Le top 10 des malaises sous le régime d’Alassane Ouattara (acte 1)

Ouattara et son sourire électoral qui ne rassure plus

Ouattara et son sourire électoral qui ne rassure plus.

Il aura suscité de l’espoir pour de nombreux Ivoiriens lors de son arrivée au pouvoir. Trois ans après avoir prêté serment, le président Alassane Ouattara est toujours attendu avec ses solutions sur plusieurs chantiers importants.

1 – La réconciliation nationale

La réconciliation nationale est certainement la clé de voûte de la réussite de tout le mandat d’Alassane Ouattara. En effet il hérite d’un pays défiguré par de nombreuses années de crise qui ne se résume pas seulement à la récente crise post-électorale. Les Ivoiriens traînent le lourd fardeau de la division depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny en 1993, date à laquelle l’unité apparente du pays a volé en éclats avec la guerre de succession que se sont livrés deux de ses fidèles lieutenants. Étrangement l’un des protagonistes de la bataille autour de l’héritage du « bélier de Yamoussoukro » était Alassane Ouattara. ADO aura donc pour mission de recoller les morceaux d’un pays qu’il aura lui-même contribué à diviser. Mais avant d’apaiser les cœurs, il devra être le promoteur d’une justice transversale.

2 – Une justice transversale

« Comment voulez-vous parler de justice équitable en Côte d’Ivoire lorsqu’il n’y a que les personnes d’un seul camp politique qui sont traquées par la justice ? » Cette interrogation est de Danon Djédjé, l’un des barons du Front populaire ivoirien qui s’offusquait que jusqu’à ce jour seul Laurent Gbagbo et ses partisans étaient en prison. D’ailleurs il n’est pas le seul à faire le constat de cette justice des vainqueurs qui se manifeste en Côte d’Ivoire. Amnesty International, NDI, Human Rights Watch et plusieurs autres organisations ne cessent d’interpeller le gouvernement ivoirien. Celui-ci se doit d’engager des poursuites judiciaires contre tous les auteurs de crimes liés à la crise post-électorale. Un exercice qui s’avère difficile depuis le 11 avril 2011. Gbagbo Laurent et Blé Goudé à la CPI (Cour pénale internationale), pendant que des ex-com zone qui ne sont pourtant pas des enfants de chœur sont devenus des hauts gradés de l’armée ivoirienne !

3 – L’emploi des jeunes

« Politique là on parle ça quand on est rassasié » ! Comme Djibril, un jeune apprenti Gbaka d’Abobo de nombreux jeunes Ivoiriens n’ont que faire des discours sur la réconciliation nationale, les politiques de développement ou la réforme de l’armée. Plus que toute autre chose ils aspirent à un emploi ! « Le  »gars’ nous a dit qu’il a des solutions pour les jeunes et depuis on ne voit rien » avance Liliane une jeune Ivoirienne en quête d’emploi. Le taux de chômage est toujours dans le rouge et les seules offres d’emploi visibles sont celles qui foisonnent dans le secteur de la reconstruction. Mais tous les jeunes ne sont pas des as des truelles ! Que deviennent les autres ? Ils seront sans doute promoteurs de leur propre entreprise, mais d’où viendront les fonds ? Lorgner sur la fonction publique peut-être ? Il n’y a plus assez de place pour les ex-combattants ! Le chômage en Côte d’Ivoire c’est comme un cercle vicieux où le serpent se mord sans cesse la queue. Toutes les quêtes semblent se solder par un échec comme les politiques actuelles de lutte contre la vie chère.

4 – La lutte contre la vie chère

Côte d’Ivoire, nation émergente à l’horizon 2020. Mais les Ivoiriens marchent vers cette émergence le panier et le ventre vide ! Difficile sur les marchés de la capitale économique ivoirienne de pouvoir nourrir sa famille sans y laisser les plumes ! La popote à 5 000 francs Cfa devient un luxe même pour les salariés. Le prix du riz est majoré d’une boutique à l’autre, les légumes sont hors de prix à cause du racket des forces de l’ordre et les commerçants affichent les prix à la tête de la ménagère. La politique de lutte contre la vie chère du gouvernement est un échec total. Plus elle est amplifiée plus elle donne des résultats négatifs. Les consommateurs crient leur colère face aux commerçants véreux. Les commerçants crient leur colère au gouvernement qui semble fixer taxes et impôts sans tenir compte du pouvoir d’achat des populations. Une indiscipline généralisée sur les marchés, une zizanie comme celle qui gangrène l’armée.

