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« Il faut désarmer les dozos par la force »

« Les dozos, une véritable milice »

« Les dozos, une véritable milice »

La journée internationale des droits de l’homme a été l’occasion pour l’ONG Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH) de se prononcer sur la situation en Côte d’Ivoire. Selon l’ONG, des avancées ont été réalisées quand bien même les voyants ne soient pas encore passés au vert.

La conférence de presse animée par l’APDH s’est tenue à son siège des 80 logements à Adjamé. Elle a été marquée par la présence du premier responsable de la CSCI (Convention de la Société Civile Ivoirienne), le Docteur Kouamé Christophe. Par cette présence, il entendait apporter son soutien à l’ONG de défense des droits de l’homme et saluer le courage de ses membres qui œuvrent pour la promotion d’un climat social apaisé en Côte d’Ivoire. Dans son propos liminaire, Eric Aimé Semien le président de l’APDH a passé en revue les points saillants de l’actualité nationale et principalement ceux liés au dossier des droits de l’homme.

« Nous nous réjouissons de la mise en place d’une commission des droits de l’homme conforme aux principes de Paris. Il faut également mettre à l’actif de l’Etat ivoirien la ratification du protocole portant sur la création de la Cours Africaine des Droits et des Peuples, conformément à l’article 34.6 du protocole de Ouagadougou. Il s’agit d’avancées notables », se félicite Eric Aimé Semien le président de l’APDH.

Au-delà de ces avancées, d’importants défis demeurent. Il s’agit principalement des défis sécuritaires marqués par le processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration (DDR) des Nations Unies: la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, l’épineux dossier des ex-combattants, le processus de réconciliation nationale et le dialogue politique.
Sur ces deux derniers points, le président Eric Aimé Semien estime que la réconciliation nationale ne doit pas rester un deal entre le pouvoir et l’opposition. Bien mieux, il doit être inclusif et tenir compte en tout point des aspirations de chaque ivoirien. La reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition, marquée par le débat autour des Etats Généraux, est à saluer mais attention à ne pas servir aux Ivoiriens un forum bis dont les conclusions resteront encore dans les tiroirs de la République. Il faut des actes concrets et concertés pour donner toutes les chances au processus de réconciliation d’aboutir à une paix durable.

Pour revenir au dossier sécuritaire, la question du désarmement des dozos, chasseurs traditionnels, a été évoquée par l’APDH. Sur ce sujet, l’ONG se veut clair : il est temps d’utiliser la force pour mettre fin aux agissements des dozos. Désarmer les membres de cette confrérie, qui sont passés de leurs mousquets traditionnels aux kalachnikovs, est une priorité pour restaurer une certaine sérénité sécuritaire dans le pays. Force est à l’autorité et il est temps qu’elle puisse s’en servir pour résoudre le problème des dozos. C’est aussi le point de vue de Docteur Kouamé Christophe, coordonnateur national de la convention de la société civile.

« Nous attirons l’attention de l’Etat sur le fait qu’il doit être équilibré pour tous les citoyens. Devant l’administration, chaque ivoirien doit être traité de la même manière. Et c’est seulement de cette façon que les dozos comprendront qu’il y a un Etat. Je dirais donc que la force doit être le dernier recours mais il suffit simplement qu’un administrateur commence à agir avec l’équilibre du citoyen pour que son action règle une partie des choses », nous explique Docteur Kouamé Christophe.

Les dozos, au même titre que les groupes d’auto-défense, les jeunes patriotes et autres auxiliaires des ex-forces combattantes composent une véritable milice. Celle-ci pense être investie d’une autorité régalienne dans l’exercice de ces « nouvelles fonctions ». Cohabitant avec l’armée régulière, elle ne se gène pas pour exécuter des tâches traditionnellement réservées à la police ou à la gendarmerie. Se substituant donc aux forces de l’ordre, cette confrérie commet abus et violations des droits de l’homme sans que le pouvoir ne s’en inquiète ! Or l’Etat, dans son appareil sécuritaire, ne saurait s’accommoder d’une telle organisation.

SUY Kahofi



Mendiant d’Abidjan l’heure est venue de se reconvertir

Plus de mendiants dans les rues!

Plus de mendiants dans les rues!

