« Sans respect des droits de l’homme il n’y a pas de paix »

Une vue des participants et des formateurs

Une vue des participants et des formateurs

La capitale économique ivoirienne abrite du 15 au 20 novembre 2014 la 3ème session de formation en Droit International Humanitaire au CERAO d’Abidjan. Il s’agit d’une initiative conjointe de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, l’Institut International des Droits de l’Homme (IIDH) et l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) en partenariat avec la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI).

Ils sont magistrats, militaires, acteurs des droits de l’homme, responsables d’ONG, officiels gouvernementaux, acteurs de la société civile ou agents des Nations Unies. Environ une centaine, ils sont venus de 10 pays d’Afrique de l’ouest, du centre et du nord pour participer à la 3ème session de formation en Droit International Humanitaire. Pendant cinq (5) jours, les participants à cette importante rencontre seront instruits sur des thématiques comme la justice transitionnelle, le droit international pénal, les droits des réfugiés et des apatrides ou encore l’interdiction international de la torture. Lire la suite

L’OJT-CI veut un prolongement du mandat de la CDVR et de la CSE

La présidente Diaby Maïba et quelques membres de l’OJT-CI

La présidente Diaby Maïba et quelques membres de l’OJT-CI

Le processus de justice transitionnelle en Côte d’Ivoire risque de prendre un coup de froid si les autorités Ivoiriennes ne se décident pas à reformer deux entités clés de ce processus. Il s’agit de la Cellule Spéciale d’Enquête (CSE) et de la CDVR, la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. En effet, ces deux structures sont théoriquement en fin de mission mais pour l’Observatoire de la Justice Transitionnelle en Côte d’Ivoire (OJT-CI), il y a nécessité de les reformer et surtout de proroger leur mandat.

En effet, s’il existe bien une entité dont les rapports ont fait l’unanimité auprès des populations ivoiriennes, c’est bien la Cellule Spéciale d’Enquête qui a présenté, et ce sans parti pris, les deux camps en conflit en Côte d’Ivoire comme étant ceux qui ont perpétré les violations des droits de l’homme. Pro-gbagbo ou pro-ouattara ont été clairement identifié comme étant tous coupables ! Hélas, une sérieuse menace plane sur l’existence de cette cellule.

« La CSE, dont le mandat s’achève à la fin de l’année 2013, ne sera pas reconduite. Pourtant, elle avait reçu sur instruction du Président de la République, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête, situant les responsabilités des violences dans les deux camps en belligérance. L’espoir de voir se tenir des poursuites plus équilibrées, visant tant des pro-Gbagbo que des pro-Ouattara, s’amenuise donc un peu plus avec  le désir de supprimer cet organe », s’inquiète Diaby Maïba, présidente de l’observatoire de la justice transitionnelle.

Au-delà de la commission spéciale d’enquête, c’est tout le processus de justice transitionnelle en Côte d’Ivoire qui risque d’être bousculé avec la fin du mandat de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR). Pour l’observatoire, la bande à Banny mérite d’aller plus loin dans son action pour répondre aux impératifs de paix et de réconciliation soulevés par les populations ivoiriennes.

« L’OJT-CI rappelle donc l’urgence de proroger le mandat de la CVDR tout en la réformant profondément afin de la rendre conforme aux attentes des populations conformément aux recommandations de son récent rapport rendu public le 27 septembre 2013 et celui de la CSE afin de lui permettre de mener des poursuites équilibrées dans les deux camps opposés lors de la crise postélectorale », soutient sa présidente.

Malgré ses quelques observations et recommandations, l’OJT-CI note des points de satisfaction au rang desquels figure le dialogue républicain entre le gouvernement et les partis d’opposition, la reprise du dialogue entre le Front Populaire Ivoirien (FPI) et le Rassemblement des Républicains (RDR). L’observatoire de la Justice Transitionnelle salue cette avancée sur la voie de la réconciliation entre ivoiriens et espère que de tels signes se multiplieront.

SUY Kahofi

« Il faut désarmer les dozos par la force »

« Les dozos, une véritable milice »

« Les dozos, une véritable milice »

La journée internationale des droits de l’homme a été l’occasion pour l’ONG Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH) de se prononcer sur la situation en Côte d’Ivoire. Selon l’ONG, des avancées ont été réalisées quand bien même les voyants ne soient pas encore passés au vert.

