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11 avril : restauration ou mort de la démocratie en Côte d’Ivoire ?

11/04/2012 3 commentaires

 

Laurent Gbagbo est-il le seul coupable?

Voici un an jour pour jour que s’achevait la crise post-électorale Ivoirienne avec la chute du régime de la refondation. Laurent Gbagbo braqué contre la communauté internationale refusait de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara au terme du second tour de la présidentielle de novembre 2011. La fin de l’histoire est connue de tous : l’ex-président ivoirien est sorti de son bunker sous une pluie de roquette. Un an après la chute de celui qu’on appelle le woody de mama, la Côte d’Ivoire continue de vivre et renoue même avec la croissance. Selon certains analystes, le taux de croissance devrait être supérieur à 8%. Un an après le 11 avril 2011 la Côte d’Ivoire continue de chercher sa voie car les deux chantiers les plus importants du programme Ouattara ne sont toujours pas achevés. D’un côté la réconciliation et de l’autre la restauration de la sécurité.

Insécurité, vie chère et réconciliation

La Côte d’Ivoire de son statut de havre de paix et de quiétude est aujourd’hui un asile pour bandits de grands chemins. Les vols, les meurtres, les braquages à l’arme lourde font parti du quotidien des Ivoiriens. « Il ne se passe pas une seule semaine sans que dans mon quartier on ne signale un vol ou un viol.  L’insécurité est aujourd’hui normal dans ce pays et le comble certains voleurs sont des éléments des FRCI » affirme un Ivoirien sous couvert de l’anonymat. Au-delà de cette insécurité galopante c’est aussi l’épineux dossier de la vie chère que le gouvernement Ouattara n’est toujours pas capable de résoudre. « La vie était chère avant la crise et aujourd’hui est encore plus grave. On n’arrive plus à manger à sa fin et le peu que vous avez ne peut pas vous permettre de vous nourrir convenablement » se lamente Chantal Kouakou une mère de famille. « Où allons-nous » s’écrit une autre mère de famille. Ehouré Joseline dénonce l’attitude des commerçants véreux. « Ils s’enrichissent sur le dos des pauvres en fixant des prix en fonction de la tête des clients et le comble rien n’est fait pour les arrêter ». L’autre débat, celui de la réconciliation est plus politisé. Le parti au pouvoir et l’opposition se rejettent la responsabilité du drame Ivoirien et s’accusent de manque de volonté pour rassembler les Ivoiriens. Si au sommet la querelle vire aux menaces par presse inter-posée, à la base les militants ne se font pas de cadeaux. « La réconciliation est de façade. Je suis de l’ouest mais depuis que je suis de retour dans le quartier tout le monde me regarde comme un pestiféré puisse que je suis de la même ethnie que l’ancien Président. On ne peut pas rendre tout un peuple responsable de ce qui est arrivé au pays » s’indigne Bahi avant de souligner que certains de ses voisins ne lui adresse plus la parole ! Pour Konaté un nordiste « le véritable obstacle à la réconciliation réside dans le refus du FPI de demander pardon ». Le FPI selon lui « ne peut pas jouer la victime là où tout le monde reconnait sa culpabilité ». Il faut donc que le FPI demande pardon avant toute chose estime le chef d’entreprise. Pour Méïté le nœud du problème réside dans le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI. « Laurent Gbagbo est notre frère et je pense qu’on pouvait le laisser ici, le juger ici ou même le gracier. Ses partisans ne se sentent pas dans cette réconciliation simplement parce que leur leader est derrière les barreaux ». Pour Traoré Wodjo Fini la logique d’un Gbagbo en prison répond certes à un besoin de justice mais attention à ne pas tomber dans une logique justice des vainqueurs sur les vaincus. « Jusqu’à ce jour seuls les leaders d’un camp sont harcelés et cela n’est du tout bon pour  la justice transitionnelle ». Le pardon oui mais pas seulement celui venant du FPI car selon Konan Oscar « tous les Ivoiriens sont coupables. Cette crise est le résultat de la longue querelle de succession qui a commencé à la mort de Félix Houphouët Boigny. Chaque politicien doit des excuses et un pardon sincère au peuple parce que chaque fois c’est le peuple qui souffre ».

La Côte d’Ivoire veut devenir un hub de croissance pour la sous-région et même pour l’Afrique. Avant de réaliser se rêve elle doit avant tout se donner les moyens de devenir un pays respecté non pas pour sa richesse mais pour les solutions qu’elle trouvera à ses problèmes.

SUY Kahofi

 

Donné pour malade, Charles Blé Goudé serait dans l’ouest Ivoirien ?

23/03/2012 Comments off

 

Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique

On a coutume de dire que lorsque quelqu’un est recherché il prend l’habitude de se ‘’cacher’’ là où on l’attend le moins ! Est-ce le cas pour Charles Blé Goudé, le charismatique leader de la Galaxie Patriotique ? En tout cas c’est ce que plusieurs tabloïdes du Libéria voisin avancent. De nombreux journalistes et analystes libériens pensent savoir où se trouve Charles Blé Goudé et selon eux il serait dans l’ouest Ivoirien en pleine préparation de ce qu’ils appellent un mouvement visant à déstabiliser le pouvoir d’Alassane Ouattara. Certainement sûrs de leurs sources, les canards de Monrovia affirment tous ou presque, que l’homme, ayant pris ses quartiers en Angola se serait constitué un arsenal de guerre à travers plusieurs voyages notamment en Corée. Difficile de dire s’il s’agit de celle du nord ou du sud mais en tout cas tout porte à croire selon les analystes de la presse libérienne que le projet de Charles Blé Goudé est en de bonne voie et certains signes sur le terrain le montrent.