Les mendiants et les commerçants ambulants désormais personæ non grata dans les rues d’Abidjan ! La décision émane du Gouvernement Ivoirien. Visibles à tous les carrefours, les mendiants qui affichent leurs infirmités pour recevoir des pièces sont une tâche dans le décor de la capital Ivoirienne. Abidjan qui après avoir souffert de la crise post-électorale retrouve son lustre d’antan veut avoir fière allure surtout qu’elle est aujourd’hui le centre névralgique de plusieurs rencontres internationales et sous régionales. En prenant la décision de déguerpir les mendiants, les autorités Ivoiriennes par le canal du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité veulent assainir les grands carrefours de la perles des lagunes qui sont devenus des nids de promotion de la misère humaine. Plus de mendiants dans les rues et il va falloir s’y faire et surtout se conformer à cette décision au risque d’être déguerpis manu militari ! Quant aux vendeurs ambulants, bras armés de certains grossistes véreux, perturbateurs à souhait du trafic routier et souffre-douleur des unités de police dédiées à la circulation ils doivent aussi quitter la rue. Les activités de commerce selon Sidiki Diakité préfet de la région des lagunes répondent à des normes fiscales clairement établies par les autorités Ivoiriennes. Nul n’a le droit de contourner de telles mesures pour se sucrer sur le dos des contribuables sans payer d’impôt ou de taxes. Les commerçants ambulants affiliés aux grossistes indélicats écoulent à bas prix des marchandises qui n’ont pas été déclaré aux services fiscaux.

Mendiants ou commerçants ambulants, si tel est leurs activités premières pour se prendre en charge, tous devront se faire identifier auprès des services rattachés au Ministère de la Solidarité, celui de l’emploi et des personnes handicapés pour pouvoir bénéficier d’un programme de prise en charge social. Si depuis ce 5 août 2013 la phase de déguerpissement a débuté, les autorités Ivoiriennes veulent également se donner les moyens de convaincre les Ivoiriens du bien-fondé de cette mesure. Aussi une campagne de sensibilisation sera menée par les ministères engagés dans l’opération. La mesure de déguerpir les mendiants et les commerçants ambulants s’inscrit dans le cadre des opérations de lutte contre l’insécurité engagés par les autorités Ivoiriennes. Présenter la mendicité comme activité de promotion de l’insécurité n’est pas anodin. Force est de constater que de véritables empires financiers à Abidjan se sont construits grâce aux mendiants. Très bien organisés, ces réseaux de mafieux exploitent la misère des handicapés et autres personnes vulnérables. Dès le matin, les mendiants rallient par véhicules entiers leurs « différents lieux de travail ». Ils doivent ensuite se faufiler entre les voitures pour faire la recette du jour. Le soir venu il dépose leurs avoirs auprès du Chef de réseau par l’entremise de ces petites mains. C’est contre de telles pratiques que l’Etat Ivoirien va désormais en guerre.



Abidjan : cette plaie appelée insécurité !

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Qui sont les vrais auteurs des agressions?

Dimanche 29 juin 2013, je sirote une bière avec un ami à Cocody à quelques pas de La Maison du Parti (PDCI). Nous discutions tranquillement quand des coups de feu se font entendre non loin des tours Sainte Marie. Un officier de police nous fait signe de rester à l’abri dans le maquis.

« Nous traquons 2 braqueurs qui viennent d’attaquer un domicile à la kalachnikov. Le premier vient d’être abattu le second se cache certainement dans une des ruelles du quartier. Restez là où vous êtes au risque de prendre une balle » nous ordonne l’homme, un Beretta 9 mn en main.

Ce type de scène digne des polars américains sont désormais monnaie courante à Abidjan si bien qu’elles ne surprennent plus personne. La preuve lors des échanges de coup de feu ce dimanche entre les éléments de PJ et les braqueurs, des gamins et leurs parents sont sortis pour « apprécier le spectacle ». Diantre ! Dans quel pays sommes nous ? Abidjan avec des braquages en plein midi, des gangs qui égorgent à la machette, d’autres qui se spécialisent dans les viols sans oublier les coupeurs de route qui signent leur grand retour…L’insécurité est totale pourtant lors de son dernier passage sur les antennes de la RTI, le Ministre Ivoirien de l’Intérieur (Hamed Bakayoko) a précisé que tout va bien au plan sécuritaire. Ces propos sont proches (ou plutôt semblables) à ceux du Général Talla Niang porte-parole des trois forces militaires présentes en Côte d’Ivoire (FRCI, Licorne, ONUCI). L’officier supérieur des Nations Unies affirmait lors du dernier conclave des forces militaires que « la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire est sous contrôle ». De quelle Côte d’Ivoire parle le Général Talla Niang ? Comment peut-on affirmer que la situation sécuritaire est sous contrôle quand chaque jour les journaux relatent en cœur des situations d’agressions violentes avec mort d’homme ? Les domiciles, services publics, PME et commerces sont visités par des voleurs qui semblent éprouver un macabre plaisir à tuer de sang froid ! Entre temps les unités paramilitaires se créent à longueur de journée mais elles peinent à rassurer les Ivoiriens !

