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Quand Ouattara promet des emplois pour attirer l’électorat jeune

Alassane Ouattara ou l'échec de la politique de l'emploi

Alassane Ouattara ou l’échec de la politique de l’emploi

A l’approche des élections d’octobre 2015, le Gouvernement Ouattara semble être dans une logique d’opération de charme en vue d’attirer l’électorat jeune. Au cœur de cette stratégie électoraliste le problème de l’emploi des jeunes.

Les derniers chiffres relatifs à la situation de l’emploi en Côte d’Ivoire font état d’un taux de chômage estimé à 5,3%. 430.419 personnes toujours sans emploi sur une population active (en âge de travailler) de plus de 11 millions (14.501.981) personnes. 5,3% de chômeurs en Côte d’Ivoire, un chiffre de l’AGEPE (Agence d’Etude et de Promotion de l’Emploi) que de nombreux spécialistes trouvent très peu crédible. En effet sur la population active présente en Côte d’Ivoire, plus de 7 millions sont des jeunes et environ 60% d’entre eux sont frappés de plein fouet par le chômage. Ils sont donc en réalité plus de 4 millions de sans-emplois dont la situation s’est encore empirée avec l’arrivée au pouvoir de ceux qui depuis la République du Golf ont promis monts et merveilles à la jeunesse. Le cap des millions d’emploi jeune promis ne s’est jamais réalisé. Rien que du vent et de gros discours autour de l’émergence pour endormir des jeunes qui ne demandaient rien d’autre qu’une opportunité. (suite…)



Santé/Nutrition : comment réussir le jeûne du ramadan ?

Très utile de bien manger durant le jeûne

Très utile de bien manger durant le jeûne

Le mois marquant le jeûne musulman est un mois où les habitudes alimentaires sont totalement bouleversées. Les heures de repas changent et le contenu des assiettes également ! Ces bouleversements ajoutés à la privation de nourriture peuvent s’avérer dangereux pour certaines personnes.           

Le jeûne du ramadan est une étape importante dans la vie du musulman. Malheureusement chaque année de nombreux fidèles ne peuvent pas accomplir cet acte de haute portée spirituelle à cause de leur état de santé. Il s’agit des diabétiques, des hypertendus artériels, des ulcéreux et de toutes les personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires ou d’hyperacidité gastrique. Comment éviter que le jeûne, moment de piété, ne devienne dangereux pour le musulman qui se sait malade ? Comment éviter de tomber malade après le jeûne pour des raisons de mauvaises habitudes alimentaires ? Voici les deux questions que se posent de nombreuses personnes qui ont à cœur de respecter un pilier important de l’Islam. Docteur Diaby Moustapha président de l’ONG Islam Action Sanitaire a une position très claire sur le musulman qui a des doutes sur son état de santé et qui veut observer le jeûne.

« S’agissant des malades vulnérables au sein de la communauté et qui sont sujets aux maladies chroniques, il y a la nécessité pour tout musulman cardiopathe, hypertendu, diabétique ou ulcéreux d’aller rendre visite à son médecin avant même le mois du carême. Cette consultation lui permettra de savoir s’il y a une certaine compatibilité entre son état de santé et l’observance du jeûne. Bien sûr si son médecin l’autorise à observer le jeûne, il revient au fidèle de respecter les prises médicamenteuses aux doses et aux manières qui lui seront indiqués par le médecin » nous explique Docteur Diaby Moustapha.

A ces premières dispositions s’ajoute un strict respect des règles d’hygiènes et de diététiques qui accompagnent la prise des médicaments. Cependant si le médecin déconseille au fidèle d’observer le jeûne, point besoin de faire du forcing pour montrer qu’on est « un bon musulman ». La religion musulmane prévoie des dispositions à titre de compensation pour tout fidèle dans ce genre de situation.

Toutes ces dispositions sont aussi bien valables pour les hommes que les femmes surtout celles qui attendent un enfant. Malade ou bien portant, la nature de votre alimentation durant ce mois de privation est importante. Votre nourriture vous permettra d’aller ou non au bout de la période de jeûne. Rien ne sert de tout avaler, tout est une question de choisir les bons aliments. Ceux que vous consommez au quotidien peuvent constituer votre menu : le mois du jeûne n’est pas un moment de découverte gastronomique ! A force de vouloir se faire ‘’plaisir’’ et d’avoir le ventre toujours plein, on finira par alterner diarrhées et constipations. Selon Konan Kouakou, diététicien-nutritionniste, il suffit d’observer des quelques règles pour rester bien portant pendant et après le jeûne.

« Les trois repas sont à respecter chaque jour. Le petit-déjeuner va se prendre à 4 h du matin. Le matin il faudra consommer des aliments à absorption lente c’est-à-dire des glucides complexes renforcés en fibres. Il ne faut pas oublier de prendre beaucoup d’eau le matin pour éviter la déshydratation pendant les 12 heures de la journée. Le soir à la rupture il faut prendre un produit sucré pour renforcer son organisme. Se réhydraté à petites gorgées puis trois heures après la rupture passer au repas du soir ».