Ces signes dont parle la presse libérienne est l’impressionnant déploiement de troupe de l’ONUCI et de la MINUL le long de la frontière ivoiro-libérienne. Jamais ces deux missions n’avaient autant accordé une attention si grande à cette frontière. Les patrouilles se multiplient surtout au niveau terrestre et aérien pour quadriller cette frontière. Le deuxième signe vient de l’Union du Fleuve Mano. Les Chefs d’Etat Major de l’union viennent d’achever à Grand-Bassam une réunion pour définir un plan de sécurisation commun à l’Union pour mettre un terme aux activités des groupes armés qui pullulent dans la région depuis la fin de la guerre au Libéria et de la récente crise post-électorale Ivoirienne. Sur une frontière longue de plus de 5000 km, les priorités de ce plan de sécurisation commun à l’Union seront certainement données à la frontière ivoiro-libérienne où les activités de grand banditisme sont constamment signalées. Troisième indice et non des moindres est la présence de plus en plus remarquée des éléments des FRCI dans la région ouest de la Côte d’Ivoire. Pour certains Ivoiriens ce déploiement n’est qu’une simple coïncidence. Il n’est que le fruit du dispositif sécuritaire mis en place dans la région avant l’arrivée du Chef de l’Etat courant avril.

Charles Blé Goudé chef d’une milice dans l’ouest Ivoirien : simple rumeur ou réalité ? Pour les Ivoiriens, rumeur ou fait avéré la question ne se pose pas. La chose la plus importante c’est que le pays en a marre des bruits de botte et de mitraillette. Pro-gbagbo ou pro-ouattara, rares sont les Ivoiriens qui ayant vécu la crise pensent véritablement à la guerre aujourd’hui. « Si Charles Blé Goudé veut être utile à son pays qu’il appelle plutôt les ex-miliciens fidèle à son ‘’père’’ pour qu’ils rendent leurs armes à l’ONUCI » estime un jeune cadre.

SUY Kahofi

9 nouveaux sites de désarmement prochainement ouverts en Côte d’Ivoire

19/03/2012 Aucun commentaire

 

Se mobiliser pour réduire la circulation des armes légères et de petits calibres

Il faut battre le fer quand il est chaud ! Le Gouvernement Ivoirien et l’ONUCI l’ont compris si bien qu’après les succès enregistrés dans les opérations de DDR la semaine dernière, des mesures importantes seront prises pour la suite. Neuf sites de regroupement disséminés à travers toute l’étendue de la Côte d’Ivoire notamment Bouaké, Séguéla, Guiglo, Korhogo, Bouna, Abengourou, Man, San-Pedro et Abidjan  seront bientôt réalisés, a annoncé lundi à Abidjan, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, lors de la cérémonie d’inauguration du bureau conjoint Démobilisation, Désarmement  (DD) réhabilité par l’ONUCI au sein de l’Etat-major au camp Galliéni. Selon M. Koenders, qui avait à ses côtés le Ministre auprès du Président de la République chargé de la défense, Paul Koffi Koffi et le Chef d’Etat –major  général des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), le Général Soumaila Bakayoko, les travaux commenceront avant la fin du mois par les sites de Bouaké, Séguéla et Guiglo et s’étendront aux autres villes pour s’achever en fin décembre 2012. Le Représentant spécial a souligné l’importance d’un bureau conjoint qui, selon lui, améliorera de manière significative la coordination des activités de l’Etat-major et de l’ONUCI afin, a-t-il poursuivi, de permettre d’atteindre les objectifs que les autorités ivoiriennes se sont fixés, à savoir la réinsertion, la réintégration de manière durable des combattants, et l’amélioration de la sécurité de manière générale. Sur le dernier point, M Koenders a estimé qu’elle passait aussi à travers les opérations de collecte d’armes qui vise à établir un climat de sécurité et par ricochet, à favoriser le retour des réfugiés.

Dans le même ordre d’idées, M. Koenders a rappelé que la réforme de la sécurité incluant l’armée, la police et la gendarmerie ainsi que la justice, était un enjeu fondamental impliquant la mise en place de structures légitimes et démocratiques, notant que la Côte d’Ivoire devait et était en train de s’y engager.  « La Côte d’Ivoire est en train de se doter d’urgence d’une institution unique et centralisée qui gère de façon cohérente et centralisée les opérations de DDR afin d’assurer un bénéfice harmonisé et équitable pour chaque combattant de garantir la transparence de l’enregistrement de la vérification et de la gestion de la base de données », a expliqué le Représentant spécial, qui a, dans ce cadre, annoncé la présentation d’un futur mode opératoire consensuel qui sera en vigueur pour le fonctionnement de tous les camps de regroupement. Dans ce contexte, M. Koenders a réitéré le soutien « étape par étape » de l’ONUCI au Gouvernement ivoirien, dans tout le processus du DDR et de la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS). Auparavant, le Général Soumaila Bakayoko, a mis en exergue l’appui de l’ONUCI aux FRCI lors de la sécurisation des élections législatives ainsi que le constant soutien des casques bleus à la sécurisation globale du pays.

