Le coton africain face au réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Le coton africain est à l’épreuve du réchauffement climatique

Après la bataille pour la survie face au coton sponsorisé des grandes puissances, le coton africain doit désormais faire face à l’épineux dossier du réchauffement climatique. Aujourd’hui, le réchauffement global constitue une pression nouvelle sur les ressources alimentaires et plus largement sur les matières premières brutes agricoles dont l’Afrique est tributaire.

L’Afrique reste un important producteur de matières premières brutes pour l’économie mondiale. Et parmi les produits les plus exportés, figure le coton, une culture industrielle très importante pour des milliers de cultivateurs. En Côte d’Ivoire – juste à titre d’exemple – le coton occupe entre 40 et 50 % des terres cultivables du Nord. Au Mali et Burkina Faso entre 3 et 3,5 millions de personnes vivent du coton ! Hélas ce produit de rente pour plusieurs paysans du continent est l’un de ceux qui souffrent énormément du réchauffement climatique.

Difficile désormais pour le paysan qui cultivait son champ grâce à une observation plutôt empirique du climat de pouvoir « prédire le temps ».

« On ne sait plus quand il pleut ou quand il fera soleil ! Nous devons nous adapter à toutes ces nouvelles saisons pour planter le coton » se lamente, le vieux Koné Ifarkya, un producteur du nord de la Côte d’Ivoire.

Le vieillard à travers l’expression « nouvelles saisons » désigne ce dérèglement climatique méconnu des producteurs il y a encore quelques années.  Une situation qui est à la base des pertes enregistrées dans la filière coton. Premier producteur africain de coton, le Burkina Faso souffre énormément des caprices du climat, en témoigne la baisse de ses prévisions.

« Nos prévisions cette année n’étaient pas de 500 000 tonnes. Nous nous attendions à 550 000 tonnes pour ce qui est de l’hypothèse base et je pense que ce sont les facteurs climatiques qui ont essentiellement joué sur la perte de production » explique Sidiki Boubakar Seye, directeur des transports à la société burkinabè des fibres textiles (Sofitex).

Ces facteurs climatiques se signalent de plusieurs manières tout au long de la campagne. Les périodes de création de plantation et de replanting sont bouleversées à cause de l’irrégularité des pluies. Au cours de la campagne, les pluies abondantes ou rares menacent la survie des plants de coton. En fin de campagne les récoltes, l’égrainage et le séchage du coton doivent se faire sous haute surveillance pour éviter d’énormes pertes. A cela s’ajoutent les difficultés liées au transport de la production à cause des pistes villageoises et des routes dégradées par la pluie.

Pour un soutien plus accru au coton africain, producteurs, négociants, entreprises de transformation des premières et secondes catégories appellent les gouvernements africains à prendre le problème à bras le corps pour trouver des solutions durables à la problématique du réchauffement climatique. Le docteur Germain Ochou est chercheur au CNRA, le centre national de recherche agronomique de Côte d’Ivoire; il estime que l’irrigation d’appoint peut-être une solution au problème du réchauffement climatique.

« Je pense que dans un premier temps il faut une maîtrise de l’eau et cette maîtrise de l’eau passe par l’irrigation pour pallier le manque lié aux saisons. Or l’irrigation d’appoint ne peut pas se faire avec des tracteurs : il faut donc créer des petits barrages et retenues d’eau. »

Les paysans pourront se servir dans ces retenues d’eau pour remplir des citernes et grâce à la traction animale (bœufs) réaliser une irrigation d’appoint. Cette technique permettra de mieux gérer l’eau et d’éviter le gaspillage. Quant aux fortes pluies, elles pourront être canalisées vers les retenues d’eau grâce aux sillons creusés aux alentours des plantations.

A la problématique du réchauffement climatique s’ajoutent d’autres soucis connexes comme le transport du coton rendu impossible par la mauvaise qualité des pistes. Là encore, les pluies diluviennes sont en grande partie responsables des pistes et routes impraticables sur plusieurs mois chaque année.

