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Nouvelles tensions sur le campus universitaire de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Véhicule incendié à l’Université de Cocody

Depuis ce week-end, la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) a lancé un nouveau mot d’ordre de grève. Un blocus sur les activités universitaires qui commencent sur fond de violences.

Ce lundi 18 juillet, les étudiants régulièrement inscrits à l’Université de Cocody ont débuté les cours dans le calme malgré l’appel à la grève de la FESCI. Ce calme ne sera que de courte durée puisse qu’un groupe d’étudiants va investir le campus. Selon les informations recueillies sur place, les étudiants protestent contre la présence de la police sur la cité en violation des franchises universitaires. Au-delà ils demandent l’amélioration des conditions d’études, la réforme du système LMD et le maintien des étudiants dans leurs chambres. En effet, le gouvernement prévoit de libérer la cité universitaire de Cocody afin de loger les athlètes des jeux de la francophonie. (suite…)



Côte d’Ivoire – Faut-il mettre fin au syndicalisme étudiant ?

présidence de l'université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan (Côte d'Ivoire), par Serein (Wikimedia Commons)

Présidence de l’université Félix Houphouët-Boigny à Abidjan (Côte d’Ivoire), par Serein (Wikimedia Commons)

 Les Universités Ivoiriennes ont rouvert leurs portes le 3 septembre 2012 et celles-ci fonctionnent malgré quelques réglages à finaliser.

Les cours ont repris dans une nouvelle ambiance, un nouvel esprit marqué par la signature de la charte de bonne conduite de l’étudiant. Il s’agit d’une « profession de foi » à travers laquelle les étudiants s’engagent à renoncer à la violence et à préserver un esprit civique sur les campus.

Pour les autorités Ivoiriennes cet engagement doit réellement se faire sentir sur le terrain car les étudiants n’ont pas été de tout temps des enfants de cœur ! Les syndicats étudiants ont délaissé les campus pour devenir le bras armé des mouvements politiques radicaux proches de l’ancien pouvoir.

Ainsi la toute puissante Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) s’est muée discrètement en Galaxie Patriotique, en GPP (Groupement des Patriote pour la Paix) ou COJEP (Congrès de la Jeunesse Panafricaine). De plus la FESCI s’était imposée comme le gestionnaire tout puissant de l’école Ivoirienne avec des dérives. « A l’époque vous aviez peur quand vous devez venir à l’Université ! Pour un rien « les camarades* » pouvaient vous battre à mort et vous dépouiller.

« C’était plus une petite armée qu’un syndicat étudiant », se souvient Marthe N’goran étudiante en lettre moderne à l’Université de Cocody. La FESCI qui faisait de l’ombre aux autres organisations estudiantines est taxé d’avoir introduit la machette et les armes à feu comme mode de dialogue sur le campus.

« On ne se sentait plus en sécurité parce que ceux qui étaient sensés nous défendre, porter notre voix auprès de l’administration et du ministère étaient devenus nos bourreaux », souligne Coulibaly Ismaël étudiant en sciences-économiques.

Yapo Anselme a été membre de la FESCI. Il reconnait que le syndicat étudiant a dévié mais cela est en grande partie « le fruit de la corruption des leaders par les politiciens et leur soif d’enrichissement par toutes les formes de magouilles sur le campus ».

Malgré ce passé sombre du syndicat étudiant, Yapo Anselme, Marthe N’goran et Coulibaly Ismaël comme la quasi-totalité des étudiants estiment que l’Université ne peut exister sans un syndicat étudiant.

Alors si les syndicats étudiants doivent continuer d’exister, quel doit être leurs nouveaux visages ? Charles Roméo Ibrahim étudiant inscrit en licence de Gestion estime que « les nouveaux syndicats étudiants doivent renoncer à la violence, lutter pour les étudiants et non pour l’enrichissement des leaders syndicaux. Ces syndicats ne doivent pas s’allier aux partis politiques mais se consacrer à l’amélioration du cadre de vie de l’étudiant ».

Mme Koffi Anne qui est mère de famille avec deux enfants à l’université estime pour sa part que la liberté de militer dans un syndicat est un droit pour tous les étudiants. L’Etat Ivoirien ne peut en aucun cas leur priver de ce droit ! Néanmoins, Mme Koffi pense que l’élément le plus important pour sauver l’université ivoirienne et éviter qu’elle ne redevienne un champ de bataille c’est « une plus grande maturité de la part des étudiants ».

