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Revue de la semaine ivoirienne du 01 au 05 juillet 2014

Affi N’guessan estime que la CEI n'est toujours pas consensuelle

Affi N’guessan estime que la CEI n’est toujours pas consensuelle

Ciel gris, pluie qui tombe sans discontinuer sur Abidjan et la capitale économique ivoirienne est sous les eaux. Pluies diluviennes qui entraînent morts et dégâts matériels sur son passage se désole Soir Info qui met en lumière le calvaire particulier des habitants de la Riviera qui vivent un véritable enfer. Triste constat du quotidien Le Mandat de quartiers coupés du reste de la ville, de voies impraticables, de candidats au BAC qui composent les pieds dans l’eau et d’immeubles qui s’écroulent dans plusieurs points de la ville. (suite…)



L’OJT-CI veut un prolongement du mandat de la CDVR et de la CSE

La présidente Diaby Maïba et quelques membres de l’OJT-CI

La présidente Diaby Maïba et quelques membres de l’OJT-CI

Le processus de justice transitionnelle en Côte d’Ivoire risque de prendre un coup de froid si les autorités Ivoiriennes ne se décident pas à reformer deux entités clés de ce processus. Il s’agit de la Cellule Spéciale d’Enquête (CSE) et de la CDVR, la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. En effet, ces deux structures sont théoriquement en fin de mission mais pour l’Observatoire de la Justice Transitionnelle en Côte d’Ivoire (OJT-CI), il y a nécessité de les reformer et surtout de proroger leur mandat.

En effet, s’il existe bien une entité dont les rapports ont fait l’unanimité auprès des populations ivoiriennes, c’est bien la Cellule Spéciale d’Enquête qui a présenté, et ce sans parti pris, les deux camps en conflit en Côte d’Ivoire comme étant ceux qui ont perpétré les violations des droits de l’homme. Pro-gbagbo ou pro-ouattara ont été clairement identifié comme étant tous coupables ! Hélas, une sérieuse menace plane sur l’existence de cette cellule.

« La CSE, dont le mandat s’achève à la fin de l’année 2013, ne sera pas reconduite. Pourtant, elle avait reçu sur instruction du Président de la République, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête, situant les responsabilités des violences dans les deux camps en belligérance. L’espoir de voir se tenir des poursuites plus équilibrées, visant tant des pro-Gbagbo que des pro-Ouattara, s’amenuise donc un peu plus avec  le désir de supprimer cet organe », s’inquiète Diaby Maïba, présidente de l’observatoire de la justice transitionnelle.

Au-delà de la commission spéciale d’enquête, c’est tout le processus de justice transitionnelle en Côte d’Ivoire qui risque d’être bousculé avec la fin du mandat de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR). Pour l’observatoire, la bande à Banny mérite d’aller plus loin dans son action pour répondre aux impératifs de paix et de réconciliation soulevés par les populations ivoiriennes.

« L’OJT-CI rappelle donc l’urgence de proroger le mandat de la CVDR tout en la réformant profondément afin de la rendre conforme aux attentes des populations conformément aux recommandations de son récent rapport rendu public le 27 septembre 2013 et celui de la CSE afin de lui permettre de mener des poursuites équilibrées dans les deux camps opposés lors de la crise postélectorale », soutient sa présidente.

Malgré ses quelques observations et recommandations, l’OJT-CI note des points de satisfaction au rang desquels figure le dialogue républicain entre le gouvernement et les partis d’opposition, la reprise du dialogue entre le Front Populaire Ivoirien (FPI) et le Rassemblement des Républicains (RDR). L’observatoire de la Justice Transitionnelle salue cette avancée sur la voie de la réconciliation entre ivoiriens et espère que de tels signes se multiplieront.

SUY Kahofi



Meeting annulé de la JFPI : une entrave à la liberté politique ?