SUY Kahofi 

La CEDEAO a un nouveau patron

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO s’est achevé ce week end à Yamoussoukro la capitale politique ivoirienne. Retour sur les temps forts de cette rencontre qui aura mobilisé toute l’Afrique de l’Ouest.

Le long huis clos des chefs d’Etat et de gouvernement de ce vendredi 28 mars aura suscité la curiosité mais surtout donné l’opportunité aux observateurs de penser que les décideurs ouest-africains étaient en train de revoir la piste Helene Sirleaf Johnson. Le choix final des chefs d’Etat et de gouvernement aura eu raison du buzz médiatique autour de la présidente libérienne et de l’assurance des analystes politiques. Le président sortant Alassane Ouattara lors de la brève cérémonie de passation des charges a lui-même annoncé officiellement le nom de son successeur. John Dramani Mahama, président du Ghana et désormais président de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour un an. Le nouveau patron de la CEDEAO a déjà une vision claire de son action à la tête de l’organisation sous-régionale.

« J’aimerais m’attarder brièvement sur trois des points importants qui feront partie de mon action en qualité de nouveau président de la CEDEAO durant mon mandat. Le premier sera bien sûr de continuer de bâtir une CEDEAO de paix et de sécurité mais concomitamment de trouver des solutions idoines au chômage des jeunes. Le problème du chômage des jeunes à une implication sécuritaire et mérite une attention et des efforts particuliers » a indiqué John Dramani Mahama.

Le deuxième chantier consistera à relever le défi de l’intégration économique et monétaire et celui du développement de la sous-région. Quant au troisième axe prioritaire d’action, il sera consacré au développement, à l’extension et à la réhabilitation des infrastructures qui pourront aider la sous-région à se développer plus rapidement.

Au-delà de l’élection d’un nouveau président, la CEDEAO a profité de la 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour rendre public ses importantes avancées sur les Accords de Partenariat Economique CEDEAO – Union Européenne et celui relatif au Tarif Extérieur Commun. En dehors de ces deux textes de coopération, Désiré KADRE Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO a souligné que l’organisation a fait un bon significatif dans l’exécution de son programme de coopération monétaire.

La 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement montre une CEDEAO plus forte mais celle-ci ne doit pas baisser la garde face aux nouveaux défis sécuritaires qui la menace. Il s’agit du terrorisme, de la montée en puissance du crime organisé et du trafic de drogue.

« De zone de transit pour le trafic illicite de drogue, l’Afrique de l’Ouest s’est progressivement muée en une zone de transformation aux conséquences néfastes sur l’avenir des populations en particulier celui de la jeunesse ainsi sur que les économies et la stabilité dans la sous-région » a affirmé SAID Jinnit le représentant du secrétaire général des Nations Unis pour l’Afrique de l’Ouest.

Des défis sécuritaires pour lesquels l’Organisation des Nations Unies entend apporter tout son soutien à la CEDEAO et à l’Union du Fleuve Mano.

SUY Kahofi

ICI is back !

Daniel Kablan Duncan, le premier ministre ivoirien découvre le site de ICI 2014

Daniel Kablan Duncan, le premier ministre ivoirien découvre le site de ICI 2014

« Secteur privé levier d’une intégration régionale réussie », tel est le thème du Forum Investir en Côte d’Ivoire ICI 2014. Celui-ci rassemble près de 3000 participants venus des quatre coins du monde et particulièrement de la sous région ouest africaine. L’objectif de ce forum est de donner l’opportunité aux entreprises de découvrir les opportunités d’investissement que peut offrir la Côte d’Ivoire, un pays à fort potentiel économique. Dans cette logique des choses, les membres du gouvernement ivoiriens mais aussi les investisseurs et opérateurs économiques partageront leurs expériences et connaissances grâce aux différentes déclinaisons du thème du forum.