« Nos enfants doivent comprendre qu’ils sont là pour leurs études et non pour les bagarres, les meetings politiques sur le campus, cacher des armes sous leurs lits, vendre la drogue ou se prostituer ! Ils doivent prendre un nouveau départ pour être utile demain à ce pays ».

En affichant cette maturité, l’Université Ivoirienne sera de nouveau l’antre du savoir et non de la délinquance et cette position est celle qu’épouse l’enseignant Victorien AKA. « Si les étudiants se positionnent comme des êtres faibles et faciles à manipuler, les politiciens n’hésiteront pas à les utiliser. Par contre s’ils sont forts et indépendants, personne ne pourra les manipuler ».

Les étudiants sur le campus, malgré un arrêté inter-ministériel interdisant la création des syndicats étudiants, ont déjà fait émerger un nouveau syndicat. Il s’agit de la CEECI (Comité des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire)  qui s’est déjà signalé en paralysant les cours pour des revendications jugées utiles par les étudiants. Celles-ci portaient sur l’absence de latrines, de climatisation et de micro pour les amphithéâtres, l’inexistence d’abri de bus et d’espace de restauration adéquats.

Ce mode de revendication sans violence a permis à la CEECI d’empocher le Prix de la Pacification Universitaire d’une valeur d’un million de francs CFA. Ce prix initié par l’Université Alassane Ouattara de Bouaké est une sorte de stimulation et de motivation pour aider les étudiants à persévérer et à cultiver l’apaisement et la sagesse au sein de l’Université. Il s’agit également d’amener les étudiants et les syndicats d’étudiants à tourner le dos à la violence et au syndicalisme destructeur pour promouvoir un climat de paix.

Le CEECI a reçu son prix des mains du président de l’Université Alassane Ouattara (l’UAO) le Professeur Lazare Poamé et de la Directrice du Centre des Œuvres Universitaires (CROU). Konaté Moussa le président du CEECI a exprimé sa reconnaissance à l’administration de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et dédié ce prix aux représentants des organisations sœurs (syndicats étudiants) et à l’ensemble des étudiants de Côte d’Ivoire pour leurs efforts consentis dans la pacification de l’Université Ivoirienne.

Au-delà de la joie, les militants du CEECI sont conscients que ce prix est une nouvelle responsabilité, un appel à mieux faire ! Pour Konaté Moussa « il ne s’agit plus de baisser la garde ou de faiblir dans le processus de pacification de l’Université Ivoirienne », il faut se battre au quotidien pour le maintien de la paix, de la stabilité et d’un syndicalisme irréprochable dans l’espace universitaire. La FESCI quant à elle signe timidement son retour avec une succession de rencontres en vue de regagner la confiance des acteurs de l’Université Ivoirienne.

SUY Kahofi



Charles Blé Goudé arrêté au Ghana !

Blé Goudé, le "général de la rue" !

Blé Goudé, le « général de la rue » !

Il était recherché par les Autorités Ivoiriennes depuis plus d’un an et durant cette période il s’est taillée une réputation d’imprenable. Charles Blé Goudé le charismatique leader de la Galaxie Patriotique a finalement été pris plus près de son pays que prévu. L’ancien ministre de la jeunesse du dernier gouvernement Gbagbo depuis l’exil aimait bien se faire entendre sur les antennes de RFI. Se montrant insolant quand il le voulait, il savait faire de chacune de ses sorties un moment très suivi par les Ivoiriens. Malheureusement pour lui et ses fans, sa cavale s’achève ! Une Information tombée à Abidjan comme une petite blague mais très vite confirmée par certains proches de la bannière bleue. C’est un coup dur pour la refondation car la tête du régime qui a dirigé d’une main de fer la Côte d’Ivoire est désormais décapitée. Gbagbo à la CPI, la sainte mère Simone en prison et pas encore située sur son avenir (CPI) et désormais le fils est aux mains de la Police !

Quelle destination après le Ghana ?