Les bombonnes de gaz lacrymogène, les boucliers et les matraques ont eu raison de l’ardeur des militants

Les bombonnes de gaz lacrymogène, les boucliers et les matraques ont eu raison de l’ardeur des militants

Le giga meeting de la JFPI (Jeunesse du Front Populaire Ivoirien) annoncé pour être la mobilisation pro-gbagbo la plus importante depuis la fin de la crise post-électorale n’a pu avoir lieu. La raison est toute simple : le Ministère de l’Intérieur de Côte d’Ivoire a déployé plusieurs policiers et éléments des FRCI à la place C.P 1 de Yopougon pour empêcher les militants de l’ex-président Ivoirien de se réunir. Le bras de fer entre la jeunesse du Front Populaire Ivoirien et le Gouvernement aura donc tourné à l’avantage de l’Autorité. Les bombonnes de gaz lacrymogène, les boucliers et les matraques ont eu raison de l’ardeur des militants qui malgré l’interdiction du Ministère de l’Intérieur étaient décidé à organiser le meeting. Une rencontre tuée dans l’œuf en plein dialogue politique au grand désarroi des militants pro-gbagbo. « Au temps de Laurent Gbagbo ils se sont exprimés. Ici à la place FICGAYO, le Président Alassane Ouattara a fait un meeting où tous ses partisans étaient réunis. Partout en Côte d’Ivoire où ils voulaient se réunir ils ont eu l’autorisation même au stade Félix Houphouët Boigny ! Pourquoi ne pas laisser les autres s’exprimer et vouloir étouffer la parole ? Ce n’est pas normal ! » estime Amos DION membre des agoras et parlements de Côte d’Ivoire.

La raison qui aura motivé le déploiement de la police pour forcer l’annulation du meeting selon la version officielle c’est que deux autres organisations voulaient également se réunir à la même place C.P1 de Yopougon à la même heure. Il s’agit de l’association des victimes de la crise post-électorale et celle des jeunes associés démobilisé. Le Maire de Yopougon a décidé d’annuler ces meetings pour éviter tout affrontement. Pour ce militant de la JFPI qui a requit l’anonymat, le Maire de la Commune de Yopougon n’est qu’un pion dans le système de répression de la Jeunesse proche de Laurent Gbagbo. « Que peux bien dire le Maire de Yopougon face à un ordre venant du Ministre Hamed Bakayoko ? Il n’est qu’un exécutant, quelqu’un sur qui le pouvoir veut bien jeter la responsabilité de l’annulation de notre meeting » s’indigne le jeune homme.

Cette version des faits qui aimerait bien que l’opinion accepte que le meeting a été annulé pour des questions de sécurité est aussi réfutée par la JFPI. « Rien ne nous a été notifié nous interdisant notre meeting : ni du Préfet de Police, ni du Préfet de Région d’Abidjan, ni du Ministre de l’Intérieur ! Nous étions donc fondé à organiser et à tenir notre meeting » nous explique Justin Koua le secrétaire général par intérim de la JFPI. L’annulation du giga meeting de la JFPI est pour la jeunesse proche de Laurent Gbagbo un acte délibéré du régime visant à asphyxier l’opposition Ivoirienne en plein dialogue politique. On ne peut pas parler de paix et de réconciliation, affirmer que le pouvoir garanti la liberté d’expression et les libertés politiques et s’opposer à l’organisation d’un simple meeting. Une incohérence dans les agissements du pouvoir que dénonce la jeunesse proche de l’ancien Président Ivoirien. « Nous sortons d’une table de négociation avec le Gouvernement et le Gouvernement s’est engagé à veiller au respect des droits des partis politiques de manifester librement sur l’ensemble du territoire national. C’est le Gouvernement qui a pris cet engagement et c’est fort de cet engagement d’ailleurs que nous avons projeté l’organisation de notre meeting. Je dois vous dire que nous sommes surpris par la réponse du pouvoir ! » s’indigne Justin Koua. Notons qu’au terme de nombreux jets de gaz lacrymogène pour disperser la jeunesse du FPI sept personnes ont été interpellé.