Les workshops autour des sous-thèmes seront entre autre dédiés aux énergies renouvelables, l’agri-business, le partenariat public-privé, la promotion des petites et moyennes entreprises sans oublier les infrastructures économiques, les mines, l’éducation et la santé. Le premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan à l’ouverture des travaux a salué l’engouement autour de l’évènement qui rassemble 113 nationalités. Preuve que la Côte d’Ivoire se porte économiquement bien chose que Christine Lagarde patronne du FMI n’a pas manqué de souligné non sans prendre le soin d’inviter les participants à accompagner le pays sur la voie de l’émergence. Une émergence qui selon le président de Banque Africaine de Développement, Donald Kaberuka sera profitable à toute la sous-région vu le positionnement géostratégique de la Côte d’Ivoire.

Notons que le dernier Forum ICI, Investir en Côte d’Ivoire s’est tenu en 1999 et l’édition de 2014 marque la renaissance d’une rencontre chaire au cœur du CEPICI, le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire.

SUY Kahofi

Sommet CEDEAO-Japon : quand les samouraïs courtisent l’Afrique

Le Japon et l’Afrique dans une coopération gagnante-gagnante

Le Japon et l’Afrique dans une coopération gagnante-gagnante

Le premier ministre Japonais a achevé ce week-end un séjour éclair de 48 heures en Côte d’Ivoire. Un séjour que Shinzo Abé a mis à profit pour échanger avec les Présidents de la CEDEAO lors d’un sommet. Les chefs d’Etat ont parlé économie, coopération et sécurité. Le Japon ne le cachons pas est en perte de vitesse sur le continent en matière de diplomatie et coopération économique, une situation que veux corriger Shinzo Abé.

12 chefs d’Etat sur les 15 que compte l’organisation sous-régionale étaient présents à Abidjan pour un sommet de 48 heures au cours duquel il a été principalement question de coopération et de la restauration d’un climat sécuritaire propice au développement. Shinzo Abé, le premier ministre japonais concernant ce dernier pan des échanges avec ses homologues Ouest-africains a indiqué que son pays entendait décaisser la somme de 42 milliard de f CFA pour aider à instaurer la sécurité dans la région du sahel. Une sécurité sans laquelle le partenaire nippon ne pourra investir dans une région où il doit rattraper son retard face à la République Populaire de Chine.

En effet bien que le premier ministre japonais ait souligné l’excellence de la coopération entre son pays et l’Afrique, il sait que le Japon doit fournir un effort considérable pour s’imposer sur le continent. Un gap de près de 50 milliards de dollar en volume d’échange avec l’Afrique séparent le Japon et la Chine. Au-delà, le géant chinois est aujourd’hui au premier rang des donateurs de l’Afrique, un engagement pour laquelle Pékin ne cesse d’insister sur l’inconditionnalité de son aide. C’est pour se repositionner en qualité de partenaire privilégié de l’Afrique que le pays du soleil levant a décidé de mettre en place des initiatives tel que la TICAD, la Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique avec l’appui non moins important de l’ONU et de la Banque Mondiale. A cela s’ajoute sa volonté de doubler d’ici cinq (5) ans l’enveloppe de 2,5 milliards de dollars du fond d’aide aux investissements en Afrique de la Banque Japonaise pour la Coopération Internationale.

L’intérêt du Japon pour l’Afrique n’est pas fortuit, le continent enregistre un taux de croissance moyen supérieur à 6% et demeure donc un marché potentiel à conquérir. Bien sûr dans l’esprit du samouraï que les ambitions économiques de sauraient altérer il s’agit de bâtir avec l’Afrique une relation de bénéfice mutuel.

SUY Kahofi

La contrefaçon, un danger pour les Ivoiriens !

