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L’enrôlement biométrique des étudiants Ivoiriens est lancé

L'Université de Cocody en chantier

Voici environ trois mois que les étudiants de Côte d’Ivoire ont été invités à se faire identifier en prélude à la préparation des fichiers d’information pour la réouverture de l’Université prévue le lundi 03 septembre 2012. La première étape du recensement s’est faite en ligne et a permis l’identification de 61.000 étudiants sur les 100.000 ciblés par cette vaste opération. L’objectif des autorités Ivoiriennes est avant tout d’asseoir des statistiques fiables afin que les ressources engagées dans l’enseignement supérieur puissent réellement servir aux étudiants. Placé sous le sceau de la recherche de la bonne gouvernance les procédures d’identification en milieu estudiantin ne vont pas s’achever après la phase en ligne.

Pour avoir un fichier consolidé et débarrassé des étudiants fantômes ou fictifs, le Ministère de l’Enseignement Supérieur vient d’autoriser un enrôlement biométrique supplémentaire. Internet garantissant l’anonymat rien ne prouve que les personnes inscrites sur le site Internet du Ministère de l’Enseignement Supérieur soient réellement des étudiants! Pour plus de sérieux ils devront se déplacer en personne vers les centres d’enrôlement de Morpho Albatros, l’agence retenue suite à un appel d’offres de la direction des marchés publics. « L’un des piliers de la bonne gouvernance repose sur des statistiques fiables qui permettent de planifier en vue d’une gestion efficace, pour rompre avec un passé déshonorant. C’est pour cette raison que nous attachons un prix à cette opération qui, permettra, à terme de maitriser l’effectif des étudiants et de mettre à disposition des universités une base de données fiable et sécurisée » a précisé le directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur, le Pr Edmée Mansilla Abouattier.

Ce vaste projet d’identification biométrique est financé par le Programme Présidentiel d’Urgence (PPU) et sera exécutée pendant un mois dans les scolarités centrales des universités. Du 11 juin au 11 juillet, s’effectuera l’installation et la configuration des serveurs pour le recueil des données biométriques a confirmé Koné Tiémoman, directeur de l’information scientifique et technologique. Après l’identification des étudiants, les données de l’Agence Morpho Albatros seront recoupées avec celles du Ministère pour éviter les doublons. Après cette étape, les étudiants pourront enfin s’inscrire dans leurs Université respectives avec à la clé une carte électronique sécurisée et multi-service. Ils auront également la certitude que leur identité ne pourra pas servir à d’autres personnes. En effet après constat de la Présidence des Universités publiques Ivoiriennes, des milliers de personnes autorisées à s’inscrire chaque année dans les Universités n’avaient plus le droit d’être sur les campus et dans les amphithéâtres.

SUY Kahofi



L’intercompréhension : un outil pour le plurilinguisme

Les séminaristes au sein de l’Ecole Normale Supérieure

Promouvoir les langues latines afin qu’elles deviennent de puissants outils d’intégration et d’intercompréhension au plan sous-régional et mondial, voici l’objectif que veut atteindre l’Union Latine en organisant à Abidjan un séminaire autour du thème l’intercompréhension : un outil pour le plurilinguisme. Les enseignants des langues latines que sont principalement le français, l’espagnole et le portugais auront à échanger leurs expériences aussi bien en milieu naturel de pratique des langues qu’en milieu éducatif. L’intercompréhension revêt donc une importance capitale dans le dialogue des cultures et la facilitation des échanges entre peuples d’origines diverses. « La notion d’intercompréhension est forcément génératrice de paix et de rencontre de la diversité. Notre ambition c’est donc de pouvoir montrer que par le biais des langues et des cultures qui dialoguent entre elles il y a deux choses importantes : nous devons faire en sorte que nos différences ne soient pas des divisions et que notre diversité ne se transforme pas en animosité » Le Professeur Moussa Daff de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar souligne l’importance de l’intercompréhension.