Le repas du soir sera un féculant (riz, mil, sorgho) accompagné d’une sauce avec de la viande ou du poisson. Eviter les excès de table et ne pas s’offrir deux dîners avant 4 h du matin !

SUY Kahofi



Tout pour éloigner la jeunesse Ivoirienne de la criminalité

La jeunesse Ivoirienne doit tourner le dos à la violence

En Côte d’Ivoire bien que l’indice de sécurité soit passé de 3 à 1 en l’espace de six mois, d’énormes progrès restent à faire pour définitivement rassurer les populations et les investisseurs. Cette insécurité depuis la fin de la crise est alimentée par des jeunes qui détiennent à la base des armes ! Que faut-il faire pour aider ces jeunes à tourner le dos à la criminalité ? La répression ne sera pas une solution dans un contexte marqué par le chômage de près de 4.500.000 personnes dont les ¾ sont des jeunes. Le Gouvernement ivoirien a mis sur pied des opérations d’emploi jeune mais surtout de désarmement à grande échelle pour réduire à la fois le chômage et l’insécurité.

Il est important de souligner dans un premier temps que la Côte d’Ivoire vient d’hériter de douze ans d’instabilité qui auront fortement modifié la vie sociale du pays. L’insécurité et la criminalité sous toutes ses formes ont atteint aujourd’hui un seuil inquiétant. Les jeunes qui ont été manipulés avec des idéaux ethniques ou politiques sont devenus malgré eux les acteurs de ces viols, vols à main armée et meurtres qui sont désormais le quotidien des Ivoiriens. Désœuvrés et n’ayant que pour seul gagne-pain les armes qu’ils ont gardé par devers eux depuis la fin de la crise, rares sont ceux qui veulent se séparer de ces engins de mort. Pourtant la Côte d’Ivoire ne peut se construire dans ce climat d’où la vaste opération de DDR qui a été lancé ; DDR pour Désarmement Démobilisation et Réinsertion. Abobo, Adjamé, Attécoubé, Daloa, Duékoué, Bangolo…. Chaque quartier d’Abidjan et ville et de l’intérieur reçoit constamment les équipes de l’ONUCI et de la COMNAT-ALPC. Campagne après campagne, les jeunes ont commencé à comprendre le bien fondé du DDR. Le climat de confiance qui s’est crée a encouragé de nombreux jeunes à déposer leurs armes. Au cours des opérations de DDR de nombreux jeunes Ivoiriens viennent se débarrasser pour certains d’une kalachnikov, pour d’autres d’une grenade, de caisses de munitions ou de pistolets automatiques. Chacun dans ces files d’attente a une raison qui le pousse à déposer son arme. « La guerre est finie et je pense que la place des armes se trouve dans les casernes ! Je pense que si je suis pris avec une arme chez moi les forces de l’ordre pourraient me prêter de mauvaises intentions avec tous ces braquages dans la ville » affirme Camara, un jeune d’Attécoubé. Pour celui qui se fait appeler IB il se ‘’débarrasse’’ de son arme pour des questions de sécurité. « Cette arme chez moi c’est un danger permanent : mes enfants peuvent se tuer en jouant avec, mes petits frères peuvent être tentés d’aller régler leur compte dehors avec cette arme » affirme le jeune homme de 25 ans avant de conclure que « sincèrement il en a marre de cette arme qui lui rappelle constamment des heures sombres de sa vie ! »

Malgré cette volonté affichée par de nombreux jeunes ivoiriens notamment d’ex-combattants et miliciens, certains analystes des questions militaires soutiennent avec véhémence qu’il faudra plus de dix ans à la Côte d’Ivoire pour qu’elle soit débarrassée des armes légères et des petits calibres qui circulent par milliers dans le pays depuis la fin de la crise post-électorale. Qu’à cela ne tienne, les autorités ivoiriennes refusent de céder au découragement vu l’œuvre qui les attend. Cette persévérance paye visiblement si l’on s’en tient aux propos du Commissaire Principal Djébrey Léon de la COMNAT-ALPC qui estime que depuis « octobre 2011 les opérations de DDR ont permis de récupérer 3.500 armes, 230.000 minutions et des dizaines de grenades offensives ». Désarmer les jeunes n’est que la première étape du DDR mais si celui-ci s’arrête à ce niveau rien n’aura été fait car ces derniers pourraient être tentés de renouer avec le crime. Il faut leur trouver des occupations saines et surtout des activités génératrices de revenus d’où l’étape du profilage suivi des formations professionnels. L’Agence de Formation Professionnelle (AGEFOP) est l’une des entités qui forme les jeunes démobilisés. Le Directeur de l’agence nous explique comment ces jeunes sont formés et orientés. « Nous partons d’abord de l’emploi en analysant les compétences que celui-ci requiert. C’est seulement en fonction des besoins estimés que nous procédons à la formation. Le choix des emplois et des formations est donc fait en fonction des compétences des jeunes mais aussi en fonction de la demande sur le marché » déclare Bamoutien Traoré. Des jeunes formés pour être compétitifs sur le marché de l’emploi avec des diplômes reconnus est une alternative salutaire pour les jeunes démobilisés mais le plus important c’est surtout et avant tout de les rendre autonomes par l’auto-emploi. A ce niveau le PNRRC, le Programme National de Réinsertion et de Réhabilitation Communautaire dit explorer des pistes pour leur insertion dans le tissu socio-économique. « Pour tous ces jeunes qui ont été formé et qui ont eu leurs diplômes nous continuons de rechercher des fonds avec les banques et les opérateurs économiques pour promouvoir une insertion de ces jeunes. Nous avons encore beaucoup de démobilisés, environ 20.000 personnes qui sont en attente d’être réinsérées. Au niveau de la réinsertion nous somme à 15.000 personnes réinsérées, que nous suivons » explique Daniel Kossominan Ouattara, Coordonateur National du PNRRC.

