au nom de la liberté de la presse nous ne les oublions pas mais nous pensons aussi à tous les journalistes exilés et ceux privés d’exercer librement !

Suy Kahofi



Abidjan se débarrasse de ses ordures

Les ordures disparaissent petit à petit

Abidjan la perle des lagunes et capitale ouest-africaine de la joie met les bouchées doubles pour pouvoir se débarrasser des nombreux tas d’ordures qui ont proliféré depuis le début de la crise post-électorale. En effet depuis plusieurs semaines les entreprises d’assainissement de la capitale, privées de l’appui des bailleurs extérieurs n’ont pas pu libérer la ville de ses ordures. Aujourd’hui c’est petit à petit que la ville retrouve son visage de grande mégalopole.

Les bennes et balayeuses de la SAS (Société Abidjanaise de Salubrité) exécutent leur ballet quotidien apportant avec elles un lot toujours plus important d’ordures. Malgré le déploiement exceptionnel d’engin les autres entreprises à l’image de la SAS ont du mal à enlever les dépotoirs sauvages. « C’est vrai que les engins vont et viennent mais c’est pas du tout facile je m’en rend compte moi-même ! Ce dépotoir est monté en trois semaines et pour le moment il nargue les travailleurs ». Ces propos sont de Christine Kouadio une habitante de Cocody Danga qui chaque fois voit les effort entrepris par les balayeurs pour enlever les ordures. « C’est petit à petit que tout va disparaître » déclare Isaac un jeune charretier. Son job à lui consiste à récupérer le contenu des poubelles moyennant des pièces de monnaie. Les charretiers ont une action plus efficace sur le terrain : ils ont la chance de pouvoir collecter les ordures foyer par foyer. Ils soulagent donc les entreprises de la collecte au porte à porte. Dans cette opération de toilettage de la capitale tous les quartiers ne sont pas logés à la même enseigne. Le Plateau centre des affaires occupe la première position, Cocody le quartier présidentiel et ses ramifications suivent, viennent les quartiers d’habitation populaire tels que Treichville ou Yopougon. Il est vraiment salutaire que cette opération d’enlèvement des ordures en cette période de saison des pluies soit une priorité. La prolifération des ordures a occasionné le retour du choléra dans la capitale notamment dans le district sanitaire d’Adjamé ou la  maladie a tué 7 personnes en l’espace de quatre jours.

Les abidjanais placent beaucoup d’espoir en cette opération d’enlèvement des ordures car la capitale était méconnaissable il y a quelques semaines. En l’absence des bailleurs de fond comme la Banque Mondiale qui avait déboursé à l’époque la bagatelle de six milliards pour rendre le cadre de vie du district d’Abidjan propre, on se demande si les Mairies d’Abidjan et les entreprises pourront mener à bien cette tâche ardue.

Suy Kahofi