SUY Kahofi



Revue de la semaine du 22 au 26 octobre 2012

Tirage CAF pour la CAN 2013

La semaine du 22 au 26 octobre a été marquée par une nouvelle attaque d’un commando non identifié. En effet, 72 heures après la réaction énergique des FRCI qui ont fait deux victimes dans les rangs d’individus armés à Alépé, ce sont la brigade de gendarmerie et le cantonnement des eaux et forêts de Bongouanou qui ont fait les frais d’une attaque d’assaillants note Le Patriote. Une dizaine de personnes non identifiées ont pris possession de la brigade de gendarmerie au petit matin, avant de mettre le cap sur le cantonnement des eaux et forêts. Des habitants de la localité affirment que l’attaque n’a pas fait de morts nous apprend Le Quotidien d’Abidjan. Les assaillants ont opéré avec une facilité déconcertante en maîtrisant les agents en poste avant de faire main basse sur des armes et des minutions trouvées sur place pour ensuite disparaître dans la nature s’indigne Le Nouveau Courrier et Le Temps. A en croire le porte-parole du ministère de la Défense, ce sont au total 18 armes de guerre qui ont été emportées par les assaillants à la brigade de gendarmerie et au cantonnement des eaux et forets. «18 armes de guerre en une seule nuit, c’est trop», s’est-t-il désolé dans les colonnes de Fraternité Matin. Pour tenter de rassurer les ivoiriens, le chef d’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, le Général de corps d’armée Soumaïla Bakayoko, a déclaré que les forces ivoiriennes savent qui les attaque depuis août 2012. « Nous savons à qui nous avons affaire. Nous allons lutter fermement contre ces ennemis du pays, qui nous trouverons toujours sur leur chemin » a martelé l’homme dans les colonnes de L’Inter et du quotidien Le Mandat. Face aux menaces de déstabilisation de la Côte d’Ivoire des experts israéliens proposent leurs services à l’armée Ivoirienne. Des drones et des avions de surveillance peuvent aider les éléments FRCInous apprend Soir Info. Après une longue tergiversation et une certaine division des cadres du grand ouest, la rencontre entre le Président Alassane Ouattara et la population du grand ouest a eu lieu. Le prétexte de la rencontre dans un contexte de réconciliation national était tout simple : permettre un dialogue franc entre le régime Ouattara et les populations de l’ouest que l’opinion public Ivoirienne a toujours présenté comme deux entités diamétralement opposées ! Le Nouveau Réveil pour marquer l’importance de ce dialogue décide de s’attarder sur cette phrase du chef de l’Etat et je cite : « Malgré les soubresauts que nous vivons actuellement, je continue à tendre la main à ceux qui font ces dérapages parce que ce sont des jeunes gens qui sont manipulés ». Pour Alassane Ouattara, les actes de violence ont causé 20 ans de retard à la Côte d’Ivoire qui pourtant était la 3ème puissance économique en Afrique en 1990 et n’était pas loin de la première place peut-on lire dans les colonnes de L’Intelligent d’Abidjan du 23 octobre. Nouvelles violences à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA le mardi 23 octobre 2012. Des prisonniers ont tenté un soulèvement pour protester contre la présence de certains gardes, nouvellement recrutés, dans les cellules. Il a fallu toute la promptitude des forces de l’ordre, appuyées par des soldats de l’Opération des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI), pour désamorcer la bombe souligne L’Expression dans sa livraison du 24 octobre. Selon un agent de la MACA qui a requit l’anonymat au micro de nos confrères du quotidien Aujourd’hui, « des détenus ont soutenu avoir reconnu parmi les gardes nouvellement recrutés, des anciens bagnards. Ils ont refusé que ceux-ci les fouillent. Cela a fait monter la tension d’un cran ». Se prononçant sur ces évènements, le porte-parole du Gouvernement en marge du conseil des ministres du mercredi 24 octobre a indiqué que se ne sont pas les prisonniers qui doivent décider du mode de recrutement des agents des maisons d’arrêt et de correction du pays. Fraternité Matin consacre sa une du 25 octobre à ce Conseil des Ministres. D’importantes décisions ont été prises et il s’agit entre autre de la restructuration de l’AGEPE et de plusieurs nominations. Le Mandat rend compte également de ce Conseil des Ministre et nous informe que toutes les structures issues des accords politiques depuis 2002 ont été dissoutes. Au Ghana la justice a décidé de libérer Justin Katinan Koné sous caution ! Le quotidien Le Temps nous informe que l’ex ministre du budget de l’ancien Président Laurent Gbagbo est acquitté et libéré. Dans la même veine Notre Voie titre Katinan libéré quand Le Nouveau Réveil s’intéresse à ces propos du juge ghanéen prononçant sa libération sous caution et je cite : « la Côte d’Ivoire peut extrader Katinan pour le juger ». Le Nouveau Réveil rappelle que l’audience d’extradition de Katinan est fixée au 7 novembre prochain à Accra. Toujours sur le sujet, le quotidien Nord-Sud ne se montre pas tendre avec les autorités ghanéennes. La comédie ghanéenne se poursuit, Koné Katinan encore libéré sous caution, Accra donne sa caution aux assaillants souligne avec un brin de déception le confrère. Achevons cette revue de la semaine avec nos confrères de L’Expression et de Nord-Sud quotidien qui ont consacré des encadrés au tirage au sort de la CAN 2013 qui n’aura pas fait de cadeau à la Côte d’Ivoire ! En effet le pays se retrouve dans la même poule que l’Algérie, la Tunisie et le Togo ce qui fait dire qu’il s’agit du groupe de la mort et que Sabri Lamouchi le sélectionneur tunisien des éléphants de Côte d’Ivoire jouera contre ses compatriotes.