5 – L’indiscipline au sein de l’armée

 A les regarder déambuler avec leurs gris-gris au bras, amulettes volumineuses aux reins et une odeur qui vous coupe souvent l’appétit, les éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire sont taxés la plupart du temps d’indisciplinés. Ils se prennent à la fois pour des gendarmes, policiers, militaires, juges, témoins, avocats et tout en même temps. Ne vous aventurez pas à les interpeller sur leurs comportements souvent indécents. « Toi tu es qui pour parler comme ça ? Est-ce que tu me connais ? » « Moi pour avoir mes galons j’ai tué de Vavoua à Abidjan » vous lancera votre interlocuteur. Au comble de sa colère notre jeune élément des FRCI pour dira : « Je fais rien avec Ouattara parce que c’est nous qui l’avons mis là où il est ». Quelle est donc cette armée où les hommes ont à la limite du mépris pour celui que la Constitution appelle le chef suprême des armées ? Alors que le chef n’est pas respecté que mérite le peuple ?

La rétrocession des biens illégalement occupés a débuté en Côte d’Ivoire

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la Défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution.

L’occupation illégale des habitations privées et domaines de l’Etat par des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et par des individus a été mentionnée dans les différents rapports des ONG de défense des droits de l’homme comme étant un frein à la recherche de la paix. Les Ivoiriens « spoliés » par des hommes en armes ont espéré pendant longtemps retrouver leurs maisons et autres biens immobiliers. C’est désormais chose possible grâce à l’exécution du projet de rétrocession des habitations illégalement occupées par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire.

A l’appel de la société civile ivoirienne et des différents observateurs du processus de paix, le projet de rétrocession des propriétés occupées de force a débuté principalement dans le nord, l’ouest et le centre du pays. Les dossiers rangés au placard par l’administration depuis la fin de la crise postélectorale ont été sortis. En effet, de nombreux Ivoiriens ont saisi l’état-major des armées et le ministère de la Défense pour que leurs biens immobiliers leur soient restitués. Paul Koffi le ministre délégué à la Défense veille personnellement à l’exécution de cette opération de restitution.

« Nous avons enregistré près de 265 requêtes, 155 sont en cours de traitement dont 100 ont abouti à la libération des maisons et autres bâtiments occupés. C’est un taux relativement important et les 55 requêtes qui sont en cours de traitement nous permettront (si elles aboutissent NDLR) d’atteindre un taux supérieur à 70 % ! » indique le ministre délégué à la Défense.

Les plus gros succès de cette opération ont été enregistrés à Bouaké. Dans cette ville, 80 % des biens ont été rendus aux propriétaires à la faveur de la dernière visite du président Ouattara. Au-delà de ces premiers chiffres, certes encourageants, il faut aller plus loin car un nombre très important d’habitations et même de domaines appartenant à l’Etat sont encore occupés par des hommes en armes se réclamant à tort ou à raison des Forces républicaines de Côte d’Ivoire. Selon le ministre délégué à la Défense l’engagement des militaires à rendre les biens qu’ils occupent est aussi le symbole d’un pas vers la normalisation de la vie sociale dans le pays. Il a aussi appelé toutes les populations à rendre les biens qu’elles occupent illégalement sans que le ministère de la Défense n’intervienne, car les rétrocéder aux propriétaires « participe à la réconciliation ».