« C’est triste : on ne peut pas chanter à la télé que tout va bien et abandonner les Ivoiriens et les Ivoiriennes à la merci des braqueurs. Il faut des mesures concrètes pour rassurer les populations au lieu de donner des réponses politiques pour attirer les investisseurs » s’indigne Guy Roger un étudiant vivant à Yopougon.

Un nombre insoupçonné d’armes légères continuent de circuler en toute impunité dans le pays malgré les opérations de DDR. Pour Sylvanus K., électricien, il faut également chercher du côté des démobilisés mécontents du régime Ouattara qui « se payent » en attaquant les domiciles. Il va plus loin en soulignant qu’il reste convaincu « que des hommes en uniforme sont eux-mêmes auteurs de certaines agressions ». Sur ce point il est difficile de ne pas croire en ces révélations car depuis la fin de la crise de nombreux militaires ont été radié de l’armée et jetés en prison pour des agissements contraire à l’étique de l’uniforme.

« Il y a quelques années lorsque vous voyez un militaire vous êtes rassuré mais aujourd’hui c’est le contraire ! Avec une armée infestée d’anciens détenus comment voulez-vous être rassuré ? » s’interroge Mr Koffi Ekissi G. un enseignant à la retraite.

Qui pourra sauver Abidjan de son insécurité chronique ? Entre ceux qui réclament un changement de la législation sur la détention des armes à feu et ceux qui veulent la levée de l’embargo sur les armes, certains optent pour des solutions plus immédiates et qui selon eux peuvent être « appliquées rapidement ».

« Il faut commencer par nettoyer l’armée elle-même des brebis galeuses ! Si l’armée n’est pas propre comment peut-elle contribuer à asseoir un climat sécuritaire digne du nom ? La guerre fait parti de notre passé alors comment pouvons-nous encore accepter que des illettrés et des évadés de la MACA soient encore en uniforme ? Il faut que cela change ! » nous explique Yao Jacques un gérant de cabine téléphonique.

Un grand nettoyage de l’armée OUI mais pour certaines ONG il faut dans l’immédiat réussir l’opération du DDR : Démobilisation Désarmement Réinsertion. Difficile de calmer des hommes qui ont faim ! Si ceux qui ont pris les armes hier ne retournent pas à la vie civile, il sera bien difficile de lutter contre l’insécurité. A ce niveau la mauvaise fois des démobilisés est aussi à souligner.

« Ils ne déposent que de petites armes et des caisses de munitions juste pour de l’argent mais Dieu seul sait l’arsenal qu’ils cachent ! Les mêmes têtes se retrouvent dans toutes les opérations de DDR toujours avec des armes » nous explique un journaliste.

La Côte d’Ivoire est dans un cercle vicieux où la seule solution qui s’offre à elle est de faire fusionner le DDR, l’insertion des ex-combattants et le toilettage de l’armée pour réussir d’ici 10 ans – minimum – son programme de lutte contre l’insécurité.

SUY Kahofi



Bonjour Abidjan, je suis Mokhtar Belmokhtar !

Les djihadistes aux portes d'Abidjan?

Les djihadistes aux portes d’Abidjan?

Qu’il soit vivant ou mort ce n’est pas ce qui inquiète les Ivoiriens. Qu’il menace les ennemis d’Allah encore moins. La crainte véritable c’est quand il décidera de frapper la Côte d’Ivoire. Belmokhtar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est ressuscité d’entre les morts et il promet désormais le sang et les larmes à tous les chasseurs d’islamistes engagés dans le nord Mali. La Côte d’Ivoire figure sur la liste des potentielles destinations que pourrait prendre Bel’marlboro and CO. 250 soldats Ivoiriens assurant la mission de bataillon logistique au Mali c’est largement suffisant pour faire sauter des véhicules piégés au Plateau ou à Cocody.
Lorsque les menaces fusent, c’est le moment pour les ivoiriens de s’interroger et de cogiter sur les raisons qui ont bien pu pousser le Président Alassane Ouattara à précipiter la Côte d’Ivoire dans une guerre dont l’ennemi à défaut d’avoir un visage a la faculté d’être « omniprésent ». Il est vrai que le terrorisme est une menace pour tous les pays du monde mais faut-il pour autant faire du zèle inutile quand il s’agit de le combattre ? Je parle de zèle inutile dans la mesure où le pays lui-même est en proie à d’énormes défis sécuritaires.