Le Général Bakayoko a exprimé l’espoir que la réalisation des sites de désarmement et de démobilisation permettrait de lancer les opérations de DD sur l’ensemble du territoire national et promis que les FRCI allaient reprendre les jours à venir le processus du DD en appliquant au mieux les règles internationales. Il a, dans ce cadre, invité les ex-combattants à s’inscrire dans le processus du DD, pour pouvoir bénéficier de projets de réinsertion, et appelé les populations qui détiennent illégalement des armes de se rendre également sur les sites DD pour les déposer. Le bureau conjoint comprend plusieurs salles opérationnelles entièrement réhabilitées et équipées par l’ONUCI à la suite d’une requête du Général Bakayoko. L’ONUCI y a répondu favorablement conformément à la Résolution 2000 du Conseil de sécurité. En plus du Ministre chargé de la Défense, le numéro 2 de la Force de l’ONUCI, le Général Talla Niang  ainsi que plusieurs officiers généraux et officiers supérieurs avaient pris à la cérémonie.

Côte d’Ivoire : L’armée menace de marcher sur un camp de miliciens

06/02/2012 Aucun commentaire

 

Jeunes miliciens lors du DDR

Depuis deux semaines environ une information selon laquelle un camp de miliciens serait opérationnel dans les environs de la localité de Lopou circule en Côte d’Ivoire. Lopou est situé dans le département de Dabou au sud du pays. Prenant très au sérieux cette menace les autorités Ivoiriennes et l’armée ne veulent en aucun cas laisser les locataires de ce présumé camp atteindre leurs objectifs. Le Ministère de la défense et l’Etat major Ivoirien pour endiguer la criminalité et la belligérance ont mené une mission dans les localités de Sikensi, N’douci et Tiassalé. Il faut dire que dans ces localités citées la criminalité sévit sur toutes ces formes : viol, braquages, vol à main armée, attaque de domicile sont quasi quotidien.

Le gouvernement soucieux de rassurer les Ivoiriens et de faire de leur sécurité une priorité a annoncé par la voix de Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense la fin du désordre. « Nous allons dans une semaine appliquer la rigueur de la loi ! On ne peut pas tolérer sur le territoire l’existence de camp d’entrainement de miliciens et de gens qui ne sont pas autorisés à porter des armes. Les populations doivent être conscientes des risques liés à ce type d’entreprise mais surtout des dangers d’entretenir et de laisser faire des miliciens ». Au cours de cette tournée de terrain le ton qui était apaisé aux premières heures est passé très vite à une mise en garde. L’armée Ivoirienne première à être réellement inquiétée par l’existence de ce camp de miliciens se veut clair : elle va frapper fort et nettoyer la forêt ! « Nous avons décidé de déployer nos unités en nomadisation : il y aura des unités militaires sur la zone. Celles-ci seront en train de s’entrainer et suivre même des formations. Les soldats sur la zone pourront intervenir systématiquement puisse qu’il existe un camp de miliciens dans l’une des forêts » a souligné Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI. A propos de ce camp de miliciens Soumaïla Bakayoko annonce déjà une incursion dans la forêt « pour savoir qui l’occupe réellement ».

Paul Koffi Koffi le ministre délégué à la défense et Soumaïla Bakayoko le Chef d’Etat Major Général des FRCI au nom du gouvernement ont demandé aux chefs de famille, aux leaders religieux et communautaires d’interpeler les jeunes de leurs localités afin qu’ils se détournent de cette entreprise peu recommandable. Il faut dire que l’Etat Major Ivoirien et le Commandement de la Gendarmerie Nationale qui annonce des renforts importants donne une semaine aux miliciens pour sortir de la forêt !

SUY Kahofi

 

Le chef de l’ONUCI présentera les chantiers ivoiriens devant le conseil de sécurité

19/01/2012 Aucun commentaire

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, quittera Abidjan le week-end pour New York afin de présenter la situation ivoirienne au Conseil de sécurité. Cette annonce a été faite ce jeudi 19 janvier 2012, par le Porte-parole de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), Hamadoun Touré.

