Les maliens de Côte d’Ivoire contribuent à l’effort de guerre

Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés

Maliens de Côte d’Ivoire toujours mobilisés

15.000.000 de francs CFA voici la somme réunit ce samedi 2 février à la Maison du Mali (Abidjan-Plateau) lors du lancement de la caravane de mobilisation de fond pour soutenir l’armée malienne qui s’engage aux côtés des forces africaines et de la France pour lutter contre les groupes islamistes du nord-Mali. Cette somme a été rassemblée par les maliens vivants en Côte d’Ivoire, les amis du mali et les autres membres de la grande communauté CEDEAO vivant en Côte d’Ivoire. Selon Dao Ibrahim le responsable à la communication du projet de collecte de fond pour le Mali, 15.000.000 de f CFA levée d’une manière aussi spontanée est un geste encourageant ! « C’est déjà bon signe ! A partir de ce lundi (NDLR : 5 février) les carnets pour l’opération vont commencer à circuler dans tous les quartiers de telle sorte que tous ceux qui peuvent donner quelque chose puissent le faire pour que ces fonds remontent à nous » a-t-il fait savoir. Les femmes maliennes vivants en Côte d’Ivoire sont conscientes que leurs sœurs et leurs enfants payent un lourd tribu dans cette guerre à eux imposé par les islamistes. De ce fait, elles n’entendent pas rester les bras croisés face à cette grande opération de mobilisation de fond pour la patrie. Berthé Madina Diallo la présidente de l’Association des femmes maliennes de Côte d’Ivoire le dit à qui veut l’entendre : « les femmes soutiendront l’effort de guerre ». Elle lance l’appel suivant : « nous invitons tous les ressortissants maliens. Que ce soit 5 f ou 1000 f, qu’ils se mobilisent pour nous venir en aide. Nous avons installé des sous-commissions dans chaque commune et ces sous-commissions sont dirigées de facto par les responsables de commune ». Cette proximité permettra à chaque malien d’apporter quelque chose pour soutenir son armée. Au-delà des communes d’Abidjan, c’est une vaste opération de mobilisation qui va s’ébranler dans toute la Côte d’Ivoire pour toucher les maliens dans les hameaux les plus reculés.

La cérémonie officielle marquant le lancement de la campagne de mobilisation de fond pour le Mali a été rehaussé par la présence du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. Younoussou Touré se félicite de la mobilisation de ces compatriotes autour de leur armée et de cette cause noble qu’est la libération de leur pays. « C’est un sentiment de fierté qui m’anime et je dois vous dire que ce que nous avons vu ici est très encourageant. Nous avons vu des maliens enthousiastes rien qu’à l’idée d’apporter leur contribution à l’effort de guerre. Pour cette première levée de fond, ce qui a été collecté est vraiment très important » s’est félicité le Président de l’Assemblée Nationale Malienne. L’Ambassadeur du Mali en Côte d’Ivoire partage le sentiment de joie du Président de l’Assemblée Nationale Malienne. En tant que premier responsable de la communauté malienne vivant en Côte d’Ivoire, Son Excellence Seydou Traoré invite ses frères et sœurs à rester mobilisé pour la libération du Mali mais surtout à continuer de respecter les lois du pays d’accueil qui ne cesse de s’engager aux côtés du Mali pour une issue favorable de la crise. La vaste collecte de fond initiée par la communauté malienne se poursuit jusqu’au 25 février 2013.

SUY Kahofi

Mali/Crise Humanitaire : PLAN International interpelle !

Enfants Maliens réfugiers au Burkina Faso

Enfants Maliens réfugiers au Burkina Faso

Malgré le difficile accès aux zones directement touchées par les combats notamment la ligne de front, PLAN continue de déployer ses équipes en soutien aux déplacés qui désertent le nord-mali pour le sud du pays ou les pays limitrophes. L’organisation fondée depuis plus de 75 ans est l’une des plus anciennes et des plus grandes organisations de développement centrée sur l’enfant dans le monde ! Elle est opérationnelle dans 50 pays en voie de développement à travers l’Afrique (24 pays), l’Asie et les Amériques. PLAN s’investi dans la promotion des droits de l’enfant et contribue à sortir des millions d’enfants de la pauvreté. C’est bien ce leitmotiv, cette mission première qui l’oblige à être en ligne de front des ONG activent au Mali car le conflit qui secoue ce pays de la CEDEAO touche en premier les enfants et leur mères. PLAN a commencé ses activités-terrains au Mali depuis 1976 et elle apporte une assistance d’urgence liée à la crise depuis le début du conflit au Mali (2012). C’est donc en connaissance de cause que PLAN tire sur la sonnette d’alarme et met en garde l’opinion internationale : le Mali est proche d’une crise humanitaire majeure.

