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Transport/Corridor Abidjan – Lomé : des problèmes persistent

Un car à la gare d'Adjamé en attendant le départ

Un car à la gare d’Adjamé en attendant le départ

L’axe Abidjan – Lomé via Accra est l’une des lignes internationales de la CEDEAO les plus fréquentée. Celle-ci débouche sur le corridor Cotonou – Lagos où transite chaque année des millions de passagers et une quantité tout aussi importante de marchandise.

Au départ de la gare routière d’Adjamé (Abidjan) pour Lomé via Accra, les passagers, commerçants, propriétaires de compagnies de transport et chauffeurs le savent de nombreux barrages ont été levés mais d’importantes entraves à la libre circulation des personnes et des biens subsistent. En effet le corridor Abidjan – Lomé est un axe où persistent trois problèmes majeurs : le racket en territoire ghanéen, la lenteur des services administratifs, sanitaires et douaniers sans oublier les nombreux barrages.

Le racket omniprésent

Losséni Doumbia est chauffeur international chez UTB (Union des Transporteurs de Bouaké). Voici quatre (4) ans qu’il rallie chaque semaine la capitale togolaise. Il nous explique que le premier obstacle sur la route des chauffeurs au départ d’Abidjan est le check-point de contrôle frontalier d’Elibou. Il déplore une perte énorme de temps lors du contrôle : entre deux heures et trois heures pour dédouaner les bagages et autres colis !

« Une fois le véhicule immobilisé, les agents des services de douane mettent un peu trop de temps pour le contrôle. Et lorsque nous nous plaignons ils nous disent qu’ils font leur travail. Nous comprenons bien que c’est important mais il faut éviter que cela traîne » plaide Losséni.

Le voyage par car vers Lomé est long, épuisant et reste toujours incertain avec les nombreuses bandes de coupeurs de route qui s’sévissent dans les différents pays de la CEDEAO. Chaque minute perdue à un barrage oblige les chauffeurs à conduire plus longtemps de nuit sur des tronçons côtiers fortement dégradés. Au-delà du corridor d’Elibou, l’entrée en territoire Ghanéen consacre un autre problème : celui du racket. A chaque corridor officiel ou officieux, les véhicules de transport doivent s’acquitter d’une somme d’un (1) Ghana Cedi (215 f CFA). Ce montant peut s’étendre jusqu’à 4 GHS Cedi selon les humeurs des agents des forces de l’ordre ghanéen !

Le racket persiste donc sur l’axe Abidjan – Lomé or le sticker de la CEDEAO sur un véhicule qui part d’un Etat membre vers un autre est un appel au respect de la charte de la libre circulation des personnes et des biens. Ce racket occasionne « des frais supplémentaires et des pertes pour les entreprises » se désole Koffi Konan Bernadin contrôleur général du transporteur DIT (Diaby Inza Transport).

« Il est clair que vous ne pouvez pas traverser un pays sans vous soumettre à des contrôles de la Douane et des forces de sécurité. C’est tout à fait normal. Mais le vrai problème c’est l’argent que nos convoyeurs sont obligés de payer chaque fois. Ils ont juste l’argent pour les frais de route et ils doivent encore sortir de l’argent pour satisfaire des hommes en uniforme » s’indigne contrôleur général de la DIT.

Il interpelle les autorités ivoiriennes et celles des organisations sous-régionales sur la nécessité de lutter contre ce fléau qui plombe le transport inter-états.

Avoir ses documents de voyage à jour

Face aux contrôles intempestifs passagers et commerçants au départ d’Abidjan pour Lomé sont priés d’avoir tous leurs documents administratifs. Les quittances et documents de dédouanement, passeports et carnets de vaccination internationale à jour pour éviter les pertes de temps aux différents corridors. Car l’autre problème c’est aussi des passagers qui voyagent sans carte d’identité et surtout ceux qui refusent de se faire vacciner. Les raisons évoquées sont liées à la religion ou à la tradition.

« Certaines personnes vous disent par exemple que les métaux ne doivent pas pénétrer leur corps ! Vous faites l’effort de leur expliquer les dangers qu’ils courent en refusant le vaccin. Ils vous répondent tranquillement qu’ils vont s’arranger avec les services sanitaires à chaque corridor. De l’argent pour passer d’un pays à un autre au détriment de sa santé : c’est difficile à admettre mais certains voyageurs le font » s’inquiète Kouadio Jean agent vaccinateur à l’INHP-Treichville, l’Institut Nationale d’Hygiène Publique.

Mme Wassagary Donaldine est une habituée de la ligne Abidjan – Lomé. Elle vient rendre visite à sa famille qui réside dans la capitale économique ivoirienne. Elle atteste que les voyageurs qui ont leurs documents administratifs à jour n’ont aucun problème. Bien sûr, elle déplore les pertes de temps au contrôle douanier surtout lorsque le car de transport est utilisé par les commerçants pour convoyer leurs marchandises.

« Lorsque vous avez votre carte d’identité ou votre passeport et votre carnet de vaccination vous n’avez pas de problème. Mais lorsque vous n’avez pas ces documents les agents des forces de l’ordre vous prendrons forcément de l’argent » nous explique Mme Wassagary.