Un engagement mercantile ?

Qu’est ce qui a bien pu pousser le Président Alassane Ouattara à engager une armée en pleine reconstruction dans un conflit aussi important comme celui du Mali ? La première réponse dans les agoras c’est L’ARGENT ! Oui la Côte d’Ivoire est au Mali pour le sou et rien d’autre. Le calcul était clair à l’origine : certains Chefs d’Etat de la sous-région étaient convaincus depuis le début de l’intervention militaire au Mali que l’ONU s’impliquerait directement dans le conflit. Or une mission des Nations Unies c’est une histoire d’argent. Chacun à donc décidé de précipiter ses forces dans la bataille après le nettoyage de la France pour ramasser les dollars de l’ONU. 250 soldats Ivoiriens payés gracieusement par l’ONU c’est terriblement tentant pour un Président qui peine à payer correctement ses hommes. Les exemples sont là pour le montrer : à Abidjan il y a plus d’agressions perpétrés par des éléments FRCI que par des délinquants de profession. Ce que le Gouvernement refuse en salaire, ils le prennent de force aux populations ! Je sais que les Ivoiriens sont altruistes mais pas au point de négliger leur propre sécurité pour traquer des djihadistes.

Un peu de pub’ pour la solution

Quand on est à la tête d’un pays et que la population est foncièrement déçue de votre gestion, la seule manière de briller c’est de se donner de la contenance sur l’échiquier politique international. A ce jeu Alassane Ouattara est très fort ! Il fait la sourde oreille aux lamentations des Ivoiriens et prend le temps de s’émouvoir de la tristesse des autres. Les populations se plaignent de la cherté de la vie, des coupures d’électricité et d’eau, des ordures qui envahissent de nouveau la ville et des salaires qui deviennent de plus en plus insignifiants. Pour seule réponse, la Présidence ne propose que des communiqués de presse et des articles relatant les nombreux voyages du Chef de l’Etat. Le Mali, les djihadistes, la famine dans le sahel, les groupes armées dans le nord Mali…des thématiques qui peuvent faire de la publicité au Président de la CEDEAO alors pourquoi ne pas en profiter ?

Le Mali pour éviter le problème sécuritaire Ivoirien

La Côte d’Ivoire est une passoire et les nombreuses attaques contre les éléments FRCI sont là pour le montrer. Il ne se passe pas un seul mois dans ce pays sans que le sang ne coule : aussi bien celui des militaires que celui des populations civiles. Comment peut-on bander les muscles au plan international quand on n’arrive même pas à protéger sa population ? C’est fuir ses responsabilités que d’expédier 250 militaires surentrainés par la France au Mali et livrer les Ivoiriens aux bandes armées. Si le Gouvernement Ivoirien était aussi soucieux de la situation sécuritaire du pays il aurait décidé d’en prendre le leadership au lieu de quémander l’assistance des Casques Bleus. A la frontière ivoiro-libérienne les viols, assassinats ciblés, expropriations et incendies de village se poursuivent et aucune réponse. A la frontière ivoiro-ghanéenne, les villes sont toujours attaquées, les paysans effrayés à l’idée de se rendre dans leurs plantations et les commerçants inquiétés par les coupeurs de route. Chaque militaire ivoirien ne pourrait-il pas apporter une solution à ses défis sécuritaires ? Loin d’y penser, nous nous embarquons dans un conflit qui pourrait nous coûter cher.

Avec une armée aussi mal structurée, des services de renseignements prompts à débarquer chez d’innocents journalistes et des querelles de nominations sous fond ethnique, quelle défense peut opposer la Côte d’Ivoire si le djihad est mené sur son sol ? Avons-nous les moyens de nous défendre ? Le Gouvernement Ivoirien semble avoir oublié une chose : s’engager contre le terrorisme dans un autre pays c’est aussi s’engager à recevoir le terrorisme sur son sol. L’exemple du Kenya, du Niger et du Tchad sont là pour le montrer. Celui qui traque le terrorisme est à son tour traqué !

SUY Kahofi



ONUCI : un nouveau chef pour quelles missions ?