Des dizaines de milliers de personnes déplacées ainsi que celles toujours présentes dans les zones de conflit sont laissées en rade. En plus, le conflit empêche les agriculteurs de faire les semis pour la récolte de 2013, et il est à craindre que près de deux millions (2.000.000) de personnes soient affectées par une crise alimentaire cette année. Selon les Nations Unies, depuis que les combats ont commencé le 10 janvier 2013, environ 10.000 personnes ont fui. Près de 376.000 personnes ont été déplacées vers l’intérieur depuis le début de la crise en Mars 2012. A ce total, s’ajoute près d’un quart de million de personnes déplacées internes et d’autres réfugiées dans les pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso. Alors que les combats continuent, les agences humanitaires s’attendent à voir le nombre de déplacées internes atteindre près des trois quarts du million durant les mois à venir. « Les personnes déplacées récemment ont besoin de presque tout. Elles ont besoin de nourriture, d’abris, d’eau, d’assainissement et de soutien psychologique. Nous avons besoin de financements conséquents pour être en mesure d’élargir notre réponse au fur et à mesure que le nombre de ces personnes déplacées augmente » nous explique Anthonin Ngarukiye, Responsable de la réponse d’urgence PLAN Mali. Face à cette situation de plus en plus critique, PLAN apporte une réponse humanitaire d’urgence aux besoins des déplacées interne au Mali. Il s’agit principalement de la distribution de vivres et non-vivres à travers les « kits dignité ». Ce kit de base est composé d’articles divers tels que des serviettes, des brosses à dents, du dentifrice, des chaussures en caoutchouc, des comprimés de paracétamol et des moustiquaires. PLAN apporte également un soutien psychologique, une protection et des services éducatifs de base aux enfants affectés par le conflit. Au-delà de la réponse humanitaire immédiate, il faut penser au long terme. Le conflit du nord-mali aura un impact lourd de conséquence sur la production agricole et la disponibilité des denrées sur le marché. Les agriculteurs commencent généralement à préparer leurs champs en Février mais dans le contexte actuel beaucoup d’entre eux ne sont pas en mesure de travailler ! Avant le début de l’action militaire (10 Janvier 2013), plus de deux millions de personnes étaient à risque d’insécurité alimentaire au Mali en particulier dans le Nord. On estime que plus de 660.000 enfants sont exposés à des risques de malnutrition aigüe et environ 1,5 millions de personnes sont à risque d’épidémies dues à un accès limité à l’eau et aux installations sanitaires dans le Nord !

Il faut impérativement se focaliser sur la réponse humanitaire au Mali car selon Dr Unni Krishnan, Directeur de la préparation et de la réponse aux urgences au PLAN « chaque minute compte dans la réponse à la crise humanitaire au Mali ». En effet, les personnes déplacées, en particulier les enfants, sont touchés à la fois physiquement et psychologiquement. Il faut donc prévoir une politique de secours émotionnels et des activités récréatives pour les enfants en accompagnement des mesures de distribution d’eau et de nourriture. Pour répondre efficacement aux besoins des populations à risque dans les six prochains mois, PLAN estime ses besoins à 3,2 millions de dollars US.

SUY Kahofi (source PLAN International – PLAN Mali)

