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L’embargo sur le diamant Ivoirien sera-t-il levé ?

Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC

Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC

L’embargo sur le diamant ivoirien sera-t-il levé ? La question mérite d’être posée puisque que les autorités ivoiriennes viennent d’accepter un point de contrôle périodique du processus de Kimberley dans le pays. L’évaluation des capacités du pays dans son programme de lutte contre le trafic illicite des diamants (s’il est positif) devra permettre la levée de l’embargo et une modernisation plus accrue des méthodes d’exploitation minière.

C’est le 15 décembre 2005 que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a frappé la Côte d’Ivoire d’un embargo sur son exploitation de diamants. Cette décision faisait suite à une exploitation des mines par les chefs de guerre dans le nord du pays. L’argent issue de ce trafic qui transitait par le Burkina Faso et la Guinée servait à financer les nombreux groupes armés qui régnaient en maître dans le nord-ivoirien.

Malgré la fin de la crise et le retour à l’ordre politique, la Côte d’Ivoire continue d’être sous cet embargo qui l’empêche d’industrialiser sa production de diamants. Les mines sont encore exploitées de façon artisanale= et cette production ne bénéficie qu’à un groupuscule de chercheurs et de trafiquants. L’Etat ivoirien ne tire ainsi aucun profit de tout ses diamants ! C’est pour mettre fin à cette situation que la Côte d’Ivoire se propose d’accueillir fin février 2013 un groupe d’évaluation du Processus de Kimberley. Ce groupe, qui comprendra également des experts des Nations Unies, aura pour mission d’évaluer le pays sur ses progrès réalisés dans la lutte contre le trafic des pierres.

Cette étude permettra aux entreprises qui ont pignon sur rue d’investir en Côte d’Ivoire car contrairement aux idées reçues, les strates kimberlites de la Côte d’Ivoire sont encore fournies en pierres de qualité, malgré une exploitation artisanale qui fait perdre des millions de dollars au pays chaque année. En s’inscrivant dans le processus de Kimberley, la Côte d’Ivoire a accepté un projet de bonne gouvernance minier et entend en tirer profit. La Côte d’Ivoire est donc dans l’attente d’une évaluation qui mettra définitivement fin à toutes les spéculations sur les mouvements des pierres exploitées dans le pays, et autorisera de nouveau une traçabilité du diamant Ivoirien.

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire : une vieille Dame au berceau !

Nanan Boigny, le vrai bâtisseur de la Côte d’Ivoire

52 ans voici l’âge de ma belle Côte d’Ivoire, Patrie pour laquelle nos pères se son battus et pour laquelle nous continuons de nous battre. Nos pères se sont battus pour arracher l’indépendance politique au colonisateur et nous – chacun avec ses convictions politiques – nous battons pour l’indépendance économique. Du brave planteur Houphouët Boigny à Alassane Ouattara en passant par le Général Robert Gueï, la Côte d’Ivoire trace son chemin et tente tant bien que mal de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Le temps passe et pour moi, jeune Ivoirien né 20 ans après l’indépendance de son pays, je constate que mon pays loin d’évoluer recule sur le plan politique et économique. Rien à part l’œuvre du Père Fondateur n’a été réalisé après lui. Tout ce que la Côte d’Ivoire a et est nous le devons au Boigny de Yamoussoukro. 90% des bâtiments administratifs, des hôpitaux, des aéroports, des routes, des barrages hydro-électriques, des aérodromes…nous le devons à un seul homme qui loin d’avoir pensé à sa famille et son clan politique a pensé à la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ce qu’elle est grâce à Houphouët Boigny et les pseudo-politiciens qui lui ont succédé sans exception ne pourront pas dire le contraire ! C’est malheureusement à cause de ces hommes qui se sont assis dans le fauteuil présidentiel après Houphouët Boigny que mon Pays a sombré dans les bas-fonds du développement.

De la Grande Dame courtisée dès son indépendance en 1960, ma Côte d’Ivoire est aujourd’hui une gamine qui retourne au sein ! La Côte d’Ivoire était mature au lendemain de 1960 car au moment où la violence s’installait dans plusieurs pays d’Afrique elle était fière de sa stabilité. Au moment où des Présidents de la République se faisaient tuer dans leurs Palais, la Côte d’Ivoire connaissait la tranquillité. Loin des coups d’Etat, des guerres civiles, des conflits ethniques…mon pays a su se faire respecter. Elle était une fière Dame ! Hélas, l’arrivée d’un certain Laurent Gbagbo, chantre présumé du multipartisme, apôtre infatigable de la violence va sonner le déclin de ma patrie. Les contestations, les marches, les grèves…vont prendre le dessus sur la stabilité politique et économique. Le clou de cette violence est le coup d’Etat du Père Robert. Son amour pour le sang et sa soif de pouvoir feront connaitre à la Côte d’Ivoire son premier coup d’Etat. Suivront après une série de tentatives de coup d’Etat et de violences armées qui vont aboutir à la guerre civile de 2002. La Côte d’Ivoire vieille de 52 ans retourne à la vie des pays africains d’après indépendance. Comme dirait un fidèle lieutenant du Boigny : « ce que nous n’avons pas fait au lendemain de l’indépendance, c’est aujourd’hui que nous le faisons ». La Côte d’Ivoire retourne au sein car elle fait l’expérience du désordre au moment où les autres pays tournent le dos à la barbarie. Pourquoi ne pas donner un sens au mot paix pour mériter largement nos 52 ans ? Pourquoi ne pas tenter de rompre avec la violence pour mériter de nouveau le respect que les autres peuples avaient pour nous ? Quitter notre berceau n’est qu’une question de volonté. Oublier un tout petit peu nos ethnies, nos religions, nos clans politiques pour penser seulement à la Côte d’Ivoire voici le véritable effort que les Ivoiriens doivent faire pour changer. Rien ne sert de prédire l’apocalypse sur son pays et prétendre qu’on est patriote ! La chose la plus importante à faire pour montrer son patriotisme consiste à tourner le dos à la violence et à préserver l’héritage que nos pères nous ont laissé.