S’exprimant lors du point de presse hebdomadaire de la Mission, M Touré a précisé que la présentation serait dominée par le message d’appui et de conseil de l’ONUCI sur la sécurité des populations civiles, la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation à la base par le biais d’une justice équitable, le dialogue national inclusif, le relèvement économique rapide ainsi que le retour tout aussi rapide des services de base. « Pour M. Koenders,  les urgences d’aujourd’hui doivent aller de pair avec une vision pour l’avenir », a indiqué le porte-parole, ajoutant que le Chef de l’ONUCI évoquera aussi la question de l’embargo sur les armes qui, selon lui,  est une demande de plus en plus pressante des autorités ivoiriennes. Sur ce point, M Touré a rappelé les explications du Représentant spécial soulignant qu’il revenait au Gouvernement concerné de suivre la procédure en saisissant directement le Comité des sanctions dont relève exclusivement la décision dans ce domaine. « Il pourrait ensuite se faire l’écho de cette requête en relation avec les avancées éventuelles dans le couple Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Réforme du Secteur de Sécurité (DDR/RSS) », a fait savoir le porte-parole. M Touré a poursuivi pour annoncer que conformément à la politique de décentralisation que compte initier son Chef, l’ONUCI s’est outillée et se prépare à accentuer son déploiement à travers tout le pays. « L’objectif est d’être plus près des populations pour mieux assurer leur protection, mieux connaitre leurs préoccupations et mieux les servir », a-t-il expliqué. C’est dans la suite logique d’un tel engagement, a précisé le porte-parole, qu’il faut placer l’accroissement des patrouilles des casques bleus qui ont atteint la semaine dernière le chiffre de 1516 au niveau terrestre et aérien.

Sur un volet financier, M Touré a annoncé l’octroi d’un financement de trois millions de dollars (3 000 000 $ US) à la Côte d’Ivoire, par le Système des Nations Unies à travers le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la Paix, au titre de la Facilité du décaissement immédiate. « Ce fonds va permettre la remise en état des 13 premiers sites sur les 29 identifiés des bureaux de préfecture, de police et de gendarmerie », a-t-il indiqué, précisant que les travaux allaient débuter le 23 janvier 2012 et dureraient deux mois. Dans un tout autre registre, notamment celui de la sensibilisation destinée aux populations, le porte-parole a annoncé la tenue de la 19e édition des Journées de l’ONUCI (JDO) du 25 au 27 janvier à Bongouanou dans le N’Zi Comoé. Cette édition, la première de 2012 et après le scrutin législatif, vise à renforcer la contribution de la Mission en faveur d’un environnement post-crise apaisé, nécessaire à la relance, au relèvement économique et au rétablissement des fondamentaux du pays.

Autre secteur relais en matière de sensibilisation, le sport, également partie intégrante de la stratégie de communication. Selon le Porte-parole, comme lors des Coupes d’Afrique des Nations de football 2008, 2010 et la dernière coupe du Monde en Afrique du Sud, l’ONUCI va offrir aux populations, des projections publiques de matches de la CAN 2012 qui se joue au Gabon et en Guinée Equatoriale du 21 janvier au 12 février. Outre ces projections publiques, la Mission mettra en ligne sur son site www.onuci.org, une page « Spéciale CAN 2012 » où les internautes retrouveront des messages de paix, les activités menées sur le terrain durant cette compétition, des photos et autres informations. M Touré a réitéré le souhait du Représentant spécial de voir les Eléphants victorieuse de cette CAN.

Interrogé sur le bilan de l’ONUCI pour l’année 2011, M Touré a dit qu’elle a été une excellente année au plan de l’organisation des élections, avec un taux de participation exceptionnel de plus de 80%. « Il y a eu en revanche une grosse difficulté après la bonne tenue de ces élections entrainant une crise post électorale qui a été très dure pour tous », a-t-il souligné.  Le porte-parole a, dans la même veine, indiqué que la crise ayant été surmontée, le pays est en train de reprendre et des progrès sont en train d’être constatés. « Au cours de toute cette année, l’ONUCI a été aux côtés du peuple ivoirien au niveau de la sécurité, au niveau de l’organisation des élections, au niveau de la certification des élections, au niveau de la protection des civils, et l’ONUCI est fière d’avoir accompli son mandat », a-t-il estimé, ajoutant qu’il ne s’agissait pas seulement d’être fier de 2011, mais qu’il fallait aussi, avec le regard tourné vers 2012, être prêt, encore une fois, à appuyer la Côte d’Ivoire sur les chantiers  qui restent .

La chef adjointe de l’humanitaire des Nations Unies en mission dans l’ouest Ivoirien

18/01/2012 un commentaire

 

Mme Bragg et M. Ndolamb Ngokwey Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire

Neuf mois après la crise post-électorale, la situation des réfugiers Ivoiriens demeure toujours préoccupante et pour toucher du doigt ce problème Mme Catherine Bragg la Sous-secrétaire Générale aux Affaires Humanitaires des Nations Unies et Coordinatrice Adjointe des Secours d’Urgence a mené une mission dans l’ouest du pays pour être au parfum des difficultés des populations. Elle s’est rendue mardi 17 janvier à Guiglo, Bloléquin et Duékoué dans l’ouest de la Côte d’Ivoire pour se rendre compte des besoins humanitaires importants qui restent à combler dans cette région. L’ouest du pays avait été très gravement touché par les violences au plus fort de la crise post électorale. Des centaines de milliers de personnes avaient été contraintes de fuir cherchant refuge dans des zones plus sûres en Côte d’Ivoire, d’autres se rendant au Liberia. Fait de la stabilisation de la situation et de l’amélioration des conditions sécuritaires, particulièrement depuis le mois de juillet 2011, un nombre élevé de personnes déplacées et de réfugiés se trouvant au Liberia, sont rentrés dans leurs villages.