Revue de la Presse Ivoirienne du 14 au 19 janvier 2013

Les soldats français ont précédé ceux de la CEDEAO

Les soldats français ont précédé ceux de la CEDEAO

Cette semaine les journaux sont largement revenus sur l’arrestation de Charles Blé Goudé le leader de la Galaxie Patriotique pro-gbagbo au Ghana. En exile depuis près de deux ans écrit Fraternité Matin, Blé Goudé arrêté ce jeudi 17 janvier au Ghana par INTERPOL. Comment a-t-il été arrêté ? Le Patriote se propose de répondre à cette question et le confrère précise dans son analyse que ses proches craignent qu’il soit transféré à La Haye. En bonus, le journal nous offre le parcours du plus célèbre des activistes pro-gbagbo sous forme de biographie. Blé Goudé en route pour Abidjan ou La Haye se demande Le Nouveau Réveil quand L’intelligent d’Abidjan nous présente ce que Blé Goudé risque face à la justice. Chez les bleus l’analyse est différente. Charles Blé Goudé échappe à un enlèvement titre Le Temps qui précise, la police ghanéenne déjoue le complot. En difficulté Ouattara distrait l’opinion ! Même son de cloche dans les colonnes du Nouveau Courrier qui souligne : Blé Goudé échappe à Alassane Ouattara. Les journaux Ivoiriens sont revenus sur la visite de travail que le Président Alassane Ouattara a entrepris en Allemagne. Pour la chancelière allemande Engela Merkel le Président Alassane Ouattara est un gage d’assurance et de confiance pour les investisseurs allemands écrit Fraternité Matin. Le quotidien pro-gouvernemental affiche en manchette un extrait des propos de la chancelière allemande Engela Merkel qui s’adressait au Chef de l’Etat Ivoirien en ces termes et je cite : « vous constituez la confiance que nous attendions ». L’autre volet des échanges entre la chancelière allemande Engela Merkel et le Président Alassane Ouattara relayé largement par la presse Ivoirienne est la crise malienne. Sujet incontournable puisse que Berlin analyse l’aide qu’il pourrait apporter aux troupes engagées sur le terrain. Le Président en exercice de la CEDEAO s’est donc fait le porte-parole de son organisation. Selon Le Patriote et L’Intelligent d’Abidjan Ouattara a obtenu deux avions de type Transal pour le compte de la CEDEAO avec Merkel. Ces deux avions si l’on s’en tient aux analyse de nos confrères permettront le transport des troupes des capitales ouest-africaines vers Bamako et Nord-Sud quotidien de conclure Ouattara convint Merkel ! Toujours sur ce sujet et comme pour prendre le contre pied de ces journaux Le Quotidien d’Abidjan affiche : énième voyage du Chef de l’Etat, maigre moisson pour Magelan. Le confrère souligne que les déclarations tapageuses du Chef de l’Etat Ivoirien après ses nombreuses visites sont absentes pour son périple allemand. Ouattara n’a pas encore annoncé combien de milliards les allemands lui ont remis ! Laissons la diplomatie pour ouvrir le chapitre de la politique intérieur notamment le chapitre des élections locales. Les journaux dans leur ensemble continuent de relayer l’interview que Miaka Ouréto, le président par intérim du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, a accordée à la radio de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Municipales et régionales le FPI propose 2014 affiche Soir Info qui accorde la parole à Youssouf Fofana du RDR, le Rassemblement Des Républicains d’Alassane Ouattara qui déclare et je cite : « il ne faut pas rêver ». Dans la même logique Le Jour Plus écrit : demande de report des élections en 2014, le Front Populaire Ivoirien veut entraîner les Ivoiriens dans ses rêves. Justice, Laurent Akoun le procès encore reporté affiche Notre Voie. Pour savoir quand s’ouvrira le débat judicaire autour du dossier Laurent Akoun, prenons rendez-vous dans les colonnes du quotidien Le Temps qui nous fait savoir que c’est seulement à partir du 30 janvier 2013 que ce proche de Laurent Gbagbo et homme influent du FPI sera situé sur son sort. Sur les raisons de ce report les lecteurs trouveront matière à cogiter dans les pages de L’Intelligent d’Abidjan. Toujours au chapitre judiciaire Soir Info nous apprend que Koné Katinan un autre pro-gbagbo sera face au juge ghanéen d’ici la fin de ce moi. Parlons foot pour finir, après un moment de préparation physique à Abu-Dhabi les éléphants de Côte d’Ivoire débarquent à Rustenburg s’exclame le quotidien L’Inter !

A la semaine Prochaine.

L’embargo sur le diamant Ivoirien sera-t-il levé ?

Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC

Dreaming of diamonds par Swamibu via Flickr, CC

L’embargo sur le diamant ivoirien sera-t-il levé ? La question mérite d’être posée puisque que les autorités ivoiriennes viennent d’accepter un point de contrôle périodique du processus de Kimberley dans le pays. L’évaluation des capacités du pays dans son programme de lutte contre le trafic illicite des diamants (s’il est positif) devra permettre la levée de l’embargo et une modernisation plus accrue des méthodes d’exploitation minière.

C’est le 15 décembre 2005 que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a frappé la Côte d’Ivoire d’un embargo sur son exploitation de diamants. Cette décision faisait suite à une exploitation des mines par les chefs de guerre dans le nord du pays. L’argent issue de ce trafic qui transitait par le Burkina Faso et la Guinée servait à financer les nombreux groupes armés qui régnaient en maître dans le nord-ivoirien.

Malgré la fin de la crise et le retour à l’ordre politique, la Côte d’Ivoire continue d’être sous cet embargo qui l’empêche d’industrialiser sa production de diamants. Les mines sont encore exploitées de façon artisanale= et cette production ne bénéficie qu’à un groupuscule de chercheurs et de trafiquants. L’Etat ivoirien ne tire ainsi aucun profit de tout ses diamants ! C’est pour mettre fin à cette situation que la Côte d’Ivoire se propose d’accueillir fin février 2013 un groupe d’évaluation du Processus de Kimberley. Ce groupe, qui comprendra également des experts des Nations Unies, aura pour mission d’évaluer le pays sur ses progrès réalisés dans la lutte contre le trafic des pierres.