SUY Kahofi  



11 avril : restauration ou mort de la démocratie en Côte d’Ivoire ?

 

Laurent Gbagbo est-il le seul coupable?

Voici un an jour pour jour que s’achevait la crise post-électorale Ivoirienne avec la chute du régime de la refondation. Laurent Gbagbo braqué contre la communauté internationale refusait de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara au terme du second tour de la présidentielle de novembre 2011. La fin de l’histoire est connue de tous : l’ex-président ivoirien est sorti de son bunker sous une pluie de roquette. Un an après la chute de celui qu’on appelle le woody de mama, la Côte d’Ivoire continue de vivre et renoue même avec la croissance. Selon certains analystes, le taux de croissance devrait être supérieur à 8%. Un an après le 11 avril 2011 la Côte d’Ivoire continue de chercher sa voie car les deux chantiers les plus importants du programme Ouattara ne sont toujours pas achevés. D’un côté la réconciliation et de l’autre la restauration de la sécurité.

Insécurité, vie chère et réconciliation

La Côte d’Ivoire de son statut de havre de paix et de quiétude est aujourd’hui un asile pour bandits de grands chemins. Les vols, les meurtres, les braquages à l’arme lourde font parti du quotidien des Ivoiriens. « Il ne se passe pas une seule semaine sans que dans mon quartier on ne signale un vol ou un viol.  L’insécurité est aujourd’hui normal dans ce pays et le comble certains voleurs sont des éléments des FRCI » affirme un Ivoirien sous couvert de l’anonymat. Au-delà de cette insécurité galopante c’est aussi l’épineux dossier de la vie chère que le gouvernement Ouattara n’est toujours pas capable de résoudre. « La vie était chère avant la crise et aujourd’hui est encore plus grave. On n’arrive plus à manger à sa fin et le peu que vous avez ne peut pas vous permettre de vous nourrir convenablement » se lamente Chantal Kouakou une mère de famille. « Où allons-nous » s’écrit une autre mère de famille. Ehouré Joseline dénonce l’attitude des commerçants véreux. « Ils s’enrichissent sur le dos des pauvres en fixant des prix en fonction de la tête des clients et le comble rien n’est fait pour les arrêter ». L’autre débat, celui de la réconciliation est plus politisé. Le parti au pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité du drame Ivoirien et s’accusent de manque de volonté pour rassembler les Ivoiriens. Si au sommet la querelle vire aux menaces par presse inter-posée, à la base les militants ne se font pas de cadeaux. « La réconciliation est de façade. Je suis de l’ouest mais depuis que je suis de retour dans le quartier tout le monde me regarde comme un pestiféré puisse que je suis de la même ethnie que l’ancien Président. On ne peut pas rendre tout un peuple responsable de ce qui est arrivé au pays » s’indigne Bahi avant de souligner que certains de ses voisins ne lui adresse plus la parole ! Pour Konaté un nordiste « le véritable obstacle à la réconciliation réside dans le refus du FPI de demander pardon ». Le FPI selon lui « ne peut pas jouer la victime là où tout le monde reconnait sa culpabilité ». Il faut donc que le FPI demande pardon avant toute chose estime le chef d’entreprise. Pour Méïté le nœud du problème réside dans le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. « Laurent Gbagbo est notre frère et je pense qu’on pouvait le laisser ici, le juger ici ou même le gracier. Ses partisans ne se sentent pas dans cette réconciliation simplement parce que leur leader est derrière les barreaux ». Pour Traoré Wodjo Fini la logique d’un Gbagbo en prison répond certes à un besoin de justice mais attention à ne pas tomber dans une logique justice des vainqueurs sur les vaincus. « Jusqu’à ce jour seuls les leaders d’un camp sont harcelés et cela n’est du tout bon pour  la justice transitionnelle ». Le pardon oui mais pas seulement celui venant du FPI car selon Konan Oscar « tous les Ivoiriens sont coupables. Cette crise est le résultat de la longue querelle de succession qui a commencé à la mort de Félix Houphouët Boigny. Chaque politicien doit des excuses et un pardon sincère au peuple parce que chaque fois c’est le peuple qui souffre ».