Chasseur traditionnel Dozo

Des tensions sur le foncier rural persistent

Cap est mis sur Zéaglo dans le département de Bloléquin pour démarrer cette tournée. Ici 8000 habitants sur les 12.500 que comptait la localité avant la crise sont de retour. Les autochtones restés longtemps dans les camps de réfugiers ont toujours peur et se disent privé de leurs plantations seul source de revenus pour eux comme le confirme Léï Robert chef du quartier Pinhoun à Zéaglo. « Cette année notre retour a été vraiment difficile parce qu’il y a des Dozos en brousse et nous ne pouvons pas nous y aventurer au risque de nous faire tuer ! Je ne sais pas ce qu’ils nous reprochent mais toutes les autres communautés peuvent se rendre dans leurs plantations sauf les autochtones ». La forêt classée de Kopézéha restituée aux populations et située dans le sud de la localité est le nœud du problème. De son côté Yéhi Zéon Antoinne enfonce le clou en indexant directement les allogènes qui vivaient avec les populations Guéré depuis plusieurs années sans problème. « Je dois vous dire que toute la crise Ivoirienne s’est jouée ici sur ces terres de Zéaglo entre les Guérés et les Burkinabés. Aujourd’hui se sont les Baoulés et les Burkinabés qui ont armé les Dozos (chasseurs traditionnels) et qui menacent nos vies dans nos propres plantations. Jusqu’à ce jour pas un seul jeune autochtone dans ce village n’a vendu un seul grain de cacao ! » Les autochtones inquiétés par la tournure des évènements disent avoir transmis leurs doléances au Préfet et aux humanitaires qui tentent d’apaiser les tensions communautaires. L’éternel problème du foncier rural refait surface à l’heure du retour et les allogènes Baoulé, Burkinabé, Sénoufo et lobi qui sont accusées d’être les bourreaux des autochtones se défendent. Djanda Moumouny est le Président de la jeunesse burkinabé et il ne botte pas en touche pour dénoncer une campagne d’intoxication. « J’affirme et j’assume que depuis notre retour aucun jeune burkinabé n’a mis la main sur la plantation d’un Guéré. Nos frères se basent sur des ‘’on-dit’’ pour éviter de se rendre dans leurs plantations. Il n’y a rien en brousse ! » Les autochtones affirmant être martyrisés par les dozos et des éléments véreux des FRCI (forces républicaines de côte d’ivoire) qui les rançonnent ne vivent que de l’aide humanitaire. « Nous sommes privés de nos champs et n’y a que l’aide humanitaire qui nous fait vivre. Vous voyez que même le village est en train d’être reconstruit grâce à ces humanitaires. Nous leur disons merci pour les vivres et non-vivres que nous recevons » affirme Léï Robert chef du quartier Pinhoun.

Habitation détruite à Niambly

Niambly : l’heure est à la reconstruction !

Après Zéaglo direction Niambly dans la sous-préfecture de Duékoué. Ici aussi les tensions persistent ! Les autochtones accusent les allogènes d’avoir pillé leurs maisons et leurs plantations durant la crise et d’avoir fait main basse sur leurs aires cultivables. Malgré ces problèmes le village détruit est en pleine reconstruction en dépit des difficultés et de la douleur d’avoir tout perdu. Dakoury Delphin pose les fondations de sa nouvelle maison en briques artisanales et selon le maçon elle sera achevée dans cinq jours ! « J’ai retrouvé ma maison dans un état de délabrement : tout a été emporté et comme vous le voyez je suis en train de tout reconstruire avec le soutien d’une ONG ». Solidarités International aide les populations à se reloger avec un programme de réhabilitation de 37 logements et la construction de 88 autres. Les besoins restent cependant importants car 6000 logements sont à financer le plus rapidement.   

La peur du retour

Le camp de réfugiers de Niambly qui compte plus de 4500 âmes nous accueille pour la fin de cette tournée. Les difficultés sont aussi importantes : 2 m² de tente que se partagent des familles nombreuses entre 7 et 12 membres et les difficultés ne s’arrête pas là. Gaha Thérèse témoigne ! « Nous n’avons que du riz et du maïs. Les rations sont insuffisantes et nous devons tenir pendant un mois avec ! Plusieurs malades en âge avancé peuvent rester sans soins pendant plusieurs jours. L’accès à l’eau potable est difficile et il faut se rabattre sur les puits autour du camp ». Dans ce camp de réfugier le mot réconciliation n’est pas à l’ordre du jour car pour les populations déplacées il faut désarmer et régler le problème du foncier avant de parler du retour. « Qui peut nous parler de réconciliation quand nos plantations sont encore occupées par les Dozos ? Il faut d’abord que le désarmement se fasse et les conditions de sécurité soient réunis avant d’en parler » affirme Goho Jean Paul un jeune réfugier du site de Niambly.