Aïchatou Mindaoudou, la nouvelle patronne de l'ONUCI

Aïchatou Mindaoudou, la nouvelle patronne de l’ONUCI

L’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire a un nouveau patron ou plutôt une nouvelle patronne ! Elle est le cinquième haut fonctionnaire désigné par Ban Ki Moon pour accompagner la Côte d’Ivoire dans son processus de normalisation socio-politique.

Crée en 2004, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) fait partie du paysage socio-politique et économique de la Côte d’Ivoire. Sa mission depuis sa création a été d’accompagner le pays vers la paix après le déclenchement de la crise militaire de septembre 2002. Dotée d’une force militaire, l’ONUCI a notamment veillé au respect du cessez-le-feu entre FDS et FN. L’histoire de cette mission opérationnelle des Nations Unies a été très mouvementée ; en témoigne les quatre fonctionnaires qui a tour de rôle ont dirigé la mission en huit (8) ans. Leurs mandats respectifs ont été de durée différente mais ils ont partagé une même appréciation de la part des ivoiriens. Jamais aimé et toujours contesté !

L’ONUCI d’Albert Tévodjéré à Aïchatou Mindaoudou

Parlant des patrons de l’ONUCI retenons que c’est Albert Tévodjéré a ouvert le bal. Il avait une connaissance assez approximative de la sociologie des Ivoiriens. Il a pris les rennes de la mission avec une ferme volonté de trouver lui l’africain une solution à une crise africaine. Les boulangers politiques Ivoiriens, les bandes armées et leurs dirigeants aux exigences et humeurs changeantes ont eu raison du diplomate Togolais qui a rendu son tablier. Pierre Shöri se lance dans la course et devient l’homme du kiproko constitutionnel de 2005 avec les voyages multiples du groupe de contact. Il négocie apparemment un maintient au pouvoir de Laurent Gbagbo et le prolongement du mandat des députés pour éviter le KO. Il se lance sur la voie des négociations pour la tenue des élections présidentielles mais ne restera pas assez longtemps pour les voir. Il a été jugé de personnage trop timide pour une crise chaude comme celle qu’a vécu la Côte d’Ivoire. Son successeur Young Ji Choi est lui aussi timide en apparence sauf que réellement il ne l’est pas. Il réussira à accompagner la Côte d’Ivoire aux élections et même à faire respecter le choix des urnes. Son départ a suscité une grande émotion chez ses collaborateurs, une indifférence teintée de mépris chez les partisans de Laurent Gbagbo. Albert Gerard Koenders succède à Young Ji Choi et conduit le processus électoral à sa fin malgré les violences qui l’ont émaillé. Un mandat trop court hélas puisse que l’homme est nommé à la tête de la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour le Mali). A 53 ans l’ancienne ministre nigérienne Aïchatou Mindaoudou succède à Albert Gerard Koenders et devient le deuxième patron africain de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire après le Professeur Albert Tévodjéré.

Qui est Aïchatou Mindaoudou ?

Aïchatou Mindaoudou connait bien la Côte d’Ivoire pour y avoir fait une partie de ses études de droit international. Les missions qui seront également les siennes ne lui sont pas étrangères. Elle aura la lourde tache de poursuivre l’œuvre de pacification de l’ouest-ivoirien et surtout d’aider à trouver des réponses idoines à des problématiques comme celle du foncier, le désarmement, la question de l’équilibre dans la justice transitionnelle et surtout penser à pacifier les élections présidentielles de 2015. Forte d’une carrière de femme d’Etat de 20 ans elle possède sans nul doute les armes nécessaires pour réussir sa mission. En effet, récompensé en 2006 par une légion d’honneur pour « son engagement dans la résolution des crises en Afrique », Mindaoudou est devenue un personnage clé de la diplomatie sous régionale. Après avoir été ministre du Développement social en 1995, elle occupera le ministère des Affaires étrangères sous la présidence de Mamadou Tandja pendant près de 10 ans. En 2005 à Accra, lorsque le chef de l’État nigérien est élu à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Aïchatou Mindaoudou prend la tête du Conseil des ministres pour la médiation et la paix. Pendant deux ans elle suit tous les sujets importants et conduit les missions de l’organisation en Guinée-Bissau et au Togo au lendemain de la mort du Général Gnassigbé Eyadema. Le secrétaire général des nations unies n’a donc pas fait confiance à une novice pour gérer le dossier ivoirien, reste à savoir si elle pourra faire le consensus auprès de la classe politique ivoirienne qui a déjà eu raison de plusieurs représentants de Ban Ki Moon.

SUY Kahofi