La Côte d’Ivoire veut devenir un hub de croissance pour la sous-région et même pour l’Afrique. Avant de réaliser se rêve elle doit avant tout se donner les moyens de devenir un pays respecté non pas pour sa richesse mais pour les solutions qu’elle trouvera à ses problèmes.

SUY Kahofi

 



Donné pour malade, Charles Blé Goudé serait dans l’ouest Ivoirien ?

 

Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique

On a coutume de dire que lorsque quelqu’un est recherché il prend l’habitude de se ‘’cacher’’ là où on l’attend le moins ! Est-ce le cas pour Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique ? En tout cas c’est ce que plusieurs tabloïdes du Libéria voisin avancent. De nombreux journalistes et analystes libériens pensent savoir où se trouve Charles Blé Goudé et selon eux il serait dans l’ouest Ivoirien en pleine préparation de ce qu’ils appellent un mouvement visant à déstabiliser le pouvoir d’Alassane Ouattara. Certainement sûrs de leurs sources, les canards de Monrovia affirment tous ou presque, que l’homme, ayant pris ses quartiers en Angola se serait constitué un arsenal de guerre à travers plusieurs voyages notamment en Corée. Difficile de dire s’il s’agit de celle du nord ou du sud mais en tout cas tout porte à croire selon les analystes de la presse libérienne que le projet de Charles Blé Goudé est en de bonne voie et certains signes sur le terrain le montrent.

Ces signes dont parle la presse libérienne est l’impressionnant déploiement de troupe de l’ONUCI et de la MINUL le long de la frontière ivoiro-libérienne. Jamais ces deux missions n’avaient autant accordé une attention si grande à cette frontière. Les patrouilles se multiplient surtout au niveau terrestre et aérien pour quadriller cette frontière. Le deuxième signe vient de l’Union du Fleuve Mano. Les Chefs d’Etat Major de l’union viennent d’achever à Grand-Bassam une réunion pour définir un plan de sécurisation commun à l’Union pour mettre un terme aux activités des groupes armés qui pullulent dans la région depuis la fin de la guerre au Libéria et de la récente crise post-électorale Ivoirienne. Sur une frontière longue de plus de 5000 km, les priorités de ce plan de sécurisation commun à l’Union seront certainement données à la frontière ivoiro-libérienne où les activités de grand banditisme sont constamment signalées. Troisième indice et non des moindres est la présence de plus en plus remarquée des éléments des FRCI dans la région ouest de la Côte d’Ivoire. Pour certains Ivoiriens ce déploiement n’est qu’une simple coïncidence. Il n’est que le fruit du dispositif sécuritaire mis en place dans la région avant l’arrivée du Chef de l’Etat courant avril.

Charles Blé Goudé chef d’une milice dans l’ouest Ivoirien : simple rumeur ou réalité ? Pour les Ivoiriens, rumeur ou fait avéré la question ne se pose pas. La chose la plus importante c’est que le pays en a marre des bruits de botte et de mitraillette. Pro-gbagbo ou pro-ouattara, rares sont les Ivoiriens qui ayant vécu la crise pensent véritablement à la guerre aujourd’hui. « Si Charles Blé Goudé veut être utile à son pays qu’il appelle plutôt les ex-miliciens fidèle à son ‘’père’’ pour qu’ils rendent leurs armes à l’ONUCI » estime un jeune cadre.

SUY Kahofi



Côte d’Ivoire: le corps du journaliste Guy-André Kieffer aurait été retrouvé

L'image de Guy-André Kieffer sur un visuel Commémoratif

Un squelette a été découvert dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il pourrait s’agir du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Il avait disparu le 16 avril 2004 à Abidjan.

« Un squelette a été découvert dans la région d’Issia (ouest), en présence du juge français Patrick Ramaël. Les éléments d’enquête donnent à penser qu’il pourrait s’agir du corps de Guy-André Kieffer« , a précisé une source proche du dossier. « Des prélèvements ont été effectués en vue d’analyses ADN« . « Un certain nombre d’éléments laissent penser que cela pourrait être le corps de Kieffer mais il faudra attendre les résultats de tests ADN« , qui vont être faits « le plus rapidement possible« , a déclaré de son côté Maîtree Alexis Gublin, avocat de Bernard Kieffer, frère de Guy-André. Journaliste économique, à Libération, La Tribune et au Monde, Guy-André Kieffer avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne Abidjan alors qu’il enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. L’enquête menée en France s’est orientée vers des cercles proches du pouvoir de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, arrêté le 11 avril 2011 après une crise postélectorale de quatre mois, qui a fait quelque 3.000 morts. Le juge Ramaël est arrivé le 2 janvier à Abidjan pour une nouvelle mission dans le cadre de cette enquête. Au moment de sa disparition, le journaliste travaille pour La Lettre du Continent consacrée à l’Afrique. Il rédige des articles gênants et subit des pressions.