Réussir un plaidoyer auprès des donateurs

Mme Bragg après avoir touché du doigt les problèmes des réfugiers pense que son voyage pourra lui permettre de mieux mener son plaidoyer auprès des donateurs dès son retour à New York. « Il est important que l’action humanitaire soit renforcée dans cette région. Il faut s’assurer que les populations dans les villages puissent subvenir à leurs besoins de base et contribuer à la reconstruction des habitations et bâtiments communautaires. Il est donc  essentiel que des ressources financières soient disponibles » a déclaré Mme Bragg avant de conclure « nous ferons notre travail, mais les communautés doivent faire le leur en construisant ensemble, permettant ainsi aux ivoiriens de vivre côte à côte en harmonie ». Madame Bragg a été accueillie par les forces de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) principalement le bataillon marocain, qui jouent un rôle clé dans le renforcement de la sécurité pour le retour des déplacés et des réfugiés, un rôle qui doit rester important en 2012. Au cours de cette visite, Mme Bragg était accompagnée du Coordonnateur Humanitaire pour la Côte d’Ivoire, M. Ndolamb Ngokwey, et du Directeur des Affaires Sociales, M. Adama Coulibaly.

SUY Kahofi

Ce que je retiens de 2011 en Côte d’Ivoire !

02/01/2012 un commentaire

 

La ville d'Abidjan vue du ciel

Une année c’est 365 jours et je pense qu’il fallait attendre le 31 décembre pour dire effectivement que l’année s’est achevée. L’année 2011 étant effectivement un vieux souvenir, qu’il me soit permis de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2012 et que vos vœux les plus chers à vos yeux se réalisent ! DIEU nous bénissent tous et qu’il nous donne santé, paix du cœur, joie, longévité et succès dans nos différentes entreprises.

L’année 2011 s’en est allé : peu importe comment elle a commencé mais le plus important c’est de savoir comment elle a influencé la vie des Ivoiriens à travers son actualité. Cette année que venons de vivre a été marqué par un fait qui a projeté la Côte d’Ivoire sur la scène politique mondiale pendant de très longs mois. Il s’agit de la crise post-électorale Ivoirienne. Laurent Gbagbo prétendait avoir remporté les élections en s’appuyant sur une décision du Conseil Constitutionnel qui l’a proclamé vainqueur au terme d’une élection historique avec un taux de participation à 80% au premier tour ! La Communauté Internationale refuse de lui reconnaitre cette victoire qui est en fait une tentative d’usurper le pouvoir et s’aligne sur la position de la certification de l’ONUCI. Alassane Ouattara devient donc de facto le Président de la République de Côte d’Ivoire mais il doit se réfugier à l’hôtel du golf pour diriger le pays. Dehors les populations doivent désormais vivre au rythme des combats de rue et des bombardements d’Abobo. Chaque jour qui passait au pays d’Houphouët Boigny les morts se comptaient par dizaine. Le vocabulaire de la crise a changé : on parlait de Commando Invisible, de gouvernement fantoche, de création d’une monnaie Ivoirienne…Concernant ce dernier point l’aventure de la MIR (Monnaie Ivoirienne de la Résistance) fut celle d’un mort-né ! Le LMP voulait sans doute intimider la CEDEAO et l’UEMOA mais très vite sa signature ne vaut plus un clou aux yeux des partenaires au développement. Son entêtement et le braquage de la BECEAO pousse Dakar à fermer le robinet ; une situation qui entraine une grave crise de la liquidité. Tout était devenu cher dans Abidjan : une sardine à 1000 f, le kilo de sucre à 2000 par endroit, le prix des légumes ont triplé et la faim avait commencé à faire ses premières victimes. « Il faut libérer le pays » à certainement pensé Alassane Ouattara lorsqu’il met sur pied les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Ces dernier mènent une guerre éclaire et se retrouvent à Abidjan. Ils buttent sur les derniers fidèles de Laurent Gbagbo qui se défendent avec des armes lourdes et leur infligent d’énormes pertes. L’ONUCI et la Licorne évoque la clause onusienne de protection des civils et neutralisent ce qui reste comme soldats à Laurent Gbagbo. Le 11 avril marque la chute du régime de la refondation ! Victoire et joie pour les uns tristesse pour les autres.

Quelques jour après Alassane Ouattara prête serment et 4 semaines plus tard c’est son investiture en grande pompe avec les ‘’amis’’ du monde autour de lui, du jamais vu depuis la mort d’Houphouët Boigny ! Pourtant il doit se rendre compte que les feux d’artifice et les fêtes ne résoudront pas les problèmes des Ivoiriens. Le chantier le plus important étant la réconciliation il crée la CDVR (Commission Dialogue Vérité et Réconciliation) dirigé par Charles Konan Banny. Les reformes socio-économiques sont lancées sous le régime d’un programme du plan d’action stratégique 2012 – 2015. Le gouvernement a désormais sa feuille de route pour faire de la Côte d’Ivoire un pays plus fort que jamais. Pendant que le Président parcourt le monde à la recherche d’argent frais pour reconstruire le pays, se sont les commandant 5 étoile des FRCI qui se prennent pour les nouveaux dieux de la Côte d’Ivoire. Devant les violations des droits de l’homme l’ONUCI et les ONG des droits de l’homme interpellent le gouvernement. Les FRCI se signalent dans des bavures et des tueries chose que le gouvernement ne peut plus digérer. La police militaire est crée et les rues nettoyées des éléments indisciplinés pour qu’Abidjan puisse entrer dans la nouvelle année dans la joie. La capitale Ivoirienne qui retrouve ses belles rues grâce à l’opération pays propre devient Abidjan ville lumière. Des rues éclairées, des sapins géants, des feux d’artifice et des prestations d’artistes ici et là pour que la Côte d’Ivoire puisse entrer dans la nouvelle année avec la joie au cœur. Bonjour 2012 et nous espérons que ton actualité sera moins douloureuse pour des Ivoiriens qui veulent vivre en paix !