La question que certains Ivoiriens se posent est simplement où Charles Blé Goudé sera détenu ? Quand bien même il ne soit pas apprécié par une frange de la population, rares sont ceux qui lui souhaite de finir dans les goulags de la « SOLUTION ». « Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Amnesty International qui a souligné que les bagnes du Président Alassane Ouattara sont des mouroirs pour les détenus ! Si Blé Goudé est extradé il sera torturé et même tué si l’on n’y prend garde » affirme Abel K. un magasinier de Yopougon. Le jeune homme au-delà de cette mise en garde estime que c’est encore et toujours la politique de la justice des vainqueurs sur les vaincus. « C’est avec tristesse que j’ai appris son arrestation depuis le Ghana. C’est la preuve que le Gouvernement d’Alassane Ouattara ne parle de réconciliation que pour attirer les capitaux des bailleurs de fond. Je fustige cette attitude qui consiste à mettre les Ivoiriens sur écoute, à les pister, à violer leur intimité même au-delà de nos frontières ! C’est malheureux que nous soyons réduit à vivre dans un pays avec un Gouvernement aussi peu soucieux des droits de l’homme » nous explique Germain N. un enseignant. Pour T. Eric le débat sur l’extradition de Charles Blé Goudé n’a pas lieu d’être. « Il ne faut pas aller vite en besogne : nous devons savoir au-delà des Autorités Ivoiriennes qui veut « la tête » de Blé Goudé. Une fois situé, on saura quel sera son sort. Et même si les Autorités Ivoiriennes le réclament c’est leur droit ». Sur le dossier Blé Goudé, rares sont les Ivoiriens qui se prononcent sans regarder dans le rétroviseur. « C’est bien ce mec qui faisait descendre les enfants des autres dans la rue pour ce faire massacrer depuis 2002. C’est le même qui envoyait des enfants être des boucliers humains autour des T 40 de Gbagbo. C’est encore lui qui a souligné qu’on lui passerait sur le corps pour prendre Gbagbo. Aujourd’hui aux arrêts, il comprendra qu’il est dans le couloir de la justice et qu’il paiera pour tous ces morts » affirme Bamba I. responsable marketing d’une entreprise d’impression.

Blé Goudé : l’adulé…le contesté…le mal-aimé ?

Charles Blé Goudé n’a pas toujours été un enfant de cœur ! L’ancien patron de la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) s’est taillé une réputation d’homme cruel sous le manteau de général de la rue. On retiendra de lui l’introduction de la machette comme mode de dialogue à l’école et une quasi-militarisation d’un syndicat étudiant. Il n’a jamais accepté de reconnaître son implication dans la mort de plusieurs de ses compagnons indésirables au sein de la FESCI. Sous son règne, le syndicat étudiant se radicalise et sombre définitivement dans la violence. Les leaders des sections, comme dans l’armée son désigné par le mot « Général » et traité comme tels. Ces « Généraux » avaient droit de vie ou de mort sur n’importe quel étudiant ! C’est d’ailleurs à partir de la FESCI qu’il recrute les futurs dirigeants des organisations pro-gbagbo qu’il monte de toute pièce et à travers lesquelles il pompe des centaines de million au prétexte d’un l’élan patriotique pour soutenir la Nation. Jusqu’à la fin Charles Blé Goudé aura eu un seul ennemi : La France ! Auteur du coup d’Etat manqué de 2002, la France, selon le « Général » de la rue a été toujours le mal de la Côte d’Ivoire, la mère de toute la crise que la Côte d’Ivoire a vécu. D’ailleurs ses loups-garous réunis au sein du GPP se sont fait fort de s’attaquer aux ressortissants français vivants en Côte d’Ivoire lors des évènements de 2006. Pour de nombreux Ivoiriens, Gbagbo ne fut pas un mauvais Président : son entourage l’aura conduit à sa perte ! Les véritables auteurs de la crise sont d’un côté Simone Gbagbo dont la soif de pouvoir n’est plus un secret pour personne et Charles Blé Goudé qui se voyait finir ses jours dans les rouages du pouvoir. « Se serait justice qu’il paye pour toutes ses personnes qu’il a fait tuer et que le Ghana ne s’amuse pas jouer des muscles dans sa demande d’extradition » conclu Brou Sosthène.

SUY Kahofi



Universités Ivoiriennes : après le bruit…espérons le changement !

Une nouvelle Université pour quel avenir?