Destruction de produits contrefaits par les Douanes Ivoiriennes

Destruction de produits contrefaits par les douanes ivoiriennes

« L’impact du non-respect de la propriété intellectuelle sur la santé publique et l’économie » c’est autour de ce thème que le think tank Ivoirien Audace Institut Afrique (AIA) a réuni ce 12 novembre les consommateurs, les experts et les industriels pour parler de la contrefaçon et de la protection de la propriété intellectuelle. L’immeuble Carbone sis Abidjan-Cocody a servi de cadre à ce séminaire de 24 heures ponctué par des exposés.

Ce séminaire trouve tout son sens dans le contexte ivoirien car après 10 ans de crise, le pays a perdu en grande partie ses moyens de lutte contre la fraude et la contrefaçon. Une situation qui a fait du pays un véritable dépotoir de produits d’origines douteuses ! Alimentation, industrie, produits pharmaceutiques et cosmétiques, textiles et boissons, aucun secteur n’échappe au fléau de la contrefaçon. Un fléau qui représente donc un véritable danger pour l’économie ivoirienne, la liberté d’entreprendre et la propriété intellectuelle.

« A la base de liberté, il y a la propriété et la propriété intellectuelle est une part importante du droit de propriété. Ce droit à la propriété intellectuelle a du mal à être respecté partout dans le monde, mais particulièrement en Afrique. Il y a beaucoup de contrefaçons qui sont dangereuses pour les populations, un véritable problème de santé publique avec des gens qui tombent malades, qui meurent, qui souffrent et il y a également un aspect économique » nous explique Gisèle Dutheuil, directrice d’Audace Institut Afrique.

Sur le volet économique, il est important de noter que la contrefaçon fait perdre à l’économie ivoirienne plusieurs milliards de F Cfa par an à cause des fraudes douanières, mais aussi de nombreux emplois à cause de la concurrence déloyale imposée aux entreprises légalement constituées. Au-delà, un produit contrefait menace directement la santé du consommateur d’où la nécessité pour les autorités ivoiriennes de s’engager pour freiner le fléau.

« Notre souhait en temps qu’industriels, c’est que les autorités prennent des décisions fortes et rigoureuses pour amener les contrefacteurs à arrêter leurs activités. Il faut des sanctions plus prononcées pour que ces personnes arrêtent ces activités illégales qui pénalisent l’économie, mais qui sont des sources de problèmes pour les populations » plaide Anicet Papouet Kpalou, coordinateur Afrique de l’Ouest d’Unilever chargé de la sécurité et de la protection des marques.

Il est vrai que les autorités au plan national ont un rôle important à jouer au plan des législations et de la répression, mais il est capital pour les acteurs économiques de s’engager ensemble pour sensibiliser les populations. Les consommateurs doivent être mieux informés sur les produits qu’ils achètent au quotidien et les personnes les mieux placées pour mener cette sensibilisation sont les industriels eux-mêmes.

« Chaque acteur dans le processus de lutte contre la contrefaçon et le respect de la propriété intellectuelle à sa part de responsabilité. Il y a les mesures qui sont du domaine des pouvoirs publics mais aussi celles qui sont du domaine des opérateurs économiques. La sensibilisation fait donc partie des mesures que les industriels peuvent promouvoir pour protéger le consommateur car qui mieux que le producteur d’un bien pour informer le consommateur ? Il faut donc sensibiliser à la base les Ivoiriens sur les dangers liés à la consommation des produits contrefaits » soutient Denis Bohoussou, directeur général de l’Office ivoirien de la propriété intellectuelle (OIPI).

Les 24 heures d’échange sur la propriété intellectuelle et la contrefaçon ont été marqués par quatre principales communications. « Le cadre normatif de la propriété intellectuelle » et « la propriété intellectuelle et santé publique » animée en matinée. L’après-midi deux autres sous-thèmes ont meublé les échanges. Il s’agit de « Propriété intellectuelle : outil de développement économique » et « Défis de la protection de la propriété intellectuelle ».