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Tout pour comprendre la Situation Room

La Situation Room pour aider à des élections apaisées

La Situation Room pour aider à des élections apaisées

Le partenariat entre le WANEP-CI et OSIWA se matérialise à travers un projet intitulé : « Baromètre des élections crédibles et apaisées en Côte d’Ivoire en 2015 ». Ce projet comporte une innovation de taille, il s’agit de la mise sur pied de la première ESR (Electoral Situation Room) dans le pays lors d’une élection.

Les organisations de la société civile sont dans le bain du processus électoral depuis plusieurs mois. Elles multiplient les initiatives de formation et de sensibilisation citoyenne pour contribuer à des élections crédibles et sans violences. Le WANEP, le Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix section Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Grâce à l’appui de la Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), l’organisation continue d’exécuter sa feuille de route concernant le projet « Baromètre des élections crédibles et apaisées en Côte d’Ivoire en 2015« . (suite…)



Quand Ouattara promet des emplois pour attirer l’électorat jeune

Alassane Ouattara ou l'échec de la politique de l'emploi

Alassane Ouattara ou l’échec de la politique de l’emploi

A l’approche des élections d’octobre 2015, le Gouvernement Ouattara semble être dans une logique d’opération de charme en vue d’attirer l’électorat jeune. Au cœur de cette stratégie électoraliste le problème de l’emploi des jeunes.

Les derniers chiffres relatifs à la situation de l’emploi en Côte d’Ivoire font état d’un taux de chômage estimé à 5,3%. 430.419 personnes toujours sans emploi sur une population active (en âge de travailler) de plus de 11 millions (14.501.981) personnes. 5,3% de chômeurs en Côte d’Ivoire, un chiffre de l’AGEPE (Agence d’Etude et de Promotion de l’Emploi) que de nombreux spécialistes trouvent très peu crédible. En effet sur la population active présente en Côte d’Ivoire, plus de 7 millions sont des jeunes et environ 60% d’entre eux sont frappés de plein fouet par le chômage. Ils sont donc en réalité plus de 4 millions de sans-emplois dont la situation s’est encore empirée avec l’arrivée au pouvoir de ceux qui depuis la République du Golf ont promis monts et merveilles à la jeunesse. Le cap des millions d’emploi jeune promis ne s’est jamais réalisé. Rien que du vent et de gros discours autour de l’émergence pour endormir des jeunes qui ne demandaient rien d’autre qu’une opportunité. (suite…)



2015 : la Côte d’Ivoire à l’épreuve d’une élection apaisée

Le défi majeur en 2015 sera celle d’une élection apaisée

Le défi majeur en 2015 sera celle d’une élection apaisée

La Côte d’Ivoire se rapproche d’un rendez-vous électoral très important. Il s’agit de la présidentielle de 2015 pour laquelle les partenaires du pays entendent apporter une aide.

Un Consortium pour le renforcement des élections et du processus politique (CEPPS) en Côte d’Ivoire a été lancé ce vendredi 31 octobre 2014 à Abidjan. Il s’agit d’une initiative de trois organisations non-gouvernementales à destination du peuple de Côte d’Ivoire pour des élections libres, crédibles et apaisées. Le NDI (National Democratic Institut), l’IFES (Fondation Internationale pour les Systèmes Electoraux) et l’IRI (International Republican Institut) bénéficieront d’un soutien de l’USAID pour mener à bien les activités de ce Consortium. Selon Christiane Pelchat directrice résidente du NDI, le CEPPS sera développé en guise « de programme d’appui au processus électoral et de soutien aux réformes électorales ». (suite…)



Présidentielle de 2015 : la CEI pose déjà problème

Eric Aimée Semien le président de l’APDH

Eric Aimée Semien, président de l’APDH

L’ONG APDH, Action pour la Protection des Droits de l’Homme était face à la presse ce vendredi 18 juillet 2014. L’organisation milite en faveur d’une révision du nouveau texte de loi portant réforme de la CEI, la Commission Electorale Indépendante.

A peine adoptée que la loi portant réforme de la Commission Electorale Indépendante est fortement critiquée par une frange de la classe politique mais aussi par la société civile. En effet les Commissions Centrales, Communales, sous-préfectorales et préfectorales de la CEI sont dominées à plus de 90% par les acteurs politiques et administratifs qui sont loin d’être neutres. (suite…)



Recensement : les Ivoiriens n’arrivent pas à se compter

Combien sont-ils à vivre en Côte d'Ivoire ?

Combien sont-ils à vivre en Côte d’Ivoire ?

Officiellement, le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH 2014) devait s’achever le 30 avril dernier en Côte d’Ivoire. L’opération n’étant pas terminée, le ministère du Plan a décidé de la prolonger. Une fois de plus.

Depuis le 17 mars 2014, 31 000 agents recenseurs ont été déployés sur tout le territoire ivoirien. Plus d’un mois après le lancement du RGPH 2014, l’Institut national de la statistique (INS) a pu sillonner 7 800 villages, 80 000 campements, 14 districts et 31 régions de la Côte d’Ivoire avec pour acquis la cartographie de 108 départements. Ces résultats provisoires de l’opération sont certes prometteurs pour Bah Ibrahim, le directeur de l’INS, mais ne voilent en rien l’ombre de l’échec qui plane sur l’opération.