Combien de millions auront coûté la petite frasque du gaspillage pour la réouverture de l’Université Ivoirienne ? Je suis de ceux qui ne seront pas surpris si officiellement on nous dit que le Gouvernement Ouattara aura englouti une centaine de millions pour simplement faire du bruit. Du bruit pour montrer qu’on a jeté une couche de peinture à eau sur les murs des amphithéâtres. Du bruit pour dire qu’on a enterré des pavés composés à 80% de sable. Du bruit pour justifier une facture de rénovation estimée à plus de 100 milliard f CFA ! Du bruit pour dire aux étudiants et aux parents qu’ils doivent désormais payer plus cher pour avoir accès à l’éducation. Après ce vacarme dont le plus grand bénéficiaire est le Sieur Cissé Bacongo, heureux dans le bruit de la fanfare comme personne, à quoi devons-nous nous attendre ? Une Université nouvelle n’est pas simplement une histoire de nouveaux bâtiments. Une Université nouvelle n’est pas simplement une question de nouvelle dénomination. Le véritable changement devait venir avant tout ce raffut ! Si l’on ne s’attaque pas aux problèmes de base, l’Université, même avec ses nouveaux bâtiments ne pourra jamais pondre des cadres sérieux.

Que fait-on de la corruption et des droits de cuissage ?

L’Université Ivoirienne est à l’image de la Côte d’Ivoire elle-même. La corruption et les droits de cuissage sont omniprésents et servent encore de monnaie d’échange ! Combien de jeunes filles ont dû quitter le campus et les UFR parce que refusant de coucher avec des enseignants ? Combien de jeunes ivoiriens ont été obligé d’abandonner leurs études parce que n’ayant pas de quoi graisser la patte aux seigneurs de l’Université pour de meilleures notes ? Ces messieurs et dames qui n’hésitent pas à rappeler qu’ils sont docteurs ou professeurs titulaires sont au fond de petits « démons » qui eux aussi ruinent l’avenir de nombreux jeunes. La culture du mérite a bien longtemps cédé la place aux faveurs que chacun doit obtenir par ses propres moyens. L’argent ou une partie de jambe en l’air fera l’affaire ! Le comble certaines UFR et les avantages liées à la gestion de celles-ci sont devenues la propriété de certains enseignants et de leurs familles. Ces enseignants s’assurent qu’à leur départ du campus, seuls leurs enfants ou leurs frères pourront les remplacer. Ne parlons pas des bourses : elles n’existent plus ! Elles ne suffisent pas pour les dirigeants de l’Université à plus forte raison les étudiants les plus méritants. Monsieur Bacongo a-t-il interpellé les enseignants sur ces pratiques ? Lui qui a toujours fait croire aux Ivoiriens que le problème de l’Université s’appelle FESCI aurait dû avoir un tête-à-tête avec les enseignants afin qu’ils se débarrassent de leurs vieilles habitudes avant d’entrer dans les nouveaux bâtiments. Le ministre aurait dû demander également aux enseignants d’arrêter de déserter les campus Ivoiriens pour les gombos dans le reste de l’Afrique !

En système éducatif à redresser !

Le système éducatif des universités Ivoiriennes est à redresser et surtout à aligner sur les modèles les plus modernes à travers le monde. La compétitivité des étudiants Ivoiriens sera fonction de la qualité de l’enseignement qu’ils reçoivent. Les cours doivent être modernisés et adaptés à l’évolution de la société ivoirienne et celle du reste du monde. On ne peut pas enseigner en plein 2012 avec des ouvrages de référence qui datent des années 1970 ! Les bibliothèques, les laboratoires et les salles de TD doivent être rééquipés pour être véritablement utiles aux étudiants. Les qualifications et diplômes obtenus font toujours l’objet de spéculation pour leur retrait. Imaginez-vous un étudiant ivoirien en année de DESS qui a du mal à obtenir son diplôme de licence ou même son bulletin de Deug II ? Des retards inutiles dans l’attribution des diplômes qui retardent les étudiants et ne favorisent en rien la possibilité pour eux de faire des équivalences. Les lourdeurs administratives ! Voici une autre maladie de l’administration universitaire qu’il faut guérir le plus vite possible.

Quelle orientation pour le CROU ?

Le CROU : Centre Régional des Œuvres Universitaires ! L’entité à pour rôle premier la gestion des campus : nourriture, électricité, eau, chambres…tout passe par le CROU sur les campus ! Le CROU si sollicité est malheureusement un des problèmes de l’Université Ivoirienne. Elle gère les œuvres universitaires avec un certain laxisme et s’est fait damer le pion par les syndicats étudiants. A une certaine époque sur le campus on se demandait si le CROU existait encore tant la FESCI faisait la loi. Le CROU attribuait une chambre et la FESCI en délogeait le lendemain l’occupant. Son autorité s’arrêtait à l’entrée des restaurants et lorsque la FESCI l’exige elle se plie à ses désirs. Pire le CROU s’est pris au piège de l’attribution de chambres aux jeunesses des partis politiques. Des quotas de chambres étaient réservés dès la rentrée à la JPDCI, à la JFPI, à la JRDR et j’en passe. Un tour dans les restaurants et s’est la catastrophe. La bouffe servit aux étudiants est digne de celle d’un bagne ! Comment peut-on réfléchir quand on est nourrit au riz et à la sauce mal cuit ? La nouvelle université doit être également une université où l’on mange bien et c’est au gouvernement de monsieur Alassane Ouattara de mettre les moyens à la disposition du CROU. Que les passations de marché pour la restauration des étudiants ne se fassent plus dans la complaisance. Que les chambres ne soient plus attribuées sur la base ethnique ou politique ! Il en va de l’équilibre social et de stabilité même de l’Université.