Parmi les experts venus partager leur savoir-faire avec les enseignants Ivoiriens figure les Professeurs Manuel Tost de l’Université Autonome de Barcelone (Espagne), Moussa Daff de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar (Sénégal), Carlos Villalón de l’Université de Playa Ancha (Chilli) et Richard Brunel de l’Université Nationale de Córdoba (Argentine). La découverte de l’intercompréhension, la didactique de l’intercompréhension ou la pratique de l’intercompréhension en milieu éducatif sont autant de thème d’étude sur lesquels experts et séminaristes auront à plancher.  L’Agence Universitaire de la Francophonie et l’Organisation International de la Francophonie appui l’Union Latine dans cette politique de promotion de la compréhension entre les peuples par les langues. Les techniques qui seront le fondement des échanges ne s’appliquent pas exclusivement aux langues internationales mais peuvent aussi servir dans la promotion du dialogue entre peuple d’un même pays. C’est la raison pour laquelle le Professeur Koffi Tougbo spécialiste du monde lusophone à l’Ecole Normal Supérieur d’Abidjan estime qu’il s’agit d’une aubaine pour la Côte d’Ivoire en cette période de réconciliation. « Ces Organisations Internationales viennent nous donner des éléments, une technique innovatrice pour que l’intercompréhension puisse se faire de sorte que l’ivoirien du nord, du sud, de l’est, de l’ouest et du centre même s’ils ne parlent pas la même langue puissent se comprendre en appliquant cette technique ».

De nombreux linguistes à travers le monde estiment que la véritable monnaie pour faciliter les échanges à tous les niveaux entre les peuples est la langue. Elle permet de faire tomber des barrières et rapproche des groupes qui sont à l’origine fait pour ne pas dialoguer. Dans un contexte de mondialisation où les langues latines cohabitent avec d’autres tout aussi influentes comme l’Anglais, les notions d’interactions lexicales et grammaticales seront à l’ordre du jour toujours pour montrer combien de fois les langues ne doivent pas constituer un frein aux échanges entre les peuples.

SUY Kahofi



Il n’y a pas de honte à apprendre et les femmes le savent

 

Les femmes sont les plus nombreuses dans les centres d’alphabétisation

Il m’a été donné de constater que la plupart des auditeurs des centres d’alphabétisation de la capitale Ivoirienne étaient des femmes. La moyennes d’âge de ces apprenantes était pratiquement de 25 à 30 ans avec par endroit des femmes qui avaient déjà passé la quarantaine ! C’est avec une certaine passion et du respect que je les admirais répéter avec joie des syllabes les unes après les autres comme au cours élémentaire première année. Leur courage m’a permis de me poser une question : contrairement aux hommes pourquoi ont-elles décidé de revenir sur les bancs pour apprendre ? Quel sentiment peut bien pousser une femme malgré son âge avancé à accepter de renouer avec la lecture et l’écriture comme une gamine ? J’ai compris à la fin de mon périple que les femmes ont résolument donné un sens à l’expression il n’y a pas d’âge pour apprendre !

Sortir de l’obscurité à tout prix !

L’ambiance est plutôt bonne enfant dans ce centre d’alphabétisation de la coordination de Yopougon I (Abidjan). Dans cette salle de classe d’un autre style la plus jeune apprenante à 17 ans et la plus âgées en a 67 ! C’est vers cette dernière que nous nous tournons en premier : elle est commerçante et mère de huit enfants. Malgré ses charges professionnelles et ménagères elle trouve le temps chaque soir de venir apprendre à lire et écrire. « J’étais très dépendant des autres pour tout ce qui nécessitait la lecture ou l’écriture. Pour remplir un document administratif il fallait que je paye quelqu’un : 100 ou 200 f CFA. C’était difficile parce que vous n’avez plus aucun secret. Aujourd’hui je sais lire, écrire mon nom, remplir certains documents administratifs…Je ne le fais pas encore comme ceux qui ont eu la chance d’aller très jeune à l’école mais je me débrouille assez bien » nous dit Kouassi Claudine tout sourire. La mère de famille pour joindre l’acte à la parole se propose de nous faire une lecture. La voix de la femme âgée se métamorphose comme celle d’une petite en classe de CP. Le rythme de la lecture est lent et Kouassi Claudine suis du doigt chaque mot de son livre qu’elle prononce. Comme elle Patricia qui est aussi une commerçante a décidé de venir apprendre à lire et à parle correctement le français à la suite de nombreuses bourdes lexicales qui lui ont valu des moqueries inoubliable. « J’étais souvent ridicule quand je parlais avec des amies : je faisais trop de fautes. Un jour lors d’une discussion très sérieuse je me suis amusez à dire ‘’mettre de l’eau dans son verre’’ au lien de ‘’mettre de l’eau dans son vin’’ ! Chaque fois que quelqu’un prononçait cet expression je n’attendais que ‘’mettre de l’eau dans son verre’’.  Une camarade qui avait fait l’école s’est terriblement moquée de moi. La nuit dans le secret de ma chambre je me suis jurée que plus personne ne se moquerait de moi à cause de mon niveau de langue ». Patricia retrouve le centre d’alphabétisation avec la rage d’apprendre et cette ambition de combler son retard l’encourage à apprendre plus vite. Pour Akissi Pauline l’obscurité dans laquelle elle vivait devenait insupportable. Elle évitait même de parler en public de peur d’être ridicule. « J’avais peur de parler aux gens car chaque fois que faisais une faute autour de moi il n’y avait que des rires ! En Côte d’Ivoire quand vous faites une erreur en parlant votre entourage se moque de vous pendant plusieurs jours. Même quand un homme m’aimait je le fuyais ou je me montrais désagréable envers lui pour ne pas qu’il se rende compte que je suis une analphabète ! Tout ça c’est du passé » nous dit fièrement Pauline avant de conclure « celles qui hier se moquaient de moi sont admiratifs devant mes progrès et je n’ai plus honte ».