SUY Kahofi

Nouvelle bavure des FRCI : 4 morts et plusieurs blessés

27/12/2011 2 commentaires

 

Les exactions se poursuivent comme pour dire qu’ils ne sont soumis à personne !

De mémoire d’ivoirien jamais les hommes en uniformes n’ont autant défié un Président de la République et l’Etat major à sa solde que celui du Président Alassane Ouattara. Malgré les menaces de sanctions, les emprisonnements d’éléments indélicats ou les radiations, les éléments des FRCI continuent de narguer les autorités Ivoiriennes en multipliant les actes de barbarie et d’agression envers les populations qu’ils sont sensés protéger. Après la bavure de Vavoua, les FRCI viennent de s’illustrer de nouveau à travers une fusillade dans la localité de Sikensi à 60 km au nord d’Abidjan ; un nouveau drame qui a occasionné la mort de quatre personnes et fait plusieurs blessés. Une banale bagarre dans un maquis serait à l’origine de cette bavure qui loin de s’arrêter à un face à face civils – FRCI s’est mué en conflit inter-communautaire entre autochtones Abidji et allogène Malinké.

Le Préfet de région YEO Oumar multiplie les appels au calme et rassure que tout est mis en œuvre pour que la tension baisse dans la ville qui a perdu son calme depuis le 26 décembre. Suite aux violations des droits de l’homme perpétré par les FRCI les populations ne cachent plus leur mécontentement. Partout en Côte d’Ivoire le cri de cœur des populations est le même : « nous ne voulons plus des FRCI chez nous ! ». En plus des tueries il faut désormais compter avec les actes d’humiliation des FRCI à l’image de cette jeune lycéenne dans la commune d’Adjamé qui a été contraint sous la menace des armes à se mettre nu ! Son seul délit est d’avoir dit non aux avances d’un élément des FRCI. Si dans les rues d’Abidjan les FRCI se font de moins en moins voir depuis que la police militaire opère des patrouilles, force est de reconnaitre que ces derniers n’entendent pas désarmer aussi facilement. Pour les populations Ivoiriennes trop c’est trop, le Président Ouattara doit trouver une solution au problème des FRCI et celles-ci demandent que les gendarmes et les policiers reprennent du service. Preuve que les FRCI ne sont plus les bienvenus dans les rues de la capitale Ivoirienne depuis ce 26 décembre se sont les éléments de la gendarmerie dont plusieurs commandos parachutistes qui sécurisent les principaux axes d’Abidjan. Le premier ministre Soro Guillaume, ministre de la défense prévoie une tournée de sensibilisation dans les casernes, d’ici là chacun espère qu’une autre bavure ne sera pas enregistrée.

SUY Kahofi

 

Fusillade et combat de rue: le calme est revenu à Vavoua

19/12/2011 Aucun commentaire

 

Entrée de la Préfecture de Vavoua

Pendant près de 18 heures ce dimanche 18 décembre, des combats de rue ont opposé des éléments des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à des civils armés dans la localité de Vavoua dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Cette ville située à 463 km d’Abidjan la capitale économique avait été le théâtre de violents affrontements entre les FAFN et les FDS au plus fort de la crise. La localité a retrouvé son calme jusqu’à ce samedi soir (NDLR : 17 décembre)  où tout a dégénéré ! Selon des témoignages ce regain de violence est lié au meurtre d’un jeune apprenti dans un café de la localité par des éléments des FRCI. Le jeune homme aurait été battu à mort par ces éléments. Selon toute vraisemblance le refus du respect d’un couvre-feu serait à l’origine de ce drame. Les affrontements à l’arme légère se sont poursuivis dans la ville toute la journée du dimanche. « Nous sommes en train de fuir Vavoua et au moment où je vous parle (11 h 47 mn dimanche) les combat se poursuivent » avait déclaré une habitante de la ville réfugiée à Séguéla une localité plus au nord. « Les jeunes de la localité sont décidés à se battre jusqu’au dernier ! Certains disent qu’ils sont prêts à mourir plutôt que d’accepter les brimades des éléments des FRCI. Personne ne peut sortir nous sommes dans nos maisons » a souligné un autre jeune coincé dans sa demeure. Autour de 12 h TU dimanche, une patrouille musclée de l’ONUCI composée des éléments civils, militaires et de police ont fait mouvement dans la localité pour examiner la situation et contribuer au retour au calme. 5 morts, tous des civils et un blessé (un élément des FRCI) ont été signalés.