La conférence de presse animée par l’APDH s’est tenue à son siège des 80 logements à Adjamé. Elle a été marquée par la présence du premier responsable de la CSCI (Convention de la Société Civile Ivoirienne), le Docteur Kouamé Christophe. Par cette présence, il entendait apporter son soutien à l’ONG de défense des droits de l’homme et saluer le courage de ses membres qui œuvrent pour la promotion d’un climat social apaisé en Côte d’Ivoire. Dans son propos liminaire, Eric Aimé Semien le président de l’APDH a passé en revue les points saillants de l’actualité nationale et principalement ceux liés au dossier des droits de l’homme.

« Nous nous réjouissons de la mise en place d’une commission des droits de l’homme conforme aux principes de Paris. Il faut également mettre à l’actif de l’Etat ivoirien la ratification du protocole portant sur la création de la Cours Africaine des Droits et des Peuples, conformément à l’article 34.6 du protocole de Ouagadougou. Il s’agit d’avancées notables », se félicite Eric Aimé Semien le président de l’APDH.

Au-delà de ces avancées, d’importants défis demeurent. Il s’agit principalement des défis sécuritaires marqués par le processus de Désarmement, Démobilisation, Réintégration (DDR) des Nations Unies: la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, l’épineux dossier des ex-combattants, le processus de réconciliation nationale et le dialogue politique.
Sur ces deux derniers points, le président Eric Aimé Semien estime que la réconciliation nationale ne doit pas rester un deal entre le pouvoir et l’opposition. Bien mieux, il doit être inclusif et tenir compte en tout point des aspirations de chaque ivoirien. La reprise du dialogue entre le pouvoir et l’opposition, marquée par le débat autour des Etats Généraux, est à saluer mais attention à ne pas servir aux Ivoiriens un forum bis dont les conclusions resteront encore dans les tiroirs de la République. Il faut des actes concrets et concertés pour donner toutes les chances au processus de réconciliation d’aboutir à une paix durable.

Pour revenir au dossier sécuritaire, la question du désarmement des dozos, chasseurs traditionnels, a été évoquée par l’APDH. Sur ce sujet, l’ONG se veut clair : il est temps d’utiliser la force pour mettre fin aux agissements des dozos. Désarmer les membres de cette confrérie, qui sont passés de leurs mousquets traditionnels aux kalachnikovs, est une priorité pour restaurer une certaine sérénité sécuritaire dans le pays. Force est à l’autorité et il est temps qu’elle puisse s’en servir pour résoudre le problème des dozos. C’est aussi le point de vue de Docteur Kouamé Christophe, coordonnateur national de la convention de la société civile.

« Nous attirons l’attention de l’Etat sur le fait qu’il doit être équilibré pour tous les citoyens. Devant l’administration, chaque ivoirien doit être traité de la même manière. Et c’est seulement de cette façon que les dozos comprendront qu’il y a un Etat. Je dirais donc que la force doit être le dernier recours mais il suffit simplement qu’un administrateur commence à agir avec l’équilibre du citoyen pour que son action règle une partie des choses », nous explique Docteur Kouamé Christophe.

Les dozos, au même titre que les groupes d’auto-défense, les jeunes patriotes et autres auxiliaires des ex-forces combattantes composent une véritable milice. Celle-ci pense être investie d’une autorité régalienne dans l’exercice de ces « nouvelles fonctions ». Cohabitant avec l’armée régulière, elle ne se gène pas pour exécuter des tâches traditionnellement réservées à la police ou à la gendarmerie. Se substituant donc aux forces de l’ordre, cette confrérie commet abus et violations des droits de l’homme sans que le pouvoir ne s’en inquiète ! Or l’Etat, dans son appareil sécuritaire, ne saurait s’accommoder d’une telle organisation.

SUY Kahofi

Le corps enseignant à l’école des droits de l’homme

EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant

EIP-CI aide au renforcement des capacités du corps enseignant

L’ONG Ecole Instrument de la Paix section Côte d’Ivoire (EIP-CI) entend apporter son soutien à la vulgarisation des droits de l’homme et de la citoyenneté en milieu scolaire. C’est ce qui motive l’organisation d’un séminaire de formation à l’intention du corps enseignant les 12, 13 et 14 novembre au Camp PC de l’Université de Cocody. 20 enseignants et représentants de 4 écoles primaires et secondaires de deux communes d’Abidjan participent à ce séminaire dont le support didactique est « Le Guide de l’Education aux Droits de l’Homme » édité par EIP-CI.

Ce guide dont la rédaction s’est faite avec l’appui du Canton de Genève (Suisse) est un ouvrage pratique sur les textes clés relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’homme. Pour Yves Nicolet, conseiller politique de l’Ambassade de Suisse en Côte d’Ivoire, « l’action du Canton de Genève auprès de EIP-CI s’inscrit dans la longue tradition suisse de promotion des droits de l’homme » qui se matérialise par la présence sur le territoire helvétique du siège d’importantes organisations œuvrant dans la protection de la dignité humaine.