Que fait-on de l’insécurité, du trafic de drogue et de la prostitution ?

L’une des raisons qui a milité en faveur de la fermeture totale de l’Université était bien entendu l’anarchie qui régnait sur les campus. C’est une réalité, les Universités Ivoiriennes et particulièrement celles d’Abidjan étaient de véritables bordels à ciel ouvert ! Qu’est ce qu’on ne pouvait pas trouver sur le campus ? Les lesbiennes et les pédérastes y avaient élu domicile, les vendeurs de drogue ne se cachaient plus, que dire des chambres du campus transformées en chambre de passage et en hôtel ! Les parkings et les terrains de sport la nuit tombée se transformaient en hôtel à ciel ouvert. On ne se privait plus pour s’accoupler sur les bancs publics ou sur les banquettes des nombreux véhicules stationnés. La FESCI, la toute puissante Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire avait écho de ces pratiques et les autorisaient car elle-même, qui faisait la loi, profitait bien de cette situation. Elle apportait protection aux trafiquants et prostitués du campus. Certains langues affirmaient que les barrons du syndicat avaient certaines de leurs petites amies sur le bitume ! Parlant d’insécurité, la FESCI ne se privait pas de battre à mort ou de violer tous ceux ou toutes celles qui s’opposaient à elle. La machette n’a jamais disparu des campus pire elle a cédé la place aux kalachnikovs et pistolets automatiques. En lieu et place des syndicats qui font la loi, que propose le gouvernement ? Une police universitaire ? OUI c’est possible mais quel sera son visage et de qui sera-t-elle composée ? Il faut y réfléchir sérieusement avant de se lancer dans cette aventure. De grâce si cette idée est retenue que les illettrés d’éléments FRCI qui nous servent aujourd’hui de militaires restent en dehors du campus ! La cohabitation sera très compliquée si c’est le cas.

Que fait-on des syndicalistes et de la politique ?

Il serait utopique pour le gouvernement de Côte d’Ivoire de dire qu’il pourra priver les étudiants de la liberté syndicale. La chose la plus importante est de faire comprendre à ces groupuscules d’étudiants qu’ils ne sont pas les maîtres de l’Université. Il faut bien que le Ministère de l’Enseignement Supérieur définisse très clairement un canevas juridique de l’exercice des activités des syndicats étudiants. Que ces derniers comprennent que la machette n’est pas un mode de dialogue et de résolution des conflits. L’Université n’appartient pas aux syndicats : elle appartient à tous les Ivoiriens et elle est le symbole d’un peuple qui croit son avenir. Un groupe de personnes ne peut donc pas la détruire sur la base de pseudo-revendications. Le syndicalisme OUI mais NON à la politique. Les associations d’étudiants FPI, RDR ou PDCI ne doivent plus exister sur le campus ! Si certains étudiants veulent s’essayer à la politique qu’ils prennent rendez-vous avec leurs mentors au siège des leur partis respectifs. Les manipulations d’étudiants pour des pseudo-causes patriotiques doivent prendre fin afin que cesse pour de bon le cycle de la violence sur les campus.

SUY Kahofi



Guillaume Soro : La Voix(e) du Nord

 

Le miracle Soro pourra-t-il aller au-délà de la réalité de la crise post-électorale?