Diané Bassinima le Préfet de Vavoua a souligné que le calme était revenu dans sa localité et que d’intense négociation sont en cours entre les protagonistes. Il a refusé d’en dire plus sur le contenu des négociations et les revendications des civiles qui s’opposaient aux éléments des FRCI. Les populations de leur côté exigent le départ des ‘’assassins’’ de leur ville ! Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Bert Koenders, a déploré vivement les incidents survenus ce 18 décembre, à Vavoua. L’ONUCI lance un appel aux autorités compétentes pour qu’une enquête appropriée soit diligentée pour déterminer les circonstances des incidents, en identifier les auteurs et prendre les mesures adéquates conformément à la loi en vigueur. L’ONUCI dit être disposée à apporter son appui pour aider à faire la lumière sur les regrettables incidents. L’ONUCI appelle les populations et les militaires concernés  à la retenue et à la sérénité et les exhorte à éviter tout acte qui pourrait faire dégénérer une situation déjà compliquée. Sur le volet de l’application de la justice les 7 éléments présumés auteurs du meurtre ont été exfiltré avec le soutien de l’ONUCI vers leur hiérarchie à Daloa pour répondre de leurs actes.

Le cours des activités de la ville a été ralenti certes mais pour le Préfet Vavoua retrouvera la sérénité d’ici les 24 heures avenirs. La nouvelle montée de violence à Vavoua relance également la question de la circulation des armes légères et de petits calibres. Plusieurs d’entre elles sur les milliers qui circulent illégalement dans le pays sont détenues par des civiles, d’anciens combattants de la rébellion ou des évadés de prison. Cet incident il faut le dire également intervient dans un contexte de sortie de crise encore fragile où les éléments des FRCI sont constamment pris dans des scandales de vol, brimade, extorsion de fond, racket…Pour Jean Jacques Konadjé expert sur les questions militaires « une reforme du système sécuritaire s’impose en Côte d’Ivoire et elle doit se faire grâce à une absence totale d’impunité ». Après la fusillade au Plateau, les combats de rue de Yopougon, les trafics de drogue d’Adjamé, les nombreux braquages à leur actif, les FRCI s’illustrent encore d’une manière négative. Trop c’est trop !

SUY Kahofi

Côte d’Ivoire : Le Premier rapport national sur les droits des femmes publié

26/11/2011 Aucun commentaire

 

Un rapport pour que les femmes soient respectées

Après son rapport préliminaire I sur la situation des droits de la femme au lendemain de la crise post-électorale, l’OFACI, l’Organisation des Femmes Actives de Côte d’Ivoire vient de finaliser et de mettre à la disposition du gouvernement, des ONG et du peuple Ivoirien le premier rapport sur les droits des femmes. Le rapport d’enquête de 32 pages rédigé en français et en anglais a été publié ce 25 novembre à l’occasion de la journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Les enquêtes de terrain ont été mené dans 16 localités où des bouffées de violence ont été signalées depuis le début de l’année 2010 et plus précisément au début du processus de la Présidentielle. Les cas de violence faite aux femmes sont notamment les cas de viol, de torture, d’exécution sommaire, de mauvaise traitement et de cessation des activités économiques du fait de la destruction ou de la disparition des moyens de subsistance. Le rapport souligne très clairement et sans détoure que 766 femmes ont été des victimes des groupes armés pro-gbagbo et pro-ouattara. Il s’agit entre autre « des FDS (Forces de Défense et de Sécurité), des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire), les mercenaires étrangers, les miliciens, les jeunes patriotes, les membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), les militants LMP et du RHDP, le commando invisible et les Dozos ». Le chiffre de 766 ne prend en compte que les femmes qui ont accepté de témoigner auprès des enquêteurs de l’OFACI, ce qui démontre que ce chiffre pourrait être plus élevé !

La Ministre Ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Goudou Koffi Raymond s’est dit satisfaite et fière de l’initiative de l’OFACI qui s’efforçait de collecter des informations au plus fort de la crise. La tâche n’a pas été de tout repos pour les enquêteurs qui ont mené leurs activités sur le terrain en ayant à l’esprit toutes les conventions sur les droits de l’Homme et de la femme ratifiées par la Côte d’Ivoire. Les principales conventions sur lesquelles l’OFACI s’est appuyée sont principalement celles de la CEDEAO et de l’ONU. Une si belle initiative n’aurait aucune valeur si à l’avenir rien n’est fait pour protéger les femmes en période de conflit et même en dehors. L’élimination des violences faites aux femmes passe avant tout par un combat de tous les jours car c’est principalement en luttant contre les femmes battues dans le silence de leur foyer ou celles obligées de payer un droit de cuissage avant d’avoir un travail que les droits de la femme pourront être protégées en période de conflit.

C’est pourquoi Namizata Sangaré Présidente de l’OFACI insiste sur les recommandations liées à ce rapport car bien trop souvent la société civile est très peu écoutée. L’OFACI plaide auprès des autorités Ivoiriennes pour qu’elles apportent un soutien médical, psychologique et juridique aux femmes sans distinction de religion, d’obédience politique et d’ethnie. Faciliter l’accès aux crédits pour les femmes devenues chefs de famille du fait de la guerre, réparer les dommages subis par les victimes et veiller entre autre à la mise sur pied en Côte d’Ivoire d’une commission nationale d’enquête indépendante et impartiale sur la question des droits de l’Homme. L’OFACI invite les ONG sœurs de la société civile à sensibiliser les populations pour réduire la stigmatisation et l’ignorance sur l’ampleur des violences faites aux femmes. Aux Institutions internationales l’organisation demande qu’un soutien financier, humain et matériel pour que la Côte d’Ivoire ne soit pas seule dans son combat pour le respect de la femme.

SUY Kahofi