Des voyageurs sans documents de voyage qui payent pour passer les barrages ? « Oui c’est une pratique courante » soutient un jeune convoyeur qui a requit l’anonymat. Sans toutefois nous donner le montant exact de cette « transaction » illicite, notre interlocuteur confirme que les voyageurs au départ d’Abidjan remettent aux convoyeurs une certaine somme d’argent pour « les frais de route de tous ceux qui  »ont des problèmes » ».

Débourser de l’argent pour corrompre un agent des forces de l’ordre voici ce que refuse de faire Mme Moronou une commerçante. Elle s’assure d’être dans la légalité pour ne pas souffrir du racket.

« Quand vous êtes commerçants, vous devez avoir vos quittances et vous assurer que vos marchandises sont correctement dédouanés. C’est la seule manière de voyager en toute tranquillité sur l’axe Abidjan – Lomé » nous indique la commerçante.

Un voyage tranquille entre Abidjan et Lomé, c’est également le souhait de Losséni Doumbia chauffeur à UTB. Il invite les autorités ivoiriennes et celles de la CEDEAO à donner un véritable sens à l’expression libre circulation des personnes et des biens. Cette entreprise passera par la lutte contre racket, une modernisation des équipements et méthodes de travail des services douaniers sans oublier une amélioration de la qualité du réseau routier inter-états.

SUY Kahofi



Vive la caravane du conte 2013 !

Soirée de clôture de la caravane du conte

Les projecteurs et les lampes du maître éclairagiste Sam BAPES et de ses élèves se sont éteints ! Les voix des conteurs menés par le maître de la parole Adama ADEPOJU alias Taxi-conteur ont cédé la place au silence ! Vous l’avez compris la caravane ouest-africaine du conte s’est achevé ce 27 octobre avec une dernière représentation qu’il fallait vivre ABSOLUMENT ! Ainsi de 18 h 30 mn jusqu’à 22 h, le public qui a pris d’assaut le Goethe Institut d’Abidjan Mermoz, a pu se délecter du savoir-faire des plus célèbres conteurs Ivoiriens accompagnés de certains de la sous-région. Thérèse Yao, Etienne Kouamé, Alexis Djisso de la Côte d’Ivoire, Al Sydy du Togo, Dr Massamba Gueye du Sénégal, Salif Berthé du Mali, Boukary Tarnagda du Burkina Faso et Tormenta Jobarteh d’Allemagne ont gratifié les convives d’un spectacle composé de contes les uns plus originaux que les autres. Le groupe Berns Band, composé de germanistes ivoiriens aura assuré tout au long de la soirée un show musical à mi-cheval entre slam, gospel et conte en chanson. Le public venu admirer les conteurs était très varié aussi bien sur le genre que la tranche d’âge ! Rares sont ceux qui se seront ennuyés : même les enfants sont resté éveillés pour apprécier les contes qui tournaient tous autour du thème « Unis dans la diversité ». Voici donc un thème qui cadre avec la réalité de l’actualité socio-politique de la Côte d’Ivoire qui sort de crise. Vivre en harmonie, promouvoir l’unité, la fraternité et l’amour, accepter l’autre malgré nos différences…sont autant de messages délivrés par les conteurs. La soirée qui se voulait ludique a été aussi fidèle à l’esprit du conte africain en préservant l’aspect didactique du rendez-vous.

La caravane du conte Dakar-Lomé-Abidjan qui faisait escale en Côte d’Ivoire aura tenu le public Ivoirien en halène du 22 au 27 octobre avec son séminaire de formation et surtout ses représentations éclatées. Trois représentations de belle facture en plus de la fenêtre sur cours réalisée pour les enfants du village SOS d’Abobo par les séminaristes ont composé le spectacle d’Abidjan. Quant aux populations de Yamoussoukro, elles ont accueilli les conteurs pour une belle soirée le 23 octobre à l’Alliance franco-ivoirienne. On retiendra de l’escale Ivoirienne de la caravane du conte 2012 un moment qui a permis à des hommes et des femmes de se frotter aux arts de la scène et de se découvrir de nouveaux talents par la pratique du conte. Il s’agit de 30 personnes qui lors de la soirée de clôture du 27 octobre ont reçu leur diplômes de participation. Ces diplômes sanctionnent un apprentissage autour de deux thématiques importantes : « Susciter l’apprentissage d’une langue à travers le conte » et « Conte en Lumière : Eclairage professionnel d’un spectacle de conte ». Friso Maecker Directeur Général du Goethe Institut d’Abidjan a tenu à dire merci aux séminaristes pour « leur participation effective à la formation » tout en souhaitant que « l’enseignement reçu puisse aider chaque apprenant à réaliser un objectif professionnel ». Les séminaristes d’horizons divers (journalistes, étudiants, conteurs, réalisateurs, comédiens…) murissent d’ailleurs l’idée de préserver leurs acquis par une mise en pratique de la formation reçue. « De nombreux jeunes développent un talent qui ne demande qu’à être entretenu ! Des initiatives comme la caravane du conte peuvent les aider et c’est ce à quoi s’atèle la compagnie NAFORO-BA en misant sur la formation de véritables professionnels des métiers liés aux arts de la scène » soutient Taxi-conteur Directeur de la compagnie NAFORO-BA.