Cette étude permettra aux entreprises qui ont pignon sur rue d’investir en Côte d’Ivoire car contrairement aux idées reçues, les strates kimberlites de la Côte d’Ivoire sont encore fournies en pierres de qualité, malgré une exploitation artisanale qui fait perdre des millions de dollars au pays chaque année. En s’inscrivant dans le processus de Kimberley, la Côte d’Ivoire a accepté un projet de bonne gouvernance minier et entend en tirer profit. La Côte d’Ivoire est donc dans l’attente d’une évaluation qui mettra définitivement fin à toutes les spéculations sur les mouvements des pierres exploitées dans le pays, et autorisera de nouveau une traçabilité du diamant Ivoirien.

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : une vieille Dame au berceau !

Nanan Boigny, le vrai bâtisseur de la Côte d’Ivoire

52 ans voici l’âge de ma belle Côte d’Ivoire, Patrie pour laquelle nos pères se son battus et pour laquelle nous continuons de nous battre. Nos pères se sont battus pour arracher l’indépendance politique au colonisateur et nous – chacun avec ses convictions politiques – nous battons pour l’indépendance économique. Du brave planteur Houphouët Boigny à Alassane Ouattara en passant par le Général Robert Gueï, la Côte d’Ivoire trace son chemin et tente tant bien que mal de faire entendre sa voix dans le concert des nations. Le temps passe et pour moi, jeune Ivoirien né 20 ans après l’indépendance de son pays, je constate que mon pays loin d’évoluer recule sur le plan politique et économique. Rien à part l’œuvre du Père Fondateur n’a été réalisé après lui. Tout ce que la Côte d’Ivoire a et est nous le devons au Boigny de Yamoussoukro. 90% des bâtiments administratifs, des hôpitaux, des aéroports, des routes, des barrages hydro-électriques, des aérodromes…nous le devons à un seul homme qui loin d’avoir pensé à sa famille et son clan politique a pensé à la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ce qu’elle est grâce à Houphouët Boigny et les pseudo-politiciens qui lui ont succédé sans exception ne pourront pas dire le contraire ! C’est malheureusement à cause de ces hommes qui se sont assis dans le fauteuil présidentiel après Houphouët Boigny que mon Pays a sombré dans les bas-fonds du développement.

De la Grande Dame courtisée dès son indépendance en 1960, ma Côte d’Ivoire est aujourd’hui une gamine qui retourne au sein ! La Côte d’Ivoire était mature au lendemain de 1960 car au moment où la violence s’installait dans plusieurs pays d’Afrique elle était fière de sa stabilité. Au moment où des Présidents de la République se faisaient tuer dans leurs Palais, la Côte d’Ivoire connaissait la tranquillité. Loin des coups d’Etat, des guerres civiles, des conflits ethniques…mon pays a su se faire respecter. Elle était une fière Dame ! Hélas, l’arrivée d’un certain Laurent Gbagbo, chantre présumé du multipartisme, apôtre infatigable de la violence va sonner le déclin de ma patrie. Les contestations, les marches, les grèves…vont prendre le dessus sur la stabilité politique et économique. Le clou de cette violence est le coup d’Etat du Père Robert. Son amour pour le sang et sa soif de pouvoir feront connaitre à la Côte d’Ivoire son premier coup d’Etat. Suivront après une série de tentatives de coup d’Etat et de violences armées qui vont aboutir à la guerre civile de 2002. La Côte d’Ivoire vieille de 52 ans retourne à la vie des pays africains d’après indépendance. Comme dirait un fidèle lieutenant du Boigny : « ce que nous n’avons pas fait au lendemain de l’indépendance, c’est aujourd’hui que nous le faisons ». La Côte d’Ivoire retourne au sein car elle fait l’expérience du désordre au moment où les autres pays tournent le dos à la barbarie. Pourquoi ne pas donner un sens au mot paix pour mériter largement nos 52 ans ? Pourquoi ne pas tenter de rompre avec la violence pour mériter de nouveau le respect que les autres peuples avaient pour nous ? Quitter notre berceau n’est qu’une question de volonté. Oublier un tout petit peu nos ethnies, nos religions, nos clans politiques pour penser seulement à la Côte d’Ivoire voici le véritable effort que les Ivoiriens doivent faire pour changer. Rien ne sert de prédire l’apocalypse sur son pays et prétendre qu’on est patriote ! La chose la plus importante à faire pour montrer son patriotisme consiste à tourner le dos à la violence et à préserver l’héritage que nos pères nous ont laissé.

SUY Kahofi