20.000 démobilisés, majoritairement des jeunes à sauver du grand banditisme, n’est pas une mince affaire et pour épauler les structures de réinsertion le Gouvernement lance le concept de la Réserve. « Nous avons tenté toutes les expériences en termes de réinsertion et de réintégration. Il faut aujourd’hui trouver une approche qui soit pérenne et donc nous avons trouvé l’option d’une réserve mais qui n’est pas une réserve militaire ! Ce passage à la réserve permettra aux jeunes premièrement de se former, deuxièmement d’avoir les concepts et les comportements disciplinaires et républicains, troisièmement d’apprendre un métier et enfin d’aider au développement. Aussi vous avez la possibilité parmi eux que certains aillent à des opérations de maintien de la paix dans le monde entier » nous explique Paul Koffi Koffi le Ministre Ivoirien délégué à la défense. PNRRC, DDR, Réserve…tout pour que la jeunesse Ivoirienne puisse vivre de façon honorable après la longue crise que le pays a connue.

SUY Kahofi



Soûn Tiguê : La rupture du jeûne musulman par les ondes

 

El Hadj Tondossama Yaha, le muezzin des ondes

Dimbokro est une localité située à 242 km d’Abidjan et dans cette ville l’unique radio de proximité essaie de se rapprocher des populations. C’est dans cette optique que le programme s’est enrichi d’une émission consacrée à la rupture du jeûne musulman. Difficile donc pour les habitants de Dimbokro de ne pas entendre la voix du muezzin à l’heure de la rupture du jeûne. Voici un peu plus de quatre ans qu’ils sont habitués à rompre le jeûne grâce à la voix des 89.8 Mhz, qui durant tout le mois de ramadan inondent la région du N’zi Comoé du cri du muezzin. Ce cri mélodieux, attendu par des musulmans (épuisés pour certains, affamés pour d’autres) est une véritable libération quand on l’entend par le canal de Radio la Voix du N’zi via l’émission Soûn Tiguê.

L’histoire d’une émission

Soûn Tiguê (rupture du jeûne en malinké) est une émission qui nait d’une volonté de la Direction de Radio la Voix du N’zi d’éduquer les musulmans de la ville de Dimbokro au respect du mois du ramadan. Cette émission affectueusement désignée par les animateurs de ladite station comme étend ‘’l’émission par excellence’’ de la chaîne a un taux d’audience élevé à cause d’une forte communauté musulmane présente dans la ville. Elle est animée par El Hadj Tondossama Yaya qui a en charge toutes les émissions à caractère Islamique de la radio. Il façonne l’émission pour la rendre plus interactive : la rupture du jeûne se fait chaque soir en directe du domicile d’une famille musulmane. « Chaque soir nous rendons visite à une famille et nous échangeons sur des questions touchant à la culture islamique. On partage ensuite le repas de la rupture du jeûne et les auditeurs vivent l’ambiance de la famille en live » précise El Hadj Tondossama Yaya. Le découpage mécanique de l’émission est le suivant : lecture du coran traduit en français, écoute de chants des chorales islamiques, le hazane (cri du muezzin) à l’heure de la rupture suivi du zikre enfin la rupture du jeûne au domicile d’une famille.

Un concept adopté par les familles

Depuis sa création l’émission Soûn Tiguê a été adoptée par tous les musulmans de la cité du bonheur partagé (Dimbokro). Ainsi les familles Cisse Ali, N’diaye, Ouédraogo Issiaka, Tiégbè, Berté Aboubakar reconnues comme des grandes familles musulmanes de la cité ont reçu l’équipe de production. Chaque année le mois du ramadan est donc rythmé par cette production de Radio la Voix du N’zi. Moussa sow, couturier spécialiste du bassin à Dimbokro et membre d’une famille de griot disait ceci à propos de l’émission : « le ramadan est un mois où tout semble s’arrêter pour le musulman. Soûn Tiguê est le genre d’émission qui nous fait oublier le caractère pénible du jeûne pour présenter l’aspect partage et bonheur de la foi islamique ».

Suy Kahofi