Elu l’homme de l’année en 1997 par le quotidien gouvernemental Ivoir’Soir, SORO Guillaume peut-être aujourd’hui considéré comme l’homme de la décennie en Côte d’Ivoire. Ses excellents états à la tête des Forces Nouvelles et surtout du gouvernement Ivoirien le place largement au-dessus de plusieurs leaders de son âge et même certains de générations antérieures. On ne sait par quel miracle l’ancien secrétaire général de la FESCI (Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire) est devenu un fin stratège politique au point de tenir tête au boulanger d’Abidjan qui était aussi son ‘’père spirituel’’. Il entre désormais dans le panthéon des figures politiques Ivoiriennes avec le titre de l’homme qui a mis fin à la plus grave crise que le pays ait connu depuis son indépendance. Aujourd’hui à la tête du gouvernement d’Alassane Ouattara, il ne pourra donc pas jouir d’une retraite anticipée comme il l’a toujours souhaité. Le grand nord ne verra pas de si tôt l’enfant de Kofiplé : la Côte d’Ivoire a encore besoin de celui qui se voyait déjà député à Diawala !

Soro Guillaume : Gbagbo Laurent light ?

Dans son parcours politique, Laurent Gbagbo aura eu deux ‘’enfants’’ : Soro Guillaume et Charles Blé Goudé. A voir ces deux ‘’enfants’’ diamétralement opposés dans leur manière d’être on arrive à se poser une question. Laurent Gbagbo est-il un mélange de Soro Guillaume, fin bureaucrate, chef militaire et de Charles Blé Goudé, bouillant leader de la rue arborant mal le costume d’homme d’Etat ? La réponse serait OUI avec la précision, ‘’chacun aura pris une facette du père’’. La brouille entre Laurent Gbagbo et Soro Guillaume ne date pas des évènements de 2002. Soro a décidé de voler de ses propres ailes depuis 1998, année où il quitte la FESCI après un second mandat. Laurent Gbagbo ayant une main mise totale sur la FESCI n’accepte pas les reformes démocratiques voulues par Soro pour accéder à la fonction de SG de la FESCI. A part une brève apparition aux côtés de Mme Dagri Diabaté à Port-Bouët on ne verra plus Soro sur le devant de la scène. Il se signale en 2002 à la tête de la branche politique de la rébellion et arrive à évincer le sergent-chef IB. Il fédère tous les mouvements rebelles du nord et de l’ouest sous la bannière des Forces Nouvelles. Son retour en politique fait de lui l’un des plus jeunes ministres d’Etat de la Côte d’Ivoire indépendante et le plus jeune Premier Ministre du pays. Là où les jeunes patriotes ont donné des céphalées à Seydou Diarra et Charles Konan Banny, Soro a trouvé la parade pour réussir et réussir même au-delà des attentes du peuple. On l’aime ou on ne l’aime pas, on reconnaitra son rôle décisif dans le retour de la démocratie en Côte d’Ivoire. Imaginez-vous un seul instant que Soro ait accepté de suivre Laurent Gbagbo avec ses hommes ? Certainement que le pays serait morcelé en petits royaumes où des chefs de guerre pro-gbagbo et prro-ouattara continuaient de se battre ! Sa voix(e) a fait basculer les élections en faveur de l’un des deux candidats.

Son plus grand chantier : la réunification de l’armée

‘’Le miracle Soro’’ est à salué certes mais à la lumière des dernières réalités de la crise Ivoirienne on est en droit de se demander si le plus difficile pour lui ne commence pas maintenant. Le chantier de la réunification de l’armée est une entreprise titanesque car entre les appels d’Alassane Ouattara au retour des ex-FDS et le comportement de certains FRCI il y a un paradoxe. J’en veux pour preuve les menaces de ce jeune élément des FRCI à Toumodi qui jugeant un passager par sa forme a conclu qu’il était gendarme ! Alertés, ses autres collègues ont réclamé la peau du ‘’gendarme de gbagbo’’ avant de se raviser. Ma carte de presse et celle d’un collègue de la presse nationale ont découragé ces jeunes gens ivres au pire même drogués ! « Comment avec ce genre d’attitude on peut parler de réunification de l’armée » avait souligné un passager. Dans une armée embryonnaire marquée par l’indiscipline et le manque d’hiérarchie réelle comment fédérer des hommes (FDS) formés aux métiers des armes et des combattants, la plus part illettrés et formés en brousse ? Comment contenter aussi ses nouveaux commandants de zone qui se voient tous en chef d’Etat major ? Ces ‘’petits’’ rois de la kalachnikov accepteront-ils de se mettre sous les ordres d’un ex-général des FDS ? L’armée n’étant pas un espace fait pour la reconnaissance politique, Soro pourra-t-il convaincre ses ‘’MDL’’ de déposer les armes et de retourner à leurs wôrô-wôrô et autres gbakas ? Voici de nombreuses questions auxquelles le Premier Ministre doit répondre.

Suy Kahofi