SUY Kahofi

Revue de la semaine du 02 au 07 novembre 2013

Une nouvelle attaque à Yopougon

Une nouvelle attaque à Yopougon

Une semaine d’actualité s’achève en Côte d’Ivoire sous fond de querelle politique entre le pouvoir et l’opposition. La raison de cette nouvelle guéguerre de la classe politique est le dernier rapport de l’ONU qui souligne que le régime d’Alassane Ouattara a versé une substantielle quantité de dollar à des mercenaires pour financier des assassinats et enlèvement de partisans pro-gbagbo au Libéria et au Togo nous apprend L’Expression. La sortie médiatique de Pascal Affi N’guessan le patron du FPI a été l’occasion pour lui de se prononcer sur ce rapport. A la une du quotidien Le Temps il juge scandaleux l’attitude du Gouvernement à l’encontre du FPI. Le leader fraîchement sorti de prison s’offusque dans les colonnes de Notre Voie qu’en lieu et place du dialogue le RDR ne propose que la violence. Vous avez dit rapport accablant envers le régime ivoirien ? Pour le président Alassane Ouattara qui se prononce sur ce document indexant son appareil sécuritaire et politique il s’agit simplement d’un rapport « abjecte, irresponsable et mensonger » s’indigne le numéro un ivoirien à la une Nord Sud Quotidien. Le Président Ivoirien face à ce qu’il qualifie de mensonge à saisi Ban Ki Moon. Pendant que le régime se débat, le FPI lorgne déjà sur la présidentielle de 2015 et appelle à l’organisation des Etat Généraux pour booster la réconciliation. Présidentielle de 2015, le FPI ne dit pas non souligne Fraternité Matin qui se fait fort de rappeler dans son analyse les conditions posées par le parti de Laurent Gbagbo pour prendre part à ce scrutin avenir. Le Nouveau Réveil a une autre analyse des propos d’Affi N’guessan et affiche un ton plutôt catégorique et radical : pas de réconciliation, pas d’élection en 2015. Pour Affi N’guessan la clé du succès du processus de réconciliation nationale réside dans la tenue des Etats Généraux qui reste la seule option pour sauver Alassane Ouattara indique Le Quotidien d’Abidjan. Voici donc ce qui fait dire à Notre Voie que « Ouattara doit choisir entre la CPI et les Etats Généraux ». Aujourd’hui dans la même veine ne dit pas autre chose quand sur la tenue des Etat Généraux rejeté par le Président Ouattara le quotidien barre sa tribune avec ce titre « Ouattara joue avec le feu ». Du feu il y en a eu lors de l’attaque armée du 16ème arrondissement dans le quartier de Yopougon. Les populations ont vécu une grosse frayeur car pendant près d’une heure des tirs nourris ont été entendu dans le secteur de la paroisse Saint André nous indique L’Inter. Soir Info toujours au sujet de cette attaque fait état d’un commando armé qui mélange Yopougon après une opération visant à démanteler un fumoir. Au-delà d’une simple expédition punitive face au FRCI, Le Nouveau Courrier croit avoir déjà descellé des zones d’ombre dans cette affaire. Terminons cette revue de la semaine avec une date et un souvenir. 07 décembre 1993 – 07 décembre 2013 voici 20 ans que Houphouët Boigny s’en est allé, Fraternité Matin, Le Nouveau Réveil et plusieurs autres canards rendent un vibrant hommage au Bélier de Yamoussoukro.

Revue de la semaine Ivoirienne du 23 au 28 septembre 2013

L’homme aux solutions aux pupitre de l’ONU

L’homme aux solutions au pupitre de l’ONU

La semaine d’actualité en Côte d’Ivoire a été marquée par la présence du président Ivoirien à New York. Son discours à la tribune de l’ONU à l’occasion de la 68ème Assemblée Générale de l’Organisation est un plaidoyer en faveur de l’Afrique croit savoir Le Démocrate. Selon Fraternité Matin le chef de l’Etat Ivoirien à la tribune de l’ONU ce 25 septembre a indiqué les grandes lignes des défis futurs, les grands enjeux de demain. Le Président Ivoirien profite même de l’opportunité qui lui est offerte pour faire un point sur les OMD et affirme que de nombreux pays africains sont en retard et seront en retard par rapport à l’échéance fixée rapporte L’Intelligent d’Abidjan. Pendant qu’il prêche l’unité et la paix à New York les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire attendent Alassane Ouattara. La colère monte dans le camp des ex-combattants selon L’Inter et la raison est le non-transfèrement de Simone Gbagbo à la CPI. Il s’agit pour les ex-combattants d’un acte de haute trahison car comme le père Gbagbo, la mère du régime mérite amplement une cellule VIP en Hollande. Toujours la colère, cette fois ci dans le camp des magistrats et des dozo nous indique en cœur Soir Info et L’Inter, le dernier confrère cité nous indiquant que la Côte d’Ivoire à beaucoup à craindre de cette confrérie que certains qualifient de milice pro-ouattara. Un autre problème qui menace aussi le pays, c’est la malnutrition qui sévit au nord selon un rapport des agences onusiennes et près d’un million de personnes sont concernées nous révèle Le Nouveau Courrier qui se désole de l’attitude d’Alassane Ouattara qui avait fait du nord son fond de commerce. Ouvrons la page politique nationale et celle-ci est marquée par le congrès avenir du PDCI et le dialogue pouvoir opposition. Sur le premier sujet L’Inter nous informe que rien ne semble empêcher KKB dans sa marche vers la présidence du PDCI. L’intraitable président de la jeunesse du parti doyen a pu payer les 18 millions de caution pour sa candidature ! Qui se cache derrière ce financement ? Difficile de répondre à cette question. Une chose est sûre Henri Konan Bédié aura des candidats sérieux en face de lui car en plus de KKB et Mady, il faudra compter avec Charles Konan Banny nous apprend Le Nouveau Réveil qui nous indique pourquoi Banny veut casser le PDCI. Le dialogue pouvoir-opposition est toujours à l’ordre du jour. Pour le quotidien Le Temps après avoir défié l’opposition, le régime est désormais à genoux devant le FPI. Une posture de soumission qui lui donne désormais des droits, chose qui pousse Le Quotidien d’Abidjan à indiquer que le président François Hollande demande que parmi les 3000 prisonniers qui seront libérés puisse figurer des pro-gbagbo. Notre Voie se demande plutôt si Ahoussou Jeannot est l’homme de la situation dans ce dialogue FPI-Gouvernement ? En effet l’ancien premier ministre revient aux affaires pour tenter d’apporter des solutions en vue de réchauffer le climat politique.