Apprendre ça change la vie !

Dans un centre d’alphabétisation les méthodes utilisées pour l’apprentissage à la lecture et à l’écriture sont différentes de celles du cursus classiques. Il s’agit essentiellement de symboles bien adaptés aux réalités Ivoiriennes. Il y a au total neuf (9) symboles propres aux centres d’alphabétisation et c’est Madame Koffi le chef d’antenne de la coordination d’alphabétisation de Yopougon 1 qui nous fait découvrir l’univers de ces symboles. « Nous avons le pilon débout [ǀ], le pilon penché à droite [/], le pilon penché à gauche [\], le pilon couché [_], les citrons [O], la calebasse ouverte à droite [Ɔ], la calebasse ouverte à gauche [C], la calebasse posée [U] et la calebasse renversée [∩] ». Il y a de véritables avantages à savoir lire et écrire. Quelque soit l’âge, les moniteurs des centres d’alphabétisation ne cessent d’inviter les Ivoiriens à apprendre pour sortir de l’obscurité. Ne pas savoir lire et écrire c’est comme si vous étiez dans le monde mais à l’écart de ce monde : tout est symboles et signes étranges sur des façades, des bouts de papier et dans des gros livres qui n’ont pas de sens. Dodo Mélanie est une autre coordinatrice en alphabétisation et c’est elle qui nous montre de quelle manière les apprenantes des centres arrivent à changer radicalement dans leur vie une fois qu’elles savent lire et écrire. « Lorsque les apprenants arrivent au début de la campagne d’alphabétisation* ils ne savent même pas former une seule lettre mais à la fin c’est un miracle ! Ils savent lire et écrire mais au-delà leurs activités génératrices de revenus changent radicalement au plan organisationnel. Les commerçantes savent désormais faire la différence entre le capital et le bénéfice. Ceux qu’on devaient accompagner partout deviennent autonomes et plus respectés ».

« Il n’y pas de honte à apprendre quelque soit son âge » voici le message que les apprenantes du centre d’alphabétisation m’ont laissé et qu’elles laissent à toutes les personnes qui hésitent à retourner sur les bancs d’une salle de classe !

SUY Kahofi

*la campagne d’alphabétisation est l’équivalent de l’année scolaire

 



Le Régime Ouattara a 100 jours : le peuple se prononce !

 

Les Ivoiriens jugent leur Président après 100 jours de gestion

Voici 100 jours que le Régime du Docteur Alassane Ouattara tient les rennes de la République de Côte d’Ivoire et que celui-ci tente tant bien que mal de recoller les morceaux d’une Côte d’Ivoire divisée après une crise post-électorale violente. Si le séminaire gouvernemental marque au sommet de l’Etat ces 100 jours de gouvernance, il est important de souligner que dans le bas peuple on ne se refuse pas de commenter cette période de gouvernance pour ‘’célébrer’’ ces 100 jours. Pour certains le bilan est positif, pour d’autre il y a encore beaucoup à faire pour satisfaire la population.