De nombreux Ivoiriens qui ont découvert ou redécouvert le conte par l’intermédiaire de la Caravane Dakar-Lomé-Abidjan sont déjà impatients de revivre l’édition 2013 ! Cette édition aura lieu si l’on s’en tient aux propos de Friso Maecker Directeur Général du Goethe Institut d’Abidjan qui a donné rendez-vous au public pour l’année prochaine. Docteur Massamba Gueye du Grand théâtre de Dakar a réaffirmé l’engagement de son institution à poursuivre l’aventure du conte ouest-africain et espéré que la Compagnie NAFORO-BA puisse être de l’organisation de 2013. Le Goethe Institut étant installé dans plusieurs capitales ouest-africaines, l’espoir serait de compter dans un an de nouvelles villes sur le tracé de la route de la Caravane du Conte !

SUY Kahofi



La caravane ouest-africaine du conte à Abidjan

Le Directeur du Goethe Institut et les conteurs de la caravane

Ils sont encore nombreux ces passionnés du conte qui à travers l’Afrique continuent de croire en cet art qui jadis à fait le bonheur des grands et des petits autour du feu. Le conte est un moyen de véhiculer des valeurs et d’aider au rapprochement des peuples et pour de nombreuses personnes il mérite d’exister. C’est pour aider à la préservation de cet art que le Centre Culturel Allemand, le Goethe Institut, a initié la caravane du conte ouest-africain. « Cette caravane est à Abidjan et propose un concept à la fois ludique et pédagogique pour permettre une meilleure compréhension du conte. Après Dakar et Lomé, Abidjan et Yamoussoukro accueillent cette caravane artistique. Il s’agit principalement à travers cette activité hautement culturelle de redonner vie à cet art séculaire africain qui est un facteur d’unité, de vulgarisation des valeurs morales et de promotion de la culture » nous explique Adama ADEPOJU alias Taxi-conteur la compagnie de conte NAFOROBA de Côte d’Ivoire.

La caravane du conte Dakar-Lomé-Abidjan qui a débuté ce 22 octobre s’achève le 28 par une représentation publique. Le Goethe Institut organise cette caravane avec un double objectif : promouvoir la culture et le spectacle et former des jeunes à la pratique du conte. Sur ce volet pédagogique deux modules sont programmées pour aider les professionnels dans leur compréhension du conte. « Susciter l’apprentissage d’une langue à travers le conte » et « Conte en Lumière : Eclairage professionnel d’un spectacle de conte » dispensé respectivement par Adama ADEPOJU alias Taxi-conteur (Conteur Professionnel) et Sam BAPES Eclairagiste  Professionnel. Sur le choix du conte comme discipline de la caravane, Friso Maecker directeur général du goethe institut d’Abidjan insiste sur trois aspects qui ont milité en faveur de ce choix. « Le premier de ces facteurs est la longue tradition de conte de l’Allemagne. Notre pays dans son histoire a eu le premier recueil de contes d’Europe. Il y a aussi la préservation de la dimension historique qui entour le conte. En Europe nous perdu le fil historique du contexte qui entour la naissance des contes. En Afrique il existe encore et nous voulons le conserver. La troisième raison est l’aspect formation. Le conte renferme un peu de tout (proverbes, chant, valeurs morales) et il peut aider à la formation des jeunes pour leur enseigner leur histoire ».

Pour les conteurs africains la caravane est une opportunité de partage d’expérience et de promotion du conte. Il s’agit également pour eux de créer un pont entre l’écrit et l’oral pour adapter un art purement oratoire aux nouveaux supports d’apprentissage. La caravane du conte ouest-africain c’est la promotion de 36 langues africaines, la découverte de 35 conteurs de plus de 4 pays pour un tendre vers un mouvement d’unité africaine par l’unité culturelle ! « Les peuples ont besoin de cohésion sociale mais aussi de cohésion politique et cela ne passera que par la mise en valeur de chaque groupe quelque soit le nombre de personne qui compose ce groupe. La caravane du conte veut donc aider à la promotion des peuples africains à travers ce que nous avons de plus précieux à savoir la culture ! Nous voulons donc promouvoir le patrimoine africain mais à travers cette promotion aider à la mise en place d’une plate-forme de promotion et de diffusion des arts du spectacle et particulièrement le conte » soutient Docteur Massamba Gueye conteur, écrivain et professeur.

La compagnie de conte NAFOROBA de Côte d’Ivoire est coorganisatrice de la caravane à Abidjan et l’escale ivoirienne sera marquée par des rendez-vous importants. Le spectacle de conte du 23 octobre au centre culturelle français de Yamoussoukro et ceux d’Abidjan les 26 et 27 octobre au Centre culturel Allemand (Cocody-Mermoz). L’entrée étant libre, le Goethe institut encourage les Ivoiriens à se déplacer massivement pour redécouvrir le conte !

SUY Kahofi