Revue de presse Ivoirienne du 8 au 13 juillet 2013

Qui doit demander pardon aux Ivoiriens?

Qui doit demander pardon aux Ivoiriens?

Qui doit demander pardon aux Ivoiriens pour les affres de la crise post-électorale ? Pour le Président Alassane Ouattara qui cette semaine achevait sa visite dans le nord, c’est le FPI de Laurent Gbagbo qui doit le faire. Selon Le Patriote le chef de l’Etat a appelé l’ancien parti au pouvoir à se ressaisir, à faire preuve d’humilité et à accepter de faire son mea-culpa. Chez nos confrères du quotidien Le Mandat, l’appel d’Alassane Ouattara trouve également un écho favorable puisse qu’il est relayé avec ce titre : « le FPI doit demander pardon ». Pardon ? Et pour quoi ? se demande Notre Voie qui fait rappeler au Président Alassane Ouattara que ce sont ses hommes (entendez les FRCI) qui depuis leur rébellion au nord ont mis le pays à feu et à sang. C’est donc à Alassane Ouattara et ses suppos du RDR de demander pardon aux Ivoiriens martèle Le Temps. Pendant que les partis politique se chicanent pour savoir qui doit endosser la responsabilité de la crise, les anciens barrons de la filière café-cacao tombent en disgrâce dans le procès qui les opposent à l’Etat de Côte d’Ivoire qui s’est porté partie civile. Le procureur de la République, Fernand Oulaye a rendu le mercredi 10 juillet 2013 ses réquisitions relatives aux 5 infractions de ‘’détournement de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée de banque ou commerce’’ constatées dans la gestion des ex-barons de la filière café-cacao indique L’Intelligent d’Abidjan. Ainsi, le procureur a requis 20 ans de prison ferme contre Henri Kassi Amouzou (président de l’ex-Fdpcc) et chacun de ses lieutenants précise Le Jour Plus. Le Mandat et Nord-Sud quotidien dans leur parution du 11 juillet égrainent le nom de ces hommes et de ces femmes qui hier faisaient la pluie et le beau temps dans la filière. Sale temps également pour les compagnons de lutte de Laurent Gbagbo. En effet la justice Ivoirienne vient de trancher nous indique L’Inter. Dans le cadre de la gestion des dossiers relatifs à la crise post-électorale la justice confirme les charges contre Simone Gbagbo, Affi N’guessan, Aké N’gbo ou encore Michel Gbagbo. Le Nouveau Réveil confirme cette décision de justice mais précise comme pour décrisper l’atmosphère sociale que Simone Gbagbo et Blé Goudé ne seront pas transférer à la CPI. Les principaux détenus pro-gbagbo au nombre de 84 seront donc jugés en cours d’assise. Quant à Laurent Gbagbo sa mise en liberté provisoire a été de nouveau refusé par la CPI soutient Le Nouveau Courrier. Enfin pour finir, la 39ème session de l’Association des parlementaires francophones s’est ouverte en Côte d’Ivoire le 8 juillet en présence de plusieurs hautes personnalités Ivoiriennes et mondiales. L’actualité de cette rencontre a alimenté les colonnes du quotidien pro-gouvernemental Fraternité Matin tout au long de cette semaine.

A la semaine prochaine !