Au compteur des points positifs, il y a les progrès importants notés dans l’assainissement des villes du pays. Les travaux d’embellissement à haute intensité de main d’œuvre ont réduit quelque peu le chômage mais surtout contribué à rendre Abidjan propre. « On peut tout dire mais ça au moins ça se voit : la ville n’a jamais été autant propre depuis plusieurs années. Les routes sont refaites, d’autres sont bitumées, les caniveaux curés et l’arrivée du Président Ouattara marque la fin des constructions anarchiques. C’est quelque chose que tout le monde croyait inimaginable » affirme Olivier Kouassi un abidjanais. Un autre point positif concerne la sécurité et Koné Karim un chauffeur de car inter-urbain s’en félicite. « Il n’y a plus trop de barrages anarchiques sur les routes, le racket existe mais il est plus discret et après la vague de violence sur nos routes on peut dire que ça va ». Sur le point de la sécurité tout le monde n’est pas aussi rassuré que Karim. On dénonce ici et là des cas de braquages et de violence souvent à mettre à l’actif des éléments des FRCI. La présence des chasseurs traditionnels dozos ne rassure pas certains Ivoiriens qui s’accommodent mal de leur look qui ternit l’image de l’armée Ivoirienne. L’ouest du pays reste à pacifier réellement !

Les Ivoiriens apprécient également la mesure de gratuité des soins dans les hôpitaux publics et les programmes de réhabilitation des structures sanitaires, sociales et éducatives. Concernant notamment l’éducation, les examens de fin d’année malgré la question des élèves et étudiants déplacés ont pu se dérouler. Cette situation ne masque pas pour autant le malaise des étudiants qui vivent déjà en mode année blanche en attendant que les travaux de réhabilitation des Universités ne s’achèvent. Là où les Ivoiriens ne font pas de cadeau aux nouvelles autorités Ivoiriennes, c’est bien sûr le dossier du chômage qui devient de plus en plus inquiétant voir chronique dans le pays. En effet Alassane Ouattara a promis 1.000.000 d’emploi aux Ivoiriens d’ici 2015 et pour le moment les jeunes diplômés doivent encore se rabattre sur leurs porte-faix, cabines téléphoniques, salles de jeu vidéo et brouettes de ramassage d’ordure pour avoir la pitance alimentaire quotidienne.



Fin à Abidjan de la 2ème rencontre du pôle de qualité inter-pays PQIP/DCTP

 

Les experts ont fait des recommandations en attendant la triennale de Ouaga

La deuxième rencontre du pôle de qualité inter-pays dans le domaine du développement des compétences techniques et professionnelles (PQIP/DCTP) vient de s’achever à Abidjan. Cette rencontre co-organisée par l’ADEA (Association pour le Développement de l’Education en Afrique) et le Ministère Ivoirien de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle a réunit 20 pays du continent. Sénégal, Togo, Cap-Vert, Burundi, Benin, Afrique du Sud, Maroc, Rwanda, Maurice…les pays représentants les différentes aires géographiques du continent ont échangé leurs expériences en matière de formation professionnelle du 19 au 21 septembre. Ces experts réunis à la salle de conférence CRRAE UEMOA ont eu la lourde charge de réfléchir sur les mécanismes d’insertion des jeunes africains après leurs formations dans les systèmes de l’enseignement technique sur le continent. Les réflexions ont porté sur les possibilités d’intégration des langues africaines dans les systèmes de formation, la promotion d’un partenariat public/privé pour les systèmes de formation mais aussi les voies et moyens pour reconnaître toutes les formes de compétences acquises.

Au terme de cette deuxième rencontre, une déclaration des Ministres présents à cette rencontre a été adopté et rendu publique. On retiendra notamment des travaux d’Abidjan les recommandations sur l’accroissement du financement consacré à l’enseignement technique, développer un système de formation professionnel à tous les niveaux pour répondre aux besoins économiques des pays africains, impliquer les partenaires publics et privés dans la formation, favoriser les échanges d’expériences et de compétences entre pays africains.

Selon AHLIN Bill Cataria Secrétaire Exécutif de l’ADEA, après la rencontre d’Abidjan, l’organisation qu’il dirige réunira de nouveau les experts de l’enseignement technique lors de la triennal de Ouagadougou au Burkina Faso. Cet autre rendez-vous verra la participation de 2 Présidents africains qui se sont déjà engagés, 70 ministres et 500 jeunes d’organisations diverses. Le pôle de qualité inter-pays est un groupe de pays qui ont décidé de travailler ensemble parce que partageant les mêmes préoccupations et les mêmes défis dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ces pays refusant d’évoluer en rang dispersé réfléchissent ensemble sur les objectifs à atteindre mais surtout partagent leurs expériences respectives. Trois pôles de qualité ont été mis sur pied par l’ADEA : il s’agit du pôle de qualité inter-pays des compétences techniques et possessionnelles piloté par la Côte d’Ivoire, pôle de qualité inter-pays pour l’apprentissage piloté par le Burkina Faso et le pôle de qualité inter-pays pour l’implication à la paix piloté par le Kenya.

SUY Kahofi