Lors de cérémonie officielle marquant l’ouverture des travaux, Soho Marie Gisèle, secrétaire général de EIP-CI a tenu à remercier les autorités suisses pour l’appui apporté à la Côte d’Ivoire dans la promotion des droits de l’homme par le canal de EIP-CI. Des remerciements qu’elle a également adressés à deux autres partenaires que sont les ministères de l’éducation nationale et celui des droits de l’homme et des libertés publiques. Elle n’a pas manqué de saluer l’intérêt que les enseignants apportent à ce séminaire qui leur permettra d’accroître leur capacité de compréhension des questions liées aux droits de l’homme.

L’Education aux Droits de l’Homme et à la Citoyenneté (EDHC) est une discipline nouvelle dans le curricula de formation des élèves ivoiriens. Aussi il est important d’outiller les enseignants afin qu’ils puissent mieux instruire les apprenants. L’initiative d’EIP-CI est donc à saluer estime pour sa part Nianmessou Benoît coordonnateur national disciplinaire de l’EDHC au ministère de l’éducation nationale. Enseigner les droits de l’homme aux élèves et étudiants, les réarmer moralement au niveau des valeurs afin de faire d’eux des citoyens utiles à leur pays dans le futur, une initiative du Gouvernement Ivoirien qui découle de la volonté des Nations Unies d’instaurer une décennie des droits de l’homme.

SUY Kahofi

Revue de presse du 10 au 15 juin 2013

Guillaume Soro: "mon candidat c'est ADO"

Guillaume Soro: « mon candidat c’est ADO »

L’affaire Laurent Gbagbo contre le procureur de la CPI fait toujours l’actualité en Côte d’Ivoire et sur le sujet Le Jour Plus nous apprend que les prophètes de la tendance pro-gbagbo signent leur retour avec de nouvelles prophéties. Le woody de mama sera libéré et c’est Koné Malachi, Claude Dali et Gogoua Lévi qui le disent. Même si nos confrères du canard Le Quotidien d’Abidjan ne se prononcent pas sur ces nouvelles prophéties, ils ont la certitude que la libération de Gbagbo est imminente et le confrère de souligner que Alassane Ouattara aurait été déjà informé par la CPI de cette décision depuis son voyage à Brazzaville. Pendant que le débat sur la libération de Gbagbo se poursuit, l’insécurité se signale de nouveau. Menace de rafle, couvre-feu, menace djihadistes à Abidjan voici ceux qui se cachent derrière les sms titre L’Expression. En effet depuis plusieurs jours Abidjan est plongée dans une véritable peur. Des sms faisant état de la présence de la troupe à Belmocktar circulent d’un téléphone à l’autre et ceux-ci ont fini par installer une véritable psychose au sein des populations qui vivent déjà dans l’insécurité totale. Rafle systématique, la Direction Général de la Police National dément nous indique le quotidien L’Inter. Gnahoua Gnaoré le porte-parole de la Police Nationale a martelé sur les antennes de la télévision nationale que l’institution en charge de la sécurité des Ivoiriens n’a jamais ordonné une rafle quelconque. La menace djihadiste et les questions sécuritaires ont été au cœur du dernier conseil des ministres, un conseil qui a également décidé de l’adoption très prochaine d’une nouvelle loi sur le foncier rural nous indique Fraternité Matin. Un projet de loi portant modification du projet de loi de 1998 a été adopté le jeudi 13 juin. En attendant que cette loi soit définitivement adoptée via l’Assemblée Nationale, le Gouvernement invite les Ivoiriens à régulariser leur situation concernant leurs droits coutumiers sur les terres qu’ils possèdent. 10 ans pour immatriculer les terres nous informe Le Nouveau Réveil, le confrère nous signale que ce délai est celui qu’accorde le gouvernement à tous les propriétaires terriens ruraux pour être aux yeux de la loi détenteurs de leurs terres. Quittons le terrain du foncier pour celui de la politique et dans l’arène des gladiateurs de la démocratie c’est 2015 qui est le point de mire. Pour ce qui est du soutien à apporter à ceux qui seront têtes de liste, Soro Guillaume ne se pose plus de question. « Mon candidat c’est Ouattara » martèle le Président de l’Assemblée Nationale à la une du quotidien Le Patriote. Mais quel Alassane Ouattara pour 2015 s’interroge Nord-Sud Quotidien qui évoque les dissensions au RHDP, l’insécurité et la cherté de la vie comme des point sombre qui pourrait ternir le bilan d’Alassane Ouattara.