 



L’intercompréhension : un outil pour le plurilinguisme

Les séminaristes au sein de l’Ecole Normale Supérieure

Promouvoir les langues latines afin qu’elles deviennent de puissants outils d’intégration et d’intercompréhension au plan sous-régional et mondial, voici l’objectif que veut atteindre l’Union Latine en organisant à Abidjan un séminaire autour du thème l’intercompréhension : un outil pour le plurilinguisme. Les enseignants des langues latines que sont principalement le français, l’espagnole et le portugais auront à échanger leurs expériences aussi bien en milieu naturel de pratique des langues qu’en milieu éducatif. L’intercompréhension revêt donc une importance capitale dans le dialogue des cultures et la facilitation des échanges entre peuples d’origines diverses. « La notion d’intercompréhension est forcément génératrice de paix et de rencontre de la diversité. Notre ambition c’est donc de pouvoir montrer que par le biais des langues et des cultures qui dialoguent entre elles il y a deux choses importantes : nous devons faire en sorte que nos différences ne soient pas des divisions et que notre diversité ne se transforme pas en animosité » Le Professeur Moussa Daff de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar souligne l’importance de l’intercompréhension.

Parmi les experts venus partager leur savoir-faire avec les enseignants Ivoiriens figure les Professeurs Manuel Tost de l’Université Autonome de Barcelone (Espagne), Moussa Daff de l’Université Cheik Anta Diop de Dakar (Sénégal), Carlos Villalón de l’Université de Playa Ancha (Chilli) et Richard Brunel de l’Université Nationale de Córdoba (Argentine). La découverte de l’intercompréhension, la didactique de l’intercompréhension ou la pratique de l’intercompréhension en milieu éducatif sont autant de thème d’étude sur lesquels experts et séminaristes auront à plancher.  L’Agence Universitaire de la Francophonie et l’Organisation International de la Francophonie appui l’Union Latine dans cette politique de promotion de la compréhension entre les peuples par les langues. Les techniques qui seront le fondement des échanges ne s’appliquent pas exclusivement aux langues internationales mais peuvent aussi servir dans la promotion du dialogue entre peuple d’un même pays. C’est la raison pour laquelle le Professeur Koffi Tougbo spécialiste du monde lusophone à l’Ecole Normal Supérieur d’Abidjan estime qu’il s’agit d’une aubaine pour la Côte d’Ivoire en cette période de réconciliation. « Ces Organisations Internationales viennent nous donner des éléments, une technique innovatrice pour que l’intercompréhension puisse se faire de sorte que l’ivoirien du nord, du sud, de l’est, de l’ouest et du centre même s’ils ne parlent pas la même langue puissent se comprendre en appliquant cette technique ».

De nombreux linguistes à travers le monde estiment que la véritable monnaie pour faciliter les échanges à tous les niveaux entre les peuples est la langue. Elle permet de faire tomber des barrières et rapproche des groupes qui sont à l’origine fait pour ne pas dialoguer. Dans un contexte de mondialisation où les langues latines cohabitent avec d’autres tout aussi influentes comme l’Anglais, les notions d’interactions lexicales et grammaticales seront à l’ordre du jour toujours pour montrer combien de fois les langues ne doivent pas constituer un frein aux échanges entre les peuples.

SUY Kahofi