De nombreux Ivoiriens n’ont jamais vu les hommes aux chasubles orange

Le gouvernement a prolongé pour la deuxième fois l’opération et certains Ivoiriens attendent toujours, en vain, les agents recenseurs.

« À la télé, on nous avait dit qu’ils viendraient, mais jusqu’à ce jour ni mes voisins, ni moi n’avons vu débarquer qui que ce soit. Je suis allé au travail et à mon retour j’ai vu des inscriptions sur le portail, mais rien d’autre », soutient Yves Diomand, un riverain du quartier Maroc à Yopougon.

Comme lui, de nombreux Ivoiriens n’ont jamais vu les hommes aux chasubles orange. Certains affirment les avoir vus exclusivement à la télévision lors de l’identification d’Alassane Ouattara et de son épouse ! Ce coup médiatique du président n’a pas pu convaincre tous ses compatriotes.

« Avant de nous recenser, libérez Gbagbo ! »

Dès l’annonce du RGPH 2014, deux camps aux arguments diamétralement opposés vont se former. Rien de bien surprenant au fond puisqu’il s’agit du traditionnel face à face entre le pouvoir des houphouëtistes et une frange de l’opposition menée par le Front populaire ivoirien. Pascal Affi N’guessan, désormais à la barre du navire pro-Gbagbo, ne manque pas d’appeler ses partisans à boycotter le recensement de la population. Le mot d’ordre : « Avant de nous recenser, libérez Gbagbo ! » Pour le FPI, les conditions ne sont pas réunies pour qu’une telle opération puisse se faire dans le climat d’un consensus national. Le parti de Laurent Gbagbo évoque notamment la question des nombreux exilés, la réconciliation en panne, le dialogue politique en dents de scie sans oublier la détention de plusieurs militaires et hommes politiques proches de l’ancien régime.

Une période de sensibilisation bâclée

À cela s’ajoute une mauvaise campagne de sensibilisation menée par le gouvernement. C’est la position d’Eric Aimé Sémien, le président de l’ONG APDH (Action pour la protection des droits de l’homme) : « Dans un État normal, il faut bien qu’on sache combien il y a d’habitants. Il faut un recensement, mais pas à n’importe quel prix. La phase pilote de l’opération a commencé avant même qu’on ne puisse voir des affiches dans la ville d’Abidjan ».

« Il a fallu donc constater la démotivation avant de penser à la sensibilisation« , s’indigne ce membre de la société civile. En effet, le recensement n’est pas une mince affaire. Dans certains pays, les autorités se donnent entre 45 et 60 jours pour boucler le recensement général de la population et de l’habitat. Cette période est précédée de 15 à 30 jours de campagne intensive de sensibilisation. Ce chronogramme n’ayant pas été respecté, les agents recenseurs se sont heurtés au manque d’intérêt des populations, à leur hostilité voire à leurs menaces.

« Lorsque j’ai sonné à la première porte de ma zone de recensement, j’ai été surpris de voir la maîtresse des lieux me dire qu’elle ne savait pas qu’il y avait un recensement ! », affirme Mohamadou Diakité.

« Vous entrez dans un domicile, dès que le chef de famille pose les yeux sur vous il vous demande de sortir si vous ne voulez pas de problème », indique Issouf Ouattara.

Des agents recenseurs mal formés

Formés dans la précipitation, les agents recenseurs ont du mal à utiliser les tablettes et autres smartphones mis à leur disposition. Très vite, le papier, les crayons et les stylos prennent la place des outils numériques. L’argument qui justifie cette situation se passe de commentaire :

« Nous n’avons pas été formés sur le matériel en temps réel« , explique un agent recenseur.

Un détail plutôt surprenant quand on sait que le coût du RGPH 2014 devrait se porter à plus 12 milliards 600 millions de francs CFA.

Bras de fer politique sous fond de boycott, mauvaise campagne de sensibilisation, formation ratée des agents recenseurs… à qui incombe la responsabilité du déroulement de cette opération ? Que peut-on reprocher aux Ivoiriens ? Certainement le manque d’engouement. Que peut-on reprocher à l’opposition et en particulier au FPI ? Certainement son appel au boycott. Que peut-on reprocher à l’INS ? Sans doute son « échec » dans l’exécution technique du projet. Mais au fond, tous ces problèmes sont liés et le gouvernement ivoirien semble en porter la responsabilité.

Alassane Ouattara s’entête à imposer le RGPH 2014 aux Ivoiriens sans tenir compte des observations de l’opposition et du peuple. Cette opération ressemble bien plus à un diktat d’un camp politique sur un autre plutôt qu’une action faite sur la base d’un consensus. À l’allure où vont les choses, les chiffres du RGPH 2014 risquent de ne refléter en rien la véritable topographie de la population ivoirienne.

SUY Kahofi

*Article publié sur le site internet de RNW Afrique.